Pour gagner, pour des luttes offensives !

La conscience du besoin de bifurcations radicales, de révolutions, s’ancre dans de nouvelles personnes

mardi 31 mai 2022, par Perspectives.

Pour gagner, pour des luttes offensives !

Le système serait à bout ? Et nous ?
Après la fin des espoirs démesurés dans les élections et les institutions, le retour des stratégies offensives pour un basculement révolutionnaire ?

POUR GAGNER, POUR DES LUTTES OFFENSIVES !

Le système est à bout. L’organisation actuelle de nos sociétés est une impasse. Le besoin de changements, de bifurcations, de révolutions, s’ancre chaque jour dans la conscience de nouvelles personnes. Pris dans un quotidien dénué de perspectives, dans un job harassant ou privé de sens, dans un système institutionnel qui se détourne de l’intérêt général, entre deux rapport alarmants sur l’état de nos écosystèmes, entre deux éditocrates donneurs de leçons et effrayés par le moindre signe de mutation d’un ordre qui sert si bien leurs privilèges, de plus en plus de gens aspirent à la construction d’un monde nouveau.

En dépit de cet éveil les voies du changement ne semblent pas se dessiner clairement, et si les choses continuent ainsi c’est bien dans un cauchemar que nous pourrions sombrer. Aujourd’hui nous pouvons encore éviter le désastre, toutes et tous collectivement. Les processus révolutionnaires ne sont pas que des chapitres de manuels d’histoire.

Nous ne croyons pas que les évolutions viendront de ceux qui se gavent du haut de la fontaine du supposé ruissellement, ni de leurs alliés objectifs dans les cénacles politiciens. Les ZAD, les militant-es contre la loi travail, les Gilets Jaunes, les grévistes face à la réforme des retraites, les activistes du climat ou des droits humains, les mobilisations contre le racisme et le violences policières : ces dix dernières années ont démontré que le peuple se soulevait et qu’il existait un vrai sujet révolutionnaire.

Nous devons dépasser la critiques des méthodes des uns et des autres. Toutes les formes de l’action serviront à renverser la table. Occupons les endroits qu’il faut défendre en faisant émerger des modes de vie alternatifs, reprenons les ronds-points , bloquons les flux de marchandises, grévons au travail, faisons des sit-in dans les artères commerciales des centres urbains, organisons des manifestations festives ou sauvages, syndicales ou non, les méthodes ont toutes leur légitimité, y compris le vote, et même la pétition. Pour des électeurs en K-way et des barricades faîtes de bureaux de vote !

Ce qui constitue le plus grand frein à l’avènement d’une société nouvelle ce n’est ni l’absence de conscience ni les moyens d’action, mais certainement le mot d’ordre. Depuis trop longtemps nous sommes acculé-es à mener des luttes défensives, contre ci, contre ça. Cette situation favorise les puissants et divise les luttes. Le soulèvement sera victorieux lorsqu’il sera la voix d’une aspiration commune. Nous voulons libérer notre temps de l’emprise du marché de l’emploi capitaliste, nous voulons cultiver et consommer autrement sans mettre notre santé en danger pour les profits de quelques uns, nous voulons décider nous-mêmes de la façon d’organiser notre travail sans subir la tyrannie d’un patron, nous voulons partager collectivement les richesses produites et redéfinir ce qui a de la valeur à nos yeux.

Et si on vous dit que ça n’est pas possible, ne les croyez pas ! On nous a aussi dit que le travail des enfants ou l’esclavage étaient nécessaires à l’économie ou que les rois étaient indispensables à la politique.

(post de Nantes Révoltée)

Pour gagner, pour des luttes offensives !
De la conscience du besoin de révolutions à l’action collective coordonnée ?

Des luttes offensives, mille fois oui, mais avec qui, avec quelles stratégies..., avec quels moyens, et surtout, pour quels objectifs ?

- Des pistes : Analyser la situation pour dégager stratégies de résistance, perspectives d’actions et objectifs - Trois articles à lire et relire en groupe pour sortir des ornières

Le système n’est pas tant à bout que ça, il ne manque pas de ressources pour s’accrocher et rebondir, et si on ne fait que l’égratigner il continuera encore un bon moment, suffisamment pour finir de ravager la planète et ses habitants. En revanche, sans doute que son idéologie et ses perspectives ne font plus rêver tant que ça, c’est son fond idélogique qui est à bout, dont on sait la brutalité et l’impasse.


Pour creuser ces questions, et d’autres encore, voici une occasion à l’HYDRE qui est annoncée le 17 juin 2022 à 18h : Retrouver des perspectives révolutionnaires ?
D’autres occasions sont à créer. Avec mise en pratique ?

P.-S.

REFUS DU TRAVAIL ET LUTTES CONTRE L’INFLATION : LES INGREDIENTS D’UNE VAGUE REVOLUTIONNAIRE, CREATIVE, EXISTENTIELLE ET POLITIQUE COMME DANS LES ANNEES 1968

MISSIONS EN MASSES, GRÈVES POUR LES SALAIRES, ENVIE DE DE LIBERTÉ...
Avec le covid, les confinement puis le télétravail, ont développé une conscience diffuse qui abouti à des refus de l’exploitation assortie d’un comportement social antiproductif, qui participe de la défense de la liberté et du bien-être de chacun. L’intelligence ouvrière se refuse à être une intelligence productiviste, l’entreprise est perçue comme un lieu devenu asocial. C’est ce qui a amené à la grande « démission » des salariés aux USA où en un an 38 millions de salariés ont démissionné et déjà 4 millions en mars 2022. On voit la même chose dans d’autres pays comme en France, en particulier dans la restauration et l’hôtellerie, où il « manque » 300 000 salariés pour la saison estivale à venir mais aussi dans l’automobile où les agences d’intérim peinent à convaincre des jeunes à se faire exploiter sur les chaînes de production.
C’est la même conscience qui face aux tentatives de restructuration capitaliste dans les années 1960 - travail à la chaîne, standardisation des rythmes et des cadences - est devenue peu à peu prégnante et qui a constitué des années 1960 jusqu’au milieu des années 1970 la base intangible de la résistance ouvrière et la cause des explosions sociales de 1967, 1968, 1969 et encore après dans le monde entier.
Du coup, on assiste surtout à une vague de grèves et luttes pour les salaires de plus en plus victorieuses qui a commencé à l’automne/hiver 2021 et qui reprend maintenant au printemps amplifiée et accélérée par l’inflation soudaine d’une seconde vague de grèves et luttes qui parcourt toute la planète. En conséquence, pour faire face à ce refus de travail et à ces luttes pour les salaires, quelques patrons ont significativement décidé d’augmenter les salaires, dont le plus symbolique est Apple qui a décidé le 24 mai d’augmenter ses salariés de 45%.
L’inflation a en effet atteint des niveaux très élevés, 11% aux USA, 9% en Grande Bretagne, 8% en Espagne et en Allemagne et des taux faramineux au Sri Lanka ou en Argentine et bien ailleurs. Les conséquences sociales et politiques sont dramatiques. C’est d’abord un accroissement brutal de la misère avec des gens qui ont du mal à finir les fins de mois en occident et ne mangent plus qu’un repas par jour, ou meurent de faim dans des pays plus pauvres. Mais c’est aussi en riposte, des vagues de grèves et manifestations dans beaucoup de pays que ce soit aux USA ou en France, au Canada, en Espagne, Grande Bretagne, Allemagne, Belgique ou encore en Amérique du sud et en Asie. A l’échelle du globe, les luttes ne cessent quasiment pas depuis 2018, avec une légère pause durant l’épidémie de covid. Ces luttes récentes de 2021 et surtout de ce début 2022 contre l’inflation ont non seulement amplifié les précédentes mais leur ont carrément donné un tour insurrectionnel au Pakistan ou au Sri Lanka où les gouvernements sont tombés en avril et en mai 2022, sonnant comme un avertissement pour le reste du monde.
Aussi, en Grande-Bretagne, paniqué, et pour tenter d’atténuer la révolte qui gronde, le gouvernement de droite de Boris Johnson vient juste d’annoncer ces derniers jours de mai, un plan d’aide aux plus pauvres de 15 milliards de livres sterling, un peu moins que 18 milliards d’euros. Il faut dire qu’en Grande Bretagne, le taux de la hausse des prix est le plus élevé depuis 40 ans ce qui pourrait plonger le pays dans sa plus grande crise depuis la seconde guerre mondiale et que les grèves et les appels à la grève se multiplient. Ces derniers jours, il y a eu notamment les grèves à la Poste, celle des travailleurs des plate-formes pétrolières qui ont débrayé dans une grève sauvage touchant 16 plate-formes en mer du Nord et surtout le vote à 89% en faveur de la grève des cheminots et celui des salariés des télécommunications qui vont partir en grève pour la première fois depuis 35 ans, et enfin des menaces de généralisation pour cet été avec des grèves du personnel de British Airways, du nettoyage des hôpitaux, les éboueurs et les chauffeurs routiers. Ce climat social fait craindre aux bourgeois une grève générale massive à caractère insurrectionnel cet été comme lors de la grande grève insurrectionnelle de 1926, d’autant qu’un dirigeant syndical a déclaré qu’ils s’y préparaient justement pour cet été, et que ce serait encore plus important qu’en 1926.
Ce sont des situations semblables aux USA, au Canada, en Espagne où comme en Grande Bretagne l’idée de grève générale plane sur la situation et une situation qui y tend en Belgique, Allemagne ou France pour ne parler que des pays occidentaux, même si en France, on ne porte guère attention à cette nouvelle vague de grèves en cours et à la signification de ses succès grévistes, les esprits étant entraînés par les partis et syndicats, institutions et journaux, obnubilés par les élections législatives des semaines à venir.
Tandis que les partis institutionnels vivent dans leur petit monde sous cloche, toute la situation montre qu’entre le refus de travail aujourd’hui, le sentiment d’une société bloquée et l’inflation actuelle, on va tout droit vers une vague révolutionnaire et créative, politique et existentielle.

Jacques Chastaing 29 mai 2022


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