Blé, maïs, énergies... : marché capitaliste, flux tendu, spéculation et guerre aggravent les problèmes

Spécialisation, concurrence et productivisme mènent au chaos et aux pénuries

samedi 12 mars 2022, par Les Indiens du Futur.

La culture dominante est un modèle basé sur la croissance, la compétition, la prédation, le conflit, la tyrannie... qui épuise toutes les ressources terrestres et détruit les moyens de subsistance vivants et gratuits pour les remplacer par des produits industriels morts et payants.
De ce fait, les crises, les guerres et les pénuries lui sont consubstanciels.
L’interconnexion des marchés, la spéculation, la spécialisation par régions productives, l’économie à flux tendus aggravent encore ces fonctionnements néfastes.

Blé, énergies... : marché capitaliste, flux tendu, spéculation et guerre aggravent les problèmes
Les silos de stockage de céréales ne peuvent empêcher la spéculation et les crises

Chaos perpétuel et régime de crise permanent

La fin définitive du pétrole conventionnel abondant et pas cher était prévue pour les alentours de 2030. Il semble que les soubresauts économiques et le retour de la guerre en Europe hâtent l’explosion du prix des énergies fossiles et de tout ce qui en dépend directement (plus de 2 € le litre d’essence, record du prix du blé...).
Vu que les crises en tous genres générées par la civilisation industrielle (pénuries, chômage, conflits, famines, canicules, inondations, tempêtes, incendies géants, pandémies...) sont vouées à s’aggraver, se multiplier et se succéder, il est fort possible que les prix du pétrole ne redescendent jamais vraiment, même après la fin de la guerre de Poutine à l’Ukraine.
Malheureusement, celà ne signifie pas automatiquement la fin du capitalisme et de l’Etat. Ils pourraient tout simplement se durcir et muter pour résister, avec, comme d’habitude, les plus pauvres qui subiront en premier les chocs et les problèmes.

Le chaos perpétuel et le régime de crise devraient devenir la norme, et pas seulement pour les plus pauvres, ne comptez plus faire l’autruche où vous réfugier dans un coin épargné. Les ukrainiens et d’autres terriens arrivent à fuir encore les horreurs en allant dans d’autres pays. Mais ça se compliquera car toute la planète sera affectée et nombre de pays fermeront leurs frontières avec des murs, des drones, des mines et des mitrailleuses (comme l’Europe le fait déjà avec Frontex and co contre les exilé.e.s du Sud, de Syrie, d’Afrique, d’Afghanistan...).
Il faudra donc prendre parti et lutter, pas le choix. Comme des animaux acculés au fond d’un piège, nous deviendrons peut-être plus offensifs et dangereux pour les pouvoirs.

La pandémie (syndémie) de Covid-19 a montré abondamment que la civilisation industrielle ne se corrigeait en rien et versait dans le sécuritaire pour tenir. Rien n’a été fait en france pour renforcer le système de santé (au contraire), rien n’a été fait contre la déforestation, contre la chimie industrielle et l’agro-alimentaire pesticidé, les élevages industriels pour la viande ou la fourrure foyers des zoonoses, tandis que les flicages autoritaires et les dispositifs dystopiques numériques fleurissaient.

Avec les catastrophes climatiques, les dirigeants diront aussi que l’heure est grave, « on est en guerre », et qu’ils sont obligés d’utiliser de dangereuses techniques de « géo-ingénierie » pour tenter de limiter la casse, tout en imposant des « pass carbone » et des restrictions drastiques aux populations.
L’Etat et le capitalisme essaieront à nouveau de tirer profit de ces crises pour continuer à dominer et à avancer leurs pions blindés dans le champ de bataille en ruine où humains et non-humains s’enlisent et crèvent sous les bombes, les virus ou d’autres désastres industriels.

Les fictions dystopiques et les alertes lancées depuis des dizaines d’années deviennent réalité sous nos yeux malgré tout sidérés.
Va-t-on continuer chacun.e dans son recoin d’écran virtuel à subir passivement en suppliant les artisans des désastres de nous sauver par les moyens (Etat, Marché, technologies...) qui causent les carnages, ou est-ce qu’on va se réveiller pour agir collectivement et sortir du cauchemar ?

Va-t-on continuer à s’accrocher à un modèle de société invivable et destructeur ou va-t-on avoir le courage de renverser radicalement la table à temps pour se construire un avenir possible ?

Blé, énergies... : marché capitaliste, flux tendu, spéculation et guerre aggravent les problèmes
Blé, orge maïs, énergies fossiles, métaux, engrais, tournesol... La liste des produits affectés par les crises s’allongera

🔴 POURRONS-NOUS ENCORE MANGER DESTES DEMAIN ?

▶️ Le prix du blé était de 200€ la tonne le 7 mars 2021, il y a un an. Le 7 mars 2022, le prix du blé a dépassé les 400€/t.
En un an jour pour jour, la tonne de blé a tout simplement doublé. Un symbole qui risque d’avoir des effets dévastateurs dans le réel.
▶️ Même constat pour l’orge et le maïs dont les cours ont augmenté de manière industrielle ces derniers jours.
▶️ Le colza a quant à lui franchi la barre des 900€ la tonne.
▶️ La tonne de tournesol a doublé depuis l’été 2020 pour se rapprocher aujourd’hui des 700€.
L’invasion de l’Ukraine, premier producteur de céréales d’Europe y est pour beaucoup. Depuis deux semaines, les prix ont explosé. Le blé a par exemple augmenté de 70%.
À elle seule, l’Ukraine assure la moitié des ventes mondiales d’huile de tournesol, 18% de celles de maïs, et 14% de celles du blé. Si on additionne les exportations russes, les chiffres donnent le vertige : 20% pour le maïs, 30% pour le blé et 80% pour le tournesol.

À ce rythme, acheter des pâtes, de l’huile, de la farine va devenir un luxe.
Alors que les prix de l’essence ont dépassé les deux euros dans la quasi-totalité des stations services, que les prix du gaz ont explosé, obligeant le gouvernement à les geler jusqu’à la fin 2022, il faut désormais se pencher sur les denrées alimentaires les plus basiques dont la hausse des prix risque fortement d’impacter des millions de foyer.
Se déplacer, se chauffer, se nourrir. Tout devient de plus en plus dur. Réagissons !

(post Cerveaux non disponibles)


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