Retour sur la mobilisation « pour reprendre nos vies en main » du 22 mai dernier à Die

témoignages et photos

jeudi 3 juin 2021, par Occupation théâtre et cinéma de Die.

Samedi 22 mai dernier, nous, collectif d’occupation du théâtre et du cinéma de Die, avons organisé une manifestation pour reprendre nos vies en main.

Nous partageons avec vous quelque témoignages de personnes présentes au rassemblement et quelques photos.

Sachez que l’occupation continue. Retrouvez le programme ici. Vous pouvez vous inscrire à la liste mail de l’occupation en envoyant un mail à cota26 chez riseup.net

Témoignage 1

La Manif du 22 mai, à Die se situait dans la continuité des 2 mois d’occupation du Théâtre et du Cinéma dans le mouvement d’occupation de plus de 100 lieux de cultures.
On sortait dans la rue pour rendre visible nos revendications et marquer notre opposition aux mesures sociales qui sont en cours.
On a répondu à l’appel de la Coordination nationale des intermitent.es et des précaire ?, de Sud et la CNT, de la FI...
Et pour Reprendre nos vies en main dans ce monde ravagé.
Et pour s’organiser ici, décider, faire ensemble et co-lutter au niveau local, avec le Collectif de défense de l’hôpital, le Collectif Gare à nous et le collectif de la Tulipe sauvage.
Et les copa.i.nes de la Fabrique occupée de Valence.

Le 22 mai, c’était après (et pendant) 2 mois d’une intense et vivante occupation. (Échanges, partages, apprentissages et expérimentation collective, ... )
Quelques jours après le desserrement du dernier confinement.
Après un long hiver au fond duquel passera des lois liberticides et contrôlantes.
Ce printemps après que la culture ait été censurée.
Ce printemps où la précarité est sacrifiée.
Ce printemps où l’argent coule à flot en dividendes.
Pendant que monde continu de devenir absurde.

Mais c’était une belle journée et on était bien vivant.

Témoignage 2

« A l’appel des collectifs d’occupation de plus de 100 espaces culturels occupés en France, on a défilé à Die samedi 22 mai.
Les occupants du théâtre les Aires nous ont préparé une manif aux petits oignons.
La parallèle nous avait mitonné une cantine solidaire au profit des Palestiniens et des Colombiens.
A 13h les manifestants ont commencé à arriver par grappes. Le chariot de la cantine a servi de point de repère aux premiers arrivés.
La sono assurait une ambiance festive à ce regroupement.
Plusieurs occupants du collectif ont exprimé les motifs de l’occupation et nos revendications.
A notre grande surprise, la députée Amelie de la Vergogne était présente. Elle a tenu à répondre pied à pied à notre expression. Ses lapsus étaient révélateurs de son nihilisme politique, juste une exécutante obéissante à la botte de son chef.
Visiblement elle ne comprenait pas le discours qu’elle récitait en élève appliquée.
Saluons la performance de la comédienne dans ce rôle de composition magistralement interprété.
Après les expressions du collectif de l’hôpital, le collectif gare à nous, du du collectif de la tulipe sauvage, des habitants ont pris le micro et redonné du corps et de la réalité quotidienne des luttes en cours. »

Témoigange 3

« Manif du 22 Mai 2021, mobilisation générale. Générale composée de 150 personnes à tout casser, mais en faisant preuve d’abstraction, c’est bien LE monde général qui est là à travers chacun de nos pas. Le monde à venir, le passé et le présent, le vrai le juste et le beau.
On est belles on est beaux, on scande les habituels slogans en arpentant les habituelles rues, mais cette fois ça résonne d’autant plus dans les couleurs des pancartes et des chapeaux, et dans l’odeur des horizons sur les orbites des cimes qui nous attirent.
On sait qu’on y croit, on sait qu’on est là, on est là on est là. On sait que c’est la Vie qui nous donnera raison, au profond des choses et au commencement de ce qui viendra.
Et là, au croisement d’une rue, juste devant les poubelles de tri sélectif du développement durable, Samia est là sur son vélo des temps ou c’était encore le temps, avec son grand smile qu’elle offre à la foule en saluant qui veut. Elle est belle et forte sur ses pédales et son sourire conforte la marche, conforte le chemin qui nous mènera où il nous mènera. Puisque son sourire accompagne nos pas, alors je marcherai et je dessinerai moi aussi cet élan de vie sur mon visage.
Parce que la Vie est en elle, en moi, en nous. »

Témoignage 4

« J’ai bien aimé notre arrivée place de la République.
On scandait derrière notre tête de cortège « Nous sommes le virus de la révolte ! »,
« travaille, consomme et ferme ta gueule ! »
Les badauds aux tables bondées du café de Paris affichaient un air satisfait, stupidement satisfait.
J’ai chopé la rage de les voir vautrés en terrasse alors qu’on manifestait pour leurs droits, à ces cons.
On faisait les comptes et ils se vautraient dans leur consentement à être prisonnier et obéissant, faussement libre le temps cette récréation autorisée.
Ça m’a choqué et à chaque « consomme ! », je les ai montré du doigt, je voulais qu’ils se sentent complices de ce système qui nous broie, merde.
Notre déambulation avançait et s’est dirigée vers la sous pref, moment de rythmes et de joies, des chants repris, du micro et de l’hygiaphone. Des sourires et du mouvement.
On s’est arrête devant les gendarmes postés au pied de la sous pref.
On a chanté « Bella ciao » sous les platanes de la Liberté.
Un panneau sur la loi de sécurité globale fut posé sous le nez des flics et l’œil des caméras de la sous pref et des banques.
Les drapeaux de la CNT flottaient, rappelant qu’il y a des valeurs de justice sociale que l’on ne peut transgresser. Les précaires étaient beaux et solaires, les clowns jouaient avec les flics et le chant s’entonnait et sonnait tellement juste qu’ il y avait cette atmosphère particulière où tout est limpide, rendu vivant par la conviction de ce qu’on fait. C’était beau.

Le cortège ambulant s’est dirigé vers la mairie et le trésor Public.
On fait pauser Arnault et Bettancourt – on te pendra haut et court !- devant les impôts qu’ils volent.

Puis nos pas ont foulé le bitume et bloqué la circulation vers le théâtre, elle avait de la gueule notre manif rue du Ballon, déterminée, joyeuse et bien occupée... »

Témoignage 5

« Nous sommes le virus de la révolte ! Nous plantons des graines dans l’imaginaire des gens. J’espère qu’elles pousseront et permettront de faire essaimer nos idées. Montrer qu’un autre monde est possible ! Et que nous ne devons pas plier, abandonner nos idéaux mais les porter fièrement ! »


photo de Caroline staffe

Témoignage 6

« L’après midi de cette manif était intéressante parce qu’en terme de nombre de manifestant.es on s’en est pas mal sorti, compte tenu du contexte de week-end de pentecôte, du fait de la réouverture 3 jours avant, il faisait beau, c’était un samedi et les terrasses étaient réouvertes.
Il y avait du monde d’autant plus que c’était une mobilisation sur une thématique sociale peu souvent organisées à Die. Et comme ça mobilise assez peu en général, c’était bien qu’il y ait du monde qui se soit motivé pour ça.
La dimension de convergence a plutôt bien fonctionné avec les autres collectifs qui ont pris la parole au début.
L’intervention de la saisonnière au théâtre était bien -les prises de parole spontanées étaient toutes intéressantes- et a apporté un témoignage (précarité, galère de camion, difficultés d’accès aux soins, dégradation des conditions de travail) qui avait peu eu pendant l’occupation, les saisonniers étaient là au début puis ont décrochés (reprise des saisons), du coup c’était bien qu’ils soient là à la manif.
Le cortège était joyeux, il y avait une bonne pêche avec des chants, des slogans et il y avait toute une dimension visuelle avec les panneaux, les banderoles et les différents mots déclinés.
Et puis quand on arrivé devant le théâtre avec pas mal de monde toujours dans une ambiance assez joyeuse et festive, c’était chouette. Comme il y a pas beaucoup de monde depuis que le collectif est revenu au théâtre, ça remettait de l’énergie.
Enfin, c’était beau dans la continuité de plusieurs rassemblements et manif du printemps : le 8 mars avec une belle mobilisation et les tulipes sauvages avec un beau cortège. C’était bien ! »


photo de Caroline staffe

Témoignage 7

« Le témoignage d’une jeune femme, saisonnière et en grande difficulté y compris pour obtenir des soins, m’a particulièrement touchée- elle était gênée et émue, ayant peu pris la parole en public. Elle a recueilli dans nos applaudissements notre soutien. Elle était l’incarnation de ce que nous défendons : la fin de la précarité. »


photo de Caroline staffe

Témoignage 8

Cher petit caillou,

Nous sommes arrivés nous tous les cinq avec Echelle. On voulait vérifier que tout le monde et chacun était un bon citoyen de la France. Alors on s’est mis très beau en bleu, en blanc et aussi en rouge. Et on a pris des guichets-bureaux pour les papiers qu’on vérifie. D’abord on tend les oreilles en haut en bas et au milieu de Echelle parce que beaucoup de personnes parlent et veulent qu’on les entendent bien. Après on part et le gros virus de la révolte nous suit derrière. Splach fait la cheffe d’orchestre des belles chansons dans la petite rue. Quand on arrive sur la grande place on installe nos guichets-bureau devant les polices et on valide les bons citoyens qui ont tout bien fait ce qu’on leur pose comme questions. On va aussi voir les arbres, et leur faire un gros câlin, personne ne leur a dit bonjour. On danse encore. On transporte une dame toute allongée sur notre civière d’urgence. Après on cherche des beaux gens pour faire la photo devant le trésor du public. Et puis Echelle elle se laisse faire pour que ceux qui ont les appareils ils les voient de bien haut tous ces beaux gens. Nous aussi après on enregistre avec le zoom et la bobine, parce que peut-être qu’on se rappellera plus bientôt. Pour aller au théâtre, on fait la course lente, c’est très dur d’être le dernier. Et puis on parle avec les gens qui avancent assis dans leur voiture dans le mauvais sens. Et c’est bientôt la fin, on croise le chef des polices. Il part pour voir l’autre chef, mais quand on lui dit que c’est nous, il nous croit pas et il rigole. Et pourquoi ce serait pas nous le chef ?

les clowns


photo de Caroline staffe


photo de Caroline staffe


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