Dans ce modèle de société, il n’y a plus aucune place pour les animaux et les plantes non domestiques et non productifs, ...idem pour les humains

Le technomonde administré autoritairement ou la nature, la liberté et les mondes vivants ?

vendredi 12 août 2022, par Antitech 26.

La civilisation industrielle fabrique un techno-monde à son image, une mégamachine dévorante qui détruit les écosystèmes, les animaux, les plantes, les sols, les rivières..., et qui remplace ces éléments vivants détruits par des machines et des marchandises mortes, payantes et brevetées.

La plupart du temps la civilisation industrielle, ses institutions et ses servants, ne planifient pas volontairement la destruction systèmatique des mondes vivants, ça se fait tout seul, c’est une conséquence inéluctable du mode de fonctionnement irréformable de ce système totalitaire. Malgré certaines actions étatiques de préservation, la marche de l’Etat et du capitalisme, leurs besoins de puissance et de croissance, la techno-industrie et la société de masse, génèrent fatalement des ravages.
Les actions de résistance et les victoires locales sont pour l’instant bien trop faibles pour espérer stopper la mégamachine globale.

Pour « vivre », ce techno-monde a un besoin irrépressible de consommer et consumer les mondes vivants : extractivisme, croissance, bétonisation, urbanisation, agro-industrie, destruction des sols, pollutions généralisées de l’eau et de l’air, déforestation, développement économiques, technologies...
Ces destructions sont le carburant direct ou indirect de la mégamachine, et la place laissée « vacante » par ces ravages offre de nouvelles opportunités au Marché.

De plus, la disparition des possibilités d’autonomie et de susbistance enchaîne toujours plus les peuples aux productions industrielles et marchandes de la mégamachine. C’est autant de nouveaux clients et de nouveaux produits à fourguer afin d’alimenter le développement économique et la puissance étatique.

Ainsi, la mégamachine remplace à son avantage les mondes vivants qu’elle a détruit par des infrastructures techniques, des usines, des dispositifs cybernétiques, des gestions administratives planifiées...
L’eau potable est traitée par des machines, l’eau usée passe par des usines de plus en plus complexes, la monoculture d’arbres remplace la forêt, les usines de cultures hydroponiques en salle blanche et éclairages artificiels remplacent la cueillette en milieu sauvage et la paysannerie respectueuse des sols, les communications internet et portable remplacent les rencontres libres et sociales dans l’espace public, le sport indoor ou assisté remplace l’activité physique variée, le metavers remplace la vie sociale, la culture industrielle marchande remplace les arts et les cultures populaires, le mode de vie uniformisé réhaussé de « personnalisations » marchandisées remplace les multitudes de pratiques culturelles variées, les robots remplacent les animaux, etc.
C’est ce qu’ils ont appelé « le progrès ».

Dans ce modèle de société, il n’y a plus aucune place pour les animaux et les plantes non domestiques et non productifs, ...idem pour les humains
Le techno-monde transforme la Terre en usine et les vivants survivants en machines

Les dirigeants, technocrates et capitalistes adoooorent les animaux et les plantes, ...mais il aiment beaucoup plus encore la civilisation industrielle et ses artefacts

On le voit avec les canicules et la sécheresse historique en France, les écosystèmes, les animaux et les plantes sont sacrifiés sur l’autel de l’économie. C’est la même chose lors des aménagements, développements et autres progrès alimentant la Machine.

La destruction drastique des insectes butineurs c’est dans un premier temps embêtant pour ce système car ça fait une perte de productivité impactant négativement la reproduction et la croissance de l’Argent, mais en même temps de nouveaux marchés s’ouvrent alors pour les plantes OGM (autofertiles, ou qui ne nécessitent pas d’insecticides) et les drones pollinisateurs autonomes.
Les butineurs ce sont des bestioles libres, gratuites, qui n’en font qu’à leur tête au gré de la météo et des saisons. Avec des micro-drones et des travailleurs humains, la pollinisation est contrôlée H24, quantifiée, calibrée, facturée, c’est beaucoup mieux à terme pour le techno-monde et sa gestion cybernétique.

L’eau qui coule librement depuis les montagnes et les collines, qui s’infiltre partout, se stocke gratuitement dans les nappes, qui se purifie toute seule dans les rivières sauvages et les zones humides, ce n’est pas très intéressant pour la fabrication de la Valeur.
Certes, les manques d’eau et les sécheresses font du mal à l’économie.
Mais, en même temps, la perte générale d’accès à des eaux buvables génère un énorme marché du traitement et de la distribution d’eau potable, sans parler du juteux business de l’eau en bouteille (en plastique), les volumes géants d’eaux usées générées par la vie moderne et ses WC à eau permettent à des multinationales (françaises, youpi) de se faire des fortunes sur le traitement des eaux d’égoût. Et puis la sécheresse permet au techno-monde de vendre ses « solutions » rentables : barrages, méga-bassines, dispositifs électroniques de gestion de l’irrigation, pompes, réseaux, citernes en tous genres, usines de dessalement d’eau de mer, surveillance et régulation électronique des réseaux via IA, cultures hors sols, ombrages de cultures via panneaux photovoltaïques, applications d’optimisation des arrosages, gestion par satellites des cultures, etc.

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Les derniers oiseaux libres montent à l’assaut des buildings et des antennes

L’Etat-capitalisme est punitif par essence

L’astuce partout employée consiste à faire subir les dégâts aux pauvres et aux particuliers, à faire payer les problèmes à l’Etat (avec l’argent public), et à faire engranger tous les profits au secteur privé.
Les flics et les lois servent beaucoup à ça.
L’Etat et sa société de masse ayant besoin du capitalisme pour vivre et s’étendre, il ne pourra jamais s’opposer au règne du capital. On prétendra défendre « les emplois », le « pouvoir d’achat » des masses, alors qu’en réalité il ne s’agit que de défendre le techno-monde, la reproduction du capital, le modèle de la déléguation, de la représentation, de la délivrance des réalités matérielles et politiques au profit d’experts, de politiciens, de technocrates, d’industriels, de militants.

Le Capital ayant besoin des Etats pour se réguler et réprimer les peuples, il n’assèchera pas complètement les finances étatiques.
Ainsi, l’Etat-capitalisme, ce monstre à deux têtes, est « punitif » par essence et fera payer les crises structurelles en tous genre qu’il génère aux peuples (en premier lieu aux classes sociales les plus « basses ») et aux autres êtres vivants (qui eux comptent encore plus pour du beurre que les prolétaires et les semi-esclaves).
Plus largement, la civilisation industrielle nous enjoint de nous adapter aux désastres croissants qu’elle crée (pandémies, canicules, sécheresses, innondations, méga-feux...). Il ne s’agit pas de s’en prendre aux causes des problèmes, c’est à nous de subir, de tenter de s’adapter à un monde rendu invivable !
Les humains et les restes du vivant sont sommés de s’adapter au techno-monde, ou de crever, ils doivent s’adapter au techno-cocon, à la « Marsoformation » de la Terre (l’inverse de la Terraformation de Mars) ou disparaître.

- Summum de l’euphémisation dépolitisée qu’on lit partout : « s’adapter au changement climatique » = continuer à foncer dans le mur en gonflant les air-bags et en considérant le réchauffement climatique catastrophique comme un simple aléa naturel !

- Et si on envoyait tous les dirigeants s’adapter au milieu d’un désert, avec juste une petite gourde et un bob ?

Mettre un « meilleur » gouvernement et de « meilleurs » élus, de « meilleurs » entrepreneurs", ne changera pas grand chose, ils seront prisonniers des exigences du système et seront corrompus par lui, c’est d’un basculement radical dont nous avons urgemment besoin, pas d’ajustements et de modifications du système en place. Il s’agit de faire toute autre chose, pas d’essayer de réformer un système néfaste pour qu’il dure un peu plus longtemps.

Les fondamentaux de la civilisation industrielle orientent vers le mépris et l’ignorance de la nature

Déjà, l’abstraction de la croissance infinie de l’Argent dans le système social capitaliste crée le terrain propice à la destruction totale de la biosphère. Le capitalisme a aussi généralisé la séparation public/privé, secteur productif public et reproduction de la force de travail dans la vie privée.
Ensuite, comme l’indiquent des féministes et autres théoriciens-nes de la critique de la Valeur (voir par exemple : Clémence Berthier, Elvira Scheich, Roswitha Scholz...), la rationalité moderne associée aux sciences moderne de la nature crée une séparation, une primauté de la pure rationalité froide et mathématique au détriment de la sensibilité, de la subjectivité et d’autres approches. Ce qui a exclu les femmes, leurs apports, et conforté le patriarcat. La nature, les mondes vivants, ont été ainsi « mis à distance », considérés comme de simples objets exploitables, facilitant conceptuellement, socialement et matériellement la mise à sac des écosystèmes et les ravages de la techno-industrie galvanisée par les sciences.

Les sciences modernes, aveuglées comme tout le monde par la mythologie du progrès par la technologie et la production matérielle, n’ont pas eu pour objet la recherche de formes de société vivables et soutenables, elles ont, essentiellement, servi la quête technologique, la domination de la nature et la mise en coupe réglée de la planète et de ses habitants pour servir l’efficacité maximale du productivisme.

Et la plupart des humains civilisés, prisonniers consentants ou pas des règles de la civilisation industrielle, agissent dans le sens de la destruction de la biosphère par toutes leurs activités de production et de consommation. Ils s’imaginent libres alors qu’ils agissent comme des automates alimentant la mégamachine et le Capital. Leur énergie vitale et leur travail étant le carburant, avec les éléments naturels, de la marchandisation totale du monde.

Dans ce modèle de société, il n’y a plus aucune place pour les animaux et les plantes non domestiques et non productifs, ...idem pour les humains
Des robots « autonomes » connectés et rentables plutôt que des animaux libres et gratuits

Survivre dans une bulle techno entourée d’un environnement hostile ?

Si tout continue en l’état, c’est à dire en l’absence de révoltes conséquentes et avisées dans les pays industrialisés et/ou extractivistes, les humains « machinisés » devront vivre dans des bulles technologiques sous perfusion de machines. Sur une planète rendue hostile et dans des régimes ultra-autoritaires ils n’auront guère le choix.
On a pu en avoir un avant-goût avec l’assignation à résidence surveillée (confinements) et l’enfermement dans le noir volets fermés durant les canicules de cette année.

Les animaux et les plantes sauvages, pour la plupart, ne survivront pas à cette « Marsoformation » accélérée, les « atlas de biodiversité » et le décompte des extinctions n’arrêtent rien. Le techno-monde conservera sans doute certaines espèces dans des zoos ou des réserves pour l’usage récréatif, pour sa techno-science et ses expérimentations.
Comme c’est déjà le cas pour l’élevage industriel, il utilisera des animaux-machines et des plantes modifiées dans ses usines à protéines, à fourrures, à nutriments, à carburants agro-industriels. En dehors des quelques animaux « sauvages » préservés dans des réserves, tous les autres êtres encore vivants seront domestiques et asujettis à la mégamachine, modifiés par elle jusque dans leurs gènes, humains compris.
Les autres seront « terminés ».

Les humains non productifs pour le techno-monde sont déjà mis au rebus, marginalisés. Plus tard, avec le durcissement des crises et la multiplication des machines productives, ils seront encore plus exclus, complètement abandonnés ou dépendants de quelques aides sociales minimalistes, un peu comme le triste sort des exilé.e.s actuels. Ils ne servent que de repoussoir et n’ont (n’auront) pas d’intérêt pour le techno-monde, tout comme la plupart des êtres vivants.

- Comme l’indique cet article et le livre d’Hélène Tordjman, le techno-monde et ses adeptes se serviront des désastres qu’ils ont produit et d’une certaine « écologie » (la leur, qui n’a rien à voir avec une écologie politique sociale qui vise une cohabitation avec les autres vivants) pour assoir encore davantage leur emprise et leur pouvoir. Il modifiera génétiquement les êtres vivants domestiques pour les rendre plus performants, adaptés aux sécheresses et canicules, plus productifs, plus rentables, plus proches des machines.

- Extrait :

« La biologie de synthèse a entrepris un vaste programme de réingénierie de la vie et de tous les processus vivants, qui sont jugés n’être pas assez performants. Non contents de créer de nouveaux microbes, de nouvelles levures et de nouvelles algues, les biologistes synthétiques s’attaquent au cœur même des processus vivants, en voulant par exemple “améliorer” la photosynthèse ou créer de l’ADN “augmenté”. En cela, cette discipline est emblématique de la convergence NBIC et du programme transhumaniste qui la sous-tend, avec son obsession de la performance et du rendement, et sa confiance dans la toute-puissance de l’intelligence scientifique et technique, voire son hubris.

Ensuite, ce sera le règne des organismes biologiques de synthèse, qui cotoieront les robots autonomes petits ou gros, ...si les aléas climatiques, tempêtes et autres surprises type disparition de la couche d’ozone ne détruisent pas tout.
La planète que l’on connaît aura alors totalement disparue.

Dans ce modèle de société, il n’y a plus aucune place pour les animaux et les plantes non domestiques et non productifs, ...idem pour les humains
Des usines pour tout : nourriture, sexe, eau, distractions, vie sociale...

Se battre collectivement contre le techno-monde, ou se laisser détruire par lui et ses ravages ?

Il semble que la plupart des humains civilisés adultes aient choisi, par leur action ou leur laisser faire, ils préfèrent largement sauvegarder la civilisation industrielle et sa mégamachine que préserver les mondes vivants en créant des sociétés soutenables. Ils préfèrent rêver à des solutions technologiques improbables, à des énergies « vertes » et des dispositifs cybernétiques plutôt que chercher à stopper et détruire la mégamachine et les rouages du capitalisme. Ils préfèrent les drones, les robots, les métavers, les mondes virtuels aux animaux et aux humains réels. Ils préfèrent respirer des fumées toxiques et être « nourri » par les erzatz fabriqués par des machines que d’assurer leur subsistance. Ils préfèrent tout déléguer que prendre en main leur vie et la vie politique. Ils préfèrent les mondes électroniques industriels assistés par une IA « personnelle » à la complexité d’une vie sociale authentique. Ils préfèrent obéir et se soumettre, se résigner et accepter, subir et « vivre » de manière de plus en plus dégradée, que se révolter franchement et construire autre chose.

Ils préfèrent « faire corps » avec la mégamachine, ils préfèrent la prison assistée technologiquement et gérée autoritairement à la terre et à la liberté.
Ils sont passés du côté des Terminator et de l’étoile noire (une machine tueuse de planète dans le film Star Wars).
Les humains civilisés de base ne sont même pas vraiment nos ennemis, ils ne sont que des pions adeptes de la soumission volontaire, des instruments consentants de la mégamachine, de simpes rouages interchangeables.

Alors, si on se bat, ce n’est pas pour ces humains là, ce n’est pas pour ces civilisés complices passifs ou actifs qui ressemblent davantage à des zombies techno qu’à des êtres libres et responsables, si on se bat c’est plutôt pour les autres, pour les minorités les plus opprimées et pour les peuples autochtones, c’est pour les animaux et les plantes, pour les enfants et les rebelles, pour les rivières et les arbres, pour les grillons et les renards argentés.

Que crève le techno-monde, mort à la mégamachine !

Dans ce modèle de société, il n’y a plus aucune place pour les animaux et les plantes non domestiques et non productifs, ...idem pour les humains
Se battre pour les peuples non-civilisés et pour les plus opprimés

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