Législatives : le macronisme désavoué, mais nouvelle victoire des médias de milliardaires

Le Pen à 40%, et 90 députés néofascistes au Parlement. C’est le bilan de Macron

lundi 20 juin 2022, par Auteurs divers.

Quelques réactions et analyses du 2d tour des législatives :

Législatives : le macronisme désavoué, mais nouvelle victoire des médias de milliardaires
Renforcement du bloc capitaliste extrême-droitisé

GISLATIVES : CRISE DEGIME ET MONTÉE FASCISTE

Vers un super-gouvernement de droite radicale ou une dissolution de l’Assemblée

« Si le vote changeait quelque chose, ils le rendraient illégal » disait l’anarchiste Emma Goldman il y a un siècle. Une analyse toujours valable. Après presque un an de campagne électorale suffocante qui a figée la situation sociale, la séquence s’achève par une crise de régime et une montée sans précédent du fascisme. Analyse.

➡️ Défaite du clan Macron.

Pour la première fois de la 5e République, le Président victorieux n’obtient pas de majorité deux mois après sa victoire. Le hold-up électoral est un échec. La grande coalition macroniste obtient environ 230 députés, dont seulement 158 députés d’anciens LREM. C’est presque une division par deux par rapport à 2017. De nombreux poids lourds du gouvernement tombent : l’éborgneur Castaner est éliminé, la ministre de l’écologie de Montchalin aussi, comme la ministre de la santé. Le président de l’Assemblée Richard Ferrand dégage également. Même la Première Ministre Borne passe de justesse. Un nouveau gouvernement sera donc nommé. En revanche, Damien Abad, accusé de viols par 3 femmes, est largement réélu, comme Darmanin, lui aussi accusé de viols. Les électeurs LREM ne reculent devant rien. Quoiqu’il en soit, la coalition « Ensemble » du Président aurait besoin d’une soixantaine d’élus de plus pour avoir une majorité. C’est énorme. Macron ne pourra pas mettre en place ses projets funestes dans l’immédiat.

➡️ Poussée néofasciste.

L’extrême droite fait exploser le nombre de ses députés sans même avoir fait campagne. En 2017, le Front National n’avait que 8 députés. En 2022, avec 89 députés, cela représente 1012% d’augmentation. Du jamais vu sous la Cinquième République. Il y a eu cinq années de Macron entre les deux. En 2017, le président déclarait : « Je ferai tout, durant les 5 années qui viennent, pour que [plus personne n’ait] plus aucune raison de voter pour les extrêmes ». Entre temps il a méthodiquement appliqué le programme de Le Pen, écrasé dans le sang toute opposition, militarisé la police, imposé des lois racistes, liberticides et antisociales. Pire, les électeurs macronistes ont fait barrage à la NUPES lorsqu’elle était face à l’extrême droite. Pour les bourgeois, plutôt Hitler que le Front Populaire. Plutôt le fascisme que le progrès social.

➡️ Les médias des milliardaires ont gagné.

Les éditorialistes ont passé des semaines à qualifier la NUPES « d’ultra gauche » et banalisé à outrance l’extrême droite. Après avoir fait campagne pour Zemmour et avoir dédiabolisé le fascisme, ils ont diabolisé la gauche, même modérée. Il n’a été question que de voile, de burkini ou de « wokisme » durant toute la campagne. Des propositions timidement sociales démocrates, par exemple donner un toit ou de la nourriture aux gens qui n’en ont pas ont été massivement diffamées pendant que les propos violemment racistes avaient droit de cité. Ces gens ont fabriqué un « barrage » contre la gauche : le bloc bourgeois n’aura reculé devant rien pour faire échec à la NUPES, ce qui en dit long sur la droitisation des élites. Macron et les médias du pouvoir n’ont jamais été un rempart à l’extrême droite mais une autoroute vers le fascisme.

➡️ Le PS fait élire le RN.

Le dernier cadeau du PS tendance Valls, avant de disparaître pour de bon, aura été de donner des élus à l’extrême droite. Dans le Sud-Ouest, la clique du PS hollandiste a maintenu ses candidats. Résultat ? Le RN remporte toutes les circonscriptions des Pyrénées-Orientales. Entre autres.

➡️ La gauche plurielle au grand complet réunie au sein de la NUPES rate son pari.

Avec moins d’un quart des élus, son groupe est loin d’une hypothétique majorité tant vantée. La défaite manque même de panache, car la NUPES a choisi de ne pas présenter – à de très rares exceptions près – de candidatures issues des luttes sociales ni de prolétaires, mais les cadres des différents grands partis de l’accord politicien. Dans cette « union » éphémère et lisse, on trouvait même d’anciens élus LREM. Quant aux socialistes, ils ont refusé le terme de « violences policières » dans le programme commun. En Loire-Atlantique, la NUPES a même présenté un syndicaliste policier. Ces députés seront-ils aux côtés des contestations ? Résisteront-ils concrètement à l’ordre sécuritaire et au patronat ?

➡️ La droite radicalisée conserve ses élus.

Ces derniers mois, Les Républicains ont repris la théorie complotiste et raciste du grand remplacement, appelé à ouvrir un « Guantánamo français » et à donner les pleins pouvoirs à la police. LR est une des nuances de l’extrême droite, parfois même plus dure que le Rassemblement National. Une très forte proportion de l’Assemblée est donc mure pour le fascisme.
Et maintenant ? Macron n’a que deux solutions. Soit créer un accord de gouvernement avec LR, et donc régner sur une ligne encore plus radicale, néolibérale, raciste et autoritaire avec les sarkozystes. Soit dissoudre l’Assemblée Nationale à la rentrée. Dans tous les cas, ce sera l’ultra-violence. Construire de vrais contre-pouvoirs sera vital.

➡️ Une pause interminable dans les luttes sociales

Enfin, comme au premier tour, l’abstention aura été majoritaire. L’interminable séquence électorale aura pris toute la place, éludant les combats nécessaires. Un paradoxe, alors que le quinquennat aura été marqué par des luttes sociales sans interruption. L’espoir des urnes aura tout mis entre parenthèses. Comme si le vote redevenait incontournable alors que les institutions n’avaient jamais été aussi contestées.

Assez perdu de temps, préparons la contre attaque.

(Article et visuel de Contre Attaque : https://contre-attaque.net/2022/06/20/legislatives-crise-de-regime-et-montee-fasciste/)

Législatives : le macronisme désavoué, mais nouvelle victoire des médias de milliardaires
Encore 5 ans pour les blocs bourgeois et capitalistes - On ne peut définitivement plus attendre

MACRON, LA REPUBLIQUE EN MARGE

- Le parti présidentiel gagnant mais très affaibli. Le RN au plus haut de son histoire. La NUPES premier groupe d’opposition

Les résultats viennent de tomber : le parti du président Macron sort vainqueur du deuxième tour de ces législatives, avec, selon les premières estimation 224 députés élus. La France se prépare donc à vivre 5 ans de plus dans une violence sociale et libérale, une politique de droite dure qui ne se cache même plus.

Mais cette victoire est à relativiser. En effet, Macron n’obtient pas la majorité absolue. Il devra donc composer avec les votes d’autres groupes parlementaires (à priori LR principalement).

Depuis le passage au quinquennat et le fait d’avoir « collé » les législatives juste après les présidentielles (pour éviter des cohabitations), c’est le plus mauvais score pour le parti présidentiel. N’oublions pas non plus qu’aux présidentielles, malgré la présence d’une candidate d’extrême droite, Macron a été élu avec le deuxième moins bon score de la Ve République en terme de pourcentage des inscrits. Seul Georges Pompidou avait fait moins bien. C’était en 1969 !

On notera également l’énorme montée du RN qui obtient 89 députés à l’assemblée nationale. Il explose son précédent record de députés. C’était en 1986 avec 35 députés. Cela avait à l’époque provoqué un choc. Belle performance pour Macron qui se présenter comme le « rempart » à l’extrême droite.

Du côté de la NUPES, le score est important et bien plus haut que ceux que donnaient les premiers sondages post présidentielles. Mais cela ne suffira pas pour offrir à Macron une cohabitation. Mais cela permet à cette coalition d’être le premier groupe d’opposition à l’assemblée nationale.

Législatives : le macronisme désavoué, mais nouvelle victoire des médias de milliardaires
Et maintenant ? Une fois les illusions électoralistes passées, on fait quoi ?

ET MAINTENANT ?

- Ce texte est un point de vue qui n’est pas partagé par l’ensemble du collectif CND. Un autre texte sera diffusé dans la foulée pour offrir le contre-champs

Nous sortons enfin de 6 mois de campagne présidentielle puis législative ayant totalement anesthésié la France, qui était déjà tétanisée par deux ans de covid. Comment ressort-on de cette période ? Avec Macron à nouveau président pendant 5 ans, et son parti fantoche qui conserve une majorité à l’assemblée (quoique fragilisée par rapport au précédent mandat).

Voir Macron et son monde à nouveau aux commandes du pays revêt un goût amer quand on constate son impopularité et qu’on se souvient de son terrible bilan d’un premier quinquennat de destruction et d’ultra libéralisme.

Défaite également au vu de la montée du RN, tant aux présidentielles qu’aux législatives. Le parti de Marine Le Pen n’a jamais été aussi haut. C’est d’autant plus flippant quand on y additionne les voix de tous ceux qui ont ouvertement, depuis des mois, tenu des propos racistes et xénophobes, de la République en marche au RN en passant par les Républicains. Si l’on s’en tient strictement au résultat de ces deux élections (hors abstention), la France penche terriblement à droite, et même plutôt à l’extrême droite.

Et puis il y a la NUPES.
Certains s’enthousiasment de la dynamique créée lors de la présidentielle puis des législatives. Et de son nombre « historique » de députés. Évidemment, face aux partis cités précédemment, on ne peut que se dire qu’il vaut mieux des députés NUPES que des députés en Marche, LR ou RN. Mais est-ce suffisant pour appeler cela une victoire, quand bien même l’assemblage de circonstance aurait décroché la majorité ?

Lors des présidentielles, l’Union Populaire a bénéficié d’un phénomène important de vote utile. Mélenchon étant en tête des candidats capables d’empêcher Marine Le Pen d’être au second tour, de nombreux électeurs ont voté pour lui dans l’objectif d’éviter à nouveau un second tour Le Pen / Macron. Malgré ce phénomène, le score de Mélenchon n’est pas énorme et ce premier tour fait partie des plus bas scores de la gauche à un premier tour de présidentielle.

Lors des législatives, Mélenchon a surfé sur une autre vague : celle d’une union la plus large possible à gauche, au point d’aller chercher des partis qui n’ont plus de gauche que leur nom ou leur lointain passé. Des groupes qui font objectivement partie du problème et du monde à détruire, du PS en passant par le PCF ou les écologistes façon Jadot. Malgré cette union très large et contre nature, la gauche (NUPES et divers gauche) ne compte que 142 députés (sur 577). En dehors des dernières législatives de 2017, où le parti de Macron a fait l’illusion au sein de l’électorat de gauche, c’est l’un des plus bas scores pour la gauche l’histoire de la 5e république.

Au delà des résultats, la victoire de Mélenchon (et sans doute notre défaite) aura été de détourner une partie non-négligeable de la contestation sociale et des dynamiques révolutionnaires vers une organisation électoraliste. La France insoumise aura donné à bon nombre de nos camarades l’illusion que nos luttes avaient une chance d’aboutir au sein du système. Or il n’en est rien. Mélenchon, le soi-disant ennemi de la République (au yeux caricaturaux des médias et autres partis adversaires de la NUPES), est sans doute l’une des figures politiques les plus attachées au modèle du jacobinisme français que nous réprouvons. Il est un fervent défenseur du modèle républicain et ne révolutionnera en rien l’organisation sociale et politique de ce pays. Sans compter que cette NUPES remet sur le devant de la scène et redonne de la légitimité à des partis qu’on pensait enfin tombés dans les oubliettes de l’histoire politique française.

Cette alliance donne en effet quelques années supplémentaires au PS et aux autres partis de la sociale démocratie, lesquels ont tant trahi les attentes de la gauche au point d’en devenir des adversaires. Disons le clairement : nous aurions préféré une NUPES à 5 ou 10% de moins au second tour des législatives mais sans le PS ou le PCF.

Mais au delà de ces questions de stratégies partisanes et électoralistes, ce qui nous interroge le plus, c’est la capacité qu’a eu le système, au moment où il était le plus décrié et remis en cause (GJ, crise écologique et sociale, révolte anti raciste), de réussir à présenter comme une alternative radicale une option faisant partie du système et ne le remettant nullement en cause.

Nous comprenons les raisons individuelles qui ont pu pousser de nombreux militants, engagés depuis des années dans toutes les luttes sociales et écologiques, à se ranger, au moins le temps des élections, du côté de cette alliance « de gauche ». Clairement la « moins pire » des options.

Car toutes ces personnes, qui ont vécu la répression ultra violente du pouvoir, et les échecs de leurs luttes malgré des mobilisations massives et/ou malgré leur radicalité, estiment que l’issue ne sera pas seulement dans la rue, mais aussi dans les urnes. Quand bien même elles ne se feraient pas d’illusion au sujet de l’atteinte de leurs objectifs, l’idée était pour elles de « respirer », de « gagner du temps » face à la répression et l’autoritarisme de la Macronie. De plus, la séquence actuelle fait suite à deux années de crise sanitaire, ayant réduit à peau de chagrin tous les élans contestataires, ainsi que les possibilités d’amplifier des luttes sur des revendications pourtant urgentes ( services publics, santé, social, coût de la vie etc...)

Soyons clairs, et redisons le avec force, l’objectif des luttes radicales est bien de renverser un système qui détruit les plus pauvres et les plus faibles, tout autant qu’il détruit la planète. Et qu’importe si cela passe par des voitures de luxe brûlées, par des sièges de multinationales occupés ou par l’élection d’un candidat « radical ». Notre horizon n’est pas dans l’acte, si jouissif (ou poussif) soit-il, mais dans son résultat.

Et à cette lecture, force est de constater que la lutte dans la rue ressemble de plus en plus à une impasse, que ce soit dans des manifestations déclarées, aussi massives soit-elles, que dans des rassemblements plus émeutiers, rapidement réprimés (physiquement et juridiquement) tout autant que stigmatisés.

Mais faire ce constat ne signifie pas que la solution se trouve du côté des partis du système, y compris ceux d’opposition à gauche. Les exemples sont malheureusement trop nombreux pour espérer une vraie remise en question du système de la part d’un partis de gauche qui accéderait au pouvoir. Que ce soit en France avec toutes les compromissions socialistes et communistes ou à l’étranger avec les exemples espagnols ou grecs, nous ne pouvons que constater que le système (qui dépasse largement le cadre national) est totalement en mesure d’absorber la présence de ces partis contestataires, et que leur présence au sein d’instances de gouvernement permet même de canaliser la colère des plus précaires.

Maintenant que les dés électoraux sont jetés, il convient de s’interroger sur les horizons possibles pour nos luttes dans les années à venir. Car l’échec est aussi celui de l’autonomie des luttes. Malgré un énorme engouement et de fortes dynamiques, notamment chez les plus jeunes, il n’a jamais été possible de construire des alternatives fortes et massives à ce système. Il conviendra donc de tenter autre chose dans les mois à venir, de ne pas répéter les mêmes erreurs, même si, avouons-le, ce système ne laisse que très peu d’espace possible pour faire avancer et amplifier nos luttes.

Législatives : le macronisme désavoué, mais nouvelle victoire des médias de milliardaires
et maintenant ?

ET MAINTENANT ? UNE "VICTOIRE" RELATIVE AU MILIEU DESFAITES

- Avant propos : ce texte comme le précédent reflète une vision de membres de CND. Nous avons des débats internes et nous avons fait le choix de publier deux textes dont les conclusions parfois se rapprochent, d’autres fois s’éloignent. L’équipe n’incite pas à voter ou s’abstenir car nous estimons que ce n’est pas notre rôle. Nous ne prenons pas les urnes comme une solution à tout, juste un moindre mal. Voter, même dans ce contexte, incarne un acte militant assez désespéré pas si significatif, mais qui ne coûte rien. Voici de quoi ce choix est le nom, pour une partie de l’équipe ayant décidé d’y prendre part. Le système que l’on veut détruire existe, nous faisons avec. Qui plus est dans une séquence vide en termes de mobilisations. -

Pas de remède miracle dans une époque merdique

Dans ce scrutin marqué par une abstention écrasante, une extrême-droite propulsée par Macron qui réalise un score auquel elle-même ne croyait pas, beaucoup de choses ont déjà été dites. L’assemblée est bien à droite.

Toutefois, dans ce chaos, il paraissait important de revenir sur les quelques aspects plutôt positifs aussi minimes soient-ils.
Ce texte écrit à chaud, n’a pas vocation à surestimer l’UP et la NUPES, encore moins faire sa promotion, ni à la descendre volontairement. Plutôt à entamer un début de réflexion sur les perspectives à venir maintenant que la séquence électorale se termine.

Il ne nous a pas échappé qu’un nombre important de sympathisants aux idées révolutionnaires, antifascistes, antiracistes, féministes, écologistes, sensibles aux inégalités sociales ont décidé de prendre part au vote.
Parmi ces soutiens, on retrouve une multitude de profils avec des postures différentes : méfiance, scepticisme, désespérance, confiance, enthousiasme, convaincus, peu importe : chacun(e), ses raisons personnelles d’y trouver un intérêt collectif.

Il faut reconnaître que pour une fois, le curseur a été placé à gauche et cela a fonctionné.
Toutes les social-démocraties ne se valent pas, Mélenchon n’est pas Valls quoi qu’on pense de lui.

L’Union Populaire a choisi une ligne de “rupture” sur un certain nombre de sujets, y compris là où ou ses positions étaient inexistantes en 2017. Cette prise de position a été payante quand on voit d’où elle part.

En plus de l’aspect social, de l’islamophobie aux violences policières, en passant par la sortie de l’OTAN, ou encore un programme écologique à la hauteur des enjeux vis-à-vis de l’urgence de la situation, la gauche a pris ses responsabilités.

Cette étape politique témoigne aussi de l’influence de l’autonomie des luttes : Gjs, anti-racisme, écologie, et d’une certaine manière syndicale, après la réforme des retraites qui émane plutôt des bases syndicales que des directions. C’est aussi notre incapacité à organiser et structurer nos luttes sur la durée, qui font que ce vote apparaît comme la solution la plus viable. Pour beaucoup, c’est tout ce qui reste après trois ans de mouvements sociaux qui ont ébranlé la Macronnie, puis ce vide quasi sidéral qui a suivi les restrictions sanitaires liées à la pandémie du Covid.

Réalistement, sur le plan hégémonique, un leader de la gauche, qui affirme sans concessions que la police tue ou que les musulmans ne représentent aucune menace, c’est une petite victoire dans un contexte aussi rude.

Quand il le dit, des millions de personnes l’entendent, nous n’en touchons que quelques milliers généralement déjà acquises à notre cause.

Plus Hollande puis Macron ont placé la ligne à droite, plus l’extrême-droite a progressé sur tous les plans : électoralement, et banalisation de ses idées y compris terroristes sur tous les plateaux TV.

L’inverse nous sera bénéfique. Cette époque nous étant plus que défavorable, nous comprenons que ce vote puisse être perçu comme une petite bouffée d’air.
Représentativité :

Durant les présidentielles, la personnalité de Jean Luc Mélenchon a su créer un dynamisme notamment là où on ne l’attendait plus, c’est indéniable dans certains quartiers populaires ou chez une partie de la jeunesse, mais cela reste relatif vu les taux d’abstentions.

La gauche radicale a également progressé dans cette France dite périphérique où se trouvaient de nombreux GJs, mais elle échoue largement dans les campagnes et ne parvient pas à maintenir cette petite flamme durant les législatives. Si la figure de JLM se démarque, cette personnification est logique et probablement nécessaire vu le fonctionnement de la cinquième république : nous avons des figures faisant office de références. Il paraît cependant bien seul à se démarquer.
La représentativité ne fait pas tout : par les temps qui courent, on pourrait même voir un fils d’immigré travailleur chez Uber Eats se présenter pour un parti de droite.

Cependant, cela demeure quand même un point à soulever, car il sert de référence aux yeux des masses.

La NUPES échoue à ce niveau là aussi avec un manque d’ancrage évident et de rupture avec la gauche traditionnelle, comme en témoignent les têtes de listes dans le 93 ou son manque d’attractivité et de lien avec les milieux associatifs. Sérieusement, qui a envie de voter pour Villani ?

Néanmoins, on ne saurait cacher notre satisfaction et notre respect après la victoire de Rachel Kéké, première femme de chambre députée.

Ce n’est pas assez, certes, mais qu’attendre de plus d’un hémicycle aussi bourgeois ? Ceci-dit, quoi qu’on pense d’eux, les 17 députés LFI ont tenu tête à eux seuls sur bien des sujets : lois liberticides et racistes, écologie, sociales. Avec dix fois plus d’élus, sans majorité absolue, leur marge de manoeuvre pour faire contrepoids peut s’avérer utile, toutes proportions gardées.

Tout ceci c’est bien beau mais maintenant ? On fait quoi ?

Nous ne se faisons aucune, illusion, ce vote n’est pas une fin en soi, c’est une posture anti-raciste, écologique et sociale. Un pansement sur une hémorragie. Une simple étape qui aide à définir dans quel cadre on préfère lutter ou faire partiellement avancer nos idées.

Aussi, au risque de radoter des arguments gauchistes, des choix nous laissent forcément encore plus perplexes. Déjà, parce que même si elle avait gagné, on voit difficilement comment elle aurait pu appliqué son programme, étant donné un rapport de froce disproportionné face au CAC 40 et aux institutions.

Ensuite, le côté gauche plurielle fait forcément peur. Redonner une seconde vie à un PS mourant qui méritait d’être achevé et à une EELV/PCF moribonds semblait indispensable si la NUPES souhaitait faire son score le plus élevé, mais à quel prix ? Sachant que son absence au second tour tient aussi de la responsabilité de ce sinistre clown de Fabien Roussel et du clown libéral Jadot, quel intérêt de les maintenir en vie, alors que de toute façon la NUPES ne pouvait pas gagner ?

Le PS aura finalement un groupe, même si son aile la plus nuisible et la plus pathétique a décidé de continuer son suicide (Hollande, Moscovici, Cambadélis etc.), il n’en demeure pas moins que Olivier Faure, au même titre que Fabien Roussel se range pour le moment du côté des meurtriers en défendant la police, après qu’une femme a été abattue par plusieurs balles. On se doute que leur position sera très marginalisée face à la déferlante UP, mais quand sera t’il au moment de trancher ?

C’est peut-être mieux que la gauche ne prenne pas le pouvoir de suite, en foutant en l’air le peu d’espoir qu’elle inculque à l’image des années Jospin ou Hollande. Sa posture d’opposante légale permettra peut-être de faire un premier tri.
La NUPES sera confrontée d’office à un certain nombre de désaccords sur des points essentiels. D’un côté sur sa politique intérieur : nucléaire, rapport à la police, islamophobie, laïcité ou la politique migratoire.

Sur sa politique internationale de l’autre : son rapport aux USA et l’OTAN, du danger que représente l’Union Européenne, de la Françafrique, ou encore de sa prise de positions sur des questions comme celle de la Palestine, du Yémen, ou encore le cas des relations à la Chine, la Russie et les pays du Golf.

Et puis, il y a “nous”, qui avons mené des combats synthétisés par ce vote. Nous que la gauche dite radicale ne consultera pas en parlant entre notre nom. Nous qui subissons, avons tenté d’agir et subi la répression.

Nous savons que nous serons abandonnés au moindre fait divers, à la moindre poubelle qui brûle. Avant même d’avoir des députés, c’est déjà la limite de l’UP.

Pas que nous soyons dans la fétichisation de l’émeute ou du zbeul pour le zbeul, juste qu’elle est un juste retour de la violence sociale, parfois même une pratique qui peut même s’avérer efficace mais surtout fatalement inévitable. Cette expression doit être comprise, elle est tout sauf aveugle. Le nier, c’est abandonner les milliers de GJs auxquels on avait promis une amnistie et surtout nier les références révolutionnaires. Les sans-culottes étaient des casseurs monsieur Mélenchon ! On ne demande pas à l’Union Populaire de soutenir ça, de toute façon nous n’attendons rien d’elle, mais si parfois elle se tait c’est pas plus mal.

Parlons court-terme, un scénario plausible est que Macron va devoir dégainer le 49.3 systématiquement dans une situation inconfortable. Il va attaquer sèchement sur la réforme des retraites et tout une liste de réformes anti-sociales.

Avec une majorité partielle, il se retrouve dorénavant confronté à deux fronts : un hémicycle qui ne lui est plus vraiment acquis. Et le plus important pour nous : la rue qui attend sa revanche.

Si certain(e)s d’entre nous ont fait le choix délibéré de ce vote, il est très majoritairement critique et nous n’en attendons pas grand chose de peur d’être déçus.

Quant à la gauche, la balle est dans son camp, qu’elle forme ses cadres, se confronte un peu au terrain des luttes, et se radicalise un peu plus, notamment dans son rapport au système.

L’élection se termine, cette partie n’est plus de notre ressort, nous reprenons la lutte et la rue en espérant que cette petite dynamique nous sera également profitable.

(posts de Cerveaux non disponibles)

Législatives : le macronisme désavoué, mais nouvelle victoire des médias de milliardaires
Le néo-fascisme est propagé par les classes dominantes

🔴5 ANS DE « BARRAGE »

➡️Nommer ministres des anciens de l’Action Française (Darmanin) et du GUD (Nathalie Loiseau)
➡️Voter la loi « asile et immigration » avec le FN
Réhabiliter Maurras et Pétain
➡️Appeler Zemmour pendant 30 minutes pour lui dire son « soutien », et lui commander une « note » sur l’immigration
➡️Donner une interview de complaisance à Valeurs Actuelles en tenant des propos d’extrême droite
➡️Trouver Le Pen « trop molle » sur l’Islam
➡️Mettre en prison les antifascistes
➡️Parler "d’islamogauchisme" et de "wokisme", reprendre le lexique de l’extrême droite
➡️Faire des sorties racistes sur les « kwassa kwassa »
➡️Voter des lois violemment islamophobes
➡️Dissoudre des associations anti-colonialistes, s’en prendre aux médias indépendants
➡️Militariser la police, lui donner les pleins pouvoirs
➡️Semer un désespoir social total, réprimer de façon sanguinaire toutes les luttes pour la justice
➡️Qualifier toutes les contestations de « complotistes »
➡️Appeler à faire barrage à la gauche

Résultat : Marine Le Pen à 40%, et 90 députés néofascistes au Parlement. C’est ça, le bilan de Macron.

(post de Contre Attaque)

Législatives : le macronisme désavoué, mais nouvelle victoire des médias de milliardaires
Après 5 ans de macronisme : 89 députés néo-fascistes

SOMBRECHET DU BLOCPUBLICAIN ET SES VALEURS


Ce matin, Éric Dupond-Moretti évoque clairement la possibilité « d’avancer ensemble » avec le RN à l’Assemblée Nationale !

Après avoir repris leur éléments de langage et thématiques racistes, puis appeler à se rassembler derrière Macron au second tour des présidentielles pour faire barrage au fascisme, la République en Marche montre à nouveau son vrai visage.

Qui cela étonne quand on voit que la Macronnie a proposé une ligne quasi similaire sur de nombreux sujets de société et a refusé de se positionner dans l’immense majorité des duels NUPES/RN assimilant la gauche au fascisme ?

Les prochaines années s’annoncent sombres. Et la lutte intense.

(post de Cerveaux non disponibles)

Législatives : le macronisme désavoué, mais nouvelle victoire des médias de milliardaires
Une résignation et une soumission qui vire au nihilisme et au masochisme

2050 c’est demain

Une lassitude intervient ici à vouloir tenir l’éphéméride d’un délabrement du monde qui ne varie pas beaucoup ses manifestations ; qui se borne pour l’heure à en exagérer les intensités en pédagogie inutile auprès de civilisés occupés à jaser de tout autre chose. Le pénible récolement des journaux de l’année démontrant simplement que tout se déroule ainsi que prédit, seulement en un peu plus vite — si bien que nous voici rendus dès à présent dans le 2030 des prévisions de 2014 et que, logiquement, celles pour 2050 s’empresseront autour de nous dès 2030 au plus tard et qu’il est donc douteux qu’il nous restât encore « 3 ans pour espérer maintenir un monde vivable » (le Giec), dans le cas même où l’on tenterait la chose. Dans le cas même qu’on se désengluerait de la boucle temporelle, du sempiternel calendrier rotatif internant les esprits, de l’éternel retour des mêmes échéances sportives et culturelles, des mêmes « rendez-vous politiques », des mêmes conférences scientifiques d’une civilisation imperturbable à émettre des prévisions de croissance et d’inflation ; de cette dissonance cognitive pendant ce temps à pousser le caddie des courses hebdomadaires, des « Tu vas où en vacances ? » et de penser à faire sa déclaration en ligne.

Une lassitude à collationner toujours les mêmes prolégomènes de pétrochimie à ingérer toujours davantage, de toujours plus de microparticules à respirer, de nanoplastiques jusque dans le cerveau (inflammation et troubles du comportement), de perturbateurs hormonaux meublant la zone de confort & continuellement davantage de maladies chroniques, d’obésité et d’endométrioses & toujours d’autres records de chaleur, de dessèchements de zones plus vastes, de Dust Bowl gommant des pays entiers de la géographie humaine. De toujours moins de vie dans des eaux plus acides et de partout moins d’arbres, mais à l’ordinaire avec plus de bactéries super-résistantes et de crime organisé tentaculaire. Avec toujours plus de béton coulé, de climatiseurs et de satellites orbitant au-dessus de tous ces désordres et de laboratoires P4 parmi ceux-ci ; de QR codes ésotériques et de « nouvelle expérience client » & incessamment avec moins d’insectes volants (test du pare-brise) et plus de lacunes ornithologiques, reptiliennes et mammifères & toujours plus de drones, de reconnaissance faciale et de data centers ; de forages en Arctique, d’excavatrices troublant les fonds marins ; de lèpre urbaine, de nuits étouffantes et de particules fines, d’insomnie, de dépressions, de psychopathologies et de pensées suicidaires ; de violences gratuites, de cocaïne, de haine en ligne et de vidéos truquées. De toujours plus de multimilliardaires et davantage à toute heure de super-misérables ; d’antennes-relais plus puissantes et cependant avec plus de difficulté à penser & toujours plus de centrales à charbon et de réacteurs atomiques, de déjections radioactives enfouies pour 100 000 ans et pendant quoi toujours davantage de PMA et de persécutions pro-vie, de stress hydrique, de conflits armés et d’extermination en réciproque, de populations errantes et continument moins de « surfaces agricoles disponibles » mais davantage de carences et de pénuries, de maladies auto-immunes, de vieillissement cérébral prématuré, de méga-feux, de « précipitations hors norme », de dômes de chaleur, d’ouragans et de cyclones toujours plus énergiques ; de fleuves expirant dans leur cours, de fonte glaciaire, de débâcle Antarctique en majestueuse bascule nous invitant à pénétrer dans l’inconnu.

De là cet ennui profond, cette démotivation d’à-peu-près tout, à se voir coincé ici dans une époque elle-même prisonnière d’un XXe siècle dont les ombres n’en finissent pas de leurrer les esprits de leurs attrayantes solutions d’avenir robotique, martien et nucléaire. Dans un monde tout hérissé d’aérogénérateurs avec les horreurs de la guerre à portée d’autocar ; où tout semble dit, où il ne se passe rien que d’attendre la réalisation de ces fatalités dont la liste est disponible. De ces dérangements prodigieux à changer la face des choses et nous tirer enfin de notre somnambulisme, nous mener enfin à la « congruence cognitive » d’être à notre tour jetés sur les routes sans savoir où aller, à essayer de bouillir l’eau ou faire cuire du chien ; de figurer nous-mêmes en désarroi aux informations en continu (mais alors sans plus de spectateurs à celles-ci) ; à l’harmonie cognitive dans ce nouveau monde unique et désastreux que nous fera sur Terre l’avènement de Némésis et qui sera pour chacun l’occasion de vérifier que l’invraisemblable cesse de l’être aussitôt qu’il s’est produit.

(extrait de "Dernier Carrré - la plupart l’avaient déjà quitté)

P.-S.

NOTES

- En Drôme, le seule député NUPES élue est Marie Pochon dans la 3e circonscription. Bye bye la LREM Célia de Lavergne.

- L’abstention à près de 54% au 2d tour des législatives, les abstentionistes « de gauche » vont donc être très nombreux à venir lutter au quoditien, chouette ;-)

- Avec la décomposition des partis, la droitisation extrêmes des droites (LREM, LR) et des médias dominants, avec l’impasse du système, de ses fans et de ses idéologies, va-t-il apparaître bientôt un fort mouvement révolutionnaire ?

- En septembre, tout le monde aura oublié les canicules et la sécheresse, la routine reprendra comme avant malgré l’inflation, les guerres et les catastrophes climato-écologiques : rentrée des classes, quelques manifs, quelques grèves, protestations molles et éparses....
A moins qu’un sursaut improbable se manifeste ?

- La résignation et la soumission (relativement) généralisée semble virer au nihilisme et au masochisme, comme si les corps et les esprits étaient coupés de la réalité, pas concernés par le présent et l’avenir, survivants dans une bulle techno-virtuelle qu’on croit coupée du réel ? Comme si on voulait se punir de l’inaction et de l’acceptation par davantage d’inaction et en acceptant comme un « châtiment » mérité les désastres à venir ? Etrangers à nos corps et aux mondes vivants, on est aussi étrangés à la vie et à l’engagemnet politique, on ne devient que des ombres dans un monde automate. Simples spectateurs de vies en déroute dans un monde mortifère où tout est transformé en spectacles, un système mou qui absorbe tout, dur seulement avec les révoltes. Solutions ? Rien de facile. Trancher dans le vif, retrouver une radicalité d’action collective qui pense la fin et les moyens.


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