N’en déplaise aux éditocrates de cour, Macron a été très mal élu, au sein d’un système anti-démocratique illégitime

Confondre démocratie et oligarchie élective c’est faire le jeu des classes dirigeantes

mardi 3 mai 2022, par Camille Pierrette.

Non, la démocratie ce n’est pas choisir ses dirigeants, c’est être toutes et tous « co-dirigeants », c’est quand personne en particulier ne dirige.
Les classes dominantes continuent le jeu dangereux qui consiste à faire croire que la France et son système oligarchique représentatif est une démocratie :

- Contester la légitimité de l’élection présidentielle, un jeu dangereux - L’abstention et le vote barrage nourrissent l’idée qu’Emmanuel Macron serait trop mal élu pour gouverner. Des discours qui ébranlent les fondements de la démocratie représentative, quand la priorité devrait être de la repenser.

N’en déplaise aux éditocrates de cour, Macron a été très mal élu, au sein d’un système anti-démocratique illégitime
1984 upgrade : L’oligarchie élective c’est LAMOCRATIE

- Macron réélu : les chiens de garde sécurisent le périmètre de la « démocratie » - Aussitôt la réélection d’Emmanuel Macron, les poids lourds médiatiques assurent le service après-vente. Dire du président qu’il a été « mal élu » ? C’est « ébranler la légitimité du vote, et par là même les fondements de la démocratie représentative » pour Le Monde. C’est « alimenter une défiance dans les institutions, dans notre système démocratique » pour David Pujadas. Des syndicats qui souhaitent être pris en compte ? « C’est factieux ! » s’indigne Jean-Michel Aphatie. (...) À peine trois jours après le second tour, les tirs de barrage des hauts gradés médiatiques fusent contre toute forme de contestation – que cette dernière prenne la forme de prise de position publique, de campagne électorale (pour les législatives) ou d’organisation collective (syndicale et politique, en vue de la réforme des retraites). De quoi donner un sérieux avant-goût des violences médiatiques à venir…

N’en déplaise aux éditocrates de cour, Macron a été mal élu au sein d’un système anti-démocratique illégitime
Macron a été très mal élu, et ce au sein d’un système illégitime et non-démocratique

Une oligarchie élective ne peut pas être une démocratie

N’en déplaise aux éditocrates de cour, Macron a été très mal élu, et ce au sein d’un système anti-démocratique illégitime.

- Voici ici les raisons fondamentales de ce fait/constat : Pourquoi la démocratie est impossible dans le système existant ? - en 5 points

Macron a été mal élu car il n’y a pas eu de véritables débats, ses alliés médiatiques ont aidé à propulser l’extrême droite lepéniste au second tour et à marteler non-stop l’idéologie capitaliste, et surtout Macron a reçu 38% des électeurs inscrits, dont environ la moitié ont voté Macron uniquement pour faire barrage à Le Pen. Au sein de ce système oligarchique pourri et très orienté, Macron a donc l’assentiment d’environ 19 % seulement des électeurs inscrits.

Comme beaucoup d’éditocrates, politiciens et intellectuels, Macron persiste à dire que le droit de vote et le « choix » de ses dirigeants suffiraient à caractériser l’existence d’une démocratie.
Ceci est un jeu très dangereux, qui décourage en laissant croire que ce système autoritaire et centralisé est une démocratie, qui dévalorise l’idée et la pratique de la démocratie, qui peut pousser certains desespérés dans les griffes de l’extrême droite.

- Sur BFMerde, l’autocrate Macron a sorti sans rire l’ineptie suivante :

« Le vote, c’est un devoir. Beaucoup se sont battus pour qu’on ait ce droit. À 1500 km, 2000 km d’ici, la démocratie est bombardée. La démocratie, ce n’est pas un acquis, un luxe, c’est de choisir vos dirigeants  », a-t-il souligné.

Macron réduit les révoltes passées à la volonté d’obtenir un simple droit de vote pour des dirigeants du sérail ayant ensuite carte blanche.
Réduire la démocratie au vote pour des élus surpuissants et intouchables est par nature le contraire de la démocratie.
Car la démocratie, c’est, entre autre, le débat permanent, à la base, via des assemblées populaires et autres, de manière directe et sans intermédiaire, entre un maximulm de personnes d’un territoire (forcément petit), avec prise de décision collective, et éventuellement des personnes mandatées (temporairement, révocables, surveillées) pour porter les décisions prises localement dans d’autres structures.

Macron, ce tyran éborgneur fascisateur, a aussi le culot de vanter le consensus, lui qui a consciensieusement écrasé tout débat et toute opposition pendant 5 ans afin d’imposer son hégémonie ! Qu’est-ce qu’on a aimé le consensus à la Macron, le consensus à coup de lacrymo, de gaz, de LBD en pleine tête, de matraque et de députés croupions.
On a aussi bien apprécié ses longs monologues solitaires durant son « grand débat », ses lois sécuritaires et répressives pour imposer le consensus policier et autoritaire.

Non, le fait d’élire des dirigeants qui ensuite font à peu près ce qu’ils veulent au sein d’un macro-système de masse qui échappe à tout contrôle humain et qui est sous la coupe du capitalisme, ça n’est pas la démocratie, c’est son inverse.
Et on voit avec ces élections à quoi ça aboutit une fois de plus, à une impasse et à des politiques que bien peu désirent vraiment.

Dans ce système fondamentalement non-démocratique, tout élu, tout dirigeant, même de gauche, est illégitime. Le seul parti/élu à la rigueur légitime est celui qui voudrait tenter de faire naître la démocratie en créant les conditions politico-sociales de son exercice, c’est à dire en arrêtant le capitalisme, en sortant de l’Etat, de la société de masse et du système techno-industriel, et aussi en favorisant l’excercice d’assemblées populaires décisionnelles partout à l’échelle locale.

Inutile d’attendre les législatives ou je ne sais quoi pour se saisir de ce problème, ainsi que de tous les autres d’ailleurs, les institutions ne peuvent pas défaire les institutions, elles ne peuvent pas se transformer radicalement de l’intérieur, il faut pour ça une force extérieure, un soulèvement, une révolte générale, un puissant mouvement insurrectionnel.

P.-S.

en complément :

Une brochure d’analyse critique sur fascismes/démocraties/anti-fascisme

Des textes d’il y a 20 ans pour amorcer des réflexions intéressantes, même si on n’est pas d’accord avec tout ce qui y est dit, même si, éventuellement, certains aspects sont datés.
A la place d’employer, comme les techno-capitalistes-étatistes, le mot de "démocratie" pour quelque chose qui ne n’est pas j’aurais mis à la place dans ce texte : "ce qu’ils appellent démocratie", ou "démocrature", ou "fausse démocratie".

- Anarchisme et antifascisme - Choix de textes pour une discussion critique (1999)

Nous proposons ici un choix de texte qui critiquent certains aspects historiques
et actuels de la lutte antifasciste, d’un point de vue révolutionnaire et antiautoritaire.
La composition même de cette brochure a suscité de vives tensions entre nous. C’est dire si le thème du fascisme et de son anti- est extrêmement délicat, qu’il implique d’importantes considérations historiques, morales et émotionnelles.
Une des premières difficultés devant laquelle toute personne désirant traiter ce sujet se trouvera confrontée est celle de la définition du fascisme. Ce terme désigne une multitude d’événements, de mouvements ou de régimes dont il est pour le moins difficile de dégager une unité temporelle ou géographique. En effet, nous est-il possible de cerner une certaine continuité entre, par exemple, les premiers fascistes italiens, le national-socialisme allemand, les dictatures d’Amérique latine et les groupes identitaires ou les états d’urgence actuels ? Doit-on traiter le fascisme dans ses dimensions situées et historiques ou pouvons-nous l’englober dans un système plus global ? Quels sont les liens à faire entre les différentes formes que l’État a pu ou peut prendre, et de quelle manière ? Est-il possible d’appréhender les différentes composantes du phénomène fasciste d’une manière générale sans pour autant relativiser les horreurs qu’il a produites ni banaliser ce terme ? La tension entre la prise en compte d’un contexte historique donné et l’analyse plus large qui peut en être tirée est notamment un des points qui peut créer des discordes.

Les textes présentés ici ne représentent aucunement une position collective. Nous
les avons avant tout choisis pour susciter un débat et inciter à la discussion. Il ne
s’agit pas pour nous de créer une polémique, mais plutôt d’essayer d’initier ou de
poursuivre une réflexion proprement anarchiste sur un thème qui semble aujourd’hui
reprendre de l’importance, tant dans nos milieux que dans l’espace public. Une tentative d’échanger, de réfléchir ensemble, sans positions expertes ou consommatrices, afin de se construire une critique. De se donner les moyens de s’emparer d ́un débat controversé sans se laisser dicter des positions par les « spécialistes ». Une tentative, surtout, de sortir de la dichotomie fascisme/démocratie qui semble être pour beaucoup la seule alternative possible. Les textes choisis font écho à de vives discussions qui ont animé et animent encore de nombreuses anarchistes en Espagne, en Italie, en Allemagne, certainement moins prégnantes dans notre espace linguistique.
« Cette collection de textes ne prétend évidemment pas être une quelconque “véri-
té” ; il ne s’agit pas d’une “bible” à vendre ou à adorer. Ces textes existent pour être
lus, pensés, discutés. Entre nous autres qui voulons tout changer, le débat est essentiel pour surmonter les nombreux obstacles – aujourd’hui plus nombreux que jamais – que le pouvoir place en travers de notre chemin, de notre lutte. Mais nous ne voulons pas d’un débat sans conséquences, d’une discussion de couloir pour rentrer chez soi “en y voyant plus clair”. Si l’on n’est pas disposé-e à aller jusqu’au bout mieux vaut ne pas commencer. Si la réflexion ne se transforme pas en action ce n’est qu’une simple pirouette mentale, inoffensive, innocente, stupide. Nous voulons de la réflexion et de la discussion pour avancer dans la lutte, écartant les obstacles du milieu et identifiant l’ennemi avec chaque fois plus de précision. Nous nous retrouverons dans le processus de libération que chacun entreprendra. Nous cherchons des compagne-on-s, pas des troupeaux. »

Le manque de perspectives révolutionnaires nous pousse de plus en plus
vers le conformisme du « moins pire possible », et ce même conformisme laisse
la voie ouverte à une progression lente et inexorable de la perte de liberté.


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