Violente canicule précoce, etc., et pourtant on continue sur le Titanic comme si de rien n’était

Sortir du fatalisme, de la sidération, du solutionnisme techno, du refus de ruptures radicales

dimanche 19 juin 2022, par Les Indiens du Futur.

En France les records de température tombent les uns après les autres alors que l’été n’a pas commencé, mais tout le monde continue comme avant.

Violente canicule précoce, etc., et pourtant on continue sur le Titanic comme si de rien n’était
Les effets de la civilisation industrielle sont là, stop ou encore ?

🌡️ CHRONIQUE CANICULAIRE

Samedi 18 juin. L’été n’a même pas encore officiellement commencé, et la France suffoque. La température avoisine les 40°C sur une grande partie de la France. Tour d’horizon.

➡️ À Nantes le centre-ville, d’habitude très fréquenté le week-end, est quasiment vide cet après-midi. La station météo de Nantes-Atlantique mesure une température de 39,1°C. Dans le centre-ville, sur le bitume, elle dépasse très probablement les 40. Le record de chaleur absolu mesuré à Nantes est de 40,3°C, mesuré en 2019. Mais c’était à la toute fin du mois de juillet, au cœur de l’été ! Nous sommes encore au printemps.

➡️ Dans le Sud-Ouest, il a fait jusqu’à 43 °C. C’est le cas à Biarritz, avec 42,9°C. Un record absolu jamais mesuré depuis le début des mesures météo. À Angers, 40.1°C. À Bordeaux : 40.5°C. Même la pointe bretonne, bénéficiant habituellement de la fraîcheur océanique, n’est plus épargnée : la ville de Ploërmel dans le Morbihan enregistre la plus haute température jamais observée dans la commune.

➡️ Près des trois quarts de la population française, soit 45 millions de personnes, étaient concernés par les niveaux rouge ou orange de vigilance canicule. Ces épisodes ne seront plus exceptionnels. C’est la nouvelle normalité.

➡️ Vendredi déjà, les températures étaient extrêmes. Deux octogénaires sont morts en quelques heures sur la même plage de Pornichet, sur la côte, à quelques dizaines de kilomètres de Nantes. L’un probablement du choc thermique entre l’eau de mer, restée fraîche, et l’air. L’autre sous le soleil de plomb. En raison de la chaleur, une dizaine d’adolescents Normands enrôlés dans le Service National Universel du gouvernement ont fait un malaise lors d’une cérémonie à Dieppe en souvenir de l’Appel du 18 juin. Obligés de rester au garde à vous en plein cagnard, les jeunes n’ont pas supporté et se sont effondrés.

➡️ Les départs de feu dans les champs se multiplient depuis plusieurs jours, y compris dans l’Ouest où ils sont habituellement pus rares. Ce samedi, plusieurs hectares sont partis en fumée à Joué-sur-Erdre et à Vertou près de Nantes. À Pont-Saint-Martin, deux personnes ont été blessées dans l’incendie de leur cabanon.

➡️ La moyenne des températures au niveau français, basée sur les mesures de 30 stations météorologiques réparties de manière équilibrée sur le territoire métropolitain était de 27,4°C selon Météo-France. Presque un record absolu. À peine en dessous du record du 25 juillet 2019 : 29,4°C.

➡️ Pollution à l’ozone. On parle beaucoup de chaleur, moins de pollution. Les épisodes caniculaires s’accompagnent d’une forte dégradation de la qualité de l’air. Le ciel nantais était sale ce samedi. L’agence Air Pays de la Loire a mesuré une forte pollution à l’ozone et une qualité de l’air mauvaise. L’agence Prev’Air alertait sur la pollution à l’ozone dans de nombreuse autres régions dans son bulletin officiel.

➡️ Les villes sont des pièges climatiques. Il suffisait de se promener à la croisée des trams ou place du Bouffay à Nantes à 15h pour s’en rendre compte. Les politiques urbaines qui retirent les arbres et aménagent de grandes zones vides couvertes de bitume ou de dalles en pierre augmentent la chaleur. C’est ce que les urbanistes appellent la « minéralisation » de l’espace. À Nantes, les socialistes appliquent cette méthode partout et ont coupé des dizaines d’arbres dans le centre ces dernières années. Résultat catastrophique. Dans les cités, les immeubles serrés transforment l’espace en four. Les villes sont à fuir, à détruire ou à réinventer et à reboiser.

(post de Contre Attaque, = Nantes Révoltée)

DEAUVILLE - TEMPETE POST CANICULE

Samedi 18 juin, en plein épisode caniculaire, une tempete a surpris des milliers de personnes venues en fin de journée se raffraichir sur la plage de Deauville. En quelques secondes, le vent est passé de 0 à 100km/h. Dans de nombreux endroits du pays, les températures ont chuté brutalement : 18° de moins en une heure à Rennes par exemple !

- vidéo : https://fb.watch/dKFISB3vmJ/
(post de Cerveaux non disponibles)

🌬️ TORNADE DE SABLE EN NORMANDIE : UN VENT A 130KM/H EN QUELQUES SECONDES

- Un mort et des dizaines de blessés. Les phénomènes venteux extrêmes se multiplient

➡️ Alors que la canicule planait sur la France et que des milliers de personnes cherchaient un peu de fraîcheur sur les côtes, samedi 18 juin, une tempête soudaine a surpris les personnes sur une plage de Deauville. Le vent est passé de 0 à plus de 100 km/h en quelques secondes sur la côte normande. Une tornade est arrivée de la mer, formant ce qui ressemble à une trombe. Un phénomène d’ordinaire tropical. L’événement n’était pas prévu par météo France, il a duré une trentaine de minutes et a provoqué la mort d’un homme. Des dizaines de personnes ont été blessées ou choquées.

➡️ Dans les Pyrénées Orientales il y a trois jours, un autre épisode climatique extrême et considéré comme rarissime. Au milieu de la nuit, la température est passée brutalement de 22°C à 37°C. Une augmentation de 15°C à 2h du matin, amenée par un vent brûlant soufflant à 154 km/h. Les météorologues appellent ce phénomène « Heat burst », ou « effet sèche-cheveux ». Cela n’arrive, en principe, jamais en France : des bourrasques ardentes.

➡️ A contrario, un vent violent a fait baisser brutalement la température de 20°C en quelques minutes dans le pays Basque samedi 18 juin. Un phénomène appelé « coup de galerne ». En effet, alors que les thermomètres affichaient encore 42°C à Biarritz vers 16h45, ils ne montraient plus que 23°C une demi-heure plus tard. Soit une chute brutale d’environ 20 degrés en une trentaine de minutes. La couleur du ciel a d’ailleurs changé, passant du bleu immaculé au gris brumeux.

➡️ On parle beaucoup de la chaleur, beaucoup moins du vent. C’est un phénomène complexe, qui est fortement affecté par l’élévation des températures. Il y a par exemple un système venteux qui circule à haute altitude autour de la Terre en partant de l’Antarctique, appelé les courants-jets, qui ont une influence sur des épisodes météo extrêmes. Les masses d’air se déplacent, les vents sont plus brutaux. Aux USA, le nombre de cyclones augmente déjà. Une tempête peut dévaster des terres agricoles par exemple. Le capitalisme a fait entrer l’humanité dans une spirale de phénomènes imprévisibles.
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- Vidéo https://fb.watch/dKODdgU52n/ - 🎥 : Samy Bouguern, Audrey Vvlr, Raphael Perrot
(post de Contre Attaque, = Nantes Révoltée)

Fatalisme ? Sidération ?

A présent, le déni des graves conséquences du dérèglement climatique invivable provoqué par la civilisation industrielle n’est plus possible.
Pourquoi il y a très peu de réactions, de révoltes ?
Fatalisme ? Sidération ?

Assimilation passive du discours dominant qui laisse croire que la civilisation industrielle est un phénomène quasi « naturel », donc inquestionnable, inattaquable ? Ou alors croire qu’on pourrait rendre cette civilisation, ce système culturel, soutenable, vert, décarboné, bio, équitable ?
« There is no alternative » disait Thatcher. Alors, si on en croit les puissants et les médias dominants, on ne pourrait que s’adapter, résilier, chercher éventuellement de simples transformations technologiques du système (la fameuse décarbonation de l’économie de marché), mais surtout pas remettre en cause les fondements du système en place, surtout pas se rebeller franchement, lutter pour des ruptures radicales, surtout pas passer à l’offensive contre l’Etat, le système techno-industriel et le capitalisme.
Ayez confiance, les politiciens, les technocrates et les capitalistes veillent pour vous, ils vous vous sauver des désastres du système qu’ils défendent depuis toujours et qu’ils ont largement contribué à bâtir, ils ont les solutions !

Pour les autres animaux, c’est encore pire, ils n’ont pas accès à la clim, aux centres aquatiques, aux bouteilles d’eau en plastique, ou ventilateurs, aux douches ou au brumisateurs.

Là chacun essaie de « vivre » comme avant, de travailler, de continuer les mêmes loisirs (festivals, « Motor show »...), les mêmes orientations politiques, les mêmes philosophies de la délivrance, de l’existence par la consommation. Les normes sociales ne changent pas vraiment.
Bientôt, beaucoup de gens seront obligés de changer leurs façons de vivre, mais est-ce qu’un nombre conséquent personnes vont aussi agir, passer à l’offensive, pour attaquer le système qui nous tue et ainsi limiter la casse ?

Tout ça n’est pas qu’un problème de valeurs, de morale, d’innovations technologiques, mais surtout du système social et technique en vigueur qui oriente directement les modes de vie, de pensée, de production, de distribution, de consommation.

Il va falloir sortir de notre isolement individuel, refaire de la lutte collective toute l’année, de l’autonomie collective, étendre une culture de résistance, se parler, s’organiser, élaborer des stratégies, revoir les priorités, et passer à l’action très très vite. Ca fait beaucoup d’habitudes à briser, d’efforts à faire, mais on n’a pas le choix.
Moins de concerts et de festivals culturels, moins de loisirs, plus de réunions de coordination, de temps de réflexion stratégique, et davantage d’actions en tout genre. Si y a du monde et que c’est réparti, l’effort ne sera pas si pire. Et puis agir radicalement, se révolter, ça peut aussi être jouissif et fun, voir plus que d’assister en spectateur à un énième concert sympa arrosé de bière locale bio.

Violente canicule précoce, etc., et pourtant on continue sur le Titanic comme si de rien n’était
Se résigner et tenter de s’adapter en silence, ou se révolter contre les fondements de ce système invivable ?

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