Paris : une infirmière légitimement rebelle brutalisée par la police

Quel est le plus anormal ? Se révolter face aux injustices ou se soumettre ?

mercredi 17 juin 2020, par Auteurs divers.

A Paris et ailleurs, les brutalités policières envers les manifestant.e.s ont repris, une infirmière et une journaliste blessées, entre autres.
Dans les quartiers populaires, les violences policières n’ont jamais cessé (exemple récent plus bas avec une femme enceinte plaquée brutalement au sol).

SOLIDARITÉ AVEC LE PERSONNEL SOIGNANT ! LIBÉREZ FARIDA !

Quel est le plus anormal ?
Jeter un caillou quand sa vie est directement menacée par des décisions gouvernementale et que vous recevez des grenades, ou se soumettre face à une injustice terrible ?

Regardez ces images. Ce sont des illustrations du quinquennat Macron.

A Paris, à Nantes, à Lille ou à Toulouse, les manifestations en soutien au personnel hospitalier ont été gazées et réprimées. Les « héros » d’hier, que le gouvernement appelait à applaudir aux balcons, ainsi que leurs soutiens, sont traités comme des nuisibles par la police. Le message est clair : soigne et ferme ta gueule. Sinon on t’écrase la tête.

Farida est une infirmière de 50 ans, qui a travaillé en unité COVID pendant la pandémie, et qui a subi elle même la maladie. Ce mardi 16 juin, elle a été arrêtée, violentée, et mise en garde à vue lors de la manifestation parisienne. Les images, injustifiables, de son visage en sang circulent massivement. Mais les chiens de garde sont déjà en train de fabriquer un scénario pour rendre acceptable qu’on tire une infirmière de 50 ans par les cheveux, qu’on lui écrase la tête et qu’on l’enferme. Elle aurait jeté quelques cailloux.

La vérité, c’est qu’il serait anormal de ne pas jeter de caillou lorsque votre vie est menacée par des décisions gouvernementales, et que vous recevez pour seule réponse une pluie de grenades. La vraie anomalie, ce n’est pas Farida, ce sont les dizaines de millions de personnes qui ne se révoltent pas face à de telles injustices.

La télévision qui justifie les violences policières sur Farida est une télévision fasciste. Une télévision qui œuvre à la banalité du mal. Une télévision prête à tout justifier, y compris le pire. Surtout le pire.

Voici la réaction de la famille, après avoir appris son placement en garde à vue :

« C’est une infirmière à bout, qui n’en peut plus, qui a 17 ans de service derrière elle, qui a été en première ligne pendant la crise du COVID et qui après une énième manifestation réprimée a eu un geste de colère.

Quand bien même elle aurait jeté un caillou, cela ne justifie en rien la réponse disproportionnée et violente des policiers. Quel intérêt de s’asseoir à 4 sur une femme d’1m55 déjà à terre. Elle était présente à cette manifestation pour rappeler au gouvernement qu’il ne suffit pas d’applaudir ou de promettre des médailles.

On a demandé aux soignants d’aller au front au péril de leur vie. On les a applaudi comme des héros tous les jours pendant deux mois. Et maintenant on refuse de considérer leur colère. »

- Source et photo : Nantes Révoltée

NOTES :
- On entend aussi un des policiers qui l’embarquent dire : Pas de violence hein, on est filmés.
- Dans une autre vidéo, on voit la police tenter de bâillonner l’infirmière en lui mettant une mais sur la bouche après son interpellation brutale - Des méthodes de dictature

Paris : une infirmière légitiment rebelle brutalisée par la police
La colère ne restera pas éternellement confinée

Comme le gouvernement macroniste ne veut rien lâcher, rien changer, et continuer à servir les lobbys capitalistes avec sa politique criminelle de casse sociale et écologique, il est obligé pour se protéger de laisser faire ses flics qui à présent font leurs propres lois et se comportent de plus en plus comme une bande armée milicienne penchant vers l’extrême droite.

Une infirmière tirée par les cheveux !

Terrible image d’une infirmière de 50 ans, ayant travaillé pendant toute la crise du Covid (et l’ayant même attrapé). tirée par les cheveux par un policier. Elle finira évacuée le visage en sang tout en réclamant à plusieurs reprises sa Ventoline. A ceux qui pensent qu’il s’agit d’une BB ou GJ déguisée en soignante, sa fille a publié sur twitter ce témoignage :

« Cette femme, c’est ma mère. 50 ans, infirmière, elle a bossé pendant 3 mois entre 12 et 14 heures par jour. A eu le covid. Aujourd’hui, elle manifestait pour qu’on revalorise son salaire, qu’on reconnaisse son travail. Elle est asthmatique. Elle avait sa blouse. Elle fait 1m55. »

Image issue du direct de Remy Buisine pour Brut
(post et VIDEO sur Cerveaux non Disponibles)

- Superbe interview de Farida sur Là-bas :

https://youtu.be/n0B7navggsU

⚫️ SOIGNANTS VICTIMES DE LA POLICE ⚫️

Aujourd’hui à Paris, la police a continué à terroriser ceux qui manifestent, y compris les soignants. Certains diront qu’il s’agissait de vilains BB ou GJ qui n’avaient rien à voir avec le reste de la manif. Sauf que de nombreuses images montrent bien des soignants (et surtout des soignantes) se faire interpeller violemment, se faire piétiner, se faire charger et gazer les mains en l’air ou même se faire "bâillonner" pour empêcher de donner son nom et prénom aux autres manifestants !

Images Taha MTG et Clément Lanot
(post et VIDEO sur Cerveaux non Disponibles)

LE CAMP DE LA GUERRE

Aujourd’hui à Paris, la police (et le pouvoir) a mutilé des soignants mais aussi des journalistes, notamment Stéphanie Roy, journaliste chez Line Press, qui a reçu une grenade de désencerclement l’ayant gravement blessé aux deux jambes.

(post et VIDEO sur Cerveaux non Disponibles)

Placage policier violent d’une femme enceinte

Placage violent d’une femme enceinte hier à Aulnay par des agents de la SNCF.
Surtout, ne changeons rien. Tout va très bien.

(post et VIDEO sur Cerveaux non Disponibles)

APPLAUDIS EN MAI, GAZÉS EN JUIN :

Nos “héros soignants” ont été gazés, matraqués et tirés par les cheveux par nos “policiers républicains”

Mardi 16 juin, des rassemblements et manifestations ont eu lieu partout en France pour demander la reconnaissance des métiers du soin (aide-soignantes, infirmiers, brancardiers…) et davantage de moyens pour les EHPAD et hôpitaux publics. Les représentants de ces métiers héroïsés pendant le confinement, avec applaudissement de toute la bonne société bourgeoise chaque soir, sont actuellement embourbés dans un “Ségur de la santé”, énième “grande consultation” avec le gouvernement. Pour l’instant, pas de signe d’augmentation de salaires et de politique ambitieuse en matière de santé publique. Et nos bons journalistes, si fascinés par ces métiers et leurs peines pendant l’épidémie (quelle radio n’a pas fait son podcast sur ces héros du quotidien ?), commencent déjà à s’en foutre ou à dépolitiser leurs luttes.
(...)
En France, il est donc normal que des policiers se fassent justice eux-même, décident que c’est tout à fait acceptable de traîner par les cheveux une infirmière qui leur a balancé deux cailloux – si tant est que ce soit le cas et la conséquence des nasses et des gazes sans interruptions à ce moment-là, nous y étions nous-même.

- Suite sur Frustration Magazine

- voir aussi :

VIDEO. « 19 contre 1 » : la Sûreté RATP se déchaîne contre un homme noir dans le métro

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre des agents Sûreté RATP faire une clé d’étranglement et un plaquage ventral à un homme noir dans le métro. Une scène digne de l’interpellation de George Floyd aux États-Unis, qui montre le rôle de la Sûreté RATP qui se fait de plus en plus le relais de la gestion répressive et raciste de la crise sanitaire par le gouvernement.

- Suite de l’article - VIDEO sur Facebook

⚫️ VIOLENCE. QUI ESTGITIME ? ⚫️

Macron l’a dit : nous sommes en guerre. Reste à savoir contre qui. Et avec qui. Mardi 16 juin à Paris, l’image de Farida violemment interpellée par la police a fait coulé beaucoup d’encre.

De nombreuses personnes sont choquées par la violence de l’interpellation d’une soignante de 50 ans, qui a lutté pendant 3 mois pour soigner des patients du Covid, et qui a même été atteinte de la maladie.

Mais d’autres sont surtout choqués que certains puissent prendre sa défense alors que quelques minutes avant, elle faisait des doigts d’honneurs à la police et a même lancé des cailloux. Les médias et l’extrême droite se déchainent depuis quelques heures pour salir Farida et rendre son interpellation violente "légitime".

Méprisés pendant leur mobilisation débutée il y a plus d’un an pour exiger plus de moyens et soudainement érigés en « héros » par ceux qui ont baissé les budgets, supprimé des milliers de lits, appauvri les personnels soignants pourtant déjà plongés dans le désespoir avant le covid. Pendant des mois, on a applaudi les soignants. On a dit que leur précarité était scandaleuse. Que leur colère était légitime. On a entendu parlé de "blouse blanche / colère noire". On a lu des "plus jamais ça". Bref, le changement radical était la seule issue pour ne pas revivre un nouveau drame comme celui du Covid 19. A la fois pour le personnel soignants, en première ligne, et pour tous les citoyens.

On sait tous depuis des mois que les manifestations, même ultra massives, sont totalement ignorées (voire méprisées) par le pouvoir. En témoigne l’énorme mouvement de grève/manif contre la réforme des retraites, qui n’a strictement abouti à rien.

Pourquoi et comment le pouvoir a-t-il pu tenir alors que des centaines de milliers de personnes étaient dans la rue et en colère ? Grâce à sa police et à la répression, notamment sur les journées les plus massives à Paris.

Rien d’étonnant si certains soignants et usagers se disent que le combat dont on parle sera forcément un combat sur le terrain, et pas à coup de grand slogan, de sonos ou d’affiches.

Alors oui, lancer une pierre sur un policier est interdit. Ceux qui se prêtent à ce type d’actions prennent donc le risque d’être arrêtés et déférés devant la justice. Mais il n’y a aucune raison de trainer une personne par les cheveux, de lui refuser sa ventoline, ou de l’empêcher de donner son nom / prénom au moment de son interpellation. C’est à la justice de décider de la gravité et de la sanction de son jeté de pierre, pas à la police. Ou alors, on est clairement plus en démocratie.

On remarquera que de nombreux médias français qui couvraient les émeutes aux USA en expliquant les dégradations et les actes offensifs par un contexte de rage et d’impuissance des populations touchées par le racisme et les violences policières ne comprennent pas ici qu’un jeté de pierre résulte du même processus. Ou que ces mêmes médias ne se sont pas indignés lorsque des policiers ont lancé des pavés sur les manifestants (à Paris et Montpellier en 2019).

De tout temps, et partout dans le monde, jeter une pierre est souvent l’un des actes de révolte le plus immédiat. Surtout lorsqu’on est devant une police menaçante. C’est évidemment répréhensible pénalement. Mais cela est parfois légitime. Et cela a été souvent "glorifié" par le passé, que ce soit en France ou à l’étranger.

La violence se mesure à la justesse de la cause. Celle des soignants qui exigent simplement d’exercer dignement et qui en sont empêchés par l’Etat et son bras armé est tout à fait noble.

Alors oui, nous soutenons Farida, et refusons de la jeter en pâture sous prétexte qu’elle a balancé une pierre sur des policiers sur équipés. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises victimes des violences sociales et économiques. Et nous refusons d’estimer que l’attitude des policiers à son encontre est "normale" au vu de ce qu’elle aurait pu faire juste avant.

SOUTIEN A FARIDA

(post de Cerveaux non Disponibles)


2 Messages

  • Paris : une infirmière légitimement rebelle brutalisée par la police Le 19 juin à 23:06, par Auteur Divers

    J’aurais pu être cette infirmière qui jette une pierre - L’ image d’une infirmière traînée par les cheveux, le visage écrasé contre le sol est la pire image qu’il m’ait été donné à voir depuis longtemps. La réponse de l’État à cette manifestation a été la répression et la diffusion d’images qui permettait de justifier une autre répression, celle de la liberté de manifester, de résister ! Témoignages sur cette journée en forme de droit de réponse.

    On se met à courir et on est bloqué.e.s par les grilles, les camions, les boucliers, pas de sortie, on est pris au piège : des personnes tombaient au sol évanouies ! Une soignante appelle à se masser contre les camions pour exiger une ouverture pour sortir, des personnes s’énervent ou errent sur l’esplanade, complètement sidéré.e.s ! Les lacrymos pleuvent au centre, un groupe de personnes résistent, s’échauffent : « C’est une honte ! C’est inadmissible ! On est là pour nos droits ! Pas pour se faire gazer ! ». Un chant bien connu s’élève : « Tout Le Monde Déteste La Police ! ».

    Nous étions pris en étau par toutes les forces de l’ordre qui nous attendaient pour nous faire subir ça : manifestation autorisée pour mieux la réprimer !
    (...)
    La réponse de l’état à cette manifestation pacifiste a été la répression massive et la diffusion des images qui permettent de justifier une autre répression, celle de la liberté de manifester, de s’exprimer, de résister !

    Il va donc être extrêmement important de garder toute notre vigilance face aux images des médias pour ne pas céder à cette manipulation odieuse de l’image qui criminalise un geste de colère légitime face à ce qui n’aurait jamais dû avoir lieu !

    C’est nous qui étions sous le feu des forces de l’ordre et pas le contraire !

    Cette image d’une infirmière traînée par les cheveux, le visage écrasé contre le sol, alors qu’elle a participé à sauver des vies pendant deux mois face à la pandémie, c’est la pire image qu’il m’ait été donné à voir depuis longtemps, quoiqu’elle ait pu faire sur l’esplanade !

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