Le tourisme de masse, un fléau à réduire plutôt qu’à renflouer financièrement

La pandémie révèle la dépendance et la fragilité des moyens de subsitance de beaucoup de monde

mardi 13 avril 2021, par Les Indiens du Futur.

Quelques informations et réflexions sur le tourisme de masse en temps de pandémie mondiale et de catastrophes écologiques, sociales et climatiques produites en série par la civilisation industrielle.

- Tribune — Économie : L’État ne doit pas soutenir Pierre et Vacances - Faut-il « déverser aveuglément des milliards d’aides publiques dans de grands groupes ? », interrogent les auteurs de cette tribune. Un exemple : Pierre et Vacances. Condamné bien avant la crise sanitaire, le groupe phare du tourisme de masse a en plus alimenté la bulle des hébergements touristiques et des parcs de loisirs.

Le tourisme de masse, un fléau à réduire plutôt qu’à renflouer financièrement
« Harmony of the seas » : novlangue pour un mastodonte d’acier qui pollue et consomme énormément

- Avec l’arrêt du tourisme, l’écosystème construit pour les voyages de masse s’est évaporé - A l’aube d’un second été sans grande activité, les pays qui vivent du tourisme risquent de voir disparaître des dizaines de millions d’emplois. Les femmes et les travailleurs précaires, jeunes ou peu diplômés, seront les premiers concernés.

Quelques remarques

Le tourisme et le monde qui va avec participe à la dévastation du monde vivant et des cultures humaines de différentes manières : marchandisation de tout, destruction d’écosystèmes, extension de l’exploitation d’humains, contribution à l’effet de serre, dépenses d’énergies et de matières premières (pour les paquebots, avions, hôtels, complexes...), néocolonialisme, appui à la société de travail-loisirs-consommation...
Même si certaines formes sont plus nocives que d’autres, tourisme de masse industriel, tourisme de luxe pour ultra-riches, tous les tourismes font partie de la civilisation industrielle, de l’Economie et de son impératif continu de valorisation du capital.

- Quelques réflexions et infos critiques sur le tourisme :

La perversité du système en place est telle qu’elle rend des pans entiers de populations, des millions de travailleurs et travailleuses précaires, dépendants pour leur survie d’activités néfastes socialement et écologiquement telles que le tourisme.

Pour le tourisme comme pour des tas d’activités, la question n’est pas de les redémarrer, de les subventionner, de tout faire pour la relance, de tenter de les rendre plus vertes et plus sociales, mais d’imaginer et construire d’autres modes de société où ces activités disparaissent, n’ont plus leur place, sans que pour autant les humains subissent la misère.
S’il est évident qu’il faut laisser couler des entreprises comme « Pierre et Vacances », c’est bien l’ensemble du secteur touristique, en tant qu’activité marchande liée au capitalisme et à la civilisation industrielle, qu’il faudrait faire disparaître idéalement.
A remplacer par d’authentiques formes de découvertes, d’immersions, de rencontres, d’entraides entre des peuples plus ou moins éloignés géographiquement et culturellement, le tout dans la lenteur et la mesure.

Au délà de mesures d’urgence aidant les précaires, il est grand temps de reconsidérer complètement ce modèle de société. Que ce soit pour des raisons sociales ou écologiques, on ne peut plus dépendre pour vivre décemment de l’emploi, de la Croissance, du développement économique, du marché concurrentiel, de l’accroissement de la production et de la consommation...
On doit s’efforcer collectivement de sortir du piège mortel du « monde de l’Economie », qui détruit inéxorablement les humains et tout le vivant en imposant le productivisme et la Croissance.
On ne peut plus viser le maintien ou l’augmentation des emplois et des rémunérations, on doit sortir non seulement du capitalisme, mais aussi de la centralité de l’Economie.
Sans ça on est contraint à continuer le même modèle par la dépendance aux emplois et à la Croissance, et on peut juste, au mieux, ralentir un peu la dévastation et atténuer la nocivité de certains secteurs.

Le but d’une société humaine ne peut pas être l’accumulation de biens matériels, la soumission à l’exigence infinie de valorisation du capital, la concurrence, l’intérêt individualiste des plus riches/puissants/malins dominants tout le reste, la poursuite de système hiérarchiques et autoritaires, le rêve d’une séparation avec la vie biologique...

Un objectif écologique et social qui ne cherche pas la fin de la civilisation industrielle, du capitalisme et du pouvoir, n’est que du placebo ou du pansement superficiel sur une plainte géante.

P.-S.

- À Marseille, la pollution de l’air en nette augmentation, à cause des paquebots bloqués à quai par le confinement - Si le confinement du printemps 2020 a globalement eu un effet positif sur la pollution de l’air, à Marseille, les paquebots bloqués dans le port auraient pollué autant que tout le trafic automobile enregistré sur la ville durant cette période.

Mieux vaudrait mettre à la casse ces paquebots au lieu de les raccorder à l’électricité, ou alors en faire des logements de secours pour les précaires ici ou ailleurs.


2 Messages

  • Le tourisme de masse, un fléau à réduire plutôt qu’à renflouer financièrement Le 21 avril à 18:54, par Les Indiens du Futur

    - L’Usure du monde Critique de la déraison touristique - Rodolphe Christin L’échappée
    La puissance d’enchantement de l’industrie touristique repose sur sa capacité à faire oublier son caractère précisément industriel, par conséquent soumis aux règles d’un productivisme et d’un consumérisme sans frontières. Afin d’étendre le marché, la massification du désir touristique s’appuie sur la diffusion d’un puissant imaginaire dans lequel la mobilité est devenue le modèle comportemental dominant. On a vendu partout l’« évasion » et créé des infrastructures dédiées à cet effet, sans voir que ce processus de commercialisation détruisait la dimension symbolique du voyage.
    Au service de la consommation du monde, le tourisme suppose, non seulement une sensibilité particulière, mais aussi une réalité organisée autour de lieux modélisés selon des principes gestionnaires.
    Désinvesti de son territoire d’origine, le touriste nourrit l’espoir confus de trouver ailleurs ce qui lui manque chez lui : le goût de vivre une existence conviviale sur un territoire encore chargé de sens et de vie. Mais par sa présence même, il détruit ce qu’il est venu chercher.

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  • Le tourisme de masse, un fléau à réduire plutôt qu’à renflouer financièrement Le 14 avril à 20:51, par Gertrude

    Et ces libéraux tel Brémont de Pierre et Vacances qui d’habitude réclame bruyamment le libre marché, le laisser faire, la libre concurrence, l’absence de régulation étatique, qui là, dès qu’ils sont en difficultés à cause d’un virus ou d’une crise geignent pour obtenir des aides, des soutiens, des prêts, des subventions... à vomir.

    C’est comme le type qui s’accroche abusivement au poste de maire à Crest : un ultra-libéral pire que Macron, mais qui est sans arrêt à courir après l’argent public, les subventions et les aides provenant de l’Etat, de la région ou du département pour financer ses projets pourraves. Et qui lui-même vit grassement des rentes de ses jobs politiques au sein de l’Etat. ....à vomir

    Les grands patrons et actionnaires libéraux ne ratent pas une occasion de licencier et de piétiner les droits des travailleurs, mais dès qu’une crise les frappe, alors là ils deviennent de suite des grands samaritains larmoyants qui ne pense qu’à « sauver des emplois » (et accessoirement, par effet de bord, leur entreprise et leurs profits) ! ....à gerber

    Leur prétendu libre marché ils ne le veulent que quand ça arrange leurs profits et leur pouvoir, quand ils peuvent se faire du fric, mais dès que ça chie dans la colle fini leur saint libre marché, ils sont prêts à ramper et à renier toutes leurs « idées » pour racler jusqu’à l’os les fonds publics, notre argent commun, toute chose qu’auparavant ils méprisaient et qu’ils s’efforcent de détruire.

    Profits privés - dettes publiques

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