L’appel pour les libertés, contre les idées d’extrêmes droite

Avec quelques remarques sur comment on pourrait sortir de l’ornière brune

mardi 11 mai 2021, par No Pasaran.

Voilà le texte de l’appel, suivi de quelques remarques.

L’appel pour les libertés, contre les idées d’extrêmes droite

(Il vous est possible de le signer en ligne)

Depuis maintenant plusieurs mois nous constatons toutes et tous que le climat politique et social en France, comme partout en Europe et dans le monde est de plus en plus imprégné́ par l’extrême droite et ses idées.

Face à ce climat de haine, raciste et attentatoire aux libertés individuelles et collectives, nous appelons à une réaction forte, unitaire et rassembleuse, pour réaffirmer notre combat commun contre l’extrême droite, ses idées, et toutes celles et ceux qui participent à sa propagation.

De Bolsonaro à Trump en passant par Orban et Salvini, nous assistons à une offensive raciste et réactionnaire particulièrement inquiétante pour l’avenir de la planète. En France, cette offensive raciste a pour corollaire la multiplication des politiques sécuritaires, liberticides et anti-sociales.

Ce climat ne doit rien au hasard. Le gouvernement, et ses quatre vigies Darmanin, Vidal, Blanquer et Schiappa, se chargent de l’alimenter depuis des mois. De la loi sécurité́ globale à la loi sur le séparatisme en passant par la chasse à l’islamo-gauchisme et la suppression de l’Observatoire de la laïcité, ce quinquennat accumule les gages à destination de l’extrême droite, en reprenant ses éléments de langage mais aussi certaines de ses propositions.

Quand on souffle sur des braises incandescentes et qu’on passe son temps à attiser les haines, cela a des conséquences concrètes. Cela peut même conduire au pire comme nous l’avons vu récemment avec l’attentat contre la mosquée de Bayonne.

Après l’envahissement du Conseil régional d’Occitanie par l’Action Française, le saccage d’une librairie et l’attaque de la marche lesbienne à Lyon par des identitaires, les polémiques sur le prétendu islamo-gauchisme et le prétexte de groupes de parole entre personnes discriminées pour attaquer l’UNEF ou s’en prendre à Audrey Pulvar, un cap supplémentaire vient d’être franchi.

En moins de 72h un néo-nazi voulant mener un attentat contre la mosquée du Mans a été arrêté, la mosquée de Nantes a été, elle, incendiée, et le centre culturel islamique de Rennes a été recouvert de tags islamophobes.

Un appel de militaires factieux, s’appuyant sur la chasse aux sorcières lancée par des membres du gouvernement, est diffusé par l’hebdo d’extrême droite Valeurs Actuelles et est soutenu par Marine Le Pen sans réaction d’Emmanuel Macron ni que gouvernement ne porte plainte devant la justice.

Nous ne pouvons accepter que celles et ceux qui subissent haine, discrimination, et injustice soient aujourd’hui accusés de racisme et jetés en pâture par l’extrême droite.

Nous n’acceptons plus que la lutte contre les actes terroristes, que nous condamnons fermement, s’accompagne d’amalgames honteux

Nous ne pouvons accepter que nous militantes et militants politiques, syndicaux, associatifs soyons montrés du doigt alors que chaque jour ce gouvernement déroule un tapis rouge à l’extrême droite avec ses Lois réactionnaires et liberticides.

Nous ne pouvons plus accepter les menaces directes qui nous sont maintenant faites.

Nous, militant-e-s politiques, associatifs, syndicalistes et personnalités de la société civile appelons à une grande manifestation au printemps 2021 pour dire non à l’extrême droite, à ses idées qui se propagent jusqu’au gouvernement et défendre nos libertés individuelles et collectives.

Nous nous adressons aux associations, syndicats, collectifs, partis qui partagent le fond de cet appel pour qu’ils se réunissent afin d’en construire les conditions.

- Voir les signataires et signer vous aussi

L’appel pour les libertés, contre les idées d’extrêmes droite
No pasaran !

Remarques

Depuis cet appel, on a assisté à une deuxième tribune de militaires et un syndicat de police invité régulièrement dans les médias réclame des crimes de masse et veut calquer en France les méthodes d’extrême droite (exécutions sommaires et apartheid) employées au Brésil ou aux Philippines !

Il est heureux qu’un « front » contre l’extrême droite grandisse, d’autant qu’il est hélas probable qu’on se retrouve avec Macron / LePen au second tour des présidentielles, avec le « choix » de la peste ou du covid 19 ?

On sait bien que les appels et les manifs ne suffiront pas, le problème est structurel, il vient de loin, et ne s’évaporera pas comme ça.
Les atermoiements de nombre de dirigeants (et donc aussi d’adhérents et sympathisants) de partis et syndicats de gauche face aux ravages capitalistes, leur propension à reprendre les condamnations médiatiques gouvernementales concernant les manifestations-manifestant.e.s qui débordent du cadre (la tendance à ne pas soutenir franchement les gilets jaunes par exemple), leur manque de radicalité concernant les questions démocratiques et écologiques, n’ont pas aidé à couper court aux avancés de l’ultra-capitalisme et ont pu freiner les possibilités de s’offrir d’autres perspectives que le renforcement du macronisme et des idées d’extrême droite.
Il est clair qu’on ne s’en sortira pas en restant sur du réformisme où en s’enlisant dans les impasses du capitalisme (croissance, compétitivité, attractivité, égalité des chances, libre choix de chacun, libre marché, valorisation du capital...) ou des thèmes chers à l’extrême droite (le sécuritaire, répression judiciaire, répression de la délinquance, davantage de polices, obsession contre l’immigration et les migrant.e.s...).
Il va falloir donc être nettement plus radical et chercher à tarir pour de bon les sources des problèmes au lieu de juste éponger, replâtrer et atténuer les conséquences.

Quelques idées pour sortir de l’ornière brune labourée et arrosée abondamment par le capitalisme et les gouvernements :

  • Critiquer, dénoncer et boycotter les médias (tv et radios tout particulièrement) qui relaient complaisamment (que ce soit pour l’audimat ou par porosité idéologique) les idées et agents de l’extrême droite and co, et qui centrent tout sur « la-sécurité » et l’immigration
  • Critiquer, dénoncer et boycotter les membres du gouvernement et des assemblées qui appliquent des idées d’extrême droite et centrent tout sur « la-sécurité » et l’immigration
  • Renforcer la présence des médias petits ou gros qui diffusent des contre informations et proposent autre chose que l’ultra-capitalisme et des politiques brunâtres
  • Dénoncer précisément et profondément le fait que la France n’est qu’un simulacre de démocratie qui s’enfonce dans l’autoritarisme. Que les partis, intellectuels et syndicats de gauche arrêtent de dire que la France est une démocratie, et disent et démontrent pourquoi ça n’en est pas une
  • Que les partis, intellectuels et syndicats de gauche arrêtent de défendre et propager le capitalisme quelle que soit sa forme
  • Que l’ensemble des forces de gauche apportent, autant que faire ce peut, un soutien matériel aux classes les plus pauvres, aux précaires. Et aussi, autant que faire ce peut, aider à faire grandir partout divers espaces d’autonomies matérielles, de productions solidaires autogérées (hors de l’influence du capitalisme et de l’Etat)
  • Que l’ensemble des forces de gauche organise des discussions populaires (pas des conférences ni des meetings) partout sur qu’est-ce que pourrait être une démocratie, comment on pourrait en finir avec le capitalisme, comment on pourrait préserver le vivant et le climat, comment permettre une vie désirable pour toutes et tous, etc.
  • Que les forces de gauche appuient la création partout de lieux populaires autonomes de débats, de rencontre et d’organisation, tels que des « maisons du peuple »
  • Que les forces de gauche refusent le piège médiatique et électoral qui met en avant des têtes d’affiche et des leaders. Exemple : pour une élection, choisir depuis la base une équipe large et diverse chargée à tour de rôle d’apparaître en public et dans les médias. Et dévoiler les candidats au dernier moment. Evidemment éviter la multitude de partis politiques en concurrence (ça semble mal parti pour l’instant...).
  • En complément des antifas et autres black blocs, que les forces de gauche appuient ou organisent des « brigades » d’auto-défense populaire face aux violences de la police (en manif et ailleurs) et des militants d’extrême droite
  • ...

Il y a sans doute de meilleures idées possibles, et plein d’autres à reprendre ou inventer. Mais, qui pourrait les mettre en pratique, quelles forces ?
A l’heure où règnent plutôt l’individualisme, le repli sur soi, la survie corporatiste, les bulles hors de la réalité, la guerre des égos, la résignation, l’accablement, la soumission, la peur de prendre des mesures et propositions de rupture, où seules quelques minorités et personnes résistent vraiment au quotidien, une telle résistance d’ampleur et coordonnée stratégiquement parait hélas pour l’instant bien improbable.

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