Stop au couvre-feu : une mesure de guerre absurde et autoritaire qui nous prive d’expériences sensorielles vitales

Enrayer le cycle de soumission - Retrouver le goût de la désobéissance de masse

dimanche 18 avril 2021, par Camille Z.

Tandis que partout la sève vitale monte, le soleil se couche de plus en plus tard, les jours allongent, le soir nous appelle, la nature s’éveille, et on se retrouve piégés comme des rats à devoir s’enfermer entre quatre murs, sous la menace d’amendes et de contrôles policiers !

Et si le trop long cycle de soumission s’arrêtait ? Et si le printemps revenait pour de bon ?

Les merles chanteuses s’égaillent avant le crépuscule, les chats s’allanguissent sur les vieux murs guettant les derniers rayons du soleil, le vent du Nord se calme dès que le jour diminue, et nous accepterions dès 19h d’être relégués derrière un écran sous la lumière des ampoules électriques ?

Au nom de quoi le régime policier en place veut nous priver de l’expérience sensorielle vitale et irremplaçable d’éprouver charnellement en plein air le rythme des saisons ?!
Au nom de quoi des flics et des technocrates perchés se permettent de nous interdire de circuler librement dans les rues, les chemins, les prés et les forêts ?!
Contempler la lune ou la voir se refléter dans une rivière serait-il un crime mettant en danger les martiens de passage ou la sûreté de l’Etat ?!
Pour quelles raisons inavouables le régime nous traite comme de simples bagnards numérotés, des sujets à mater par la contrainte, des machines tout juste bonnes à obéir, à bosser et à consommer ?!

Stop au couvre-feu : une mesure de guerre absurde et autoritaire qui nous prive d’expériences sensorielles vitales
Des individus isolés, solitaires, pris dans des mondes virtuels, livrés corps et âme à la Machine

Ils veulent peut-être nous faire muter à leur image en vampires livides coupés du souffle de la vie, déjà morts sans s’en rendre compte ?!
Ils veulent peut-être achever de nous transformer en machines, en coquilles vides et perdues qui ont absolument besoin pour exister des oukases du Grand Guide Suprême de la République Démocratique de France et de ses ouailles ?!
Ils veulent peut-être nous mater préventivement, pour tenter d’empêcher une éventuelle rébellion libératrice ?!

Ils veulent nous priver du goût de vivre afin qu’on se contente d’une vie sans attrait et qu’on réclame leurs marchandises mortes qui tuent partout le vivant pour supporter nos prisons permanentes ?!
Ils veulent qu’on s’habitue au remplacement de la réalité sensible et mouvante éprouvée directement par des ersatz virtuels fabriqués sur mesure par leurs machines numériques qui dévorent les restent du vivant ?!
Ils veulent nous faire subir des mesures tellement absurdes et contradictoires pour qu’on ne comprenne plus rien, pour qu’on ne sache plus faire la différence entre le juste et l’injuste, entre le beau et le laid, pour que seules émergent leurs injonctions et leurs lumières « salvatrices » dans leur brouillard d’ondes ?!

Mais peut-être qu’ils ne veulent rien, qu’ils déroulent juste leurs plans sans réfléchir, qu’ils ne sont que des agents esclaves de la méga-machine qu’ils ont décidé de servir en se servant grassement au passage ?!
Peut-être qu’ils ne sont que des pantins sans idées qui se rassurent et croient vivre en possédant autrui ou des objets marqueurs sociaux ?!

Stop au couvre-feu : une mesure de guerre absurde et autoritaire qui nous prive d’expériences sensorielles vitales
Pire qu’un vampire, un capitaliste. Le vampire lui, se repose durant le jour, et tue avec ses dents sans technologies

Peut-être qu’on est tellement isolés, invidualisés, repliés, impuissants, dépendant qu’on ne peut plus rejetter la matrice ?
Peut-être que la matrice-Machine qui tue lentement mais sûrement est devenue tellement vitale pour nous que couper ses tuyaux nourriciers entraînerait notre mort rapide ?

Pourtant, qui sait si se couper de la Machine n’entraînerait pas uniquement la mort de nos illusions, de nos esclavages, de notre servitude volontaire ou contrainte, et ne libéreraient pas nos mains et nos énergies pour ensemble enfoncer de gros pieux dans le coeur des vampires ?
Pourtant, peut-être qu’une fois sortis de la Machine on serait capable de bâtir des sociétés sans matrice, sans hautes-technologies, sans nécessité de couvre-feu, de polices, de gouvernements, d’Economie, de Croissance, d’esclavage gratuit ou rémunéré ?

Pourtant, toutes les idoles peuvent brûler, toutes les matrices sont des artefacts dont il possible de se défaire, toutes les armées ne tiennent qu’à force de soumission et d’absence d’imagination.
Pourtant, la survie de tout Empire ne tient qu’à un fil. Il suffit de trancher dans le vif, et de ne plus revenir en arrière.

- Après cette version poétique, voici une version en mode anlayse politique :

🌙 6 MOIS SOUS COUVRE FEU : JUSQU’À QUAND ?

- Enrayer le cycle de soumission

Samedi 17 octobre 2020 à minuit, le gouvernement français instaurait un couvre-feu sous prétexte d’état d’urgence sanitaire. Cela fait aujourd’hui 6 mois jour pour jour que cette mesure de guerre, interdisant de sortir de chez soi la nuit, est imposée sans débat, sans bilan, sans remise en cause. Le choix du 17 octobre était déjà un funeste symbole, puisqu’il rappelait le massacre par la police de manifestants algériens contre le couvre-feu, déjà, le 17 octobre 1961 à Paris.

Il y a 6 mois, ce couvre-feu « exceptionnel » était rapidement étendu à tout le territoire, puis durci, en commençant dès 18H. Pas la moindre minute de liberté en dehors des heures de travail, pas un moment de sociabilité. Le gouvernement annonçait son intention de détruire « l’effet apéro ». « Bosse, consomme, et ferme ta gueule » instauré en devise nationale.

Stop au couvre-feu : une mesure de guerre absurde et autoritaire qui nous prive d’expériences sensorielles vitales
Remplacer les relations vivantes par des mondes virtuels sous contrôle

Les crottes de nez en costards qui nous gouvernent se moquent bien d’un quelconque effet sur la santé de la population : cette incroyable restriction des libertés se fait sur fond de suppression de milliers de lits d’hôpitaux et de mépris du personnel soignant. Pire : ce couvre-feu a immédiatement provoqué des bouchons monstrueux, des transports en communs encore plus bondés et des ruées massives dans les commerces aux heures de pointe. Absurde, autoritaire, criminel.

Y-a-t’il eu un impact sanitaire à cette mesure ? Les faits sont là : la situation ne s’est pas améliorée. Elle n’a jamais cessé de s’aggraver, avec un nombre de contaminations et de personnes hospitalisées en hausse constante. Cette destruction des libertés, quant à elle, laisse déjà des traces indélébiles. Nous nous sommes collectivement soumis à cette mesure. Les gestes de désobéissance sont restés bien trop rares et isolés pour devenir hors de contrôle. Les rues sont désertes quand le soleil se couche, arpentées seulement par des livreurs précaires, des patrouilles de police, et une poignée de téméraires. Des milliers d’amendes tombent. Et le couvre-feu est une carte blanche supplémentaire pour la police qui peut violenter quiconque durant ces heures où les libertés suspendues.

6 mois plus tard, nous nous habituons à nous faire arracher les libertés les unes après les autres. Ce qui semblait inconcevable il y a quelques années encore est devenu banal. Quelles seront les prochaines étapes ?

Pourtant, notre équipe et notre lectorat l’a constaté sur le terrain : il est impossible pour la police de quadriller toute une métropole une nuit entière, et les filets de la répression sont larges. Ce qui fait tenir cette mesure, c’est la soumission générale, le climat de résignation, de désespoir, de peur. C’est sans doute cela le pire : l’état d’urgence sanitaire a insufflé son contrôle dans nos corps et nos esprits. Il est toujours possible de sortir, de se promener, de rejoindre des ami.e.s ou d’agir la nuit. Nous ne retrouverons pas nos libertés sans retrouver le goût de la désobéissance de masse, sans multiplier les gestes de défiance. En attendant un véritable soulèvement.

Post & visuel de Nantes Révoltée


1 Message

  • Stop au couvre-feu : une mesure de guerre absurde et autoritaire qui nous prive d’expériences sensorielles vitales Le 19 avril à 11:11, par Chômeuse et révoltée

    FORME DE L’ASSURANCE CHÔMAGE, PROLONGEMENT DE LA CRISE POUR FAIRE TRINQUER LES PLUS PRÉCAIRES

    - Rendez-vous le 23 avril
    Un an de crise sanitaire et économique n’a rien changé à la marche du monde. Les riches sont toujours de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres. Les inégalités se creusent de façon exponentielle. La crise n’empêche pas le pouvoir de maintenir le cap de l’injustice sociale...

    Avant même l’apparition du Covid-19, le soulèvement honorable spontané des Gilets Jaunes répondait précisément à cette dynamique criminelle d’inégalités indécentes. L’été suivant, Médiapart révèle que De Rugy, petit nanti local, s’empiffrait de dîners fastueux avec du homard et du champagne aux frais du contribuable, osant se plaindre que « le champagne lui faisait mal à la tête ». Récemment, les frasques du duo Chalençon-Leroy, qui vendaient des repas luxueux dans un hôtel privé en plein confinement, ont confirmé que les privilèges pour les riches se perpétuent tandis que pour les plus pauvres, la police et la justice n’ont aucune complaisance. Dans le même temps, les entreprises prévoient tranquillement leurs plans de licenciements, alors même que les actionnaires se versent des dividendes faramineux.

    Rappelons-nous, l’année dernière, le gouvernement avait amplement communiqué sur le fait qu’il fallait peut-être revoir notre modèle de société, qu’il faudrait « tirer les leçons » de la pandémie : sans la moindre surprise, rien n’a changé. C’est une crise comme les autres. Le pouvoir craint un instant une explosion sociale et met alors en place des garde-fous pour empêcher une contestation déstabilisante d’émerger. Résultat : des militaires et des policiers en armes partout dans les rues, des amendes qui pleuvent, et des violences policières pour mater les récalcitrants.

    En d’autres termes, alors qu’une telle pandémie devrait remettre en cause le fonctionnement de nos sociétés à l’échelle mondiale, à savoir le capitalisme et ses systèmes de domination, la seule réponse trouvée par le pouvoir pour y faire face est de maintenir ce système et de renforcer les dominations. Ceci, notamment, par un discours et des pratiques sécuritaires. C’est ainsi que sont mis en place de nombreux dispositifs de surveillance et de contrôle : attestations, couvre-feu, passeport sanitaire à venir, drones, multiplication des caméras etc. Outre ces dispositifs, d’autres semblent moins liés à la crise, mais participent en réalité d’un contrôle social écrasant qui s’abat sur les plus précaires, et leur mise en place est facilitée par l’atomisation dans laquelle on se trouve depuis un an. C’est le cas de la réforme de l’assurance chômage, qui vient s’attaquer aux demandeurs et demandeuses d’emploi. En pleine période de crise.

    D’un part, cette réforme vient très rapidement réduire le montant des indemnisations, qu’on appelle ARE (allocations de retour à l’emploi). Jusqu’ici, le calcul se basait sur le salaire touché par nombre de jour travaillés. La réforme impose de prendre en compte également les périodes non-travaillés :de façon mathématique, le salaire journalier de référence (SJR), qui est un des éléments qui détermine le montant des allocations, s’effondre. Pour les personnes à temps partiel, principalement des femmes, c’est une perte de revenus énorme.

    D’autre part, la période prise en compte pour avoir droit aux ARE change. Jusque-là, il fallait avoir cotisé 4 mois sur les 28 derniers mois. Avec la réforme, il faudra avoir cotisé 6 mois sur les 24 derniers mois.
    Ainsi, pour des centaines de milliers de personnes, les pertes d’allocations seront énormes, et notamment pour les plus précaires : celles et ceux qui enchaînent des contrats avec des jours de creux, celles et ceux qui sont à temps partiel, vont voir leurs allocations fortement diminuer. Et le coût de la vie ne diminue pas. Les plus vulnérables n’ont pas d’hôtel privé où organiser des soirées payantes.

    Les indemnisations chômage sont un droit, et non un profit. Mais actuellement, ce sont les riches qui font des profits. Cette réforme est une cruelle injustice en ces temps de crise. Qui peut ignorer que les riches ne paieront jamais la crise qu’ils ont pourtant crée ?

    Sombrer dans la résignation ne fait rien gagner. La colère gronde.
    Depuis les théâtres occupés et dans les collectifs de précaires, dans tout ce que le pays compte de révolté.e.s, il n’est pas envisageable de laisser passer cette réforme sans rien dire. La coupe est pleine. Une mobilisation est prévue le vendredi 23 avril : rendez-vous à 13h à Graslin.

    Les précaires ne paieront pas la crise ! Redistribuons les richesses !

    Message FB de nantes Révoltée

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