Réchauffement climatique : la monstruosité écocidaire et suicidaire de l’agriculture industrielle nous explose à la figure

L’agro-industrie est une impasse mortelle enchassée dans l’impasse mortelle du capitalisme

mercredi 20 juillet 2022, par Antitech 26.

Quand la situation se tend, toutes les contradictions, impasses et aberrations du système en place, toutes connues et dénoncées en vain de longue date, nous explosent à la figure.
Avec le réchauffement climatique dantesque provoqué par la civilisation industrielle, c’est notamment la monstruosité écocidaire et suicidaire de l’agriculture industrielle qui explose en plein vol.

- Face à ça : que veulent faire les capitalistes, l’Etat macroniste et les agro-industriels ? Continuer à fond dans la même direction via OGM, bassines et agri-tech...

Réchauffement climatique : la monstruosité écocidaire et suicidaire de l’agriculture industrielle nous explose à la figure
Ici, effet de l’agriculture industrielle et de la sécheresse au Maroc
  • 70 ans d’agriculture française au service de l’accumulation capitaliste : En 1950, 31 % de la population active française était alors agriculteur.rice. En 2020, ce chiffre est tombé à … 2,5%. Cette spirale sans fin est le produit d’une politique qui a délibérément reposé sur l’industrialisation, le productivisme, la production et la consommation de masse, la concentration des terres et la disparition des paysan.es. Après 70 ans de modernisation agricole, l’impasse écologique se double d’une impasse économique et sociale. - À propos de Matthieu Ansaloni et Andy Smith, L’expropriation de l’agriculture française. Pouvoirs et politiques dans le capitalisme contemporain, Paris, Éditions du Croquant, 2021. (...) l’Atelier paysan analyse que l’agriculture biologique est devenue un « complément de gamme de l’agriculture industrielle » (...) Si ce n’est pas forcément le but du livre, ce dernier sera d’une grande aide pour tout·e militant·e souhaitant comprendre et agir sur et dans le monde agricole en France. Mais la démonstration va un cran plus loin en montrant que cette cogestion est bien au service du développement à marche forcée du capitalisme en France et des intérêts de grands groupes industriels au détriment des agriculteur·rices et de l’espace rural. La collusion des intérêts étatiques (pour ne pas dire publics) et professionnels au service de l’accumulation du capital n’est pas propre à l’agriculture et à la France, mais on trouve ici un véritable cas d’école. (...) Entre 2010 et 2020, la France a encore perdu 80 000 équivalents d’emploi agricole. Et une nouvelle tendance se dessine et confirme la lente conversion à une agriculture de firme : la progression significative de la proportion des emplois salariés par rapport à ceux des emplois de chef·fes d’exploitation (travailleur·ses indépendant·es). Ce recensement confirme aussi la concentration des moyens de production agricole entre les mains de moins en moins de personnes (...)

Plus il fait chaud, plus le maïs a soif.

Cette plante tropicale, devenue la première culture en France (en Europe aussi ? Et aux USA certainement) est la plante chérie de l’agro-industrie, principalement pour nourrir l’elevage intensif et produire des agrocarburants.

De l’#eau transformée en viande (de mauvaise qualité produite dans de tristes conditions) et en carburants, à grands renfort d’engrais azotés.

Les subventions publiques sont à tous les étages de cette fusée. Nous pouvons nous offusquer de cette situation mais nous la payons avec nos impôts.

Publication de Cyrus Farhangi :
Mmmmouais, je serais tenté de proposer autre chose qu’adapter le maïs au changement climatique sans rien toucher au système. Et si on ré-interrogeait le modèle de culture de cette céréale, notamment en zone de stress hydrique croissant, de plus en plus inadaptée aux conditions climatiques changeantes, pour nourrir des animaux subissant une souffrance permanente et atroce, et ce pour approvisionner l’industrie de la malbouffe, avec ses conséquences sanitaires dévastatrices, dans un contexte de saturation de plus en plus insupportable des hôpitaux ?

(je sais, tout le maïs ne sert pas à ça... mais une grande partie oui, et une partie du maïs qui ne sert pas à ça sert à faire des agrocarburants, ce qui est également discutable)

Et si on nourrissait plus directement les humains avec une nourriture saine ? Nous sommes dans un système inique où par exemple, en cas de manque d’aliments dédiés aux animaux d’élevage, les groupes industriels se précipitent sur les céréales de consommation humaine. Le tout subventionné par les États. On marche sur la tête. Cette loi de l’offre et de la demande où le mangeur de nuggets mieux-disant a la priorité sur les affamés ne fonctionne pas. (merci à Stéphane Audrand qui a inspiré ce paragraphe)

Exemple en Chine.
https://farmpolicynews.illinois.edu/2021/04/an-increase-in-wheat-feeding-to-hogs-in-china-as-chinas-first-quarter-pork-production-rose/

Ce n’est pas seulement une aberration environnementale, éthique, et sanitaire, mais aussi une menace pour la sécurité alimentaire mondiale.

S’il vous plaît il est vraiment temps de mettre fin à l’élevage de poulets et de porcs enfermés avec cruauté dans des espaces minuscules, et à cette industrie qui gaspille de l’eau, des sols, et entre en concurrence avec l’alimentation humaine.

Les sondages indiquent que l’opinion serait prête à environ 80% à « mettre fin à l’élevage intensif » (mesure-t-elle concrètement les conséquences de ce que cela signifie, par exemple sur le prix des œufs ? à voir). Il faut poser le sujet politiquement sur la table, et c’est une victoire que l’on peut raisonnablement espérer d’ici 2030 voire avant.

On mangera moins de viande, de meilleure qualité, et ce sera bénéfique pour tout le monde. Pour que chacun y ait accès, il faut, en plus d’une régulation des conditions de production et des quantités produites, réaliser une distribution équitable. Pas besoin de monter une usine à gaz : un quota de 40kg de viande maximum par personne par an. On savait faire il y a 100 ans, on saurait encore mieux faire aujourd’hui.

40kg c’est deux fois moins que la moyenne actuelle, c’est déjà énorme, et de toute façon on en prend le chemin. La consommation de viande en France diminue d’environ 1% par an, mais c’est trop lent, et trop désorganisé.

https://www.terre-net.fr/partenaire/elicit-plant/accueil/article/l-indispensable-mais-confronte-au-stress-hydrique-2986-203835.html

(post de Thomas Hémery)

Maïs à gogo en Drôme

En Drôme, et même en Vallée de la Drôme (bassin versant en déficit chronique d’eau où la pression sur l’eau est trop forte de longue date), la culture de maÏs continue un peu partout, avec force irrigation en plein été quand les nappes et les rivièvres sont au plus bas.
Les efforts d’adaptations et de conversions sont loin d’avoir suffit.
Tout est à revoir.
Et surtout évitons la fuite en avant, notamment via le pompage dans le Rhône, les méga-bassines et autres réserves d’eau promues par les autorités, la préfecture et certains agriculteurs.

Remarques

Toutes ces bonnes idées du post « Plus il fait chaud, plus le maïs a soif » ne sont hélas pas compatibles avec les règles sans pitié du libre marché capitaliste. L’économie de marché et sa concurrence se fout du climat, de notre santé, de l’état des sols ou des réserves d’eau, seule lui importe l’accroissement du capital, la fabrication d’argent abstrait en consumant s’il le faut la planète concrète et toutes les vies qui l’habitent.
Soit on sort du système techno-capitaliste, on le démolit, soit on est cuit, dans tous les sens du terme.
La révolution ou sucer des cailloux salés en guise de nourriture ?


Forum de l’article

  • Réchauffement climatique : la monstruosité écocidaire et suicidaire de l’agriculture industrielle nous explose à la figure Le 17 août à 12:19, par Antitech 26

    Séchresse : l’agriculture industrielle pleure : elle subit en fait les désastres qu’elle a provoqués de manière planifiée

    Un article ici qui résume bien les principaux méfaits de l’agriculture industrielle défendu par l’Etat et la FNSEA.
    Manquerait juste d’inclure tout ça dans la critique de la civilisation industrielle, les besoins et le fonctionnement intrinsèques de l’Etat et du capitalisme menant forcément à ce type d’agriculture industrielle.

    - Sécheresse mémorielle : L’agriculture industrielle se dessèche et veut des bassines. Certes, le changement climatique nous éclate brutalement à la figure. Mais c’est oublier les erreurs destructrices de cette agriculture hors nature ces six dernières décennies et les avertissements des mondes scientifique et écologique. Les bassines ne pourront rien pour les exploitants, les haies et les mares, si.

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