Demain : robots et drones autonomes en essaim pour surveiller, frapper et traquer 24h/24

Terminator et Metalhead de Black Mirror commencent à se réaliser sous nos yeux

mardi 2 juin 2020, par Camille Pierrette.

L’épisode Metalhead de la série télévisée Black Mirror est particulièrement terrifiant, bien fait et réaliste. On y découvre un robot autonome agile programmé pour pister, traquer et tuer des intrus humains.
Cette fiction est beaucoup plus effrayante que Terminator, car plus proche des techniques déjà existantes ou en cours de développement.

https://www.youtube.com/watch?v=9EcY6VDgz1M
https://www.youtube.com/watch?v=GM3GM299orc

Récemment, un robot « chien » assez proche d’aspect de ce robot implacable a été déployé dans un parc à Singapour sous prétexte de surveillance « sanitaire », voir : Déconfinement : Robot de surveillance dans un parc de Singapour - Black Mirror déjà dépassé par la réalité ? - Dystopie high tech pour faire régner l’harmonie sociale à distance physique réglementaire

Certaines technologies décrites dans Metalhead (Saison 4, épisode 5) existent déjà : robot autonome, drone équipé d’armes, traceurs miniatures, essaims de drones...
Le reste est en germe.
Lors de certaines manifs, des camions à eau ont été équipé de substances persistantes et marquantes, prémisses des « fléchettes » du robot chien de Metalhead qui se fichent profondément dans la char de ses proies.
En France lors de l’assignation à résidence surveillée (confinement) des hélicoptères et des drones ont traqué des promeneurs à l’aide de caméras infrarouges jusque dans les montagnes et le lit de la rivière Drôme. « Rentrez chez-vous » qu’ils disaient les drones dans certaines villes.
Les applications de traçage mises en place pour des raisons de pandémie de coronavirus sont déjà utilisées aux USA pour pister les manifestant.e.s.

Dans moins de 10 ans, si rien ne change vraiment, des robots tueurs autonomes terriblement efficaces similaires à celui de Metalhead seront réalisables, et donc mis en circulation.

A l’heure actuelle, les drones militaires sont guidés par un soldat humain et servent à tuer des terroristes, mais de fil en aiguille, comme toujours, suite à des affaires sanglantes sur-médiatisées, on glissera vers des robots autonomes de plus en plus sophistiqués et armés.
Les occasions et les prétextes ne manqueront pas : terrorisme, insurrection, catastrophes, pandémies...
D’abord, les drones volant et les robots au sol seront utilisés pour de la surveillance mobile, en complément des nombreuses caméras fixes déjà existantes.
Ensuite, ils seront équipés d’infrarouge pour voir la nuit, ils seront reliés H24 à des systèmes de reconnaissance faciale, et ils seront connectés entre eux, aux flics et aux caméras en tout genre
afin de pouvoir suivre discrètement n’importe qui n’importe où.

Même pas besoin qu’un robot se dérègle ou qu’un savant fou appuie sur le mauvais bouton, les sociopathes au pouvoir, bien réels, bien pragmatiques, bien rationnels, bien cyniques ou emplis de bonne conscience, arrivent très bien à créer toutes ses horreurs froidement, en suivant simplement les rails normaux et quotidiens de la méga-machine sans tête qui leur donne l’opportunité de se gaver et de briller en premier de peloton du train de la mort qui tue.
Et il se trouvera des tas de jeunes ingénieurs ravis de vendre leurs cerveaux sans conscience auprès de l’Etat, des start up et des multinationales pour élaborer et perfectionner tout ça (exemples dans cette vidéo). Pour ces chercheurs, les robots, l’Intelligence Artificielle, le traçage, les applis, c’est FUN, c’est monderne, c’est tendance, c’est propre, ils se croient dans un jeu vidéo augmenté.

Suite à des manifestations émeutières, les drones volants ou sautillants seront équipés de lanceurs de lacrymos, puis de LBD et autres armes à létalité réduite et aléatoire.
Puis à la faveur d’un attentat terroriste ou d’un crime médiatisé, les robots seront munis d’armes létales. Les autorités diront qu’ils sont plus impartiaux et justes que les policiers débordés et soumis à leurs préjugés/habitudes.
Si la situation se tend, ils seront ensuite rendus autonomes, afin qu’ils puissent assurer leur mission efficacement et se déployer partout rapidement. Avec des milliers ou des millions de drones et autres robots, il ne sera de toute façon plus possible d’avoir un opérateur humain derrière chaque exemplaire.
Les robots seront d’abord utilisés contre les terroristes considérés comme les plus dangereux, puis pour les tueurs en séries, les braqueurs, les délinquants, les émeutiers, les manifestants...

Il n’y aura pas encore le risque d’auto-réplication des robots et de naissance d’une intelligence artificielle globale voulant exterminer l’humanité comme dans Terminator (Skynet), mais c’est déjà bien assez terrifiant.
Surtout que s’ajouteront à ça, si des changements radicaux ne sont pas imposés par des révoltes populaires très fortes, d’autres dispositifs intrusifs : détecteurs de mouvement ou de son, bracelets électroniques pour tous (d’abord pour certaines catégories de populations, puis ça s’étendra), localisation précise et enregistrement de toute trace numérique via 5G et fichiers interconnectés, intelligences artificielles scrutant des fichiers croisés...

Beaucoup trop de flics ont beau être racistes, violents, parfois sadiques, leur brutalité se heurte à leurs limites physiques et à certains réflexes humains (survie, décence, réputation, peur de la vengeance...). Pour les robots, ces barrières sautent aisément, ils suivent leur code, leur programme, ils ne ressentent pas d’émotions ni de peur.
De plus, un flic, même d’extrême droite et bien endoctriné, est toujours susceptible de désobéir un jour, de craquer, de se suicider, de prendre fait et cause pour des insurgés ou des réprimés, un robot non, il va jusqu’au bout de sa mission sans état d’âme, comme dans l’épisode Metalhead. Un robot est encore plus obéissant et fidèle qu’un chien bien dressé, c’est pour ca qu’Etats et entreprises privées les utiliseront pour la défense de la propriété et le maintien de l’Ordre dès qu’ils le pourront.

- Comme pour l’industrie productiviste, les robots flics et autres drones de sécurité seront utilisés par la civilisation capitaliste partout où ce sera possible et pour les même raisons : économies de personnels, coût réduit d’entretien, fiabilité, ne fait pas grève, ne proteste pas, meilleur obéissance, meilleure efficacité, meilleure productivité, ne dors pas, ne part pas en vacance, ne fatigue pas, ne tombe pas malade (à part quelques pannes) ou enceinte, ne réclame pas de dommages et intérêts en justice.

Les robots flics, les drones tueurs sans pitié, les machines mobiles de surveillance, les outils automatisés de surveillance et de traçage seront un nouveau marché permettant de préserver les profits et de tenter de maintenir debout par la force de la répression la civilisation industrielle et ses oligarchies criminelles.

A moins que... de gros grains de sable bien placés ne fassent exploser la méga-Machine avant la naissance de « Skynet » ?
Il vaudrait mieux que de vraies insurrections arrivent assez vite, car malheureusement je doute qu’on ait l’opportunité de revenir dans le passé pour réparer nos conneries et rejouer la partie grâce à une super machine à remonter le temps.
Car la réalité n’est pas un jeu ou une simple fiction télé, il n’y a plus droit à l’erreur et l’humanité n’a pas « plusieurs vies ».

- Des articles sur cet épisode Metalhead de Black Mirror :

Robots et drones autonomes en essaim pour surveiller et traquer 24h/24 - Metalhead bientôt réalité !

- Des articles sur les robots en cours d’essai :

- Citations et vidéo :

La vidéo publiée montre le second essai sur six prévus. Ceux-ci se déroulent tous les six mois et augmentent à chaque fois en complexité. Les essaims de drones apportent de nombreux avantages, comme la possibilité d’effectuer un repérage dans les environnements à visibilité limitée, notamment les zones urbaines denses. Ils sont également beaucoup plus difficiles à éliminer. La perte de quelques appareils n’affecte que très peu l’efficacité de l’essaim.

https://youtu.be/ruWC10AW87E

Lors du test, ces petits drones dits « Perdix » d’environ 16 cm de long, lancés depuis trois avions de combats F/A-18 Super Hornets, ont démontré plusieurs capacités prometteuses, selon un communiqué du département américain de la Défense.

Les progrès de l’intelligence artificielle rendent désormais envisageables la constitution de ces groupes de petits robots, agissant collectivement sous la direction d’un humain. Ils sont ainsi parvenus à une « prise de décision collective », adaptant ensemble leurs comportements individuels en fonction des aléas de la mission.
« Un organisme collectif, partageant un cerveau commun »

Les drones Perdix forment « un organisme collectif, partageant un cerveau commun » a expliqué William Roper, qui dirige le service des capacités stratégiques (SCO) du Pentagone, cité dans le communiqué. « Parce que chaque Perdix communique et collabore avec chacun de ses homologues, l’essaim n’a pas de leader, et peut s’adapter en douceur, si un nouveau drone rejoint le groupe, ou si au contraire un drone le quitte », par exemple s’il est abattu, a indiqué William Roper.

P.-S.

- compléments :

  • Peut-on s’opposer à l’informatisation du monde ?
  • Il n’y a pas de dérives sécuritaires, l’Etat capitaliste déroule juste sa planification industrielle - Appli StopCovid, vidéo-surveillance, drones, reconnaissance faciale, traçage numérique via IA sont indispensables ...à CE système
  • Demain les drones
  • Robotique et surveillance : Le flic de demain sera-t-il un robot ?
  • Biosécurité et politique - Dans le récit largement partagé sous l’empire du Covid-19, le civisme le plus pur a été associé au respect des mesures sanitaires – confinement, distanciation sociale, gestes barrières –, rendant moralement suspect le questionnement sur le bien-fondé de tels choix qui, s’ils sont justifiés par le conseil d’experts, relèvent de la décision politique. En France comme en Italie, sous le couvert de chasser les fake news, le gouvernement et ses relais médiatiques laissent peu de champ à la parole contraire, vite calomniée, si ce n’est effacée. Que la politique compose avec le pouvoir de la fiction n’est pas une révélation ; la vigilance s’impose quand une action collective (fondée sur l’élaboration spectaculaire d’une vraisemblance) dirige en sens unique les chemins divers de nos vies. Considérant le déroulement de la crise épidémique, Giorgio Agamben énonce les enjeux d’un nouveau régime de gouvernement, qui confirmeraient l’analyse de Patrick Zylberman (en 2013) sur l’usage stratégique de la sécurité sanitaire, faisant adopter des réponses globales (qui entament la souveraineté démocratique), en créant une sorte de “terreur” inédite. La biosécurité trace une voie dangereuse vers le règne de la transparence : une société de contrôle où, la connexion virtuelle se substituant au lien sensible, l’existence s’éloignerait d’un destin proprement humain.

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