Quatre agressions néo-fascistes en quelques jours en France

Le salut ne viendra pas des autorités et il n’y aura pas de sauveur suprême

jeudi 27 février 2025

Le battage médiatique anti-gauche des dominants et l’allégeance aux extrêmes-droites de dirigeants politiques produits des effets : davantage d’agressions commises par des néo-fascistes.

Notre salut ne viendra pas des autorités et il n’y aura pas de sauveur suprême. Les élections ne sont pas un rempart suffisant, et les institutions non-démocratiques en place n’empêchent rien et s’accomodent de tout.

- Extrême-centre et extrême-droite unissent leurs forces pour inverser et combattre la réalité, augmenter leur hégémonie médiatique et enterrer les contre-pouvoirs. Des méthodes de parfaits néo-fascistes.

Quatre agressions néo-fascistes en quelques jours en France

Quatre agressions fascistes en quelques jours en France

Dimanche 16 février, une meute de néo-nazis attaquait une soirée internationaliste à Paris, envahissant un local où avait lieu la projection d’un film, avant de tabasser les personnes présentes et de poignarder un syndicaliste de la CGT. Cet attentat n’a suscité aucune réaction du gouvernement, d’habitude si prompt à réagir aux moindre faits divers. Pire, dans un court laps de temps, au moins trois autres attaques fascistes ont eu lieu en France, dans une indifférence glaçante.

- Angers

« T’es de gauche, toi ? » La question fuse dans une rue du centre-ville d’Angers dans la nuit du 17 au 18 janvier. Il est 3 heures du matin, et des étudiants rentrent de soirée, lorsqu’ils sont interpellés par un individu d’extrême droite. Lorsqu’ils confirment être de gauche, toute une bande apparaît et commence à leur donner des coups. Les fascistes ne s’arrêtent pas là, ils exigent que leurs victimes fassent des saluts nazis, « sous peine de nous buter » raconte une jeune femme au quotidien le Courrier de l’Ouest.

Les étudiants refusent, et reçoivent une pluie de coups. « On a essayé de se disperser en courant » raconte la victime, « un seul d’entre nous a réussi à s’enfuir sans recevoir de coups. Je me suis retrouvée au sol après une balayette. Je suis incapable de dire ce qui s’est passé ensuite : ça a fait l’effet d’une machine à laver ». Certains agresseurs ont été retrouvés, tous angevins, l’un d’eux est responsable d’un club de supporter de foot.

À Angers, l’extrême droite tente de s’implanter depuis des années, et multiplie les violences racistes, y compris en organisant des commandos armés en pleine rue pour aller attaquer une manifestation après la mort de Nahel, en 2023. À chaque fois, la justice fait preuve d’une clémence totale à leur égard, et la police leur apporte même de l’aide.

- Rennes

Samedi 22 février, moins d’une semaine après le poignardage de Paris, dans la commune de Cintré, près de Rennes. Anton Burel, 31 ans, est conseiller municipal indépendantiste de gauche. Il passe la soirée avec une trentaine d’habitants dans un bar de la commune. L’ambiance est bonne, jusqu’à ce qu’un groupe de six militants d’extrême droite, « extérieurs à la commune » passent à l’attaque. Au moment de la fermeture de l’établissement, ce groupe lance des slogans d’extrême droite comme « La France aux français » et fait des saluts nazis.

« Je me suis approché de celui qui avait fait le salut hitlérien et je lui ai dit que ce genre de geste et leurs propos n’étaient absolument pas admissibles », explique Anton Burel à Libération. « L’un d’eux m’a répondu “on est chez nous” et il m’a tout de suite frappé. J’ai alors pris un coup de poing dans l’œil et un autre à la mâchoire. Je suis tombé à la renverse. Ma tête a cogné sur le trottoir et j’ai perdu connaissance ». Inconscient, il reçoit d’autres coups de pieds et de poing au sol. Signe de l’ambiance délétère qui règne dans le pays, deux personnes confirment le déroulé de la scène à Libération « mais n’ont pas souhaité être citées directement, par peur de possibles représailles ».

Alors que les médias de masse adorent créer des semaines de polémique bidon autour de prétendues « violences » à l’égard des élus macronistes, ils ont fait preuve d’une étonnante discrétion sur ce passage à tabac d’un élu breton. De la même manière qu’ils avaient été plus que timides lorsque le maire de Saint-Brévin, près de Nantes, avait failli mourir brûlé vif dans sa maison pour avoir autorisé un centre d’accueil dans sa commune.

- Bordeaux

Dans la nuit du mardi 18 au mercredi 19 février, sur le site de Science Po à Bordeaux, une autre attaque d’un commando fasciste.

Un militant des Jeunes Insoumis-e-s quitte les lieux, après être allé soutenir une mobilisation sur ce campus. Vers minuit, « je m’écarte du groupe » de militants avec qui il était venu, raconte-t-il. « Deux hommes cagoulés me suivent ». Le militant tombe sur deux voitures à l’arrêt, moteur tournant. « Il y a une ou deux personnes dedans, qui me regardent lourdement, poursuit le jeune homme. Je suis rattrapé par les mecs de derrière. On me demande : ‘’t’es antifa ?’ » Alors qu’il leur retourne la question, ces derniers lui disent ‘Nous, on est les fa’. La victime aperçoit « au moins cinq personnes, dont une portait une bombe lacrymogène ».

Le commando était visiblement préparé, puisqu’ils sont prêts au combat, et filment la scène, afin d’obtenir une vidéo de violences commises sur un militant de gauche. Ce genre de contenu est ensuite diffusé sur des canaux néo-nazis. « Ils me proposent de me battre en un contre un, avec quatre personnes autour… Je refuse. Et là, je me fais balayer, puis frapper au sol à coups de pied et de poings par trois personnes. Cela dure une dizaine de secondes. Il y en a un qui filme la scène. Ça, c’est très humiliant ». Ces pratiques sont historiquement ancrées chez les fascistes : les chemises noires mettaient déjà en scène l’humiliation physique d’opposants en public dans les années 1920.

Les propos d’extrême droite sont omniprésents dans les médias. Les agressions se multiplient de la part de petits groupes prêts à passer à l’acte. Une tentative d’homicide sur un syndicaliste passe désormais presque inaperçue dans la France de 2025.

Le salut ne viendra pas des autorités et il n’y aura pas de sauveur suprême. Organisez vous, rejoignez un collectif dans votre ville, entraînez vous si vous le pouvez, affûtez votre esprit et vos capacités d’autodéfense.

- Source et liens : https://contre-attaque.net/2025/02/25/quatre-agressions-fascistes-en-quelques-jours-en-france/

Quatre agressions néo-fascistes en quelques jours en France
Deux poids deux mesures, comme d’habitude
Quatre agressions néo-fascistes en quelques jours en France

L’EXTRÊME DROITE ou LA MEILLEURE AMIE DES DOMINATIONS

L’extrême droite recycle la plus vieille ruse du pouvoir : amener les sans pouvoir à se sentir fiers de s’identifier à ce qui les asservit et à ceux qui les asservissent. Persuader les dépossédé∙es à l’intérieur des frontières nationales qu’ils ont davantage en commun avec leurs maîtres nationaux qu’avec les dépossédé∙es à l’extérieur des frontières nationales. Qu’ils ont pour alliés les riches et les puissants de la même nationalité qu’eux et partageant un même amour d’une même nation. En appeler à une « unité » perverse entre dominants et dominé∙es nationaux en vue de lutter contre des épouvantails.

Comme toutes les formes de nationalisme, l’extrême droite détourne la colère des gens en leur sacrifiant des boucs émissaires. Elle prétend que la dépossession est le fait de l’immigré, alors qu’elle est le résultat inévitable des dynamiques techno-économiques du capitalisme. Elle blâme le féminisme pour les malheurs affectifs et les insatisfactions des hommes, alors que ce sont les logiques patriarcales de domination et d’exploitation qui leur font des vies de merde. Elle prétend s’en prendre à quelque « mondialisme » tout en célébrant le supposé « progrès » technologique et la puissance industrielle qui le rendent inévitable. Elle exalte la nation, l’identité nationale, suggère aux gens qu’ils devraient être très fiers d’être français, alors que la nation française, comme toute nation, est une fiction, une construction politique imposée par une élite, dont la fabrication a nécessité la destruction violente d’une grande diversité de cultures et de pratiques vernaculaires. Toute nation (au sens des nations européennes, pas des « premières nations » amérindiennes), tout État-nation, est une colonie. Le fruit des volontés de despotes assoiffés de pouvoir – princes, ducs, rois, empereurs. Au gré de siècles de guerres et de conquêtes, les seigneuries sont devenues des royaumes. Et les royaumes, des nations. Et nous devrions être fier∙es d’être les produits de ces colonies jusqu’ici très fructueuses – tellement fructueuses que les colonisé∙es ne sont même plus conscient∙es, pour la plupart, d’être colonisé∙es ? Fier∙es d’être les sujets des riches et des puissants, de l’organisation sociale qui a asservi, exploité et réprimé nos ancêtres sur des générations ? (Sauf, bien entendu, si vous avez le sang bleu). Comme l’avait remarqué Rudolf Rocker, le nationalisme est la religion de l’esclave qui prend ses chaînes pour un héritage sacré.

Mais évidemment, mieux vaut que les gens agitent un drapeau plutôt qu’ils ne brandissent des fourches. Ça, l’extrême droite, comme toutes les idéologies au service de la domination, comme tous les rois, empereurs, etc., du passé, l’a bien compris. Culte de la nation, de l’identité nationale, haine des étrangers et de divers boucs émissaires, le but est toujours que les gens ne lèvent jamais les yeux sur les véritables architectes de leur misère.

Le véritable ennemi, en réalité, n’a pas de couleur de peau ni de passeport. Il n’est pas les étrangers, les immigrés, les « élites mondialistes », les féministes ou encore une religion en particulier. Le véritable ennemi, c’est la domination sous toutes ses formes – l’État, le capitalisme, le patriarcat, les religions –, c’est l’exploitation, c’est la dynamique de dépossession qui transforme tout en ressource à exploiter, c’est la logique techno-économique qui dissout l’autonomie humaine et le vivant. L’extrême droite est une mystification parce qu’elle interdit de voir ça. Elle protège les artisans du désastre et le désastre lui-même. Et c’est bien pour ça que ceux qui tiennent le monde – à commencer par l’homme le plus riche et puissant, c’est-à-dire le plus fou du monde, Elon Musk – l’encouragent ou la laissent prospérer.

Philip Low, un mathématicien canadien, docteur en neurosciences computationnelles, président, directeur général et fondateur de NeuroVigil, une compagnie de neurotechnologie, qui est aussi un ancien ami et collègue d’Elon Musk, a affirmé dans un texte paru fin janvier dernier que tout ce que souhaite Musk « c’est consolider son pouvoir et en acquérir davantage ». Et que « c’est pour ça qu’il apprécie les partis d’extrême droite, parce qu’ils sont plus faciles à contrôler ». Autrement dit, les gens qui adhèrent aux idées de l’extrême droite sont les pires dupes qui soient.

Aussi, pour prendre un autre exemple, il y a quelques mois, Bernard Arnault, l’homme le plus riche et puissant de France, a fait savoir à Macron qu’il fallait « à tout prix éviter un Premier ministre de gauche » (un Premier ministre d’extrême droite, en revanche, aucun problème, ça l’arrange même très bien).

Et on comprend très bien pourquoi les ultra-riches aiment l’extrême droite. L’absurdité, l’imbécilité incroyable, c’est quand les pauvres rejoignent l’extrême droite. Le seul endroit où la poule et le renard s’unissent, c’est dans l’estomac du renard.

(post de N. Casaux)

Quatre agressions néo-fascistes en quelques jours en France

Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
[Se connecter]
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Partagez la page

Site réalisé avec SPIP | | Plan du site | Drôme infos locales | Articles | Thèmes | Présentation | Contact | Rechercher | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0
Médial local d'information et d'expression libre pour la Drôme et ses vallées, journal local de contre-pouvoir à but non-lucratif, média participatif indépendant :
Valence, Romans-sur-Isère, Montélimar, Crest, Saillans, Die, Dieulefit, Vercheny, Grane, Eurre, Loriol, Livron, Aouste sur Sye, Mirabel et Blacons, Piegros la Clastre, Beaufort sur Gervanne, Allex, Divajeu, Saou, Suze, Upie, Pontaix, Barsac, St Benois en Diois, Aurel...
Vous avez le droit de reproduire les contenus de ce site à condition de citer la source et qu'il s'agisse d'utilisations non-commerciales
Copyleft