Grèves et luttes sociales : gilet jaunisation et insurrection générale ou simples luttes réformistes contrôlables ?

Le capitalisme et le régime ne lâcheront pas, il faudra forcément les faire chuter, les destituer

lundi 9 décembre 2019, par Camille Pierrette.

Que ça nous plaise ou pas, nous sommes maintenant confrontés de fait à une lutte à mort entre nous et le monde du capitalisme et de l’Etat.
Le capitalisme et son monde de mort veut racler tout ce qui reste, pomper le fric comme le vivant, détruire les restes du vivant pour en faire du fric, il se fout de détruire le climat et de rendre la planète inhabitable. Et les Etats sont à sa botte pour que rien ne change, en utilisant les flics et leur brutalité (toujours zélés pour obéir, servir l’Etat et défendre le Capital) pour essayer par la terreur de nous faire taire et de nous faire tenir sages.

Inutile de faire l’autruche ou de rester dans l’illusion ou le déni, la réalité c’est ça, c’est l’ultracapitalisme brutal ou nous, c’est la dictature et les régimes toujours plus autoritaires ou la démocratie réelle, c’est à dire la démocratie directe sans capitalisme, le partage et la solidarité dans des sociétés soutenables et conviviales.

Comme on peut le constater en France et d’autres pays (Chili, Brésil, Grèce...), ce régime est définitivement extrémiste et brutal, et le capitalisme sera de plus en plus totalitaire et sans pitié.

Le capitalisme et le régime ne lâcheront pas, il faudra forcément les faire chuter, les destituer
vu à Lille le 7 décembre

Il est fini le temps des régimes « socio-démocrates » qui redistribuaient suffisamment de miettes, de pain et de jeux, pour que les gens supportent sans trop broncher leur impuissance économique et politique, et leur triste condition d’exploités chairs à patrons. A présent, oligarques et capitalistes veulent se rafler tout ce qui reste et écraser pour de bon les pauvres et les résistances.
Ils veulent privatiser cyniquement tout ce qui est rentable pour eux, ils veulent détruire les statuts de fonctionnaires pour transférer plus d’argent au privé, pour rentre les travailleurs toujours plus précaires et moins enclin à faire grève (car n’ayant plus la garanti de l’emploi de fonctionnaires).
Il est fini le temps de la Croissance forte qui permettait suffisamment de gratifications matérielles au masses pour qu’elles adoptent la mentalité capitaliste (chacun pour soi et religion de la consommation) et la soumission à l’économie totalitaire. La concurrence mondialisée et la contraction du pétrole abondant ralentissent certaines machines à cash et rendent plus hargneux encore les capitalistes.

A présent, « le pain » c’est de la malbouffe industrielle gavée de pesticides, c’est des objets manufacturés en Asie, et « les jeux » c’est des vidéos, films, jeux, réseaux dits « sociaux » via les écrans omniprésents. Les jeux modernes sur écran qui servent à pacifier les foules et à leur faire accepter leur esclavage volontaire coûtent moins cher que la « culture » et les redistributions monétaires, ils captent davantage les foules et en plus font marcher le commerce ! Tout bénéf pour les puissants.

De toute façon, vu les catastrophes écologiques et climatiques il faut en finir avec Croissance et productivisme qui en sont la cause, et pour ça aussi il faudra en finir avec le capitalisme, il n’y a pas d’autres solutions car l’économie de marché n’acceptera jamais une décroissance solidaire et démocratique, elle ne voudra jamais en finir avec les plus riches et les multinationales qui se gavent, elle refusera de récupérer les richesses pour que tout le monde puisse vivre dignement en travaillant et en produisant nettement moins.

Le problème va bien au delà d’une question de casse libérale des retraites, de loi Blanquer, de diminution drastique des droits au chômage, de lois « Travaille ! », etc.
Et pour en finir avec la précarité et les souffrances au travail on doit là aussi en finir avec le régime et le capitalisme, car ils ne cèderont pas davantage de droits.

Tract-Affiche - Grèves et luttes sociales : gilet jaunisation et insurrection générale ou simples luttes réformistes contrôlables ?
Le capitalisme et le régime ne lâcheront pas, il faudra forcément les faire chuter, les destituer - Extraits de plusieurs articles

Va-t-on faire un mois de grèves contre les réformes libérales des retraites, puis un mois de grèves contre les atteintes à l’assurance chômage, puis un mois de grèves contre la précarité, puis un mois de grève contre la destruction du vivant et du climat par le capitalisme, puis un mois de grève pour faire interdire les LBD, puis un mois de grèves pour la démission de Castaner, puis un mois de grèves pour imposer la révocabilité (accessible, pas avec des conditions drastiques) des élus, puis un mois de grève pour les droits des femmes, puis ... pour ...etc., etc. ??

Bien sûr on ne le fera pas, on ne pourra pas faire grève pendant deux ans (quoique ? ;-) ) ou répartir ça sur deux siècles, donc au lieu de se contenter de faire tomber une seule mesure antisociale (la diminution des retraites et la destruction du système de répartition en vue d’accentuer la privatisation ; ou les atteintes au droits des chômeurs), il nous faudra en revenir aux bases et viser explicitement et directement la chute du régime, la destitution des institutions antidémocratiques et la destruction du capitalisme (ou au moins sa mise au pas, avec laisse très courte et muselière solide ; idem pour l’Etat d’ailleurs).

Le capitalisme et le régime ne lâcheront pas, il faudra forcément les faire chuter, les destituer
Vu à Lille le 7 décembre, la milice armée du capital dans ses oeuvres, en train de protéger une boutique Apple et ses si précieuses vitrines remplies d’objets anti-sociaux et anti-écologiques

De toute façon, dans le cadre actuel, qui n’est plus celui des « trente glorieuses » (sic), le capitalisme et le régime ne lâcheront pas autre chose que des miettes (plus ou moins grosses) et des promesses, on doit donc les faire chuter pour de bon.
Auparavant, les luttes sociales et la Croissance étaient plus fortes, ce qui engendrait une redistribution de parts du gâteau (subventions, allocations, salaires plus élevés par rapport au coût de la vie, facilité à changer d’emploi...) permettant une fausse « paix » sociale (basée sur l’exploitation et le colonialisme, la destruction du vivant et du climat), mais à présent tout ça est finit et ne reviendra pas !

Et, pour des raisons sociales, écologiques et climatiques, il ne faut surtout pas que ça revienne. En effet, Croissance et capitalisme détruisent le vivant, le climat, les liens sociaux authentiques, l’autonomie... Que ça nous plaise ou non on est donc obligé de faire complètement autre chose, mais ça le régime, l’Etat et le capitalisme ne le veulent à aucun prix !

Ecologistes, gilets jaunes, syndiqué.e.s, révolté.e.s, on a encore moins le choix qu’avant, on doit en finir avec le capitalisme, la civilisation industrielle et les régimes représentatifs centralisés (ou oligarchies électorales).
Le régime et son monde nous obligent à choisir : la révolution ou la mort. La destitution intégrale et les alternatives radicales ou la dictature et la précarité pour toutes et tous (à part pour les plus riches et les oligarques bien sûr).

Attention, le régime va tenter d’utiliser les syndicats réformistes pour leur faire jouer le rôle de retour à des formes connues et contrôlables de contestations :

  1. Par la pacification des luttes, en restreignant les actions à des manifestations déclarées et encadrées pour empêcher les débordements
  2. Par la restriction des luttes à un ou deux sujets circonscrits et sectoriels, les retraites bien sûr, mais aussi par exemple la condition des étudiants ou des personnels hospitaliers, ce afin d’éviter les risques d’insurrections générales qui porteraient des contestations du capitalisme lui-même, ou/et la destitution du régime et des institutions antidémocratiques en place

Ces contre feux visent à contenir la révolte à l’obtention éventuelle de quelques réformes et non-reculs, afin de changer ce qu’il est nécessaire de changer pour que rien ne change au fond.
Si la grève perdure lundi et mardi, le régime offrira sans doute mercredi 11 décembre certaines concessions aux syndicats réformistes (note postérieure, le gouvernement n’a même pas pris cette peine...), pour les renforcer dans ce rôle de temporisation de la contestation, et afin de pouvoir diviser entre les « gentils travailleurs » qui retournent au bercail et « les irréductibles irresponsables et violents qui prennent en otage le pays et les braves gens qui veulent travailler et consommer leur Noël ».
Ensuite, le régime tentera de légitimer une répression accrue sur la 2e catégorie qui continuera à faire grève et à manifester.
Les syndiqués vont-ils désobéir à leurs directions, les pousser à la radicalisation, à la gilet-jaunisation ?
Sont-ils prêts à la grève sauvage insurrectionnelle si nécessaire ? Pour l’instant on en doute.

Face à ce régime politico-économique brutal et extrémiste qui tourne à la dictature larvée, qui détruit de manière accélérée le climat et le monde vivant, qui transforme tout en marchandises et esclavagise les humains, il nous faut quitter en plus vite les anciennes catégories de pensée et d’action.
On est à présent dans une lutte vitale et frontale, les cadres partout serinés de « démocratie » et d’« Etat de droit » sont obsolètes et noyés dans le totalitarisme économique.

Les systèmes antidémocratiques et autoritaires tels que la France n’ont plus rien à offrir que la surveillance et la matraque à la place des anciennes contreparties sociales. Le LDB dans la gueule sert et servira à nous faire obéir à la place des aides sociales.
Si on ne se bat que pour négocier la longueur de nos chaînes et leur couleur, on finira tous étranglés.
Quand le régime se moque des manifs et les réprime, quand le capitalisme conquérant rend difficile la grève longue (chantages à l’emploi, pertes de salaire, précarité, individualisme...), quand l’élection se résume au "choix" entre la peste et le choléra, quand c’est la normalité qui pose problème (productivisme, croissance, extractivisme, dominations, néocolonialisme, éradication du vivant, racisme d’Etat...), quand le régime ne veut rien lâcher, alors les modes d’action efficaces qui restent sont forcément illégaux : blocages, désobéissance civile, autodéfense populaire, émeutes, sabotages...
Bien entendu, le régime et ces merdias, comme toutes les dictatures, décriera ces actions plus ou moins illégales, en les qualifiant d’atteintes scandaleuses à la démocratie et à la République, de terrorisme et d’actes factieux de minorités illégitimes non élues, comme il l’a déjà fait abondamment contre le soulèvement des gilets jaunes.
Il semble heureusement qu’à présent la réalité devient plus criante et que ces manœuvres marchent moins...

Est-on prêt à déjouer ces manipulations dans nos têtes comme dans nos actes ?
Est-on prêt à nous battre ensemble pour ne plus revenir à la normale, ou préfère-t-on se laisser écraser durablement une catégorie sociale après l’autre ?

En résumé, l’objectif serait que les autres composantes se joignent à la lutte insurrectionnelle et globale des gilets jaunes and co contre le système et ses fondements au lieu que les gilets jaunes s’abîment et se noient dans de traditionnelles luttes réformistes contre certains aspects du système.
Bien entendu, le régime et ses donneurs d’ordre capitalistes ont très peur de la gilet jaunisation générale, et feront tout pour l’empêcher, en essayant, comme en décembre 2018, de réprimer férocement toute velléité d’autres secteurs.

Il n’y aura pas de retour à la normale ; car la normalité était le problème.
#revolutioneverywhere

Articles complémentaires

https://vimeo.com/323849382

1 Message

  • Grèves et luttes sociales : gilet jaunisation et insurrection générale ou simples luttes réformistes contrôlables ? Le 9 décembre 2019 à 23:53, par Camille Pierrette

    complément : Reportage à Milipol, le salon mondial de la sécurité intérieure, « Déclaration de guerre » - Qu’est-ce que Milipol ? Le salon mondial de la sûreté et de la sécurité intérieure des États qui se déroule chaque année à Paris depuis 1984. Tous les professionnels de la sécurité s’y retrouvent pour vendre leurs innovations et savoir faire au monde entiers (plus de 30000 visiteurs de 156 pays différents).
    Nous vous proposons ici une visite guidée à la fois drôle et effrayante.

    Quand on croit en l’humain, en sa capacité à se réunir autour de valeurs de partage, de respect mutuel et d’ouverture, que l’on tente le plus souvent possible et malgré les vents contraires de se gonfler d’espoir pour combattre ce monde dont presque plus personne ne veut, il suffit d’un simple passage au Salon Milipol [1] pour que tout s’envole.
    Pour un temps.

    Il est difficile de décrire le sentiment qui vous traverse lorsque vous sortez d’un tel endroit.

    Ce n’est pas du dégoût – même si on s’en approche –, ni de la rage, que de rencontrer des gens dédier leurs journées à vendre du matériel et des logiciels pour traquer et tuer leurs semblables. Et ce n’est pas non plus du désespoir, que de voir certains applaudir une démonstration de CRS en action.

    Non, à bien y réfléchir, ce ne sont pas des sentiments ou des pensées philosophiques qui vous viennent à l’esprit, mais une conviction : ça va être la guerre. (...)

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