C’est l’occasion de reprendre la main sur l’économie - Préparons-nous

L’économie est morte, vive l’économie ! - C’est le moment d’achever l’économie de marché

dimanche 22 mars 2020, par Camille Pierrette.

Curieusement et tristement, c’est une grave épidémie qui va peut-être nous offrir une belle opportunité d’en finir avec la domination et l’abomination capitaliste.
A nous de savoir saisir ce moment, ensemble et avec détermination.

- Pour commencer ce bon article : L’économie est morte, vive l’économie !

Aurons-nous le culot, l’audace, que dis-je, le courage, de leur rétorquer : non non, en fait, non. On a bien réfléchi, on a lu des livres, comme vous nous l’avez recommandé M. Président. Et on a conclu que ben non. On est désolé, on aimerait vraiment beaucoup redonner le moral aux marchés, on rêverait de faire redescendre le déficit sous la barre des 3%, ah ça oui, qu’est-ce qu’on en rêverait. Mais voilà, on a décidé que non. Vous avez bien entendu : non. N. O. N. Après le confinement, On. Ne. Reprend. Pas.

Ces gens n’ont plus aucun crédit. Leur pouvoir s’effrite, nous le mangerons. Et nous veillerons, comme le propose mon invité de cette semaine, à arracher l’économie aux économistes.

Impossible, objecteront certains : l’économie est par essence oppressive, c’est d’elle qu’il faut nous libérer. Non, répond le philosophe Alain Deneault : l’économie nous appartient

Remarques persos - Quel après désirons-nous ?

C’est l’occasion de démolir la désastreuse économie capitaliste pour se donner un avenir vivable

Le confinement et l’épidémie auront une fin, il faut donc dès à présent se poser ces questions, et bien d’autres encore :

De quoi avons-nous le plus peur ?
De la précarité, de la répression, du chômage, de vivre avec moins de gadgets, ou des pandémies, des désastres sociaux, climatiques et écologiques produits mécaniquement par la civilisation capitaliste ?

Que désirons-nous vraiment ?
Des emplois ubérisés précaires dans une mécanique froide pour que des ultra-riches et autres oligarques puissent se payer des yachts et des palais, la concurrence permanente pour tout et la guerre de tous contre tous, la consommation d’objets futiles provenant d’Asie pour remplacer une vraie vie et la nature détruite, être asservis à l’Etat et à l’économie totalitaire, ou vivre dignement mais sobrement, dans le partage, la solidarité et la convivialité, en travaillant et produisant nettement moins ?

Qu’aimons nous vraiment ?
Subir la tyrannie de gouvernements oligarchiques, cyniques, extrémistes, brutaux, incapables et vendus aux multinationales, ne rien avoir à penser et à décider, laisser faire les chefs de guerre et les politiciens professionnels qui nous mènent aux désastres, ou pratiquer difficilement mais passionnément la démocratie directe, l’autogestion, l’auto-organisation ?

Que voulons-nous ?
Obéir aveuglément aux drones (c’est parti à Valence !) et aux flics, aux lois autoritaires et aux états d’urgences, aux lobbies capitalistes mortifères et à leurs impératifs de croissance, ou (re)découvrir la joie de créer ensemble, de faire de la vraie politique (nous même, sans intermédiaires), de converser avec les oiseaux ou les dauphins, d’aller cultiver un jardin collectif et bloquer l’économie pour imposer une bifurcation radicale ?

Considérer les plantes et les animaux comme des objets sacrifiables au service de nos caprices et du productivisme qui nourrit la Croissance, traiter aussi les humains comme des machines à produire et à consommer, ou considérer l’ensemble du vivant comme un écosystème complexe de sujets, d’êtres dignes de respect et d’attention ?

Car le confinement et l’épidémie auront une fin, mais l’Etat terroriste, le régime politique autoritaire, le capitalisme totalitaire, la folie productiviste et extractiviste, la destruction du climat et du vivant, l’esclavagisation et la marchandisation ne s’arrêteront pas tout seul.
Même si la pandémie va affaiblir un temps le système, les Etats et les capitalistes feront tout pour que la mégamachine à tout broyer reparte, continue à tout pomper pour engraisser des déjà riches sociopathes. Ils continueront à prioriser les milliards pour que ce système suicidaire continue sur notre dos et notre sueur, sur le ravage de la nature, comme ils le font déjà ces criminels.

Cette monstruosité cancéreuse ne s’arrêtera pas toute seule. Ce système tombera et pourra être remplacé à temps par des sociétés vivables seulement si on tire ensemble, si on fait l’effort de l’abattre jusqu’au bout, de le mettre en laisse, à un moment ou il sera un peu affaibli matériellement et idéologiquement.

L’épidémie fait ressortir en grand toutes les tares de ce système, à nous de bien les comprendre dans toute leur horreur et leur absurdité irréformables, de ne plus nous laisser enfumer par les discours martiaux et les appels à l’unité nationale, à nous de maîtriser la peur de la répression pour agir malgré tout.

Prenons déjà rendez-vous, pour que dès que possible on soit des millions à rester dans les rues pendant des jours, des semaines s’il le faut, pour faire une grève générale, pour tout bloquer, pour tout réinventer, pour tout refaire.

Si on met au pas l’économie, le régime politique nous mangera dans la main, et alors on pourra virer toute l’oligarchie élective, mettre l’Etat sous muselière, faire vivre des formes de démocraties directes, d’abord locales bien sûr.

Prenons RDV, dès maintenant, organisons-nous, tenons-nous prêts !

Le régime macroniste et ses maîtres capitalistes vont sans doute essayer de se maintenir via différentes ruses :

  • état d’urgence, augmentation de la surveillance et des flics, fichage accru, reconnaissance faciale, etc.
  • promettre quelques mesures sociales, des nationalisations, des financements...
  • peut-être même cyniquement (insconciemment ou pas) faire durer un maximum l’épidémie et des périodes de confinement ou de semi-confinement, en usant de la peur et de la répression maximale, afin que la révolte soit étouffée dans l’oeuf, diluée dans le temps, empêchée par la rhétorique guerrière de la priorité à la responsabilité et à la sauvegarde de l’économie en place, avec l’éternelle carotte de l’emploi et de la peur de la fin du mois

Ne nous faisons plus avoir, les gilets jaunes ont montré que les enfumages ne marchaient pas, que la révolte pouvait continuer même après des vacances d’hiver ou d’été, même après une répression énorme, alors préparons-nous, c’est le moment.
Affutons nos armes de la solidarité et de la révolte générale.

Vous ne confinerez jamais notre rage !
L’économie est morte, vive l’économie ! - C’est le moment d’achever l’économie de marché

Voir aussi :

- Appel du COVID-19 aux terrestres bipèdes - Cet appel reçu à la rédaction de Terrestres constitue un variant d’un monologue originellement reçu par Lundimatin (que nous remercions). Passé par le système cellulaire de Terrestres, son message a quelque peu muté. Si elle n’a pas le mérite de l’antériorité, cette version mutante nous a semblé digne d’attention

la vie ou l’économie. A vous de choisir !
L’enjeu est historique. Soit les gouvernants vous imposent leur état d’exception, soit vous inventez ensemble le vôtre. Soit vous vous bornez à suivre les consignes d’en haut, soit vous vous vous rendez disponibles aux vérités qui se font jour. Soit vous employez le temps que je vous donne pour imaginer et construire le monde d’après à partir des leçons de l’effondrement en cours, soit celui-ci s’aggravera. Le désastre cesse quand cesse l’économie capitaliste. L’économie est le ravage.

- Après - Du confinement total à la désertion générale - « Se retrouver vraiment. Se réunir partout, tout reprendre à zéro. S’interroger ensemble sur notre devenir, s’en proposer la maîtrise. Ne plus rien déléguer. Ne plus laisser le pouvoir aux mains de quelques-uns. Douter de tout. Débattre de tout, du dispensable et de l’essentiel. Ne plus reconduire les divisions qu’on nous impose, envoyer aux ordures les identités qui nous enferment, organiser la rencontre la plus large de tous. Aucune frontière n’a stoppé l’épidémie, aucun État n’est étanche, ces abstractions étaient dans nos têtes. Considérer le travail pour ce qu’il est, une corvée pour manger. »

P.-S.

- J’avais également modestement fait un complément à ce fameux texte sur cet article : Je suis venu mettre à l’arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d’urgence - Monologue du virus - un texte incisif pour saisir l’opportunité d’une bifurcation radicale, l’an 01 version 21e siècle ?
Et si on transformait cette sorte d’an 01 (la vie « normale » s’arrête) forcé et anxiogène en un AN 01 choisi, assumé, approfondi, libérateur, salvateur ? Un AN 01 version 21e siècle ?
Puisque la vie sociale et économique va, de gré ou de force, s’arrêter, ralentir fortement à cause de l’épidémie au Coronavirus, profitons-en pour continuer le mouvement, pour réfléchir, et ensuite pour laisser s’écrouler ce dont on ne veut plus, pour faire vivre et croître ce qu’on désire vraiment, pour muter dans une autre direction.
Le virus détruit temporairement la normalité, cette normalité étant le problème, libérons-nous pour de bon du problème, définitivement.


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