De grands capitalistes et banquiers s’inquiètent pour leurs profits futurs

La fin du monde vue par le capital financier...

jeudi 13 mai 2021, par Perspectives.

De grands capitalistes et banquiers s’inquiètent pour leurs profits futurs dans un rapport confidentiel de la Deutsche Bank. La revue Terrestres le dévoile, parlons-en, voyons ce qu’il révèle...

De grands capitalistes et banquiers s’inquiètent pour leurs profits futurs
Humour noir ou simple cynisme ?

- La fin du monde vue par le capital financier - “L’âge des désordres” est devant nous et “voir l’avenir en prolongeant les courbes passées pourrait constituer votre plus grave erreur”. Telle est la vision du monde d’un acteur majeur du capitalisme financier, révélée par la fuite d’un rapport privé de la Deutsche Bank à l’usage de ses principaux “clients”. Un parcours éclairant en dystopie pour les possédants.
En cette époque de fantasmes complotistes, il est toujours utile d’entrer dans ce que pensent les militants du capital à partir de leurs propres écrits, quand ils se parlent entre eux. Comment ils analysent le dérèglement écologique et climatique en cours et ses dégâts asymétriques sur les sociétés, comment ils envisagent les gagnants et les perdants de la pandémie et comment ils entendent traverser les transformations géopolitiques et politiques du monde pour défendre leurs intérêts supérieurs.

Ce rapport de septembre 2020 de la Deutsche Bank (en intégralité ici), initialement réservé, à prix d’or, à ses clients, a fuité sur les réseaux et nous nous permettons d’enfreindre la propriété intellectuelle afin de le verser au débat dans le monde francophone.

Ces quatre dernières décennies de globalisation, avec le recul de tous les obstacles démocratiques à la circulation des capitaux et des marchandises, ont connu la plus forte croissance du capital de tous les temps historiques, ainsi que d’excellents rendements des actifs financiers dans tous les domaines. Ce fut, lit-on, un système optimal pour la croissance globale, un monde de “gagnants-gagnants”, un “sweet spot for the globalisation era”. Voilà l’ancien “ordre” que regrette maintenant la Deutsche Bank. Celle-ci prophétise la fin de cette ère de la mondialisation sans entrave et l’avènement d’une « ère du désordre », qui menace les valorisations financières et les équilibres conquis par le capital dans les décennies précédentes. Cette fin annoncée a été précipitée par la survenue de la pandémie de Covid-19. Les intérêts du capital financier se préparent ainsi à défendre leurs positions menacées sur plusieurs fronts ainsi que leur vision du monde.

Le rapport développe quelques thèses clefs que nous résumons simplement ici. La revue Terrestres sera heureuse de recevoir, à la suite de cette première publication, d’autres contributions analysant plus avant ce document.
(...)

De grands capitalistes et banquiers s’inquiètent pour leurs profits futurs
Partout la révolte sociale boue, tandis que les classes dirigeantes ne veulent pas dégager

Que faire pour contrer les stratégies communicationnelles du capitalisme pour perdurer sur ses propres ruines ?

  • Montrer que les destructions écologiques et les dérèglements climatiques les affecteront en priorité les pauvres et les classes populaires
  • Rappeler à quel point le capitalisme exploite et précarise tous les travailleurs, et surtout ceux du bas de l’échelle sociale
  • Montrer qu’une société écologique, donc anti-capitaliste, serait bien meilleure à tout point de vue que les miettes frelatées que veulent laisser les capitalistes aux pauvres et classes populaires

Sur fond de sociétés humaines et de planète dévastées par l’extractivisme et le productivisme, la condition sociale planétaire n’est pas partie pour s’améliorer (sauf en cas de fortes insurrections ou de basculements révolutionnaires bien sûr), car il y aura conjonction de :

  • dégradation des milieux naturels et donc précarisation des personnes qui en dépendent directement ou qui pourraient vouloir y tirer subsistance
  • accentuation de la perte d’autonomie des peuples, toujours plus dépendant des Etats et des procédés technologiques
  • concurrence mondialisée accrue du fait des nouvelles technologies et de la montée d’autres pays tout aussi gourmands en part de marchés
  • augmentation de la robotisation et des IA qui remplacent de plus en plus d’emplois
  • augmentation des crises et catastrophes (financières, économiques, climatiques, écologiques, pandémiques), qui affaiblissent davantage les plus pauvres
  • pillage accru des biens communs et des services publics qui sont utiles pour la survie des plus exploités, les capitalistes étant à l’affût de nouveaux secteurs de croissance du fait de la saturation du marché des biens manufacturés (liée à l’appauvrissement et à la production industrielle de masse)
  • en conséquence de tout ça : baisse tendancielle des salaires, pensions, aides sociales sur fond de réduction des services publics et de privatisations massives (voir la Grèce d’après la crise financière de 2008)
De grands capitalistes et banquiers s’inquiètent pour leurs profits futurs
Les révoltes s’accentuent contre le chaos capitaliste et la domination étatique

L’accès abondant et pour tous à des biens matériels marchands et les périodes de forte croissance et de plein emploi sont derrière nous, ça ne reviendra pas.
Néanmoins, le techno-capitalisme et les Etats continueront de détruire, piller et asservir, mais avec de moins en moins de « compensations » par la consommation, la sécurité de l’emploi et des loisirs.
A moins que l’immersion H24 dans des mondes virtuels dérivatifs (casques virtuels 3D via 5G, dispositifs directement branchés au cerveau ?) parviennent à faire oublier aux masses les catastrophes et précarités qui les agressent de manière croissante, les tensions vont fortement augmenter, la répression brutale et les peurs entretenues ne pourront pas étouffer longtemps, même en Europe, les graves problèmes et les révoltes.

De grands capitalistes et banquiers s’inquiètent pour leurs profits futurs
Méga-feux en Australie, pandémie mondiale, dérèglement climatique...

Sélection d’articles en rapport

  • Historiquement, seules des violences de masses ont pu véritablement libérer les peuples des inégalités sociales - Livre : dans cette civilisation, la réduction des inégalités se fait par la révolution, la guerre, le collapsus de l’État ou la pandémie - Le progressisme de gauche inadapté ?
    Un livre d’historien iconoclaste, qui démolit l’idée qu’un Etat fort, du progrès technologique, des « démocraties » libérales et des programmes de redistribution des richesses pourraient suffire à réduire vraiment les inégalités sociales croissantes.
    La gauche « de gouvernement » devra donc se convertir à la révolution, au basculement radical et à l’anarchisme ?

- En Colombie, le conflit entre classes populaires éprises de paix et de justice et les classes dirigeantes/possédantes agrippées à l’ultra-capitalisme et à la répression brutale de type dictatoriale est à son comble.
Voir : La Colombie en flammes : la fin du néolibéralisme sera violente - Boaventura de Sousa Santos analyse dans cet article la situation de révolte populaire, mais aussi de répression (avec plusieurs dizaines de morts) et de militarisation que vit la Colombie depuis le 28 avril dernier. Une répression qui s’est encore accrue depuis la rédaction de cet article. Cali, la troisième ville du pays, est devenue l’épicentre de la confrontation de classe dans le pays. Les organisations sociales ont déjà appelé à une nouvelle journée de mobilisation, le mercredi 12 mai 2021.

Le chaos violent provoqué par la volonté des puissants de maintenir les inégalités sociales et de laisser aller les cataclysmes écologiques/climatiques au profit de l’Economie (verdie bien sûr) est illustré par les événements dramatiques ayant lieu en Colombie. La fidélité des forces de répression au gouvernement ultra-libéral et criminel ne laisse pas présager d’issues faciles.
En Colombie comme partout, les classes dirigeantes/possédantes préfèrent exercer l’ultra-violence militarisée contre les peuples et provoquer le chaos plutôt que de partir, de renoncer à leurs fortunes, privilèges et pouvoir. Les classes dirigeantes/possédantes, comme toujours, préfèrent le carnage social et écologique, le néo-fascisme et la dictature plutôt que laisser advenir des démocraties populaires et écologiques.
Ce qui se passe en Colombie (en Inde, au Chili, au Liban, en Syrie...) est un avant goût (à la fois tragique et possiblement libérateur si suffisamment de révoltés s’en saisissent) de ce qui va se passer un peu partout, y compris en Europe.

De grands capitalistes et banquiers s’inquiètent pour leurs profits futurs
Affronter frontalement les flics est-elle la seule stratégie ?

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