France : les associations écolos et autres subissent la répression et la surveillance, leurs droits élementaires totalement bafoués - Que faire ??

Intimidation, harcèlement, contrôles, suppression de subvention, procès..., les libertés associatives de plus en plus détruites par l’Etat et ses polices

vendredi 9 octobre 2020, par Camille Pierrette.

Plusieurs articles nous alertent sur une aggravation et une généralisation des harcèlements, tracasseries, poursuites, menaces envers de nombreuses associations et leurs membres, surtout les structures associatives qui gênent le pouvoir et le monde capitaliste : écologistes, aides aux migrants, observateurs de l’action policière en manifestation, lanceurs d’alertes, opposants à l’agriculture industrielle....

- Quelques exemples de répression récents, parmi des milliers d’autres (voir répression dans les banlieues et contre les gilets jaunes) :

  • Intimidation : la gendarmerie empêche un rassemblement « Notre maison brûle et nous ne regarderons plus ailleurs » devant le site atomico-chimique du Tricastin - Le pouvoir durci depuis des mois et des années la répression contre toute forme de contestation de son hégémonie sur le peuple et la population. Arrestations arbitraires, contrôles d’identité récurrents, menaces de mise en garde à vue, restriction des droits fondamentaux et libertés individuelles et des droits collectifs, mises sous écoutes téléphoniques et internet, procès : le système, à bout de souffle, se fait de plus en plus violent. Ce samedi 26 septembre, les gendarmes ont empêché la tenue d’un rassemblement au Tricastin dans le cadre de l’appel national "Notre maison brûle et nous ne regardons plus ailleurs" initié à l’occasion du sinistre anniversaire de la catastrophe de "Lubrizol". (...) Les atteintes aux libertés fondamentales de réunions et de manifestations devenant récurrentes, le glissement progressif du pays dans un ordre totalitaire qui ne dit pas son nom, conduit inéluctablement le pouvoir à s’inscrire dans une guerre intérieure contre le peuple pour l’empêcher de relever la tête et le contraindre à une soumission totale. Dans ce contexte délétère systémique, les forces et individus attachés à la Liberté, ne peuvent qu’être conduit à réfléchir à de nouvelles formes d’actions d’auto-défense populaire.
  • À Grenoble, six militants écolos face à une justice kafkaïenne - Début septembre, six activistes grenoblois étaient arrêtés par la police en pleine nuit. Soupçonnés de vouloir créer « une zad », ils sont soumis depuis à un très strict contrôle judiciaire et attendent leur procès pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des dégradations ». (voir contexte dans "« Comment va-t-on respirer ? » Un jardin ouvrier menacé par le béton près de Grenoble")
  • Justice : Eric Dupond-Moretti se dit favorable à l’encadrement militaire de certains mineurs - "Les choses ne sont pas encore faites parce que, techniquement, c’est un peu compliqué", a précisé sur BFMTV le ministre de la Justice.
  • Militante des droits de l’homme harcelée par la police - Observatrice des pratiques policières au sein de la Ligue des droits de l’homme à Montpellier, Camille Halut livre au Média un témoignage riche et révoltant sur la réalité des violences policières.
Intimidation, harcèlement, contrôles, suppression de subvention, procès..., les libertés associatives de plus en plus détruites par l’Etat et ses polices

Terrorisme d’Etat préventif pour étouffer toute possibilité de contestation

Le terrorisme d’Etat exercé, entre autres, par les « forces de l’ordre » s’étend donc à tout ce qui pourrait déranger un tant soit peu l’ordre en place et les affaires des puissants.
Les évidences s’accumulent, la transformation rapide de l’Etat autoritaire en machine totalitaire, liberticide et brutale au service exclusif de l’économie capitaliste totalitaire est déjà bien avancée.

Pourtant, les analyses systémiques de ce grave phénomène se font encore rares. On est sidéré, absourdi. Beaucoup continuent de répéter le mantra de « notre démocratie », de croire à de simples dérives passagères, de s’imaginer que ce sont des dysfonctionnements pénibles qui seront corrigés bientôt, d’espérer en des élections salvatrices, de demander aux autorités d’écouter, de leur adresser des suppliques...
Alors que le macronisme reprend des idées de l’extrême droite, va chercher conseil auprès de Marine LePen pour mieux stigmatiser les musulmans et interdire l’instruction hors de l’école, étend un système policier aux relents néo-fascistes, accroît les désastres écologiques, sociaux et climatiques, gère (mal) une crise sanitaire à coups de mesures sécuritaires et autoritaires, achète en masse du matériel militaire pour la répression au lieu de renforcer les personnels hospitaliers, aide les déjà riches à s’enrichir davantage, facilite et étend les dispositifs qui détruisent le vivant, etc., on trouve encore des gens qui veulent croire qu’on vie en démocratie, qu’on pourrait encore dialoguer avec un tel pouvoir et lui adresser des plaidoyers ?!
L’auto-aveuglement ne connaît donc pas de limites.

A quoi bon continuer à faire le décompte terrible des tués par la police, des éborgnés, des mutilés, des emprisonnés, des actions d’intimidation, des procès...?
On a bien compris à présent qu’il n’y avait rien à attendre du régime et de son monde capitaliste, si ce n’est la répression, la dévastation et la misère.
Et hélas ça n’a rien d’étonnant, une civilisation industrielle voué à la croissance, aux inégalités et aux dominations, qui a développé des régimes anti-démocratiques et un capitalisme totalitaire, ne peut pas fonctionner autrement. Dès qu’elle se sent un peu faible et/ou menacée par des contestations (présentes ou potentielles), la répression sous toutes ses formes va s’abattre sans pitié.
Si elle est forte et peu ébranlée alors elle laissera quelques espaces récréatifs pour contester, voir se laissera un peu titilller et lâchera un peu de lest (jamais sur l’essentiel) si la contestation insiste.
Actuellement, en France est ailleur, c’est plutôt le néofascisme qui monte, la répression des associations en est un signe et un effet.

Contrairement à une idée reçue (dans une partie de la gauche), le fascisme n’est pas une simple réponse désespérée de la bourgeoisie à une menace révolutionnaire imminente mais l’expression d’une crise de l’alternative à l’ordre existant et d’une mise en échec des forces contre-hégémoniques. S’il est vrai que les fascistes mobilisent la peur (réelle ou non) de la gauche et des mouvements sociaux, c’est bien l’incapacité de la classe exploitée (prolétariat) et des groupes opprimés à se constituer en sujet politique révolutionnaire, et à engager une expérience de transformation sociale (même limitée), qui permet à l’extrême droite d’apparaître comme une alternative politique et de gagner l’adhésion de groupes sociaux très divers.

Dans la situation présente, comme durant l’entre-deux-guerres, affronter le danger fasciste suppose non seulement de mener des luttes défensives contre le durcissement autoritaire, les politiques anti-migratoires, le développement des idées racistes, etc., mais aussi (et plus profondément) que les subalternes – exploité·es et opprimé·es – parviennent à s’unifier politiquement autour d’un projet de rupture avec l’ordre social et à se saisir de l’opportunité que constitue la crise d’hégémonie.

A l’heure actuelle, les dispositifs déjà structurellement restreints de co-gestion, de redistribution, d’écoute des doléances sont en passe d’être complètement détruits. Sous l’ultracapitalisme en voie d’autodestruction ne restent que la matraque, et quelques carottes pesticidées pour ceux qui se tiennent sages et restent dans les espaces balisés et fliqués contrôlés par le système.

Alors quoi ?

  • Se résigner à notre impuissance, crier en silence seul.e, retourner crever dans les rouages de la Machine ? Et laisser la place au néofascisme ?
  • Se contenter de petites « actions » symboliques pour la forme, de suppliques, en sachant que ça n’aura aucun effet ?
  • Rejoindre le pouvoir, participer à ses institutions pour obtenir vaguement quelques mini miettes d’aspartame en récompense ?
  • S’agiter dans les nasses mobiles, les pétitions et les rassemblements contrôlés ?
  • Attendre qu’un jour le vent tourne en espérant que soient évités par miracle le franc néo-fascisme et les catastrophes climato-écologico-sociales ?

Ou bien ?

France : les associations écolos et autres subissent la répression et la surveillance, leurs droits élementaires totalement bafoués - Que faire ??

Changeons de perspectives

Changez de perspectives, on n’est plus dans un régime pseudo-démocratique qui essayait de donner le change, mais dans une démocrature autoritaire qui tend vers le néo-fascisme en avançant décomplexée en mode bulldozer, un régime qui planifie l’asservissement et le pillage de ce qui reste, avec un système policier utilisé pour mater tout ce qui bouge (et même avant que ça bouge en mode préventif-précrime) et qui prend goût à la brutalité sous le prétexte absurde de « mainternir l’ordre ».

S’il n’est plus possible de lutter comme auparavant, s’il n’y a plus rien à attendre ou demander aux Etats et au monde capitaliste, si les moyens légaux de contestation se réduisent comme peau de chagrin et/ou sont totalement ignorés des pouvoirs, que reste-t-il ?
Historiquement, on observe :
Soit des soulèvements de masse, avec grèves dures et longues des secteurs clés de l’économie, blocages géants, émeutes...
Soit des actions clandestines de type sabotage.
Soit le plus souvent un mélange de tout ça.
Sinon, il reste la lutte armée, mais espérons que ce sera évité, que les pouvoirs n’obligeront pas à en passer par là.

Dans tous les cas, les contestataires et rebelles en tout genre vont devoir analyser la situation et revoir complètement leurs modes d’actions, objectifs et stratégies.
En dehors des soulèvements de masse, force est de constater qu’ils devront soit agir plus ou moins clandestinement, soit mettre en place collectivement des alternatives (production, logement, distribution...) radicales au capitalisme et à la gestion étatique, « éducations » populaires, médias, dans les interstices qui subsistent encore.

Tout le reste, ou presque, sera durement réprimé sur le champ, ou sans effets tangibles.

- voir aussi : Des manifs et des grèves épisodiques face à un régime autoritaire surarmé déterminé à piller et asservir ? - Adaptons les luttes à la situation - Historiquement, les luttes asymétriques prenaient d’autres formes

Il suffira d’une étincelle

Même dans les franches dictatures, la répression n’arrive pas à maintenir indéfiniment la terreur et la soumission. Un jour des révoltes éclatent.
En France, tout le monde a peur, se replie, ne sait plus quoi faire, subi, est abasourdi par la répression et les mesures liberticides qui tombent en pluie continue, emmagasine de la rage, et puis un jour, une occasion, une goutte d’eau plus énorme que les autres, et tout explose. Voir le soulèvement des gilets jaunes.

Le problème, c’est qu’il ne faudrait pas que ce boisseau sinistre dure trop longtemps, car le C02 du système industriel capitaliste continue de s’accumuler et d’emmener de plus en plus vite la planète vers un climat invivable, les machines continuent de plus belle à ravager les écosystèmes vivants et tous ceux qui s’y trouvent, et partout des humains souffrent et meurent à cause de la civilisation industrielle et de ses institutions tyraniques.

P.-S.

- Un nouveau collectif vient d’émerger, qui semble tenir compte pragmatiquement de la situation, il appelle à l’action : LA RONCE :
Pour protéger le vivant, mettons « un joyeux bordel » - « Je peux arrêter d’acheter. Mais si ensemble, nous les empêchions de vendre ? » Un nouveau collectif, la Ronce, compte bien riposter à la destruction du vivant par les multinationales via des « gestes simples et peu risqués », des « actions décentralisées, simultanées, pertinentes, faciles ». La première action est prévue le 14 octobre. (...) Nous sommes anonymes, autonomes, intraçables, inattaquables (...) Une épine seule ne changera jamais la face du monde, mais plusieurs épines dans leur pied peuvent les ralentir, et un buisson de ronce leur fera rebrousser chemin.


1 Message

  • France : les associations écolos et autres subissent la répression et la surveillance, leurs droits élementaires totalement bafoués - Que faire ?? Le 12 octobre à 17:22, par Bernard Bruyat

    La multipliquation des assos de toutes sortes développées ces dernières années sont soutenues par notre système de gouvernance ou elles servent de plus en plus de faire valoir à une « démocratie » ou seul existe l’affrontement « du contre qui laisse supposer que le pour pourrait avoir raison » ;
    Elles vont du caritatif(Charité) en passant par le joueur de belote ,de pétanque , de scrable , et même de chasseurs (Qui on le droit d’avoir une arme chez eux ! ) ...
    Elles ont toujours étaient subventionnés (plus ou moins) selon le bon vouloir des courants politiques au pouvoir .
    Devons nous pour devenir des TERRESTRES RESPONSABLES être à la mercie de subventions ou d’un bulletin de vote ?
    l’OPDLM (observatoire des pratique de développement du local au mondial ) et son Université du pas de côté vous propose dans un esprit de SECESSION de Lire et Faire lire
    LA CHARTE DE LA TERRE

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