Nos vies et nos sociétés ne se délèguent pas à des experts

...ni à des poli­ti­ciens, ni à un gouver­ne­ment, préten­du­ment « démo­cra­tique » ou non, ni à qui ou quoi que ce soit

samedi 2 mai 2020, par Les Indiens du Futur.

A l’heure ou des experts de la science ou de la politique dictent leurs lois à coup d’état d’urgence et de mesures autoritaires et sécuritaires depuis l’Elysée, voici un article fort à propos : Giraud, Janco­vici, Bihouix, etc. : Contre les experts et leur monde (par Nico­las Casaux)

Allons-nous tout abdiquer ce qui reste de vie aux injonctions des experts et tyrans pour qu’ils nous libèrent de la peur de la pandémie coronavirus (ou du terrorisme ou des catastrophes climatiques ou...), pour qu’ils pensent et décident à notre place partout et sur tous les sujets ?
Allons-nous attendre indéfiniment une libération (déconfinement) ou un monde d’après qui ne viendront jamais si on ne se révolte pas pour l’imposer contre les pouvoirs et leur monde de la civilisation industrielle ?

- extraits :

« De nos jours, la civi­li­sa­tion de la méga­lo­pole appa­raît effec­ti­ve­ment condam­née. Il suffi­rait d’une erreur d’in­ter­pré­ta­tion concer­nant l’ori­gine de quelques taches inso­lites appa­rues sur un écran radar pour provoquer le déclen­che­ment d’une guerre nucléaire, suivie de la dispa­ri­tion de notre civi­li­sa­tion urbaine, ne lais­sant rien après elle sinon l’anéan­tis­se­ment des misé­rables réfu­giés survi­vants par la famine, les épidé­mies ou les cancers causés par le stron­tium 90. Alors les “experts”, aussi haute­ment quali­fiés que dépour­vus d’hu­ma­nité, qui préparent cette effroyable catas­trophe reste­raient seuls à établir les plans des construc­tions de l’ave­nir. »

— Lewis Mumford, La Cité à travers l’his­toire (1964)

La vie, dans sa plénitude et son intégrité, ne se délègue pas à des experts

« […] le […] spécia­liste, cet homme dimi­nué, modelé par la civi­li­sa­tion pour ne servir la ruche que d’une seule façon, avec une dévo­tion aveugle de fourmi. »

— Lewis Mumford, La Cité à travers l’his­toire (1964)

« Au contraire de la civi­li­sa­tion, qui à ses débuts avait besoin pour se consti­tuer de l’im­pul­sion de chefs, ce système auto­ma­tique fonc­tionne mieux avec des gens anonymes, sans mérite parti­cu­lier, qui sont en fait des rouages amovibles et inter­chan­geables : des tech­ni­ciens et des bureau­crates, experts dans leur secteur restreint, mais dénués de toute compé­tence dans les arts de la vie, lesquels exigent préci­sé­ment les apti­tudes qu’ils ont effi­ca­ce­ment répri­mées. »

— Lewis Mumford, Les Trans­for­ma­tions de l’homme (1956)

« La nouvelle aris­to­cra­tie était consti­tuée, pour la plus grande part, de bureau­crates, de savants, de tech­ni­ciens, d’or­ga­ni­sa­teurs de syndi­cats, d’ex­perts en publi­cité, de socio­logues, de profes­seurs, de jour­na­listes et de poli­ti­ciens profes­sion­nels. Ces gens, qui sortaient de la classe moyenne sala­riée et des rangs supé­rieurs de la classe ouvrière, avaient été formés et réunis par le monde stérile du mono­pole indus­triel et du gouver­ne­ment centra­lisé. Compa­rés aux groupes d’op­po­si­tion des âges passés, ils étaient moins avares, moins tentés par le luxe  ; plus avides de puis­sance pure et, surtout, plus conscients de ce qu’ils faisaient, et plus réso­lus à écra­ser l’op­po­si­tion. »
— George Orwell, 1984 (1949)

« Dans tous les domaines, de l’éner­gie atomique à la méde­cine, des poli­tiques qui vont affec­ter la desti­née — et possi­ble­ment mettre un terme, dans son ensemble, à l’aven­ture — humaine, ont été formu­lées et impo­sées par des experts et des spécia­listes se dési­gnant et se régu­lant entre eux, en vase clos, exemp­tés de toute confron­ta­tion humaine, dont le seul désir de prendre ces déci­sions en toute respon­sa­bi­lité consti­tue la preuve de leur totale inap­ti­tude à le faire. »
— Lewis Mumford, Le Mythe de la machine : Le penta­gone du pouvoir (1970)

« Toute Ency­clo­pé­die qui prend pour objet le savoir humain sans commen­cer par affir­mer et par prendre pour base géné­rale ce fait que les hommes s’en trouvent socia­le­ment sépa­rés ne peut que parti­ci­per à cette soupe popu­laire de la culture, distri­bu­tion par les spécia­listes de frag­ments racor­nis de connais­sances surna­geant dans une bouillie d’idéo­lo­gie, qui parti­cipe elle-même de la repro­duc­tion de l’igno­rance, de son entre­tien pater­na­liste. »

— Jaime Semprun, Discours préli­mi­naire de l’En­cy­clo­pé­die des Nuisances (1984)

« La prise en compte des contraintes écolo­giques se traduit ainsi, dans le cadre de l’in­dus­tria­lisme et de la logique du marché, par une exten­sion du pouvoir techno-bureau­cra­tique. Or, cette approche relève d’une concep­tion […] typique­ment anti­po­li­tique. Elle abolit l’au­to­no­mie du poli­tique en faveur de l’ex­per­to­cra­tie, en érigeant l’État et les experts d’État en juges des conte­nus de l’in­té­rêt géné­ral et des moyens d’y soumettre les indi­vi­dus. L’uni­ver­sel est séparé du parti­cu­lier, l’in­té­rêt supé­rieur de l’hu­ma­nité est séparé de la liberté et de la capa­cité de juge­ment auto­nome des indi­vi­dus. Or, comme l’a montré Dick Howard, le poli­tique se défi­nit origi­nai­re­ment par sa struc­ture bipo­laire : il doit être et ne peut rien être d’autre que la média­tion publique sans cesse recom­men­cée entre les droits de l’in­di­vidu, fondés sur son auto­no­mie, et l’in­té­rêt de la société dans son ensemble, qui à la fois fonde et condi­tionne ces droits. Toute démarche tendant à abolir la tension entre ces deux pôles est une néga­tion du poli­tique et de la moder­nité à la fois  ; et cela vaut en parti­cu­lier, cela va de soi, pour les exper­to­cra­ties qui dénient aux indi­vi­dus la capa­cité de juger et les soumettent à un pouvoir “éclairé” se récla­mant de l’in­té­rêt supé­rieur d’une cause qui dépasse leur enten­de­ment. »
— André Gorz, « L’éco­lo­gie poli­tique entre exper­to­cra­tie et auto­li­mi­ta­tion » (1992)

1984 et le totalitarisme, c’est maintenant
Etats et capitalisme sont alliés pour approfondir des sociétés néo-totalitaires

« On retrouve ici la thèse d’Alain Touraine, selon laquelle le conflit central n’op­pose plus le travail vivant et le capi­tal mais les grands appa­reils scien­ti­fiques, tech­niques, bureau­cra­tiques (qu’en souve­nir de Max Weber et de Lewis Mumford j’ap­pe­lais la méga­ma­chine bureau­cra­tique-indus­trielle) d’un côté, et de l’autre les popu­la­tions en rébel­lion contre la tech­ni­fi­ca­tion du milieu, la profes­sion­na­li­sa­tion et l’in­dus­tria­li­sa­tion des déci­sions et des actes de la vie quoti­dienne, les experts paten­tés qui vous dépos­sèdent de la possi­bi­lité de déter­mi­ner vous-même vos besoins, vos désirs, votre manière de gérer votre santé et de conduire votre vie. »

— André Gorz, « Anciens et nouveaux acteurs du conflit central » in Capi­ta­lisme, Socia­lisme, Écolo­gie (1991)

« Cette viola­tion a été parti­cu­liè­re­ment flagrante dans le cas de l’élec­tro­nu­cléaire : le programme de construc­tion de centrales repo­sait sur des choix poli­tico-écono­miques traves­tis en choix tech­nique­ment ration­nels et socia­le­ment néces­saires. Il prévoyait une crois­sance très forte des besoins d’éner­gie, privi­lé­giait les plus fortes concen­tra­tions des tech­niques les plus lourdes pour faire face à ces besoins, créait des corps de tech­ni­ciens obli­gés au secret profes­sion­nel et à une disci­pline quasi mili­taire  ; bref, il faisait de l’éva­lua­tion des besoins et de la manière de les satis­faire le domaine réservé d’une caste d’ex­perts s’abri­tant derrière un savoir supé­rieur, préten­du­ment inac­ces­sible à la popu­la­tion. Il mettait celle-ci en tutelle dans l’in­té­rêt des indus­tries les plus capi­ta­lis­tiques et de la domi­na­tion renfor­cée de l’ap­pa­reil d’État. Le même genre de mise en tutelle s’opère de manière plus diffuse dans tous les domaines où la profes­sion­na­li­sa­tion — et la forma­li­sa­tion juri­dique, la spécia­li­sa­tion qu’elle entraîne — discré­dite les savoirs verna­cu­laires et détruit la capa­cité des indi­vi­dus à se prendre en charge eux-mêmes. Ce sont là les “profes­sions inca­pa­ci­tantes” (disa­bling profes­sions) qu’I­van Illich a dénon­cées.

La résis­tance à cette destruc­tion de la capa­cité de se prendre en charge, autre­ment dit de l’au­to­no­mie exis­ten­tielle des indi­vi­dus et des groupes ou commu­nau­tés, est à l’ori­gine de compo­santes spéci­fiques du mouve­ment écolo­gique : réseaux d’en­traide de malades, mouve­ments en faveur de méde­cines alter­na­tives, mouve­ment pour le droit à l’avor­te­ment, mouve­ment pour le droit de mourir “dans la dignité”, mouve­ment de défense des langues, cultures et “pays”, etc. La moti­va­tion profonde est toujours de défendre le “monde vécu” contre le règne des experts, contre la quan­ti­fi­ca­tion et l’éva­lua­tion moné­taire, contre la substi­tu­tion de rapports marchands, de clien­tèle, de dépen­dance à la capa­cité d’au­to­no­mie et d’au­to­dé­ter­mi­na­tion des indi­vi­dus. »

— André Gorz, « L’éco­lo­gie poli­tique entre exper­to­cra­tie et auto­li­mi­ta­tion » (1992)

« Vous avez donc un mouve­ment social multi­di­men­sion­nel, qu’il n’est plus possible de défi­nir en termes d’an­ta­go­nismes de classe et dans lequel il s’agit pour les gens de se réap­pro­prier un milieu de vie que les appa­reils méga­tech­no­lo­giques leur aliènent  ; de rede­ve­nir maîtres de leur vie en se réap­pro­priant des compé­tences dont les expro­prient des exper­to­cra­ties sur lesquelles l’ap­pa­reil de domi­na­tion étatico-indus­triel assoit sa légi­ti­mité. Ce mouve­ment est, pour l’es­sen­tiel, une lutte pour des droits collec­tifs et indi­vi­duels à l’au­to­dé­ter­mi­na­tion, à l’in­té­grité et à la souve­rai­neté de la personne. »

— André Gorz, « À gauche c’est par où  ? » in Capi­ta­lisme, socia­lisme, écolo­gie (1991)

« C’est pourquoi il est urgent de reven­diquer sa non-appar­te­nance à la commu­nauté scien­ti­fique, ou à une sphère de spécia­listes ou d’ex­perts, et son statut de moins-que-rien, pour affir­mer, haut et fort, sans étude, sans dispo­si­tif, sans statis­tique et sans autre expé­rience que celle du monde, alors même que partout encore des humains souffrent de la faim, de l’ar­bi­traire et de l’injus­tice — et préci­sé­ment pour cela —, que les poules préfèrent elles aussi le soleil et la liberté, et qu’à moins de les leur garan­tir, à quelque prix que ce soit, aucun d’entre nous ne peut être assuré d’en jouir toujours  ; et que rien ne pourra servir de prétexte à leur martyre ou au nôtre  ; et qu’une cause dont la servi­tude est le moyen ne saurait être enten­due ni plai­dée que par des bour­reaux. »
— Armand Farra­chi, Les poules préfèrent les cages : Bien-être indus­triel et dicta­ture tech­no­lo­gique ou Quand la science et l’in­dus­trie nous font croire n’im­porte quoi (2000)

Les dystopies se réalisent sous nos yeux apeurés et sidérés
Alors on en redemande, on se soumet, on accepte, ou bien on se révolte ?

« L’es­sen­tiel est que les experts scien­ti­fiques volent au secours ou au chevet de qui les paie, et dans tous les domaines. Certains, aux États-Unis, tous rétri­bués, ont juré devant les tribu­naux, la main sur le cœur, que le tabac était sans danger pour les bronches. En France, le Comité Permanent Amiante, pour “prou­ver” que l’amiante cancé­ri­gène ne présen­tait aucun risque, s’est alloué les services des profes­seurs de méde­cine Étienne Four­nier, Jean Bignon et Patrick Brochard. Peu de temps avant son inter­dic­tion, l’Aca­dé­mie de méde­cine en préco­ni­sait encore l’em­ploi. Le profes­seur Doll, dont le tableau sur les causes du cancer faisait auto­rité, n’avait voulu y inté­grer les produits chimiques que pour une part négli­geable. On a appris après sa mort qu’il avait touché pour cela 1 200 $ par jour de l’en­tre­prise chimique Monsanto et que Chemi­cal Manu­fac­ter Asso­cia­tion lui en avait versé pour sa part 22 000. Il n’est donc pas éton­nant qu’il ait jugé le redou­table chlo­rure de vinyle inof­fen­sif pour la santé. Les experts “indé­pen­dants” qui déclarent les télé­phones porta­tifs ou les lignes à haute tension sans danger appar­tiennent géné­ra­le­ment aux comi­tés d’ad­mi­nis­tra­tion des opéra­teurs télé­pho­niques ou élec­triques. Pour ne donner qu’un seul exemple, le profes­seur Aurengo, qui soutient régu­liè­re­ment, en tant que “savant”, que les champs élec­tro­ma­gné­tiques sont inof­fen­sifs, est non seule­ment membre de l’Aca­dé­mie de méde­cine mais aussi du conseil scien­ti­fique de Bouygues, de l’as­so­cia­tion française des opéra­teurs mobiles et du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion d’EDF. On en dirait tout autant et bien plus sur Bernard Veyret ou René de Sèze. Les labo­ra­toires phar­ma­ceu­tiques produi­sant des médi­ca­ments parfois inutiles et quelque­fois mortels, comme Servier, siègent dans les cabi­nets minis­té­riels, comme les chimistes qui auto­risent, par ministre inter­posé, l’em­ploi des pesti­cides tueurs d’abeilles. Après le “Gaucho” de Bayer, inter­dit par le Conseil d’État, voici le “Régent” d’Aven­tis, puis le “Crui­ser” de Syngenta. Bayer peut reve­nir avec “Poncho”, comme au jeu des chaises musi­cales. On sait depuis une certaine “épidé­mie” de grippe fantas­ma­tique dite juste­ment “aviaire” puis “porcine” que l’OMS même était tout entière sous l’in­fluence d’in­dus­triels. Bruxelles, capi­tale de l’Eu­rope, est surtout deve­nue la capi­tale mondiale du lobbying, avec 15 000 soldats au front et des allers et retours constants entre les postes de commis­saires et les sièges dans les entre­prises. Il y aurait un autre livre à faire sur ce que l’on appelle offi­ciel­le­ment les “conflits d’in­té­rêt” ou le “trafic d’in­fluence”, mais la chose est à présent bien connue — quoiqu’en­core sous-esti­mée — et ce serait un livre ennuyeux et trop long. »
Armand Farra­chi, Les poules préfèrent les cages : Bien-être indus­triel et dicta­ture tech­no­lo­gique ou Quand la science et l’in­dus­trie nous font croire n’im­porte quoi (2000)

Certains l’au­ront remarqué, la pandé­mie de coro­na­vi­rus en cours est et aura été une puis­sante occa­sion, pour l’im­mense majo­rité d’entre nous, de ressen­tir à quel point nous sommes dépos­sé­dés de tout pouvoir sur notre propre exis­tence, sur la société dont nous sommes, bon gré (mais surtout) mal gré, parties prenantes. Confi­nés chez nous à voir ou entendre des experts et autres spécia­listes nous expo­ser l’éten­due de leurs incer­ti­tudes contra­dic­toires (le Covid-19 est issu des pango­lins, ou des chauve-souris, ou des deux, ou d’au­cun des deux  ; il peut se trans­mettre sur une distance d’un mètre, ou trois, ou huit, ou plus, ou moins  ; son taux de léta­lité est assez élevé, ou moyen­ne­ment, ou faible, car le nombre de personnes asymp­to­ma­tiques mais infec­tées est peut-être bien plus élevé que ce qu’on croit, ou un peu plus élevé, ou plus faible  ; ses symp­tômes peuvent inclure une anos­mie, une dysgueu­sie, de l’ur­ti­caire, des maux de tête, de la fièvre, une toux sèche, mais il peut aussi ne provoquer aucun de ces symp­tômes, ou en provoquer bien plus, ou des bien plus graves  ; « Le remde­si­vir, ce trai­te­ment poten­tiel du Covid-19 se révèle inef­fi­cace dans un premier essai clinique chez les patients sévères mais un autre essai annoncé par le Natio­nal Health Insti­tute pour­rait venir contre­dire ce dernier[1] »  ; etc.), nous sommes sommés d’at­tendre, et de ne rien faire, ou de travailler comme d’ha­bi­tude, en tout cas de nous plier aux déci­sions — éclai­rées par lesdits experts scien­ti­fiques, mais aussi écono­miques — de nos talen­tueux diri­geants étatiques.

Or, pour une large partie de la popu­la­tion, cet état de fait est perçu comme à peu près normal, ou logique. C’est dire l’éten­due des dégâts. Si tel est le cas, c’est en bonne partie parce que la démo­cra­tie a été défi­nie, par les pouvoirs en place depuis des décen­nies, et même des siècles, par les diri­geants étatiques, comme la délé­ga­tion de notre droit et de notre apti­tude à déter­mi­ner le cours de nos vies et le genre de société dans lequel nous dési­rons vivre à une aris­to­cra­tie élue. Ils ont, autre­ment dit, réussi ce tour de force de défi­nir la démo­cra­tie comme un proces­sus d’alié­na­tion volon­taire.
(...)

- SUITE sur Giraud, Janco­vici, Bihouix, etc. : Contre les experts et leur monde

P.-S.

- sur des thèmes proches, voir :

  • L’escrologie et les illusions vertes de la société technocapitaliste vont nous sauver ?
  • Film docu­men­taire critique sur les éner­gies vertes, propres ou renou­ve­lables
  • La « conser­va­tion » de la nature s’en­fonce dans une spirale techno-sécu­ri­taire (par Philippe Oberlé) - S’il y a une leçon à tirer de l’His­toire, c’est que le capi­ta­lisme se nour­rit des crises, le système fonc­tionne ainsi. Les deux guerres mondiales ont permis de moder­ni­ser et d’op­ti­mi­ser l’ap­pa­reil indus­triel, nous faisant entrer dans l’ère de la société de consom­ma­tion. Aujourd’­hui, effon­dre­ment du vivant et chan­ge­ment clima­tique repré­sentent de formi­dables oppor­tu­ni­tés de crois­sance pour les grandes firmes, parti­cu­liè­re­ment pour les géants du numé­rique qui ont construit leur hégé­mo­nie en colo­ni­sant nos lieux de vie et notre sphère intime avec des armes de surveillance massive. Il ne tient qu’à nous de résis­ter à la propa­gande orches­trée par les ONG et les médias pour légi­ti­mer les atteintes répé­tées à notre vie privée. Aussi éton­nant que cela puisse paraître pour beau­coup, les peuples détiennent le pouvoir maté­riel de se libé­rer de la tyran­nie du progrès tech­nique, de prendre leur avenir en main et d’or­ga­ni­ser la résis­tance, mais le veulent-ils vrai­ment  ?

1 Message

  • La vie, dans sa plénitude et son intégrité, ne se délègue pas à des experts Le 5 mai à 15:22, par alice

    la vie ne se délègue pas non plus aux prophètes autoproclamés Damasio Servigne et consorts. J’en ai marre des maîtres à penser qui s’affichent dans tous les médias et sur tous les écrans, surtout quand il s’agit une fois de plus d’hommes issus de groupes sociaux privilégiés. Une bonne fois pour toutes, éteignons le poste !! Et discutons entre nous (puisque nous serons bientôt autorisés à le faire). Notre voix à chacun.e compte autant que les leurs. Nous n’avons besoin de personne pour réfléchir et agir ensemble, nous avons juste besoin de cela : ETRE ENSEMBLE.

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