Luttes et syndicats s’enlisent dans la confrontation avec l’Etat au lieu d’attaquer le capitalisme

On ne dépasse guère l’opposition à la contre-réforme des retraites et les luttes sectorielles circonscrites : échec assuré !

mardi 10 mars 2020, par Auteurs divers.

Des réflexions critiques intéressantes, pour réfléchir sur les luttes en cours, les syndicats, les pièges des institutions en place :

- Luttes et syndicats, un marché de dupes [Temps Critiques] - « Les luttes actuelles ne se posent plus immédiatement en terme d’appropriation des moyens de production, mais de confrontation directe avec l’État plus qu’avec le patronat. » - En France, paradoxalement, c’est dans les années qui suivent mai 1968 que les syndicats dits ouvriers [1] se transforment en véritable « force tranquille », anticipant et redoublant la stratégie du Programme commun de la gauche. Le recentrage de la CFDT d’abord, les droits syndicaux dans l’entreprise (lois Auroux de 1982) ensuite, semblent faire entrer le syndicalisme français dans une social-démocratisation déjà en place dans la plupart des pays d’Europe de l’Ouest.

- Quelques extraits :
Le retour des références citoyennes y compris chez certaines fractions de Gilets jaunes qui ne mettaient pas l’accent sur l’insoumission (la « désobéissance civile ») sont le signe d’une société qui ne voit plus ou ne croît plus à une perspective de sortie ou de dépassement du capitalisme. En matière électorale, cela peut aller de listes « jaunes » plus ou moins apolitiques dans des villages aux tentatives de municipalisme libertaire à la Commercy. Le catastrophisme climatique est l’autre expression de cette incapacité, d’où l’idée qu’il est plus difficile aujourd’hui de concevoir la fin du capitalisme que la fin du monde.

Le moins qu’on puisse dire c’est que, contrairement à certaines assertions en provenance de l’extrême gauche, la lutte contre les retraites ne se mène pas « contre les retraites et son monde [4] ». En effet, plus le mouvement perdure plus il s’éloigne de la critique de « et son monde », c’est-à-dire du capitalisme parce qu’il ne prend justement pas les choses à la racine en ne faisant pas de la critique du travail lui-même le centre de sa lutte. En conséquence de quoi il perd de son aspect compact pour se diluer dans l’addition de catégories multiples qui loin de converger dans un mouvement unitaire s’additionnent dans une sorte d’intersectionnalité à vocation inclusive. Ainsi voit-on aujourd’hui, dernier exemple en date, les policiers de la brigade scientifique en colère intervenir dans les « interpros » pour demander de l’aide pour la réalisation de leurs spectacles de scènes de crime comme ils l’ont déjà fait à Paris et veulent le réitérer à Lyon ; et cela, au nom de la défense du service public ! Après les avocats, la police scientifique… À quand les surveillants de prison ?

En une quarantaine d’années, on est passé du prolétariat classe révolutionnaire, parce qu’elle ne connaît aucun tort particulier du fait qu’elle les concentre tous (Marx), à l’idée qu’il n’y a que des torts particuliers... qui se valent tous. Et tout un chacun parmi les catégories déjà en lutte de s’esbaudir sur la nouvelle catégorie toujours hautement plus improbable qui vient alors se greffer, sans pourtant produire la moindre dynamique ni effet de collectif en fusion. Bien au contraire puisque de fait se produit un mouvement de va-et-vient entre entrants et sortants de la lutte qui ne laisse finalement que des noyaux durs et résistants, mais isolés face au gouvernement.

Le 49.3 vient paradoxalement mettre en échec cette stratégie de pacotille, à fleurets mouchetés… et peut-être relancer la lutte à condition de changer de braquet. Certes le 49.3 est un signe d’autoritarisme, mais il a été pratiqué par tous les gouvernements depuis qu’existe la Ve République. Pour nous qui avons été Gilets jaunes, ne nous trompons pas de combat : nous avons risqué gros pour se défaire de cette République, de ses institutions et donc de ses députés, ce n’est donc pas maintenant le moment de les soutenir parce qu’ils se retrouvent privés de leurs fausses joutes et de leurs dépôts d’amendements à n’en plus finir. Parce qu’autrement, et une fois de plus, cela va se terminer en farce électorale.

Luttes et syndicats s’enlisent dans la confrontation avec l’Etat au lieu d’attaquer le capitalisme

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