Les réponses du système en place sont inopérantes, le château de carte s’écroule

Creuser la critique, le basculement concret et la contestation pour faire surgir le meilleur et limiter le pire

dimanche 9 mai 2021, par Auteurs divers.

Face aux multiples catastrophes que le système en place, la civilisation industrielle, a fait surgir, les « réponses » produites par le dit système sont bien entendu inopérantes. Car il est impossible d’éteindre un incendie avec des allumettes enduites de kérosène.
Progressif ou brutal, l’écroulement matériel, moral, politique et structurel de la civilisation industrielle est donc inéluctable à terme malgré ses actions jusqu’au boutistes pour durer, ses surenchères de pseudo-solutionnismes, de flics, de fichages, de surveillances, de mensonges, de propagandes grossières ou subtiles, de transitions vertes vers le développement durable responsable et éthique, de politiques autoritaires liberticides, de néo-fascismes...
Outre l’importance d’aider la civilisation industrielle, ses dogmes et ses infrastructures écocidaires, à s’effondrer au plus vite, la question est donc de voir comment peser pour limiter la casse et éviter que les restes de société s’embourbent ensuite dans des systèmes aussi pires que maintenant.
Car la fin ou l’effacement relatif des actuels carcans et téléguidages peut libérer le pire comme le meilleur.

Les réponses du système en place sont inopérantes, leur château de carte s’écroule
Photo illustrative - Clair obscur

- La crise de la vérité, par Johannes Vogele - Critique de la valeur-dissociation. Repenser une théorie critique du capitalisme
L’action ne se passe nulle part, c’est-à-dire dans le monde réel. L’année 2020 n’a pas seulement été celle de la redécouverte de la pandémie, mais aussi un grand festival de théories du complot, dans toutes leurs diversités et sensibilités. Non pas que ces formes d’interprétation de la réalité soient nouvelles ; elles s’inscrivent dans une longue histoire, ont certainement une pré-histoire et sans doute de l’avenir.

A une époque où l’idée même de vérité est déjà bien abîmée, où les explications, les promesses et autres prévisions de la part des « sources autorisées » ont du plomb dans l’aile et où l’idée de l’avenir est devenue une question de croyance, le marché aux récits « alternatifs » est devenu florissant. Puisque la vérité sortant de la bouche des politiques, des économistes et des scientifiques a perdu le statut de la parole de l’oracle, il s’agit de chercher ailleurs et, surprise, l’offre dépasse tous les espoirs. De l’autre côté, l’on s’offusque : la démocratie, la science sont attaquées et comme un seul homme, nous devons les protéger à nos corps défendants. La critique si nécessaire de freedom and democracy, de l’idéologie et de la pratique dominantes, éveille aujourd’hui le soupçon de conspiration contre la sécurité de l’État et de la société. Et nous voilà enfermé·es à nouveau dans la binarité caractérisant toute la modernité capitaliste : démocratie ou dictature, Bien ou Mal, les Lumières ou l’obscurité. Ce texte tente de comprendre sur quel terrain commun ces ennemi·es juré·es se placent et si une critique dialectique peut – sinon en finir tout de suite – au moins déstabiliser des formes de pensée se croyant indépassables.
(...)
La crise du capitalisme est aussi celle de ce Sujet. Le complotisme est une réponse anomique à cette dernière, motivé par la peur du déclassement (déjà en route) et l’attachement désespéré à une normalité fantasmée. Il accompagne le processus postmoderne de décomposition ; ses contenus sont désormais divers et contradictoires, et il préfère un puzzle de théories variées, parfois éphémères, au « grand récit ». À ce sujet, il est intéressant d’examiner le fonctionnement du mouvement conspirationniste pro-Trump QAnon aux États-Unis et dans le monde entier.

L’image même de ces assaillants du Capitole, leur masculinité exacerbée et exhibée, leur racisme assumé et leur attachement spectaculaire à un chef, est un présage de ce à quoi ressemblera ce Sujet occidental en décomposition et de la haine et de la violence auxquelles il sera disposé dans les temps à venir.

Quand la société n’est plus en mesure de répondre aux catastrophes en série qui s’abattent sur l’humanité et la planète, le sérieux et le fondement de ses pronostics dits « officiels » sont affaiblis voire inaudibles. La société se divise et perd tout terrain commun sauf celui, refoulé, de la crise de son modèle de reproduction. Aucun appel indigné et moralisateur ne suffira à y faire face si nous n’osons pas affronter la réalité de la crise.


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