Un porte container s’échoue dans le canal de Suez, et c’est une bonne part du commerce mondial qui s’étouffe

Ce système techno-capitaliste mondialisé est fragile malgré ses airs de puissance

vendredi 26 mars 2021, par Les Indiens du Futur.

L’accident du porte container qui bloque le canal de Suez est révélateur de la fragilité intrinsèque de la civilisation industrielle et de ses infrastructures.
C’est l’occasion aussi de s’interroger sur la terrifiante et gigantesque machinerie logistique qui distribue sans arrêt dans tous les sens matières premières, pièces et produits finis, notamment via des cargos et porte containers géants, ce à l’opposé de toute considération écologique et sociale.
Voici trois points de vue sur ces sujets, et vous saurez tout sur les porte containers et la folie de l’économie de marché.

Le gigantisme des navires et le traffic maritime commercial augmentent

- Info — Transports : Le Modern Express est le symptôme dangereux du gigantisme maritime - Le cargo roulier Modern Express est remorqué vers Bilbao, en Espagne. Une issue sûre, pour ce bateau en perdition depuis une semaine. Mais l’événement souligne les dangers d’un transport maritime assuré par des géants de plus en plus gros.

Un porte container s’échoue dans le canal de Suez, et c’est une bonne part du commerce mondial qui s’étouffe
La civilisation industrielle n’est pas si puissante qu’elle en a l’air

DU SUPERMARCHÉ A LA TOMBE, EN PASSANT PAR LES NAVIRES PORTE-CONTENEURS.

- Le transport maritime conteneurisé, épine dorsale du système-monde capitaliste - Clément Homs
« Cette société qui supprime la distance géographique recueille intérieurement la distance, en tant que séparation spectaculaire. » - Guy Debord, La Société du spectacle, thèse 167

La mondialisation du rapport-capital s’invite chaque jour chez nous, qu’on le veuille ou non : un café équitable sud-américain par-ci, des fraises « bio » du Vaucluse ou d’Argentine par-là, un pot de yaourt aux myrtilles, une paire de chaussures de sport ou un jouet conçus dans les C.B.D. des métropoles états-uniennes et fabriqués en Chine. Tous ces biens de consommation sont consommés à bas prix dans chaque ville d’Europe sans que les déplacements de plusieurs milliers de kilomètres effectués par ces marchandises, avec leurs problèmes d’organisation, d’aliénation de la vie, de coûts, de temps, de séparation, de risques, de perte d’autonomie, de destruction des cultures et de la civilité, de pollutions ou autres aléas éventuels, c’est-à-dire leurs conditions de possibilité concrètes, matérielles et vivantes, ne suscitent la moindre interrogation chez les clients/citoyens finaux ou intermédiaires, c’est-à dire les consommateurs/producteurs spécialisés des chaînes du travail sociétalisé, que nous sommes tous devenus.

En 1993, une étude montrait déjà que la spatialité pour fabriquer les différents éléments d’un simple pot de yaourt aux fraises, à Stuttgart en Allemagne, formait une distance de près de 9 115 km. Car ces déplacements mondialisés qui sont maintenant bien plus considérables, sont en effet pleinement intégrés dans les processus de production, de vente et de consommation à travers la logistique qui permet l’échangisme généralisé où tout est marchandisé, et d’abord n’importe lequel d’entre nous dès que nous touchons sous la forme d’un équivalent général (l’argent) un simple salaire, une allocation d’État, des stocks options ou de l’argent « au noir ». Et l’évidence de ces déplacements est alors d’autant plus imprégnée dans notre imaginaire qu’ils déterminent obligatoirement chaque acte de notre quotidien, et ceci parce qu’aujourd’hui notre vie dépend en réalité d’un emboîtement généralisé de divers espaces en inter-relations échangistes que d’ailleurs la grande majorité d’entre nous ne connaîtrons jamais, et peut-être même pas seulement l’existence. La mondialisation - et à contre-pied de ce que croient encore les comiques écologistes - ne fait pas que s’inviter dans nos assiettes ou dans notre « mode de vie », c’est-à-dire notre « consommation ». Elle est simplement notre vie à chacun de ses instants de production comme de consommation, ou encore l’approfondissement de ces mêmes instants dans le temps séparé des loisirs. Et ceci simplement parce que nous « travaillons » tous comme rouages de l’interdépendance échangiste mondialisée.
La méga-machine capitaliste et ses individus-rouages
(...)

Un porte container s’échoue dans le canal de Suez, et c’est une bonne part du commerce mondial qui s’étouffe
Fragilité des échanges marchandisés mondiaux nécessaires à tout le business capitaliste

♻️🛢 Comme un caillot de sang dans un système sanguin !

Le (techno)Capital, aka la « méga-machine » : ce colosse aux pieds d’argile. Ce monstre anti-vie qu’on pourrait facilement paralyser (pas que ses transports, pensez à son système nerveux : ses énergies ! l’électricité en 1er) et l’empêcher définitivement de continuer ses désastres, si on le voulait vraiment... Enclencher un pas de coté, histoire de pouvoir respirer, penser et vivre autrement qu’en détruisant le vivant pour un pseudo confort et des biens futiles.

👉 Le porte conteneurs « EVERGREEN », de 400m de long pour 220.000 tonnes s’est mis en travers du canal de Suez, bloquant tout trafic maritime sur cette route cruciale en déclenchant des remous de panique dans la finance. Les autres navires doivent attendre, forment des bouchons, mettent entre parenthèses 10 milliards de dollars de marchandises chaque jour, les conteneurs non livrés manquent aux entreprises qui travaillent en flux tendus et quasiment sans stocks, la productivité tousse comme un poumon atteint par le covid. Il ne faudrait que quelques incidents prolongés du même genre pour que ce petit accès tussif se transforme en pneumonie... le Veau d’Or Mécanisé serait ainsi bien plus facile à abattre !

(post de Deep Green Resistance France)

P.-S.

La civilisation industrielle n’est pas si puissante qu’elle en a l’air.

En réalité, sa puissance apparente et sa perpétuation ne proviennent pas de ses infrastructures industrielles, techno-commerciales et scienfiques, mais plutôt de la violence des répressions policières, de la peur paralysante qu’elles inspirent, et de la complicité/passivité des masses qui s’abandonnent trop volontier à la méga-machine.


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