Artificialisation de terres pour produire de l’énergie pour la civilisation industrielle

Dans le Buech et les Alpes du Sud, et aussi dans la Drôme, le business énergétique s’étend

dimanche 10 octobre 2021, par Les Indiens du Futur.

Artificialiser des terres naturelles ou agricoles pour produire de l’énergie à base de panneaux photovoltaïques, le business capitaliste prêt à tout :

- Artificialisation des terres et panneaux photovoltaïques dans le Buech - Les installations industrielles de capteurs solaires se développent dans le Buech et les Alpes du Sud, discrètement, mais à très grande vitesse. Ce sont des grandes sociétés qui profitent des conditions exceptionnellement favorables qui leur sont offertes ici : foncier bon marché, bon ensoleillement, bonne « acceptabilité sociale » (faible densité de population,..). Et parce c’est plus rentable, ces investissements sont réalisés sur des terres naturelles, des forêts ou des champs plutôt que sur des terrains déjà artificialisés (comme les toits, les parkings, etc).
(une rencontre est prévue sur ces sujets le Samedi 16 octobre, à 11h à l’Epine, puis à 14h à Montclus)

Artificialisation de terres pour produire de l’énergie pour la civilisation industrielle
Photo illustrative de Vallées en Lutte

- Dans la Drôme et ailleurs, les mêmes problèmes se posent :
Drôme : l’énergie solaire et ses centrales photovoltaïques ravage des espaces naturels - Montéléger, Réauville, Chabrillan, Salles-sous-Bois, Chantemerle-les-Grignan, Grignan, Saint-Restitut, Montboucher-sur-Jabron, Montjoyer... - De prime abord, on pourrait se dire que des centrales photovoltaïques pour produire de l’électricité d’origine solaire c’est super, mais ces parcs se font souvent sur des terres agricoles ou des espaces naturels..., et puis quand on creuse le sujet des énergies dites « renouvelables » le « vert » palit...

- Les aménageurs et les élus jonglent habilement avec les flous juridiques que leur laisse la législation en vigueur pour développer leurs petites affaires :
La préservation des espaces naturels, agricoles ou forestiers et la production d’énergie renouvelable ne sont pas incompatibles, estime le ministère de la Cohésion des territoires. Il indique que la circulaire du 18 décembre 2009 relative au développement et au contrôle des centrales photovoltaïques au sol "réaffirme la priorité donnée à l’intégration du photovoltaïque sur les bâtiments et sur les sites déjà artificialisés, et la traduction de cet objectif dans les plans locaux d’urbanisme".
Par ailleurs, il rappelle que les rapports de présentation du Scot et du PLU doivent contenir une analyse de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l’arrêt du projet de schéma ou de plan et justifier les objectifs chiffrés de limitation de cette consommation (articles L.141-3 et L.151-4 du Code de l’urbanisme). Mais il précise qu’« il appartient aux auteurs de ces documents de définir eux-mêmes les modalités de calcul de la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers, notamment pour les panneaux photovoltaïques" puisque "l’expression « consommation d’espaces » n’est pas explicitement définie dans le Code de l’urbanisme".

P.-S.

En complément, sur l’énergie dans le capitalisme :

Présentation de Le Mur énergétique du capital

Rencontre avec Sandrine Aumercier - Podcast-

« À l’heure de la crise écologique, le dogme révolutionnaire de la « réappropriation des moyens de production » ne peut plus être affirmé innocemment. Moteur humain, moteur mécanique : ce sont là les bases de l’invention capitaliste du « travail ». La croyance en la substituabilité indéfinie d’une dépense d’énergie abstraite nourrit le développement technologique et entretient une relation ambivalente avec la thermodynamique. Une conception substantialiste de la valeur, telle que développée par Karl Marx et relue par Robert Kurz, permet de réinscrire le paradigme énergétique à l’intérieur de la forme sociale capitaliste et d’en expliciter la dynamique propre. Le rapport de composition organique du capital articule en effet étroitement le « travail mort » des machines et le « travail vivant » des humains. La crise énergétique et ses retombées écologiques constituent en ce sens le mur externe du métabolisme capitaliste, l’autre mur étant la création d’une humanité superflue.

L’abolition du travail abstrait ne pourrait donc que signifier la fin des technologies qui sont la « matérialisation adéquate » du capitalisme. Seule une exigence d’émancipation portée jusqu’à cette pointe pourrait à la fois cesser de consumer sans limites le monde matériel et offrir les bases sociales d’une réinvention des techniques et des activités libérées de la compulsion de valorisation. »
https://www.editions-crise-et-critique.fr/ouvrage/sandrine-aumercier-le-mur-energetique-du-capital/

Des extraits sont en ligne sur le site de Palim-Psao http://www.palim-psao.fr/2021/08/parution-de-le-mur-energetique-du-capital.contribution-au-probleme-des-criteres-de-depassement-du-capitalisme-du-point-de-vue-de-la

Perspectives et pistes de résistance active

La situation écologique, climatique, sociale est terrible.
Mais tant qu’il y a des résistances, rien n’est complètement perdu.
Et puis la civilisation industrielle, ce système techno-capitaliste et étatique, n’est peut-être pas si solide que ça, elle sans doute plus attaquable qu’on ne pense.

Il existe quantité de moyens de se battre, de lutter pour abattre/détruire/démolir/désarmer/stopper/effondrer les structures matérielles et idéologiques de la civilisation industrielle. Et quantité de moyens pour construire à la place des mondes vivables et soutenables.
Soutien financier, action directe, information, soutien aux personnes engagées, actions publiques ou clandestines, communication, refuges...
Il y en a pour tous les goûts, toutes les disponibilités et « niveaux » d’engagement.

Il y a des places pour chacun.e dans cette vaste culture de résistance à construire.

- Liens utiles pour aller plus loin :


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