Acceptation de la gestion autoritaire et policière des catastrophes et pandémies produites par la méga-Machine sans tête ?

OU luttes acharnées pour la liberté, l’autonomie et la démocratie directe ?

vendredi 8 mai 2020, par Camille Pierrette.

Avec cette pandémie due au coronavirus, l’alternative est plus claire que jamais : soit laisser s’approfondir la gestion technocratique, écocidaire, antisociale, antidémocratique, autoritaire et policière menée par les Etat et le système capitaliste, soit se révolter franchement pour stopper la méga-Machine autonomisée, pour arrêter ces nuisances mortifères et construire des sociétés vivables, fondées sur la liberté, l’autogestion, des formes d’autonomie et de démocratie directe.

Cette crise, qui est loin d’être terminée, que ce soit du côté du virus ou du côté des problèmes économiques dus au fonctionnement marchand et capitalistes des échanges, est une sorte de grande récapitulation type de ce qui va se répéter de manière crescendo dans les années à venir du fait des catastrophes climatiques/écologiques/sociales engendrées par la civilisation industrielle.

Acceptation de la gestion autoritaire et policière des catastrophes et pandémies produites par la méga-Machine sans tête ?
« Retable de l’abondance occidentale & du mercantilisme totalitaire »

En france, le gouvernement veut continuer de plus belle la civilisation capitaliste et donc les destructions qui vont avec. Et pour défendre par la répression cette voie suicidaire, développer de nouveaux business et nourrir le grand marché lucratif de la sécurité, il avance dans la technopolice (drones, reconnaissance faciale par Intelligence Artificielle, 5G, traçage numérique, biométrie en tout genre, fichiers de police étendue, rôle et prérogatives accrus des agents de sécurité privé, etc.)

Le système en place (la civilisation industrielle, ses Etats, ses gouvernements anti-démocratiques, ses oligarchies électives, ses lobbys capitalistes, son économie de Marché, sa Croissance, son productivisme, son penchant autoritaire et policier, son colonialisme...) veut et doit continuer, il NE PEUT PAS fonctionner autrement, il est irréformable, il va donc suivre les mêmes tendances. Son « après » sera soit dans le pire, sans dans des mesurettes pour tenter de calmer les révoltes et endormir les gens, soit les deux en même temps.

- Avec cette « crise », la tendance autoritaire centralisée vire au néo-totalitarisme :

  • Domination paternaliste, infantilisante, technocratique du gouvernement et de l’Etat, avec en prime un fonctionnement orwellien où le mensonge, les contre-vérités, les déclarations absurdes et/ou contradictoires, la propagande, la surveillance, sont permanents afin de noyer et sidérer les gens dans une bouillie de non-sens
  • Gestion martiale et policière, avec des attestations de sortie débiles et débilitantes comme si on était sous curatelle, les drones, les hélicoptères à infra-rouge, les brutalités dans les quartiers populaires, les interdictions aberrantes des espaces naturels...

Si les peuples ne se révoltent pas profondément, la suite, la crise économique, les canicules, les cyclones, les pénuries du fait des catastrophes écologiques/climatiques seront gérées de la même façon criminelle et liberticide.
L’Etat organisera le rationnement général sous état d’urgence comme il l’a fait pour les masques ou les tests, le fichage et le traçage numérique seront la règle pour distribuer les aides, gérer les droits d’accès à telle ou telle zone ou commerce.
Avec les pénuries, les services de secours débordées, certaines zones impossibles à restaurer, l’Etat et les grands capitalistes imposeront encore plus leur pouvoir pour répartir les ressources au compte goutte pour les pauvres, protéger les plus riches contre les pillages, piller les restes de nature, etc. Comme à présent, les pyromanes se poseront en pompiers !

Au bout d’un moment, ces systèmes seront peut être tellement effondrés qu’ils seront obligés de lâcher du lest, mais à ce moment là les émissions provocants les dégâts climatiques auront peut-être été trop importantes pour que ça empêche les boucles de rétroaction menant à une planète plus ou moins inhabitable.

Acceptation de la gestion autoritaire et policière des catastrophes et pandémies produites par la méga-Machine sans tête ?
Drones, amendes, prison, couvre feu : vers une dystopie totalitaire ?

Est-ce le monde que nous voulons ?

On doit bien avoir conscience que ce monde totalitaire en Marche est inéluctable si les structures politico-économiques restent inchangées ou juste réformées. Ce monde dystopique est déjà là.

Au mieux on pourra juste le retarder parfois, et aussi se dégager quelques petites poches d’alternatives plus ou moins reculées. Mais le système et ses catastrophes climatiques/écologiques rattrapera tout ça au final. Les petites résiliences locales alternatives et autres survivalismes seuls ou en groupe ne dureront qu’un temps car on n’a qu’une planète et les ravages s’étendront partout.

Veut-on juste devenir des rats, des fourmis, qui grignoteront les restes des déchets de la civilisation industrielle termitière comme c’est déjà le cas dans des pays pauvres dominés qui sont saignés pour nourrir la Croissance et l’actuel « niveau de vie » matériel « non négociable » (comme le disait je crois Trump) des zones capitalistes avancées ?
Ou veut-on partout des sociétés d’abondance de liens, de qualité de vie, d’arts, de partage, de solidarité, dans la sobriété, la décroissance choisie, l’auto-organisation ?

C’est ça la question cruciale.
Inutile de s’épuiser à pourchasser ou juger Macron et sa bande, d’autres à leur place feraient à peu près la même chose.
C’est bien aux fondations de ce système qu’on doit s’en prendre, pas aux marionnettes timbrées qui font diversion aux fenêtres et qui s’imaginent tout diriger alors qu’elles ne sont que des agents (consentants, récompensés et ravis) qui servent le méga-monstre, la Machine, que des siècles de civilisation industrielle ont créé.
C’est la Machine qui impose la Croissance continue quoi qu’il en coûte, les licenciements pour que les actionnaires gagnent plus, la déforestation pour nourrir son appétit, l’industrialisation toujours accrue et le moins disant social/écologique pour garder des profits face aux menaces de la concurrence, l’informatisation de tout pour accélérer les échanges, le numérique gourmand pour de nouveaux marchés, la destruction des mondes naturels gratuits pour à la place vendre des marchandises, etc.

La Machine n’a pas de bouton d’arrêt d’urgence, elle ne connaît que l’accélérateur et son volant est bloqué en direction de la falaise.

Acceptation de la gestion autoritaire et policière des catastrophes et pandémies produites par la méga-Machine sans tête ?
Image extraite du célèbre film dystopique Brazil de Terry Gilliam

A présent, cette Machine avance quasi toute seule, avec ses propres règles, avec ses exigences internes, elle réclame son carburant humain et fossile, elle dévore mécaniquement et inexorablement les mondes naturels et tous leurs habitants tel un rouleau compresseur géant sans tête.
Capitalistes et oligarques qui jouent les chefs et nous oppriment n’en sont en réalité que les servants empressés, les esclaves volontaires. Ils ne sont chefs qu’envers des humains abusés.
Comme ils sont haut placés dans les rouages, ils ont de meilleures places en haut et des gratifications, mais ils sont autant esclaves qu’une ouvrière d’un sous traitant électronique en Chine, sinon plus.
Les opportunistes et arrivistes « dirigeants » de la Machine totalitaire ne sont rien, ils surfent sur les pistons, ils profitent juste de positions acquises historiquement et d’un savoir faire de prestidigitateur pour enjôler les foules en actionnant quelques manettes d’effets spéciaux.

Macron n’est rien, Poutine n’est rien, Bernard Arnault n’est rien, Xavier Niel n’est rien, Tim Cook n’est rien.
Si nous stoppons ou détruisons la Machine en attaquant les bases de son fonctionnement, ils retourneront au néant.

Alors ok ils ont avec eux des flics et des armées possiblement féroces. Mais c’est le seul obstacle sérieux à la destruction de la Machine et à leur destitution qui s’en suivrait, les autres obstacles se trouvent UNIQUEMENT dans nos têtes, et ce sont peut-être les plus puissants.

Acceptation de la gestion autoritaire et policière des catastrophes et pandémies produites par la méga-Machine sans tête ? ou ?

- en complément :
Il n’y a pas de dérives sécuritaires, l’Etat capitaliste déroule juste sa planification industrielle - Appli StopCovid, vidéo-surveillance, drones, reconnaissance faciale, traçage numérique via IA sont indispensables ...à CE système

P.-S.

- juste un exemple récent :


1 Message

  • Acceptation de la gestion autoritaire et policière des catastrophes et pandémies produites par la méga-Machine sans tête ? Le 3 juin à 18:49, par Camille Pierrette

    Crise du Covid-19 : la technopolice profite de la stratégie du choc - Ce texte a été publié au sein de l’œuvre collective « Résistons ensemble, pour que renaissent des jours heureux », (Télécharger au format epub et PDF) qui vise à faire le point sur la situation politique actuelle et à mettre en avant des propositions pour une société plus juste. Benoît Piédallu, membre de La Quadrature du Net, y tente une analyse de l’avancée des technologies de surveillance durant la crise du Covid19
    (...)
    Tout est mis en œuvre dans l’idée que l’ennemi est le peuple. On lui ment, on le surveille, on le trace, on le verbalise s’il sort de chez lui. On rend responsables les malades, car ce sont certainement ceux qui n’ont pas respecté le confinement. On rend le peuple responsable individuellement en lui faisant porter le poids de la mort des autres. Pas une fois le pouvoir politique, durant cette crise, ne fera amende honorable sur ses manquements. Non : pour les gouvernants, dont les administrations détruisaient encore des masques courant mars, les solutions sont des outils de contrôle (température, port du masque), de surveillance (StopCovid, drones, patrouilles dans les rues), de nouvelles bases de données (extension de ADOC, pour les verbalisations routières, Contact Covid et SIDEP pour le traçage manuel des « brigades Covid »), ou encore le contrôle de l’information (Désinfox Coronavirus)…

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