Limiter fortement les maisons individuelles et favoriser les habitats basses technologies ?

Remplacer les pavillons et lotissements industriels par des bâtiments écologiques collectifs et des habitats légers ?

dimanche 14 mars 2021, par Les Indiens du Futur.

Contrairement aux folies irresponsables des libéraux et autres adeptes du progrès industriel, un avenir vivable n’est pas dans des innovations hyper-technologiques (numérique, « smart cities », énergie à hydrogène, véhicules autonomes, Intelligence Artificielle...), mais passe entre autre par des inventions basses technologies.
De même, pour des raisons écologiques et sociales, la construction de maisons individuelles doit fortement ralentir.

Limiter les maisons individuelles et favoriser les habitats basses technologies ?
Empilement concentré de maisons individuelles et de structures urbanisées et imperméabilisantes

Deux articles sur ces deux sujets sensibles, suivis de nos remarques :

- Contre l’étalement urbain, l’Allemagne commence à interdire les pavillons neufs - Pour limiter l’étalement urbain, le maire d’une ville proche de Hambourg a interdit la construction de maisons individuelles. Adoptée dans plusieurs autres villes, cette mesure suscite un vif débat en Allemagne.

- VIDÉO - Entrez : cette « tiny house » est totalement écolo - Clément Chabot a vécu plus d’un an et demi dans une « tiny house » remplie de « low-tech ». Chauffe-eau solaire, poêle de masse, garde-manger en fenêtre... Les technologies douces, ça marche, et elles permettent de concilier confort de vie et sobriété.

https://youtu.be/l8X9jxeYYmw

On constate avec effroi qu’en 2021 l’urbanisation des sols s’étend toujours davantage, que les matériaux industriels de construction chargés en « énergie grise » (celle consommée pour la fabrication et le transport du matériau) sont toujours la règle. De meilleures isolations ne suffisent pas à créer des bâtiments soutenables.
D’autre part, les maisons individuelles continuent de s’étendre partout.

- Quelques liens trouvés sur Ricochets concernant l’étalement urbain dans la Vallée de la Drôme :

Partout, l’essor incontrôlée de la démographie, les exigences de rentabilité des lobbys économiques liés à la construction (banques, assurances, BTP, promoteurs...), la culture de l’individualisme, le règne de la propriété privée, la complexité et la chèreté des projets partagés collectifs, le besoin de refuge et de sécurité entraînent l’extension des maisons individuelles petites ou grosses, luxueuses ou low cost.

De plus, la perte d’habitude de vie sociale (due à tout un tas de facteurs) entraine un repli sur la vie privée, ce qui accroit l’incapacité chronique à faire et vivre avec les autres, ...c’est un cercle vicieux infernal.

Les riches et les esprits marqués par le libéralisme ne voudront pas entendre parler de limitation des maisons individuelles : « c’est une atteinte intolérable et dictatoriale à ma liberté » ...de détruire le vivant et le climat. Observons que par ailleurs, les drastiques limitations aux libertés concernant l’habitat léger ou les complications technocratiques qui perdurent pour les matériaux écologiques non normalisés (paille...) ne les gênent pas.
Leur soi-disant amour de la liberté individuelle est bien sûr très ciblée, et orientée en fonction de leurs intérêts.

Les moins riches s’endettent lourdement pour obtenir une mini-maison de mauvaise qualité sur un petit terrain entourée de murs, de goudron et d’autres maisons similaires à quelques mètres.
Sans doute qu’il y a eu une amélioration de l’isolation, mais on observe que ces maisons :

  • sont posées et orientées n’importe comment en fonction du taux de remplissage et donc de profit maximum, et aucunement en fonction d’exigences bioclimatiques (orientation et ouvertures en fonction des vents et du soleil)
  • ne comportent pas d’eau chaude solaire pour le chauffage ou l’eau sanitaire
  • n’ont pas de pare soleil pour protéger les fenêtres sud du soleil d’été, ni de dispositifs pour atténuer la chaleur d’été côté ouest. De simples volets, le plus souvent en plastique, que les habitants laissent fermés, servent à se protéger
  • Les murs des maisons (et des clôtures) sont toujours en crépi ciment, en briques ou parpaings, des matériaux qui absorbent dramatiquement la chaleur et accentuent l’effet des canicules. Et les isolants sont à l’intérieur de ces murs
  • Les parkings et routes qui entourent partout ces maisons sont en goudron, là aussi c’est de la chaleur qui s’accumule en plus, sans parler de l’imperméabilisation

Ces « architectures » sont criminelles et irresponsables, mais pourtant rien ne les interdit, les promoteurs-constructeurs prolifèrent sans entraves et font leurs pubs partout.
Au lieu de conviviaux chantiers collectifs et villageois fondés sur l’entraide et la réciprocité, l’artisanat basse technologie et les matériaux naturels locaux, des ouvriers immigrés, détachés ou prolétaires « d’ici » sont exploités à la chaîne pour produire en série des maisons de mauvaise qualité faites de matériaux industriels. Décidément, quel que soit le domaine, c’est génial l’économie de marché.
Au lieu de l’autonomie et de techniques locales variées qui s’améliorent au fil des siècles, on a la dépendance à la technostructure et des bâtiments identiques partout dans la laideur et la non-soutenabilité.

Le libre marché de la civilisation industrielle se contrefout des gens, du climat et du vivant. Seul lui importe le profit obtenu auprès des clients solvables.
Les plus pauvres n’ont qu’à s’entasser dans des taudis privés hors d’âge, des HLM clapiers (qui sont quand même rénovés petit à petit) et des mini-maisons de lôtissements (quand ce ne sont pas des bidonvilles ou la rue), et bien sûr les animaux et les plantes autochtones comptent pour du beurre.
Les lois implacables de la propriété privée, des inégalités sociales et du libre marché immobilier créent des habitats et des villes-villages môches, anti-écologiques, invivables, chers, pas confortables, gourmands en énergies, matières premières et terres agricoles ou zone naturelles.
Tant qu’on persiste dans ce cadre, on n’aura pas vraiment de solutions potables.
Seuls les plus riches, quelques astucieux ou ceux qui vivent dans des zones reculées pas attrayantes pour la civilisation peuvent choisir des lieux agréables et obtenir des logements confortables et écologiques.

Par ailleurs, les jeunes et les pauvres qui seraient prêts, par choix ou par obligation, à vivre dans des habitats légers (peu gourmands en matériaux et ne détruisant pas les terres) sont le plus souvent pourchassés, entravés, traqués, par les flics, les maires, les législations, les voisins, etc.

Au lieu de concentrer les gens dans des barres d’immeuble ou de les étaler dans des mini-maisons, il y aurait d’autres options, en supposant bien sûr qu’on s’écarte du capitalisme et de la civilisation industrielle

Faire baisser, par des moyens non autoritaires, la croissance démographique, faire diminuer la population, ce qui déjà diminuera la pression.
En finir avec les mégaloples et leurs zones urbaines sans fin alentour.
Mutiplier les habitats légers en zones campagnardes, et sinon les grosses maisons ou petits immeubles d’habitats partagés. Au lieu de multiplier les mini terrains privés et les piscines pour chaque propriété, mutiplier les parcs publics, les zones naturelles, avec quelques petites piscines collectives, les jardins potagers individuels et collectifs, les comestibles et les fruitiers partout.
Avec une forte diminuation de l’activité productive, il en serait fini de la course entre le travail, le logement, les loisirs éventuels et les courses. On pourrait prendre le temps de se déplacer à pied ou à vélo, de flaner, de se rencontrer, de se rendre dans des lieux inspirants, de prendre soin du vivant et des autres humains, etc.

Avec la fin des impératifs de Croissance et de productivité-compétivité, les objectifs des activités, les façons de faire, les priorités, pourraient changer du tout au tout, en bien. Le toujours plus, l’obsolescence programmée et le moins disant seraient remplacés par la recherche d’harmonie, de complémentarité, d’entraide, de beauté, de co-évolution avec les autres vivants, d’écoute, de simplicité, de réparabilité des produits. On inventerait et utiliserait des basses technologies conviales et démocratiques plutôt que les hautes technologies, forcément écodaires et autoritaires.

Il existerait quantité de moyens de faire chuter fortement l’urbanisation et les procédés anti-écologiques.
Les habitudes culturelles pourraient changer d’autant plus vite avec un environnement économico-politique favorable.
Exemples :
- Pour les logements :

  • Partager des chambres d’amis, des buanderies, des locaux à vélos
  • Utiliser des matérieux locaux, naturels, recyclables (terre, paille, bois, roseaux, pierre...)
  • Concevoir des bâtiments bioclimatiques, nécessitant pas ou peu de chauffage ou d’éclairages
  • Des bâtiments qui utilisent l’eau de pluie et les eaux grises
  • Concevoir des logements petits mais agréables (donc moins de matériaux, d’emprises et de chauffage), et parallèlement augmenter quantitativement et qualitativement les espaces sociaux de vie extérieur et intérieur (parcs, salles, lieux de réunion, places...) libres et gratuits. On n’aurait plus besoin de rechercher dans une propriété privée fermée ce qu’on pourrait trouver ailleurs dans l’espace commun ouvert.

- Pour l’aménagement :

  • Diminuer les voitures et leur utilisation (par la disposition des logements, des services et des activité, avec des quartiers et villages rendus tous beaux, agréables et vivants)
  • Diminuer les routes les parkings, et quand il y en a les désimperméabiliser
  • Multiplier zones piétones et chemins piétons-vélos
  • Créer des ateliers collectifs de bricolage dans chaque quartier ou village
  • Rénover ce qui peut l’être, démolir et remplacer les bâtiments trop obsolètes

Pour ça, il faudrait non seulement sortir du capitalisme, mais aussi trouver la voie de la démocratie directe, où les habitants auraient le temps de participer aux décisions et à l’autogestion. Dans un cadre favorable, les envies et les énergies créatives viendraient vite et nombreuses, et donneraient des sociétés bien meilleures que les agiles plan business des startupeurs gavés d’innovations marchandises hightech.

Il ne s’agirait pas de revenir au passé, mais d’inventer un monde vivable, où des techniques anciennes, des modes de vies oubliés auraient leur place (entraide, interdépendance, respect des anciens...), tout comme d’autres apports : fin du patriarcat, plus grande liberté individuelle (adossée à la responsabilité et à la démocratie directe)...


1 Message

  • Limiter fortement les maisons individuelles et favoriser les habitats basses technologies ? Le 17 mars à 13:47, par alice

    exemple dans un village de la vallée : 2 hectares de terres agricoles transformées en lotissement à 130€ le m2, 500 m2 la parcelle (faites le calcul). La propriétaire a négocié avec la mairie, en retour de l’obtention du passage de son terrain en constructible, la réfection d’un ensemble immobilier du centre ville, à moitié écroulé, qu’elle possède. Soit disant pour en faire quelque chose d’utile pour la communauté. Et savez vous ce qu’elle va en faire ? Des gîtes ! Du airbnb (vous avez aussi oublié de parler de ça, car combien de particuliers profitent de ce système pour « rentabiliser leur bien » à coup de « gîtes écoconstruits » ?) ! Quel service pour la communauté, en effet ! (PS : je n’invente rien, tout est dans le journal Le crestois)...

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
[Se connecter]
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Partagez la page

- Pot commun en ligne pour soutenir financièrement Ricochets
Pot commun en ligne pour soutenir financièrement Ricochets

Site réalisé avec SPIP | | Plan du site | Drôme infos locales | Articles | Thèmes | Présentation | Contact | Rechercher | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0
Médial local d'information et d'expression libre pour la Drôme et ses vallées, journal local de contre-pouvoir, média participatif indépendant :
Valence, Romans-sur-Isère, Montélimar, Crest, Saillans, Die, Dieulefit, Vercheny, Grane, Eurre, Loriol, Livron, Aouste sur Sye, Mirabel et Blacons, Piegros la Clastre, Beaufort sur Gervanne, Allex, Divajeu, Saou, Suze, Upie, Pontaix, Barsac, St Benois en Diois, Aurel...
Vous avez le droit de reproduire les contenus de ce site à condition de citer la source et qu'il s'agisse d'utilisations non-commerciales
Copyleft