Non, le Coronavirus n’est pas notre Décroissance

Le Coronavirus n’est en aucun cas une réjouissance, mais peut être l’occasion de bifurquer radicalement

par Les Indiens du Futur.
Mis à jour le vendredi 27 mars 2020

Le Coronavirus a poussé la quasi totalité de l’humanité à se confiner. En toute logique, les conséquences pour l’environnement s’avèrent des plus salvatrices avec entre autres, baisses des émissions de CO2 et de la pollution atmosphérique. Le PIB ralentit, la planète s’en porte mieux. Les Décroissants en ont rêvé, le Coronavirus l’a fait ?

Non. La période que nous sommes en train de vivre ne ressemble en aucun cas à la société de Décroissance que nous prônons. Ce ralentissement de l’économie est des plus inquiétants d’un point de vue social, démocratique et humain. Cette récession subie aura même des conséquences totalement contraires à ce qui pourrait et devrait émerger d’une Décroissance choisie. Toutefois, il nous semble que cette crise représente une opportunité à saisir pour repenser notre modèle de société, pour qu’il soit en mesure d’éviter ce genre de chocs ou de mieux les absorber.

Le Coronavirus est un révélateur mais aussi un accélérateur des inégalités : isolement des plus vulnérables, exploitation des plus précaires, contamination des plus exposés… Dans ces conditions exceptionnelles, c’est une fois de plus le monde du travail qui impose sa marche à suivre, et génère encore plus d’inégalités. De plus, la tentation autoritaire est de retour…

Pour la Décroissance le Coronavirus n’est en aucun cas une réjouissance, bien au contraire : cette situation est un échec de plus qui nous démontre que seuls un choc et une sidération permettent de susciter du débat, des prises de consciences, et, espérons-le, des changements pérennes dans nos comportements et une transformation en profondeur de notre modèle de société mortifère.

- Suite de l’article, avec liens et références : Non, le Coronavirus n’est pas notre Décroissance

- Lire aussi : Le monde qui vient n’a rien d’une utopie, c’est un cauchemar - « Ce qui est en train de se passer est une expérimentation totalitaire dans laquelle la fin affichée – "sauver des vies" – justifie tous les moyens », écrit l’auteur de cette tribune. Alors que le confinement dure et que la pandémie perdure, ce qui vient n’est « ni l’insurrection ni la grève générale, c’est une dystopie ».

covid-19 < crise économique < catastrophes climatiques/écologiques

1 Message

  • Non, le Coronavirus n’est pas notre Décroissance Le 28 mars à 11:20, par Etienne Maillet

    Au sein de la décroissance, il existe plusieurs courants : autoritaire, social et anarchiste (avec toutes les nuances intermédiaires, évidemment). Et c’est bien pour cette raison que le Parti pour le Décroissance a explosé, son représentant Vincent Liégey, souvent présent aux rencontres de l’écologie de Die en étant quasi le seul représentant. VL capitalise sur le mot et gère son petit business sous la marque « Parti pour la décroissance ». Les Objecteurs de croissance, nés en réaction avec les tendances autoritaristes au sein du PPLD, sont d’inspiration plus libertaire.
    La référence : « Le monde qui vient n’a rien d’une utopie, c’est un cauchemar » (Reporterre) renvoie à un texte de Michel Lepesant, « philosophe » qui n’est pas réputé pour la qualité de ses analyses, ni pour son exigence morale, tandis que ses comportements le rapproche du politicien de la vieille école : la fin justifie les moyens. Or, on le voit bien, les gens veulent maintenant que la forme et le fond soient cohérentes et que les paroles ne démentent pas les actes.
    La seconde référence - (Non, le Coronavirus n’est pas notre Décroissance = Reporterre) - est tirée d’un opuscule titré « Manifeste pour une dotation inconditionnelle d’autonomie ». La dotation inconditionnelle d’autonomie DIA est une sorte de RSA généralisé. On ne voit pas bien le rapport avec l’autonomie. Tout au contraire.
    Pas mal de méconnaissance sur ce qu’est l’économie explique, en partie le succès de l’idée du revenu minimum. Elle est extrêmement dangereuse, puisqu’elle place les gens dans les mains de l’Etat en les rendant dépendant de subsides qui peuvent être interrompus arbitrairement ? Par ailleurs, elle est versée en argent, ce qui la rend vulnérable à des soubresauts économiques intervenant à l’autre bout de la planète. De ce point de vue la diffusion d’une épidémie ou d’une crise économique sont comparables.
    La DIA est une idée qui plait fort aux hyper-libéraux, qui n’en sont pas à une contradiction près, le libéralisme prétendant libérer la personne, sa créativité (« l’entrepreneur »), alors qu’en pratique les « libéraux » aujourd’hui en sont venus à se faire les champions des oligopoles : en quoi Gates, Jobes, Zuckenberg seraient-ils libéraux dans l’acception originelle du terme ? Bref ce libéralisme-là a dérivé, au même titre qu’hier le socialo/communisme, dont la chute à partir de 89 ne fait qu’anticiper celle du pseudo-libéralisme contemporain.
    Les « libéraux » aiment la DIA pour son aspect d’étouffoir/opium social, parce qu’aussi il permet, en ajustant son niveau, de bénéficier d’ue main-d’œuvre acceptant de bas salaires. Car il faut bien garder en tête que la DIA ne pose nulle part la question du contrôle démocratique de la DIA : l’impensé est ici total.
    Quelle est d’ailleurs la différence entre monnaie hélicoptère (votre compte est directement crédité par la banque centrale) que Trump met en branle aujourd’hui pour relancer l’économie hypercapitaliste et la DIA (La banque centrale européenne a elle choisi de créditer les banques qui en retour créditeront les clients de son choix, ce qui pose d’autres problèmes). La monnaie hélicoptère se justifie du point de vue de Trump pour éviter l’explosion sociale (pas de filet de sécurité aux USA) ET relancer l’économie capitaliste.
    La dotation inconditionnelle d’autonomie est une idée pernicieuse, parce que séduisante, qui promeut l’idée d’un monde facile, sous opium/soma (Huxley/1984). L’autonomie ne sera pas au rendez-vous, tout au contraire.
    Ces débats peuvent paraître byzantins. Seulement, je le répète, parce que nos compatriotes ont une mauvaise compréhension, ignorance construite et voulue de l’économie (car savoir, c’est pouvoir). Mais le diable est dans les détails et souvent ce qui commence comme une utopie apparemment désirable finit dans le désastre, comme le XXe siècle l’a montré. La DIA n’adresse pas la vrai problème : celui du contrôle réellement démocratique de l’économie. Et c’est cette impasse qui la rend séduisante aux hyper-libéraux. La solution est ailleurs.
    Etienne Maillet : ex-porte parole du PPLD, membre du bureau politique et l’un des 65 fondateurs de ce parti mal né.
    On trouvera une analyse intéressante et informé sur le totalitarisme, dont la DIA est une pièce, écrite par Sylvain Métifiot, avec d’amples références à Hannah Arendt en consultant le lien suivant :
    http://www.mapausecafe.net/archive/...

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