Retraite, sécurité sociale..., le gouvernement Macron veut détruire l’héritage de la résistance française

Stoppons le rouleau compresseur ultra-capitaliste En Marche, lit du néo-fascisme - Un nouveau mouvement de résistance ?

jeudi 26 décembre 2019, par Camille Pierrette.

RETRAITES, SÉCURITÉ SOCIALE : MACRONTRUIT L’HÉRITAGE DE LASISTANCE

- Les Résistants ont arraché des conquêtes que Macron veut liquider. « Résister est un verbe qui se conjugue au présent » -

Le 19 août 1944, le peuple de Paris mène la dernière grande insurrection qu’ait connu la France, pour se libérer du nazisme sans attendre. Alors que le débarquement Allié est en cours, dans la capitale, les cheminots se mettent en grève le 10 août, suivis par les travailleurs du métro. Ils seront rejoints par les postiers. La police elle même, sentant le vent tourner après avoir massivement collaboré, se met en grève. Le 15 août, la CGT déclare la grève générale. Petit à petit, Paris est paralysé. Des escarmouches armées ont lieu à Paris et dans sa banlieue. La peur change de camp : des troupes nazies et des collaborationnistes français commencent à fuir vers l’est. Des mairies sont reprises à l’occupant.

Un dirigeant communiste et résistant décrit l’ambiance : « nous sentions de plus en plus d’agitation dans la population, des manifestations étaient organisées ou avaient spontanément lieu dans les rues, dans les cafés, dans les entreprises. » Le 19 août, le Comité parisien de Libération, appelle à l’insurrection générale. Le soulèvement déborde, et devient une insurrection populaire. La ville se couvre de barricades. Paris est libéré par elle même, sans attendre les troupes alliées. La grève générale conjuguée à la résistance déterminée peuvent venir à bout de la barbarie. Après les révolutions de 1789, 1848 et la Commune de Paris en 1871, la ville vient de connaître son dernier grand moment de soulèvement populaire, peuple en arme et barricades.

Cette insurrection est cruciale. Elle permet d’imposer la plus grande vague de conquêtes sociales du siècle. Le patronat français,qui a massivement collaboré avec les nazis, est totalement discrédité. Il n’a le droit que de se taire ou de se faire tirer dessus. La résistance communiste est armée, les maquis sont nombreux sur le territoire. Le rapport de force populaire est énorme. Il permet d’imposer le programme du Conseil National de la Résistance. Un programme intitulé « les jours heureux », qui comprend un « plan d’action immédiat » : la sécurité sociale et des retraites généralisées, le contrôle des « féodalités économiques », le droit à la culture et à l’éducation pour tous, une presse délivrée de l’argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles. A l’époque, tout le monde s’accorde à dire que la lutte contre le fascisme, passe par le progrès social.

C’est donc, dans un pays exsangue et ruiné - infiniment plus pauvre que la France actuelle -, la mise en œuvre d’une gigantesque opération de redistribution des richesses. Chacun doit avoir accès à la santé gratuite et à la retraite sans condition. Nous l’avons oublié, mais cet acquis immense, qui parait évident a été arraché de haute lutte, gagné par le sang des Résistants.

Aujourd’hui, le gouvernement Macron incarne l’opposé des idéaux de la résistance. Il y a quelques années, le vice-président du MEDEF, à la tête du patronat, déclarait : « il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du CNR ». A présent, les descendants des patrons collabos sont au pouvoir. Macron massacre littéralement le programme de la Résistance. Un programme dont tout le monde profite encore aujourd’hui, grâce au courage de quelques uns.

L’attaque du système de retraites est un des derniers héritages – sans doute l’un des plus importants – du CNR qu’il reste à détruire.

Laisserons nous le gouvernement finir cette besogne, saccager sous nos yeux, le fruit du combat de la Résistance antifasciste, le fruit des grèves insurrectionnelles de 1944 ?

« Résister est un verbe qui se conjugue au présent » disait la grande figure résistance Lucie Aubrac, bien après la guerre.

(un post de Nantes Révoltée)

Retraite, sécurité sociale..., le gouvernement Macron veut détruire l’héritage de la résistance française

Photo : Simone Segouin lors de la Libération de Paris

Remarques personnelles complémentaires

Le démantèlement du capitalisme et de ses bases matérielles n’ayant pas été effectué après la 2e guerre, l’économie de marché et ses entreprises ont pu conquérir les esprits, constituer des lobbies puissants, détruire les restes d’autonomie, gangréner les institutions et imposer leur joug totalitaire et marchand partout.

A présent, sous la férule du tyran Macron, le capitalisme « veut » achever cette oeuvre noire de destruction sociale et de domination politique.
Pour ça, il se moque de détruire le vivant et le climat, il ne peut de toute façon pas faire autrement que continuer sa folie extractiviste et de Croissance qui ravage tout, c’est son mode de fonctionnement inévitable, le capitalisme « vert » et son « économie circulaire » n’y changeront pas grand chose, voire accéléreront le rythme de destruction générale.

De même, la démocratie politique étant restée à un stade très embryonnaire depuis des lustres (voir article : Depuis la Commune de Paris, la démocratie empêchée par les bourgeois et oligarques), aucun processus politique n’a permis l’auto-gouvernement des peuples. Les peuples ayant mutés en consommateurs de tout, en petits bourgeois, en individualistes heureux que d’autres s’occupent de la politique à leur place, les politiciens ont eu toute latitude pour faire ce qu’ils voulaient. Les bourgeois, les oligarques, les ploutocrates et les pires sociopathes extrémistes tels que Macron sont donc restés au pouvoir et ont proliféré comme un cancer généralisé.
Ils enfoncent les clous du cercueil de la démocratie tout en ouvrant grande la porte aux vampires capitalistes, qui à présent sont en territoire conquis, et veulent finir d’instrumentaliser et de piller les institutions à leurs intérêts exclusifs (privatiser ce qui est rentable, capitaliser les retraites au profit des fonds de pension et des assurances privées, réduire les revenus et les pensions au profit des actionnaires, etc.).

L’Etat, ogre centralisé et froid, se prête bien à ce mélange public/privé qui profite tant à l’oligarchie et aux capitalistes. Grâce à l’Etat, les capitalistes n’ont même pas besoin de se payer des milices privées, les gouvernements, soi-disant gardiens de la légalité (« leur » légalité, fabriquée au service des riches et des puissants), leur fournissent sur un plateau tout un assortiment de flics obéissants toujours prêts à mater dans le sang toute velléité de révolte populaire démocratique.

A présent, nous subissons donc logiquement un régime autoritaire et cynique dirigé par des sociopathes en guise de démocratie, un ultra-capitalisme extrémiste nihiliste au service des riches, des banquiers et des actionnaires en guise de moyens de subsistance.
C’est le résultat logique de dizaine d’années de replis sur la sphère privée, de fausse pacification par la consommation et les loisirs en tous genres, de renoncement aux vitales transformations radicales, de chacun pour soi, de mensonges, de manipulations scolaires et merdiatiques. Les mouvements sociaux se condamnaient le plus souvent à l’échec ou à simplement retarder la marche du bulldozer. Les contestations ne s’attaquaient jamais aux fonds et aux causes des problèmes, se contentant de non-reculs ou d’obtention de quelques droits supplémentaires.

On voit le résultat catastrophique de ces penchants uniquement réformistes aussi dans les domaines climatiques et écologiques...! Le pillage colonialiste des peuples et des ressources naturelles a produit une croissance matérielle éphémère pour les pays « riches » sur fond de ravages sans nom.

Face à cette situation, des manifs, des élections et des grèves classiques ne suffiront pas. Tout est allé trop loin, c’est donc la destitution du régime et du capitalisme qu’il faut viser, et pour maintenir une planète habitable on doit démanteler la civilisation industrielle. Vu le degré de verrouillage, d’hégémonie et de brutalité du système en place ça nécessitera forcément des grèves insurrectionnelles longues et dures, des blocages et des ZAD partout, des sabotages et des émeutes généralisés.

Puisse la contre-réforme des retraites être la goutte de poison de trop qui mènera à des luttes acharnées et profondes, à un large mouvement de résistance radical, déterminé, populaire, démocratique et écologique.
Les gilets jaunes ont amplement montré la voie, allons-nous faire vivre une suite à la hauteur ?

- Ce post suivant de « Désobéissance Ecolo Paris » laisse poindre quelques espoirs d’une possible radicalisation générale contre macron et son monde, contre le capitalisme et la civilisation industrielle, contre le travail et l’économie :

RETRAITES : LES BASES S’Y METTENT

Jeudi 26 décembre 2019, une nouvelle manifestation contre la réforme des retraites avait lieu, pour la première fois organisée par les bases syndicales.

Les retours que nous avons des personnes présentes sur les piquets, les blocages de dépôts, dans les AG, les manifs... décrivent une ambiance unanime et déterminée. Partout il est question d’étendre la grève au-delà du simple sujet des retraites : les mots d’ordre se diversifient, tout comme les lieux de résistance.

Ce matin, des éboueurs sont venus bloquer le dépôt de camions d’éboueurs de Romainville. Alors que la police arrivait pour les déloger, les conducteurs non grévistes ont eu une réaction incroyable : refusant de légitimer les agissements de la police, ils se sont rassemblés en AG, et ont finalement voté de se mettre en grève pendant 1h afin de retarder le départ des camions, en soutien aux bloqueurs grévistes !! Certains ramassages n’ont pas été assurés.
De quoi donner des idées aux conducteurs de bus sur les blocages de dépôts, au cas où certains voudraient prêter main forte à leurs collègues grévistes, sans pour autant prendre des risques trop importants.

Cet après-midi à la manifestation organisée par les bases syndicales, l’ambiance était très festive : parmi le cortège, on trouvait nombre de cheminots, et une bonne diversité de bannières syndicales.

Malgré le fait que l’on soit au 22e jour de grève, l’énergie était de la partie : plusieurs fois, la foule entière s’est arrêtée pour lancer des pogos, tout en criant : « On ira jusqu’au retrait !! »

A Gare Saint Lazare, les prises de paroles avaient les mêmes mots d’ordres à propos de la retraite : « pas de retrait = pas de trêve ».
Mais il n’était pas seulement question de retraites. Les prises de paroles décrivent un ras-le-bol général contre Macron et son monde, et un désir de mettre en oeuvre des formes d’organisation plus autonomes. « Vous n’avez pas besoin de leader, pas besoin de vos hiérarchies, vous êtes cette voix gilet-jaunisée, on porte pas le même chasuble mais on porte le même combat pour foutre Macron dehors et pour que l’histoire de France ne soit plus écrite en lettres de sang. » a prononcé Jérôme Rodriguez.

Une chose est claire : la grève qui s’est initialement lancée contre la réforme des retraites ne se restreint plus à ce sujet. Il s’agit désormais d’une résistance plus large, qui s’oppose à un système odieux dont personne ne veut. On lâche rien : en grève jusqu’à la retraite !


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