Brésil, exemple type des désastres climato-écologiques-sociaux inhérents au système en place

Subir les effets en cascade ou désarmer franchement les structures qui causent les catastrophes ? Fin des réformismes et mutations des luttes ?

dimanche 12 septembre 2021, par Les Indiens du Futur.

Les désastres au Brésil nous interroge, et interroge les objectifs des luttes sociales et écologiques :

🇧🇷 SÉCHERESSE HISTORIQUE ET CRISE ÉNERGÉTIQUE AU BRÉSIL

- Des mesures écocidaires pour lutter contre les effets du dérèglement climatique

Au pays de la plus grande réserve d’eau douce du monde, le Brésil, on manque d’eau... Depuis 2020 le pays subit une sécheresse historique. C’est habituellement le Nordeste désertique qui en souffre, mais depuis une décennie ce sont les régions Sud, Sudeste et Centroeste qui sont de plus en plus atteintes. Ces régions sont aussi les plus peuplées.

Brésil, exemple type des désastres climato-écologiques-sociaux inhérents au système en place
Subir les effets en cascade ou désarmer franchement les structures qui causent les catastrophes ? Fin des réformismes ?

Dans plusieurs municipalités, l’eau courante est rationnée, 60 heures d’eau, puis 30 heures sans. À Curitiba, ville rationnée depuis mars 2020, les pluies sont tellement rares, que les autorités locales ont adopté la technique de Dubaï pour faire pleuvoir. Des avions ensemenceurs de nuages survolent des endroits stratégiques autour de la métropole de 3,5 millions d’habitants, afin d’irriguer les réservoirs en eau douce.

L’agro-business n’est évidemment pas concerné par ces restrictions, alors qu’il consomme environ 72% de l’eau capté au Brésil en un an. Selon les autorités, il s’agit de protéger la sécurité alimentaire du pays, hors la majorité de la production des grandes exploitations est exporté ou sert à nourrir le bétail qui sera à son tour exporté. Même en temps de désastre, il est impensable de déranger l’agro-business… Ces pratiques agricoles extensives sont aussi à l’origine d’une grande pollution des sols et des eaux souterraines, ainsi que de la déforestation qui assèche l’air et modifie le cycle des pluies.

C’est un cercle vicieux. Le gouvernement fasciste n’entend pas changer ces pratiques, et au contraire les soutient avec de nouvelles lois qui rendent possible la préemption de terres indigènes au bénéfice de l’agro-business et des exploitations minières. Le manque d’eau affecte également les usines hydroélectriques, et pour pallier à cela, la décision à été d’augmenter la production des usines thermoélectrique qui consomme du gaz, du pétrole ou de la biomasse. En plus du coût écologique élévé, cette électricité est plus chère à produire et provoque une augmentation de 7% du prix de l’électricité pour les usagers et les industries.

C’est la population la plus pauvre, déjà très affectée par la pandémie et ses répercussions économiques, qui va en subir les conséquences, puisque les produits de premières nécessités vont voir leur prix augmenter. Si depuis la pandémie, l’insécurité alimentaire concerne 55% des brésiliennes et brésiliens on peut évidemment craindre que la situation s’envenime dans les mois à venir. Au Brésil et ailleurs, la réponse des gouvernants aux désastres climatiques et environnementaux semble être de persister dans une gestion destructrice et écocide en nous condamnant à la misère.

Par notre correspondante franco-brésilienne
(post de Nantes Révoltée)

Le Brésil, notre futur ?

Il n’y a pas que les gouvernements d’extrême droite qui pratiquent une politique écocidaire. Partout, de l’Europe à l’Asie, la civilisation industrielle veut se maintenir, et donc maintenir ses ravages.


Le Brésil est un exemple type des effets en cascade qui se déroulent ou vont se dérouler dans de plus en plus de pays, sous des formes éventuellement différentes, mais avec des niveaux d’intensité partout croissants.

Le réchauffement global augmente les sécheresses, donc les manques d’eau (ou par moment les inondations dantesques et les tempêtes), donc les incendies.
Des incendies ou des déforestations qui augmentent le taux de CO2 et diminuent les capacités d’en stocker, qui augmentent ensuite les effets des inondations, et/ou accentuent les sécheresses (moins de forêts pour « attirer » les nuages et pluies), les baisses de production agricole, des problèmes pour les barrages et les centrales nucléaires, etc.

Les Etats et les « entreprises innovantes » auront beau gesticuler, empiler les réunions au sommet, aligner des milliards pour l’innovation ou les réparations après catastrophes, multiplier les gestions autoritaires..., ils seront finalement débordés, submergés, voir disloqués. Ils ne feront qu’administrer les désastres en nous obligeant à subir toujours pire à coup de système policier, jusqu’à que ça éclate :
- Impossible de s’adapter aux dérèglements climatiques : début d’impuissance des Etats face aux désastres ? - Profiter de ces affaiblissements relatifs pour provoquer un basculement révolutionnaire au lieu de subir

Les gouvernements ont besoin du capitalisme, et le capitalisme a besoin de productivisme et de croissance pour continuer à fonctionner en valorisant le capital. On sait que productivisme et croissance,, même relookés, détruisent partout le vivant.
Donc pas de vie décente possible, et même pas de vie possible tout court, sans le désarmement rapide du techno-capitalisme et de la civilisation industrielle.

Ca ne rime plus à grande chose de lutter pour des droits, l’amélioration de problèmes sociaux divers (ils sont pourtant urgents et innombrables), de tenter de contenir certaines des conséquences néfastes du système en place. Tout le monde, depuis là où il-elle se trouve, devrait plutôt lutter en parallèle ou conjointement pour abattre et remplacer le techno-capitalisme et son monde.
Avant, on pouvait peut-être encore débattre et s’interroger sur l’alternative « réformes petit à petit » VERSUS changements révolutionnaires.

La réalité présente nous montre que les partisans des basculements révolutionnaires, des changements radicaux, avaient raison, et que c’est maintenant la seule voie « raisonnable » pour s’inventer des futurs vivables.
Le réformisme n’a donc d’intérêt que comme consolidation temporaire des avancées obtenues par des actions radicales, il ne devrait plus être un moteur ni un centre des luttes. Les luttes sociales et écologiques qui ne l’ont pas encore fait devraient donc muter complètement... (mais le veulent-elles, en sont-elles capables ?)
Ceci a de nombreuses conséquences pratiques et théoriques, nous en reparleront.

P.-S.

Perspectives et pistes de résistance active

La situation écologique, climatique, sociale est terrible.
Mais tant qu’il y a des résistances, rien n’est complètement perdu.
Et puis la civilisation industrielle, ce système techno-capitaliste et étatique, n’est peut-être pas si solide que ça, elle sans doute plus attaquable qu’on ne pense.

Il existe quantité de moyens de se battre, de lutter pour abattre/détruire/démolir/désarmer/stopper/effondrer les structures matérielles et idéologiques de la civilisation industrielle. Et quantité de moyens pour construire à la place des mondes vivables et soutenables.
Soutien financier, action directe, information, soutien aux personnes engagées, actions publiques ou clandestines, communication, refuges...
Il y en a pour tous les goûts, toutes les disponibilités et « niveaux » d’engagement.

Il y a des places pour chacun.e dans cette vaste culture de résistance à construire.

- Liens utiles pour aller plus loin :


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