Prison avec sursis et amendes pour des slogans dénonçant les violences policières

La répression d’Etat continue devant les tribunaux - La destruction des libertés se poursuit méthodiquement

mercredi 9 septembre 2020, par Camille Z.

NICE : DE LA PRISON AVEC SURSIS ET DES AMENDES POUR DES SLOGANS CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES !

- « Ils tuent, ils blessent, à bas les CRS ! », « ils tirent au LBD, à bas les condés ! » -

Chaque semaine, la justice française tente de battre ses propres records d’ignominie. Record battu à Nice : il y a deux jours, des magistrats ont distribué de lourdes amendes et de la prison avec sursis pour … des slogans. Pas très Charlie. Précisons que ces peines ont été distribuées pour faire plaisir au syndicat policier d’extrême droite Alliance.

L’affaire remonte à mai 2019. Une manifestation était organisée à Nice pour la défense de la fonction publique. Des slogans contre les violences policières très classiques sont chantés : « Ils tuent, ils blessent, à bas les CRS ! », « ils tirent au LBD, à bas les condés ! ».

Le syndicat Alliance porte plainte. Deux étudiants, un professeur syndicaliste et une autre manifestante sont arrêtés brutalement et convoqués en justice. Ils sont poursuivis pour « outrage ». Nice est pourtant la ville où une retraitée, Geneviève Legay, a frôlé la mort lors d’une charge policière très violente. Sans aucune suite pour le moment. Ces slogans paraissent donc bien le minimum face à tant d’injustice.
Parmi les prévenus, un professeur d’histoire était aussi poursuivi pour « rébellion ». Lors de son arrestation, il avait été étranglé et écrasé au sol par des agents. Il avait déposé plainte suite à ces violences. Les policiers ont aussi porté plainte pour « rébellion », comme c’est devenu habituel dans le régime de l’inversion permanente dans lequel nous vivons.

Les peines vont de 2 à 6 mois de sursis et 7000 euros de « dommages et intérêt » pour les policiers. Et en cas de récidive de slogans ? Au cachot ? La terreur d’État qui règne dans les rues à coups de grenades et de LBD se poursuit dans le décor feutré de tribunaux. La police est intouchable, même par des mots.

(post de Nantes Révoltée)

(source : https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/nice/nice-prison-sursis-amendes-etudiants-enseignant-suite-slogans-hostiles-police-1870698.html )

Prison avec sursis et amendes pour des slogans dénonçant les violences policières

Remarques

En France, la police politique et ses supplétifs du monde judiciaire (otages consentants ou forcés du pouvoir policier tentaculaire) condamnent le simple fait de dire la vérité, de constater l’évidence.
Dire une opinion politique (vouloir l’abolition de la police) ou dire l’évidence que les flics blessent ou tirent au LBD devient interdit, prohibé !
En France, le seul discours autorisé est celui de l’Etat et de ses flics, celle du régime, celle des intérêts capitalistes minoritaires et extrémistes, le contredire devient maintenant une sorte de négationnisme.
Big Brother doit se réjouir de voir son monde totalitaire prendre forme davantage chaque semaine.

En France, comme l’avait avoué Darmanin, « C’est la police, la gendarmerie, les forces de l’ordre qui font la loi ».
Cette répression de slogans est une preuve pratique de plus, qui s’ajoute aux preuves politiques et théoriques, qui démontre que la France n’est pas une démocratie, mais plutôt une aristocratie élective, laquelle se durcit en régime autoritaire et policier.

Ce qui ne pose bien sûr aucun problème aux macronistes, aux gens de droite et d’extrême droite, qui se délectent de se poser en ardant défenseurs de "la-démocratie", légitimes et élus répètent-ils en boucle.
En revanche plus "curieux" et dommageable est le discours servile des instances dirigeantes des syndicats, médias et partis dits de gauche, qui continuent à propager l’énorme mensonge de « notre démocratie » et à favoriser de ce fait la terreur répressive d’Etat. La soupe est bonne pour eux, ils ne voudraient pas cracher dedans et s’en voir priver ?

Est-ce que les gens de gauche de la base vont un jour se mettre à ruer sérieusement dans les brancards pour agir et dénoncer publiquement tout ça, ou vont-ils laisser les dispositifs liberticides s’empiler jusqu’à ce qu’on ne puisse plus du tout respirer ?

Peut-être ont-ils peur d’un éventuel chaos qui viendrait si le système politique en place devenait très largement discrédité, destitué ?
Mais en fait le chaos est déjà bien là, et il est en grande partie due à notre quasi totale impuissance politique et économique. Le chaos est ce régime autoritaire et policier, le chaos c’est le capitalisme qui étend son emprise et ses destructions.


2 Messages

  • Prison avec sursis et amendes pour des slogans dénonçant les violences policières Le 11 septembre à 12:18, par Camille Z

    🔴ENSAUVAGEMENT DU POUVOIR

    Le ministre de l’Intérieur attaque sur tous les fronts, et applique les mots d’ordres de l’extrême droite :
    ➡️ Darmanin s’est rendu à Calais, où il a annoncé qu’il allait « interdire la distribution de repas par les associations ». A Calais, des centaines d’exilés survivent dans des conditions atroces, dans des campements de fortunes, fréquemment gazés par les CRS. La réponse du gouvernement Macron est donc de les affamer davantage, en interdisant aux bénévoles de leur donner à manger. Rappelons que la non assistance à personne vulnérable ou en danger est un délit théoriquement passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
    ➡️ Nouvelle surenchère sécuritaire : pour faire plaisir aux syndicats policiers Darmanin veut interdire les vidéos d’agents si « elles ne sont pas floutées ». La logique est claire : si cette mesure voit le jour, elle permettra aux policiers de faire censurer n’importe quelle vidéo gênante sur internet. Pourtant, la police française ne porte déjà jamais de matricule, et parade régulièrement cagoulée, ce qui est dans les deux cas interdit. Cette annonce est donc un pas de plus dans l’anonymisation totale des forces de l’ordre, et leur impunité absolue.
    Protéger les forts, affamer les faibles, écraser toute opposition : le pouvoir en place est en plein ensauvagement. Il installe les conditions d’une forme de fascisme.

    (post de Nantes Révoltée)

    voir aussi :

    Des adeptes des nazis se montrent dans la police française

    Il paraît que le ministre de l’Intérieur veut poursuivre en justice quiconque compare policiers menaçants à « une bande de nazis », pour « défendre l’honneur » de la police française …

    (post et visuel de Nantes Révoltée)

    Répondre à ce message

  • Prison avec sursis et amendes pour des slogans dénonçant les violences policières Le 10 septembre à 14:48, par Camille Z

    Dans le même genre, complicité entre Darmanin et un syndicat politicer d’extrême droite pour réprimer un crime de "mauvaise pensée" :

    🔴 QUAND LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR EN PERSONNE PORTE PLAINTE CONTRE UN GILET JAUNE MUTILÉ PAR LA POLICE

    Une mauvaise farce en 4 Actes au sommet de l’Etat français :
    ➡️Le Gilet Jaune Jérome Rodrigues, mutilé par la police, appelle pour la grande manifestation du 12 septembre à Paris à une désobéissance civile massive, c’est à dire refuser de décliner son identité en cas de contrôle, quitte à passer quelques heures au poste pour vérification. Une méthode de désobéissance on ne peut plus pacifique.
    ➡️ Le syndicat d’extrême droite synergie officier répond immédiatement avec un tweet provocateur « Nous avons suffisamment de place pour vous accueillir ! #Giletsjaunes #12septembre #Jesoutienslapolice » Un syndicat d’officiers se vante donc de futures arrestations massives à deux jours d’une manif.
    ➡️Face à la provocation, Jérôme Rodrigues s’offusque, et dénonce les grandes enceintes barbelées situées au nord de Paris près d’un commissariat, qui servent régulièrement à parquer de nombreux manifestants lors des grosses mobilisations. Il dénonce des « camps de concentration »
    ➡️Riposte immédiate au sommet de l’Etat : le ministre Darmanin en personne et le syndicat policier portent plainte. Le syndicat va jusqu’à remercier Darmanin pour son « soutien sans faille à la police » agrémenté d’un hashtag issu de l’extrême droite américaine : « #BlueLiveMatter ». Il est rare que ces syndicats radicalisés félicitent leur ministre, même les plus répressifs.
    Le gouvernement est il fébrile au point de déposer plainte contre le tweet d’un Gilet Jaune ? Est-il devenu interdit de répondre aux provocations de groupuscules policiers ? La priorité d’un ministre de l’Intérieur accusé de viol est-elle d’entraver la liberté d’expression d’un opposant ?
    Quoiqu’il en soit, toutes et tous dans la rue samedi 12 septembre !

    Post de Nantes Révoltée

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