Climat, ce ne sont pas les énergies fossiles qui détruisent la planète, mais le techno-capitalisme et son industrie productiviste

Ajouter d’autres énergies aux fossiles ne va pas améliorer grand chose

mercredi 15 septembre 2021, par Les Indiens du Futur.

Par provocation et volonté de faire émerger quelques impensés, nous disons que le problème n’est pas les énergies fossiles, mais la quantité d’énergies fossiles utilisées.
En effet, si on utilisait très très peu de pétrole, de gaz ou de charbon, il n’y aurait que très très peu de problèmes.
Le problème ne vient pas des énergies fossiles en elle-même, mais du fait qu’elles sont déployées partout et à très grande échelle.
C’est comme le cyanure et toute substance chimique, la dangerosité est fonction de la dose. Même une substance inoffensive en usage « normal » peut devenir mortelle à haute dose ou du fait d’un usage inapproprié. Tandis qu’une substance poison peut-être inoffensive voire utile à petite dose (voir curare par exemple).

Ce ne sont pas les énergies fossiles qui détruisent la planète, mais le techno-capitalisme et son industrie productiviste
source photo illustrative : Osman Karimov - afp

Les politicards, technocrates et même certains écologistes ne parlent que de remplacer les énergies fossiles par d’autres énergies peu (ou moins) émettrices de gaz à effet de serre.
La plupart du temps, ils ne parlent pas de diminuer franchement les quantités d’énergies utilisées (ce qui impliquerait d’abandonner le capitalisme et le dogme du toujours plus de technologies et de possessions matérielles).
Même s’il était possible de remplacer les énergies fossiles par des énergies dites « vertes », le problème de ce à quoi servent ces énergies et pour quelle type de société resterait entier.

Si un tel remplacement était possible (ça ne l’est pas en réalité), ok ça nous épargnerait peut-être les pires catastrophes climatiques, mais les autres désastres continueraient de plus belle (destructions d’animaux, d’espèces, d’écosystèmes, de peuples autochtones, plus la précarité sociale et les dominations).

Au final, les mouvements climat pour la carboneutralité de l’économie de marché, la foi irrationnelle dans le solutionnisme technologique et les énergies dites « vertes » ne sauveront pas un climat vivable et accentueront les désastres.

Ce ne sont pas les énergies fossiles qui détruisent la planète, mais le techno-capitalisme et son industrie productiviste
Un monde techno-industriel décarboné ? vraiment ? Ce n’est ni possible ni souhaitable

- Exemple type de discours dépolitisé centré sur le type d’énergie puisé dans un article :
D’aucuns critiquent le peu de référence faite aux énergies fossiles dans le rapport rendu public. Du coup, c’est le secrétaire général des Nations unies qui s’en charge. Il assure que ce rapport « doit sonner le glas du charbon et des énergies fossiles, avant qu’ils ne détruisent la planète« . Il assure que « les pays devraient également mettre un terme aux nouvelles explorations et production d’énergies fossiles et déplacer les subventions aux énergies fossiles vers les renouvelables« .
Boris Johnson, Premier ministre britannique dont le pays va accueillir la prochaine COP26, appuie : « Nous savons ce qu’il faut faire pour limiter le réchauffement de la planète : reléguer aux oubliettes le charbon et passer à des sources d’énergie renouvelables, protéger la nature et financer le climat« . Greenpeace s’enthousiasme et twitte sobrement : « Chère industrie des énergies fossiles, nous vous retrouverons au tribunal ». L’ONG fait référence aux actions juridiques qui se multiplient face aux États et aux pétroliers.

Souvent on entend aussi dans les médias dominants des phrases du genre : pour lutter contre ce qui dérègle le climat, c’est "décideurs, entreprises, startup, habitants ensemble" la solution.
Si on veut s’en tirer, la formule serait plutôt : "habitants motivées et écologistes/anticapitalistes conséquents ensemble contre les décideurs, les entreprises, les starpups, contre la civilisation industrielle, ses structures et ses défenseurs".

- voici pourquoi :

Ce ne sont pas les énergies fossiles qui détruisent la planète, mais le techno-capitalisme et son industrie productiviste
Détruire les restes du vivant par l’extractivisme forcené pour, en vain, essayer de décarboner l’économie de Marché

Pas besoin de dépenser des milliards pour financer le déploiement en masse des énergies industrielles dites renouvelables qui vont consommer aussi des énergies fossiles et beaucoup de matières premières, pour au final « échouer » à « sauver » le climat, il faut plutôt décroître, démolir le capitalisme, sortir du productivisme et du système techno-industriel.

Exemple concret : au lieu de remplacer les bagnoles au pétrole par des bagnoles électriques et continuer à augmenter le nombre de bagnoles, faudrait plutôt diminuer fortement le nombre de voitures et les trajets (et de camions, et de transports transcontinentaux par porte-containers, et de vols d’avion, et de paquebots...), et faire durer un maximum les voitures existantes.
Et si vraiment on doit continuer à fabriquer des voitures, alors les fabriquer légères, pas rapides, sans haute-technologies (sans capteurs, caméras, ordinateurs, puces...), facilement réparables, et alors on se moquerait qu’elles marchent au pétrole, au gaz ou à l’électricité tellement il y aurait peu.

Contrairement aux rabâchages politiciens, capitalistes et merdiatiques, on n’est pas du tout face à un problème technique, un problème de type d’énergie, ni même de quantités d’argent à investir, on est fondamentalement face à un problème politique, à des choix profonds anthropologiques, face à des questions sociales et philosophiques.

Les gesticulations sur les changements d’énergies, sur la décarbonation de l’Economie de marché ou de nouvelles technologies miracles ne mènent qu’à conforter les désastres, les misères, les régimes autoritaires, les destructions du vivant.

En revanche, suite à des basculements révolutionnaires, des démocraties directes populaires pourraient nous libérer de de la civilisation industrielle, et contribuer à un bien vivre pour toutes et tous, fondé sur la solidarité, l’entraide et la qualité de vie (y aurait quand même les désastres climatiques et écologiques déjà inévitables à se coltiner...).

La civilisation industrielle, son techno-capitalisme et son autoritarisme étatique, nous promettent à l’inverse, on l’a vu avec la pandémie : davantage de flicage et d’autoritarisme, des pénuries tout en maintenant le système productiviste, l’acceptation et l’adaptation aux désastres et à la vie quotidienne dégradée sans remettre en cause leurs sources, une dépossession et une dépendance plus grande, davantage d’isolement et d’individualisme chacun dans sa bulle numérique, la continuation du chacun pour soi et du régne des plus forts et des plus riches, la destruction des communs et des mécanismes de solidarité institués, etc.

Une décroissance radicale, anticapitaliste et radicalement démocratique, permettant une croissance de la qualité de vie OU des pénuries subies, rationnées, une administration autoritaires des désastres en augmentation, des crises économiques et précarités croissantes ?

P.-S.

Perspectives et pistes de résistance active

La situation écologique, climatique, sociale est terrible.
Mais tant qu’il y a des résistances, rien n’est complètement perdu.
Et puis la civilisation industrielle, ce système techno-capitaliste et étatique, n’est peut-être pas si solide que ça, elle sans doute plus attaquable qu’on ne pense.

Il existe quantité de moyens de se battre, de lutter pour abattre/détruire/démolir/désarmer/stopper/effondrer les structures matérielles et idéologiques de la civilisation industrielle. Et quantité de moyens pour construire à la place des mondes vivables et soutenables.
Soutien financier, action directe, information, soutien aux personnes engagées, actions publiques ou clandestines, communication, refuges...
Il y en a pour tous les goûts, toutes les disponibilités et « niveaux » d’engagement.

Il y a des places pour chacun.e dans cette vaste culture de résistance à construire.

- Liens utiles pour aller plus loin :


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