Les innovations techno-numériques ne font qu’accélérer les désastres socio-écologiques

Rêves des technocrates et des néo-capitalistes, la numérisation et le virtuel sont le cauchemar du vivant, y compris dans la douce Drôme

samedi 20 mars 2021, par Les Indiens du Futur.

Sur la croyance en le solutionnisme par un surcroît de hautes technologies, un article et nos remarques, avec quelques exemples en Drôme :

- Le rêve de M. Macron : franchir le mur écologique par la numérisation intégrale - « On va continuer à innover et à accélérer », répète M. Macron. L’auteur de cette tribune dénonce la « grande illusion de la dématérialisation, qui ne permettra jamais à nos sociétés de freiner leur course à l’abîme ». Et s’insurge contre le parti pris des technobéats aussi erroné qu’effrayant.

- Extraits :

L’aveu est de taille : oui, les sauts technologiques en cours vont considérablement aggraver les inégalités économiques, par la mise au chômage et la précarisation définitive de centaines de millions de personnes, partout dans le monde. Et oui, les oligarchies s’attendent à des difficultés pour gouverner des sociétés aussi inégalitaires, comme l’a montré « l’expérience américaine des dernières semaines » selon les termes de M. Macron — on sait qu’il a comparé l’émeute du Capitole de début janvier au mouvement des Gilets jaunes. Comment justifier, alors, de s’engager tout de même « à fond » dans cette voie, porteuse de tant de problèmes insolubles ?

Les innovations techno-numériques ne font qu’accélérer les désastres socio-écologiques
L’affiche publicitaire promet un monde radieux et vert, la réalité (est) sera trash et très noire

L’intervention de Macron révèle une adhésion sans réserve au capitalisme de concurrence mondialisée.
Il y a bien un mur écologique qui se dresse devant nos sociétés industrialisées, mais ce sont précisément les innovations de la Quatrième Révolution industrielle qui vont permettre de le sauter.

Rappelons ce qui fait figure de raisonnement justifiant ce parti pris effrayant : la numérisation intégrale de la vie personnelle et sociale doit permettre une rationalisation des dépenses d’énergie, une limitation à juste ce qu’il faut de pollutions et de destructions, un arrêt des gaspillages. Des capteurs partout dans les maisons, les rues et les usines ; des applications de smartphone pour chaque geste du quotidien ; de l’intelligence artificielle et du calcul quantique pour gérer l’ensemble de nos activités, de nos interactions et de leurs conséquences — dans l’atmosphère, l’eau, les sols, dans nos corps aussi. Voilà enfin, aux yeux des extrémistes du centre que sont Macron et Schwab, de quoi accéder à la maîtrise de cette société de masse mondialisée, jusqu’ici ingérable. Enfin... « je l’espère, je le crois possible », nous dit le président, possédé par la foi.

Or, qu’est-ce qui pousse à l’espérer, à le croire ? Rien. Toute l’expérience que nous avons des strates successives d’innovation depuis deux siècles, et une grande partie de la prospective sur la numérisation des sociétés, indique au contraire que les dérèglements et effondrements écologiques ne peuvent que s’accélérer si l’on suit un tel chemin.

Ainsi, ces experts, en général tout à fait favorables au projet de numérisation intégrale de la vie sociale, signalent tout de même qu’il a l’inconvénient de nous entraîner plus vite et plus fort dans le mur écologique. Ils portent de l’eau au moulin du courant technocritique qui dénonce depuis l’an 2000 la grande illusion de la « dématérialisation » : sophistiquer, miniaturiser, et connecter ne permettront jamais à nos sociétés de freiner ou dévier leur course à l’abîme, la seule solution serait de produire moins, plus simple et en dépensant moins d’énergie.

On imagine qu’un Macron et un Schwab (on peut remplacer par Elon Musk, Bill Gates, Éric Schmidt...) ne lisent pas les précieux articles de Reporterre documentant les dégâts écologiques effectifs ou à venir de la 5G, de la voiture automatique ou de la production en masse d’hydrogène par électrolyse.

Les innovations techno-numériques ne font qu’accélérer les désastres socio-écologiques
Des humains machiniques évoluant dans un monde virtuel plaqué sur les désastres ne surviront pas longtemps

Le rêve des technocrates, scientistes et industriels est en réalité notre cauchemar et celui des autres vivants

Si on se laisse bercer par ces illusions et qu’on les laisse délirer, on se réveillera en enfer, avec celles et ceux qui y sont déjà pour que le techno-capitalisme se développe.
Il va donc falloir couper court à leurs visions délirantes, les faire redescendre sur terre, et vite.

- Même ici dans la Vallée de la Drôme, soi-disant épicentre du bio et de l’écologie transitionnelle, on voit ces hautes technologies se développer et être souhaitées ardemment par certains élus et autres techno-idolâtres, quelques exemples :

Si on ne réagit pas collectivement, rapidement et vigoureusement, l’avenir radieux que nous promettent les indécrottables technocrates et autres chantres hors sol du progrès salvateur par la technologie ressemblera plutôt aux films dystopiques d’anticipation tel que "Soleil Vert" :

Les innovations techno-numériques ne font qu’accélérer les désastres socio-écologiques
Le techno-capitalisme ne construit pas un avenir radieux qui chante, mais une dystopie apocalyptique

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