De l’argent pour le CAC40, pas pour les soignants et autres premières lignes

Le régime continue à appliquer une politique ultracapitaliste de destruction-pillage planifiée des biens communs et du vivant - Après la sidération on fait quoi ?

lundi 12 octobre 2020, par Camille Pierrette.

Il n’y a pas de monde d’après, juste l’accélération du même monde violent et extrémiste de l’ultracapitalisme, avec l’Etat et le gouvernement au service du bloc bourgois, des riches et du système économique en place.
Le régime nous rabâche la dangerosité de la pandémie coronavirus, mais planifie la destruction des services de santé publique, le manque de moyens, en vue d’accélérer sa privatisation, comme pour tous les services publics. Pendant ce temps, les personnels hospitaliers sont à bout et en sous-effectifs, encore moins « armés » qu’en mars.
Quelques exemples supplémentaires.
Qu’en conclure ?

Le régime continue à appliquer une politique ultracapitaliste de destruction-pillage planifié des biens communs et du vivant

Après la sidération, ...l’action ?

Les riches, les puissants, les oligarques et technocrates font plus que jamais sécession, ces minorités radicalisées mènent de manière extrémiste et jusqu’au boutistes les mêmes politiques inégalitaires, antisociales, antiécologiques et antidémocratiques qu’auparavant.
Les décors, les dialogues pacificateurs et les redistributions de miettes qui masquaient un peu tout ça et suffisaient généralement à faire se tenir sages les populations, volent en éclat.
Les forces de gauche qui permettaient de rétablir un petit peu l’équilibre en faveur des pauvres des pays riches ont disparu ou se sont émoussées.
La réalité nue de notre impuissance et de la brutalité cynique du système nous explose à la figure.

Que va-t-il se passe une fois qu’on sera sorti du choc, de la sidération qui nous saisit dans cette période ?

- Plusieurs options sont possibles :

  • rester sidéré, soumis, abattu, et laisse le champ libre au pouvoir
  • résister mollement, avec des méthodes et objectifs inadaptés
  • Mieux comprendre la situation, et résister pour de bon en s’en prenant aux racines des problèmes

Avec les deux premiers points, qui sont hélas les plus probables, au moins dans un premier temps, le rouleau compresseur continue de plus belle, avec sa fascisation croissante pouvant mener à une franc fascisme.

Si des mouvements anticapitalistes, de démocratie directe et de défiance vis à vis de l’Etat ne prenne pas une place importante dans les résistances, alors, la contestation molle pourrait prévaloir, qui n’obtiendrait rien, ou peut-être quelques croûtons secs.
D’autre part, si ce type de résistance n’est pas assez présente, alors des mouvements ouvertement fascistes ou fascisants pourraient monter en puissance.

Actuellement, comme le décrit Ugo Palheta, la fascisation suit son cours en france, avec :

  • le système policier qui s’affirme, se durcit, et mène sa propre barque
  • le régime qui applique des idées d’extrême droite et stigmatise des minorités (les musulmans)
  • la répression qui s’accroit partout contre tout ce qui conteste ou pourrait contester, même les associations
  • Même des journalistes et syndicalistes sont ciblés
  • la déliquescence (du fait des politiques gouvernementales et du fait du replis général dans la sphère privée, les loisirs et la « réussite » individuelle libérale) des syndicats autrefois offensifs (les grévistes SNCF et RATP n’ont pas suffit à faire annuler la destruction capitaliste du système des retraites)
  • la destruction et la privatisation accélérée des protections sociales et services publics

La victoire du capitalisme, de la mentalité libérale (individualisation des problèmes) et de la gestion étatique est donc très grande malgré quelques poches de résistance. Le déferlement de marchandise, de propagande, de pubs, de marketing, d’un certain confort matériel, de distractions a détruit les solidarités, les communautés de vie et même souvent l’envie de lutter de manière acharnée
Mais cette victoire, cette hégémonie totale, totalitaire, pourrait aussi signer sa perte.
En effet, sans contre pouvoir, sans régulation, sans espaces pour maintenir l’illusion d’un dialogue et d’une pseudo-démocratie, avec des précarités, souffrances et mesures liberticides croissantes (le régime interdit même la danse et la musique dans les rues), les colères et contestations pourraient un jour exploser et s’approfondir.
Sans les médiations traditionnelles (partis et syndicats) et les miettes de redistribution servant à ce que les protestations restent dans le réformisme et la supplique au gouvernement, c’est bien les idées et actions révolutionnaires qui pourraient s’étendre. On a pu en voir les prémisses avec le soulèvement des gilets jaunes.
Si les forces anticapitalistes, anarchistes, de démocratie directe, d’autogestion, de solidarité, d’autodéfense populaire ne sont pas assez puissantes, la poussée fasciste pourrait aussi prendre le dessus. De larges pans de populations pourraient se raccrocher aux faux espoirs et aux arnaques des idéologies fascistes à défaut d’autre chose, d’autant que le bloc bourgeois et les capitalistes semblent toujours préférer le fascisme à une poussée révolutionnaire pouvant remettre en cause voire détruire leurs fortunes et leurs pouvoirs.

L’idéologie d’extrême droite imprègne les merdias, le gouvernement, les flics, les capitalistes extrémistes, elle intéresse les bourgeois, elle est déjà largement au pouvoir.
Que vont faire les forces populaires ?

Arriver à reconstituter une force de résistance consistante anticapitaliste et autogestionnaire, voire un mouvement de type révolutionnaire ?
Ou se laisser écraser, ne pas se sortir de la mélasse de l’idéologie libérale individualiste, du culte de l’hédonisme, du loisir et du chacun pour sa gueule ?
Une fois les conditions de vie (chômage, pollutions, régime policier, précarité, pandémie, couvre feux, confinements, canicules, incendies géants...) encore plus dégradées, quand il ne sera plus possible de nier et de se défiler, que va-t-il se passer ? Ne faudrait-il pas réagir avant d’en arriver là ?

En résumé, des fortes communautés de vie, donc de luttes sociales et écologiques, vont-elles se (re)constituer, à l’image de certains groupes de gilets jaunes lors des occupations de ronds points, des cabanes et des maisons du peuple, ou la plupart des gens vont se résigner et/ou piaffer seuls chez eux, anesthésiés par la propagande, la précarité, la répression croissante et terroriste, l’idéologie de la simple addition des actions éparses d’individus séparés (un peu comme la somme des égoïsmes feraient une main invisible positive dans les fantamasgories délétères du libre marché) ?

Selon Ugo Palheta, même après une victoire électorale des fascistes (ici ce serait le macronisme ou le front national en 2022), rien n’est jamais perdu :

20 – Après une victoire électorale des fascistes : trois scénarios

Si la conquête par les fascistes du pouvoir politique – généralement par voie légale, répétons-le – constitue pour eux une victoire cruciale, elle n’est pas le dernier mot de l’histoire. Une période de lutte s’ouvre nécessairement au lendemain de cette victoire qui – selon les rapports de force politiques et sociaux, selon les luttes menées ou non, selon qu’elles sont victorieuses ou défaites – peut aboutir :

– soit à la construction d’une dictature de type fasciste ou militaro-policière (lorsque les mouvements populaires subissent une défaite historique et que la bourgeoisie est politiquement trop affaiblie ou divisée) ;

– soit à une normalisation bourgeoise (lorsque le mouvement fasciste est trop faible pour construire un pouvoir politique alternatif et que se déploie une riposte populaire importante mais pas suffisante pour aller au-delà d’une victoire défensive) ;

– soit sur une séquence révolutionnaire (lorsque le mouvement populaire est suffisamment fort pour coaliser autour de lui d’importantes forces sociales et politiques, et engager une épreuve de force avec les forces bourgeoises et le mouvement fasciste).


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