La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital

Vouloir fuir les affres de la pensée, de la souffrance, de la mort et de la liberté mène à une sous-vie ectoplasmique soumise aux machines et aux technocrates

jeudi 30 juin 2022, par Antitech 26.

Le fantasme ancien de se déliver des réalités de la souffrance, des nécessités matérielles de la vie, de la mort et de la vie politique a mené la civilisation aux tyrannies techno-industrielles étatisées, puis à l’envie de se passer de la liberté, de la pensée et de la vie elle-même.
Quelques analyses et références indispensables dans la guerre des mondes en cours, pour comprendre la « nouvelle » ligne de fracture, le « nouveau » front politique.

La volonté d’être délivré des conflits politiques et des tâches de subsistance matérielle mène aux tyrannnies, aux guerres et aux carnages de masse

Si l’Etat peut aussi facilement fusionner avec le Capital et ses mercenaires aux dents longues c’est que l’Etat poursuit son rôle de serviteur de l’Ordre des puissants et de leurs valets, qu’il s’agisse du capitalisme privé ou du capitalisme d’Etat (stalinisme, Chine actuelle).

En finir avec le fantasme de la délivrance au lieu de se transformer en zombies cyber
Laisser la main à l’Etat-capitalisme et à la techno-industrie mène aux pires dystopies (peinture de KarlKopinski)

Et surtout, n’oublions pas que si l’idéologie capitaliste triomphe si bien, si mandat est laissé à l’administration autoritaire d’Etat, si les choix de société sont abandonnés aux experts, managers et élus, c’est parce que l’immense majorité des civilisés continue d’adhérer à fond aux principes de la délivrance (voir l’excellent livre de Aurélien Berlan : « Terre et liberté ») vendus par la techno-industrie et ses prêtres de droite ...et de gauche.
Le fantasme de la délivrance consiste à se concentrer sur une liberté (libérale, limitée et à présent détruite par la surveillance numérique totalitaire) réduite à l’espace privé, c’est se focaliser sur la consommation et les prétendus choix infinis des loisirs et plaisirs privés élargis à internet et bientôt au Métavers, le choix de la délivrance laisse toute la place aux tyrannies capitalistes et étatisées et à leurs requins petits ou gros.

La volonté de délivrance de la vie politique (via l’Etat, les représentants et les experts) et de la réalité d’animal terrestre (via l’industrie, les machines et les énergies), c’est au final être soumis aux désastres climatiques/écologiques/sociaux, totalement dépendant à l’Etat-capitalisme, soumis à la techno-industrie, et privé de libertés y compris dans l’espace privé contrairement à ce que vendait l’idéologie libérale.

La volonté de fuir les réalités incontournables et pénibles de la mort, de la souffrance, de la difficulté et des conflits de la vie collective a mené à une « société » termitière régit par l’Etat-capitalisme, par la cybernétique, par les IA et les robots.
C’est ce qui a mené à Macron, à la démocrature, au capitalisme mondialisé, au règne de l’Argent, de la Propriété et du Travail.

Comme le dit A. Berlan, cette envie de « délivrance » annule à la base la devise « liberté, égalité, fraternité », qui n’a plus aucuns sens ni assise.

La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital
Le techno-monde crée ses bulles dans le désert qu’il a créé

Pourtant, d’autres voies seraient possibles, souhaitables et désirables :

« Dans ce mode de vie fait de cueillette et glanage, jardinage et petit élevage, partage et transformation des surplus, chantiers collectifs et entraide entre voisins, économie informelle et commerce parallèle, j’ai trouvé une immense liberté. Non pas celle de suivre tous mes caprices, “si je veux quand je veux”, mais celle de ne pas être pris dans un tourbillon d’injonctions sociales. Non pas celle de “ne travailler jamais”, comme le rêvent tant de gauchistes pour qui la liberté s’identifie au farniente, mais celle de ne pas perdre ma vie à la gagner, en accomplissant des tâches monotones dans un cadre hiérarchique. Derrière la critique du travail, on confond souvent le salariat (le travail payé, discipliné, morcelé) et toute forme d’activité éprouvante liée à la subsistance quotidienne. Mais ce n’est pas l’effort en tant que tel, même quand il est intense, qui est pénible et assommant ; c’est le fait qu’il soit imposé par autrui et que son caractère spécialisé fasse obstacle à l’expression de la diversité de nos facultés. Liberté donc, pour pasticher une célèbre formule du jeune Marx, de faire du potager le matin, de rénover un bâtiment l’après-midi et de philosopher le soir. »
– Aurélien Berlan, Terre et Liberté : la quête d’autonomie contre le fantasme de délivrance, 2021.

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Le sport 3.0, pour que les humains plongés dans le virtuel H24 gardent leurs muscles à peu près en état

L’imaginaire pathologique de la modernité occidentale

Le « philosophe-jardinier » Aurélien Berlan signe un brillant ouvrage qui je crois parlera aux déserteurs d’AgroParisTech ainsi qu’aux personnes touchées par leur geste de défiance vis-à-vis du système industriel. Il y dissèque l’imaginaire pathologique de la modernité occidentale et nous explique pourquoi le fantasme de délivrance, central dans la religion du Progrès embrassée d’un bout à l’autre du spectre politique, reproduit les conditions matérielles à l’origine du carnage écologique.
Ce livre n’est pas un traité de stratégie, mais l’auteur ne manque pas de souligner que la quête d’autonomie implique de rentrer "en conflit ouvert avec la société industrielle et ses administrations.
Dans la conclusion, il insiste sur l’urgence de la situation. Plus le système industriel progresse, « plus il détruit nos conditions de vie, qui sont aussi celles de notre autonomie, dans une politique de la terre brûlée faisant que nous pourrons de moins en moins survivre sans prothèses technologiques. On ne peut pas espérer que l’effondrement écologique conduise à celui du système économique qui le provoque : le plus probable est qu’il renforce ce système qui, depuis longtemps, se nourrit des nuisances et des crises qu’il engendre. »

- Conférence d’Aurélien Berlan à voir ici : https://lnkd.in/ekxtepu4
- Le podcast Floraisons propose plusieurs épisodes sur le livre de Berlan : https://lnkd.in/epxYR7Ee

(Post de Philippe Oberlé)

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Survivre dans un cocon virtuel biberonné au sein de la mégamachine ?

Etre délivré de la pensée, de la liberté et de la vie elle-même

A présent, après la (pseudo) délivrance des activités de subsistance matérielle par les machines, le capitalisme et l’énergie (pour une partie des gens seulement, et avec des conséquences sur la biosphère terribles), après la délivrance des difficultés de la vie collective et de la politique par l’Etat et la caste des représentants/technocrates, les civilisés en arrivent à la délivrance de la pensée et de la liberté par l’avènement des rationnalités cybernétiques (IA) et des algorythmes adossés au Big Data. Les logiciels pensent pour nous et orientent nos « choix », quand ils ne prennent pas directement les décisions.

En voulant se délivrer des difficultés inhérentes à la vie, on en arrive à se « délivrer » de la vie elle-même, à se transformer en ectoplasme vide, en zombie, en pseudo-machine, qui erre abrutie entre l’infinité des « choix » distrayants fournis industriellement par les machines et les logiciels connectés, qui jouit mécaniquement d’une marchandise à une autre, qui, en réalité, ne vit plus rien, ne ressent plus rien, ne crée plus rien.

Le civilisé devient ainsi une marchandise morte qui s’échange et est gérée tout comme les autres marchandises mortes dans les flux tendus de la logistique techno-capitaliste, mortes mais agitées de multiples soubressauts stimulés électroniquement, un peu comme une grenouille décérébrée.

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La ville virtuelle ou réelle se mélange
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Fuir la réalité et le corps plutôt que l’assumer et faire au mieux

Plus généralement, cette volonté radicalisée de délivrance des contingences naturelles et politiques provoque une destruction de la biosphère et à son remplacement par un techno-monde cybernétique fabriqué par et pour les machines, les robots et les logiciels.
Pour le techno-capitalisme les processus naturels et les animaux issus de l’évolution ne sont pas assez performants et entravent les rêves de délivrance de la mort et de la souffrance ainsi que les besoins de croissance et de rentabilité, alors les techno-sciences s’évertuent (par les NBIC) d’aller au coeur des gènes et de la matière pour « recréer » sur mesure un monde selon les exigences délirantes et impossibles de la civilisation industrielle.

C’est donc du « fantasme de la délivrance » qu’il nous faut nous délivrer. Ainsi, il sera possible de vivre, de vivre en se libérant des structures qui vont avec ce fantasme (l’Etat-capitalisme, la civilisation industrielle), et de vivre plutôt bien si on évacue les systèmes de dominations, les carcans hiérarchiques, si on fait vivre une autonomie de subsistance et une vie politique intense.

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Fuir la réalité sordide dans des mondes de synthèse ou des captations des zones préservées

Voici certaines critiques envers le livre « Terre et liberté », dans deux articles :

- 1. À propos de « Terre et liberté » d’Aurélien Berlan, par Anselm Jappe (recension)

Cet article indique qu’il manque dans « Terre et liberté » une part de la critique de la valeur et de la critique de l’argent. Peut-être que ça aurait pu éclairer les passages sur l’industrialisme, le travail.
L’article dit aussi que la notion d’auto-défense en contexte d’autonomie n’est pas assez creusée (point soulevé aussi dans l’article cité ci-dessous).

Anselm Jappe dit aussi que la quête de la délivrance fait partie de l’humain tout comme l’autonomie.
C’est juste, face au mystère de la mort et aux difficultés de la souffrance les humains ont forcément envie de trouver des issues, des baumes.
Même si on arrive un jour à faire tout ce qui est possible pour faire vivre des sociétés sans dominations ni exploitations, où chacun.e pourrait vivre de manière digne et s’épanouir, où donc les souffrances diverses seraient fortement diminuées, le problème perdurerait. La conscience des réalités ne peut pas s’effacer.
Il faudrait donc (re)trouver d’autres voies que les machines, la cybernétique et le transhumanisme pour s’aider à s’accomoder des souffrances, des angoisses et de la mort qui font inévitablement partie de la vie.
Par exemple (re)développer des rituels, des formes de spiritualités, des expressions artistiques, des carnavals, des transes... car on constate que les solutions proposées par la science et la raison pure ne suffisent pas à calmer les angoisses métaphysiques et mènent souvent à des développements hyper-technologiques voire transhumanistes indésirables et posant de graves problèmes.
L’isolement individuel dans la cybernétique pourrait même accentuer les angoisses (suites aux confinements, les maladies mentales et suicides ont augmenté), un peu comme les drogués doivent augmenter les doses. A la place, il faudrait plutôt un surcroît de relations, de créativités, d’échanges humains...

La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital
Imiter les machines à défaut de pouvoir en devenir vraiment une

- 2. Comment appréhender intelligemment l’effondrement de l’État-nation ? (...) Même Aurélien Berlan, qui se défend pourtant d’être un « gauchiste » assimilant la liberté à l’oisiveté, dit des choses contradictoires sur le survivalisme. Dans le dernier chapitre de Terre et Liberté, il écrit d’abord que « le “subsistantialisme” est aux antipodes politiques du survivalisme des apprentis Rambo qui se préparent à l’effondrement dans leurs bunkers privés ou dans leurs “bases autonomes durables”. » Puis, quelques pages après, il rapporte qu’autrefois la paysannerie était incapable de s’organiser pour assurer sa défense, que cette faiblesse explique son asservissement systématique par les classes dominantes à la tête des États. (...) Terre et Liberté un bon livre de philosophie politique, mais un livre qui laisse à désirer sur le plan stratégique. Ce livre ne nous donne pas d’éléments pratiques pour réaliser concrètement le projet de société hautement désirable porté par Aurélien Berlan.

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Loin du monde, loin de la vie

P.-S.

Voir aussi :

Un techno-cocon qui, in fine, « ôte le trouble de penser et la peine de vivre »,

- La guerre des mondes
Depuis plusieurs décennies maintenant, au-delà des scrutins électoraux qui, le plus souvent, déçoivent les espoirs qu’y placent les citoyens en quête de transformations profondes et structurelles, des luttes politiques prennent corps et se déploient sur plusieurs terrains et plusieurs fronts, dépassant le traditionnel clivage gauche-droite. Aujourd’hui plus que jamais, dans un contexte d’accélération de l’effondrement du vivant, deux camps s’affrontent dans une lutte virulente : les partisans d’un monde vivant contre les artisans d’un monde-cyborg. Cette guerre des mondes s’annonce comme le combat politique du XXIe siècle.

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Monde d’avatars : changer d’identités constamment et influer ...sur un monde imaginaire

- Extraits :
(...)
En d’autres termes, le système techno-économico-politique qui s’impose progressivement à la faveur de la crise du Covid-19, cette « Mégamachine » qui-nous-veut-du-bien, entend prendre à son compte l’entièreté de la vie humaine, de la naissance à la mort, et corriger toutes les « imperfections » et les « erreurs » de la nature, tout en annihilant la part d’humanité en l’homme.
Au fond, ayant programmé la mort de toutes formes de vie sur la planète, dont celle de l’espèce humaine, la civilisation techno-industrielle réduit la nature à une machine cybernétique régulée par des flux d’informations et de données auxquels les humains et les non-humains sont sommés tout à la fois de se connecter, de se conformer, de s’adapter et finalement de se soumettre.
(...)
Dans ce monde globalisé, informatisé, automatisé, artificialisé, hiérarchisé, militarisé et finalement déshumanisé, la nature est ce qui résiste encore et toujours à la Mégamachine.
Cette nature qui se défend est aujourd’hui incarnée par des hommes et des femmes qui, refusant la marche implacable du « Progrès sans le peuple », s’engagent, dans tous les pays du monde, dans des luttes de résistance radicales contre ce que Jacques Ellul appelle le « totalitarisme technicien », à travers une diversité et une variété de mouvements, d’initiatives et d’actions – l’utopie concrète, la désobéissance civile, l’occupation, le blocage, l’action directe, l’émeute, l’insurrection…
Ainsi dominé et asservi, le monde entier, social et naturel, devient peu à peu un « monde-cyborg » géré, managé, optimisé, piloté « à distance » par une classe de technocrates hors-sol – la classe dominante de nos jours –, à la fois agents et bénéficiaires de la mondialisation néolibérale qui, particulièrement depuis le tournant des années 1980, accroît toujours plus les inégalités socio-économiques et dévaste la nature, souvent de façon irréversible, sur toute la surface du globe.
(...)
Au Nord, ce sont les écologistes radicaux, les décroissants, les zadistes, les néo-luddistes, les anarcho-primitivistes, les éco-guerriers. Au Sud, ce sont les peuples autochtones et indigènes qui se battent, parfois depuis des siècles, contre les violences de la modernisation occidentale.
En protégeant les conditions d’habitabilité de la Terre et d’existence du vivant, en aspirant à des formes de vie alternatives, en expérimentant d’autres manières d’être aux autres, d’habiter et de faire monde, en réinventant un nouveau rapport sensible à la nature, ces partisans d’un monde vivant, ces « terrestres », se battent, la liberté chevillée au corps, pour libérer la biosphère de l’emprise mortifère de la technosphère, pour sauver le monde commun de la rapacité et de la voracité d’un système prédateur, pour qu’advienne enfin un véritable changement de civilisation porteur des valeurs de liberté, de justice et de paix.
En ce sens, ils et elles font vivre une nouvelle ligne de fracture, un nouveau front politique, en un mot, une nouvelle guerre des mondes. Cet affrontement sans merci est le combat politique du XXIe siècle. Quelle en sera l’issue ?

La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital
S’attaquer à la mégamachine au lieu de s’y confondre et dissoudre

Nature et liberté

« Charbonneau et Ellul mettent l’accent sur le nécessaire changement des structures (l’État, la technique, l’information, etc.) et du style de vie quotidien. Ce qu’ils redoutent dans la « crise de civilisation », c’est moins la décomposition de la société qui résulterait de l’absence de valeurs communes que la perte de la liberté, la clôture totalitaire de la vie sociale qui résulterait de l’hypertrophie des structures techniques et de l’appareil gestionnaire. »

« Charbonneau redoute que tout autant que la compétition pour la puissance politique, la recherche de la puissance technique et économique ne finisse par contraindre les hommes à se soumettre à une organisation totale qui seule pourra (peut-être) les sauver du chaos social et écologique, mais au prix de leur liberté : « Parce que notre puissance s’élève à l’échelle de la terre nous devons régir un monde, jusqu’au plus lointain de son étendue et au plus profond de sa complexité. Mais alors l’homme doit imposer à l’homme toute la rigueur de l’ordre que le Créateur s’est imposé à lui-même. Et le réseau des lois doit recouvrir jusqu’au moindre pouce de la surface du globe. En substituant dans cette recréation l’inhumanité d’une police totalitaire à celle d’une nature totale.
Le mouvement même de la modernisation expose donc l’humanité tout entière à un risque d’une nature nouvelle : pour échapper à sa soumission originaire à la nature, les exigences du progrès conduisent l’homme à se soumettre à une « seconde nature », qui serait sociale cette fois-ci, et tout aussi inhumaine que la première. La déshumanisation par l’organisation totale, « l’inconcevable fin d’un monde parfaitement clos dans ses frontières » : tel est l’enjeu de la rapide montée en puissance de la technique et de la science. »

- https://www.lechappee.org/collections/poche/nature-et-liberte

Portfolio

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10 Messages

  • La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital Le 2 juillet à 10:43, par Heska

    Oui et non, Simon.

    Effectivement, nous manquons d’éléments matériels archéologiques pour savoir à quelles difficultés étaient confrontées les sociétés du paléolithique inférieur ou du mésolithique. Et encore là faudrait-il pouvoir distinguer nettement la vie des chasseurs-cueilleurs nomadisants et des chasseurs-cueilleurs sédentaires, surtout concentrés, pour ce que l’on en sait, dans les zones humides des deltas et des lacs.

    Sans parler des probables innombrables formes intermédiaires qui ont existé entremêlant la chasse-cueillette et le petit élevage/jardinage.

    Néanmoins plusieurs anthropologues pensent que dans tous les cas l’intensité de travail quotidienne était beaucoup plus faible que la nôtre aujourd’hui.

    Le problème d’un producteur bio, et pour avoir été ouvrier agricole en maraîchage bio pendant plusieurs années j’en connais la dureté, est qu’il fournit seul ou presque de la nourriture à quelques centaines de clients. Mettons deux cents pour deux hectares de plein champ et 3000m² de serres.

    Une grande partie de ces personnes venues à leur étal sont occupées à des boulots qui ne leur permettent pas de produire leur nourriture : elles entretiennent des routes pur que des véhicules à moteur y circulent facilement, enseignent les maths au lycée ou la socio en fac, échafaudent des financements de projets, des campagnes de publicité, servent des boissons aux touristes, coulent du béton ou assemblent des charpentes, conçoivent des systèmes techniques, fabriquent des armes (je connais un ingé de la branche hélico d’airbus), vendent des ordinateurs ou programment des logiciels, soignent des gens ou des chiens, veillent sur des animaux captifs, remplissent des paquebots de touristes, bidouillent des gènes ou des molécules, nettoient des chambres d’hôtel, pensent et contrôlent le système administratif et normatif qui encadre toutes ces activités ou jouissent d’une confortable retraite après avoir exercé durant leur vie professionnelle quelques uns des boulots mentionnés plus haut (pas les piaules d’hôtel...). Tout cela dans une division des tâches qui fait que personne ne comprend le boulot des autres voire dans certains cas pointus (recherche mathématique ou épigénétisme) de leurs collègues proches.

    Tout cela avec comme effet de bousiller l’environnement dont nous sommes issus et ravager la planète.

    Il y a donc une incroyable quantité de boulots inutiles, aliénants et toxiques (ce n’est pas le cas de tout ceux que j’ai cités) qui ne visent qu’à faire tourner la machine le plus longtemps possible au super-profit de quelques uns.

    Donc oui, trouver et produire sa nourriture et son abri, c’est du travail, dans le sens où cela demande de l’énergie, du temps, de la détermination. Mais devoir surproduire, ça c’est le vrai travail, dans le sens de souffrance et de contraintes hiérarchiques. C’est de celui-là que nous, les humains, devrons nous débarrasser pour nous donner une chance de vivre encore sur cette planète.

    Comme on ne revient pas en arrière, ce concept n’a pas de sens, nous ne dupliquerons jamais les sociétés d’avant la généralisation du modèle agricole/sédentaire/urbain/étatique. Nous ne serons plus des chasseurs-cueilleurs du VIIIe millénaire avant notre ère, mais peut-être de petits agriculteurs-recycleurs.

    Le modèle proposé par Berlan n’est pas généralisable aujourd’hui, peut-être ne verra-t-il pas le jour. Mais comme il est impossible de poursuivre sur la trajectoire actuelle, il n’y a pas de mal à chercher et expérimenter, sans se laisser aveugler par le miroir aux alouettes de la « cité idéale » de Spartacus, de Jean de Leyde, de Fourier ou de Musk.

    Nous serons moins nombreux, vivrons peut-être moins longtemps, nous aurons mal au dos (mais n’est-ce pas déjà le cas ?) mais nous cesserons de scier la branche sur laquelle nous sommes assis et n’entraînerons pas dans notre chute les nombreuses autres formes de vies qui, pour autant qu’on le sache, font de notre planète une rareté si pas une exception.

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  • La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital Le 1er juillet à 19:59, par simon

    Désolé de faire encore le chieur de service, mais le peu que j’entrevois des propos d’Aurélien Berlan, me fait craindre le pire ;
    Son exemple n’est pas généralisable puisqu’il fait part, par ailleurs, de sources de revenus complémentaires et surement confortables, et son expérience à déjà maintes fois été tentée, avec peu de réussite dans la durée : "La Cécilia" et tant d’autres expériences communautaires post 68.
    La "nature" n’est pas si généreuse et vivre en autonomie , hors aide technique, implique souvent de travailler des ’étoiles aux étoiles", et d’avoir une vie de bête de somme harassante, usante, faisant vieillir prématurément. "Jardiner" n’est qu’une gentille occupation, demandez aux producteurs bio du coin..
    Ceci sans compter, d’autres effet néfastes sur la santé face auxquels on se retrouve impuissant ( effroyable taux de mortalité infantile et péri infantile et autres), de plus on ne parlera pas des relations sociales régies surtout par un contrôle permanent des uns sur les autres - que vont dire les voisins ?- On est loin de la liberté et sans parler du pouvoir que s’approprient inévitablement les plus asociaux et malfaisants, et sans compter encore les relations intergroupe axées sur le conflit et la violence.
    En fait les conditions des humains à l’intérieur des société, rurales ou préindustrielles sont peu documentées, de cette invisibilité il résulte une idéalisation.
    "  Dans ce mode de vie fait de cueillette et glanage, jardinage et petit élevage, partage et transformation des surplus, chantiers collectifs et entraide entre voisins, économie informelle et commerce parallèle, j’ai trouvé une immense liberté.
    Liberté donc, pour pasticher une célèbre formule du jeune Marx, de faire du potager le matin, de rénover un bâtiment l’après-midi et de philosopher le soir. »

    On voit que le jeune Marx, n’avait jamais touché de truelle ni de bêche : le soir tu es tellement abruti de fatigue qu’il ne te reste plus le goût de philosopher ( réservé aux aristocrates oisifs sur l’agora).
    Bref, Aurélien Berlan serait -il le successeur de cet escroc de Pierre Rabhi ?
    Bien entendu, mon point de vue est sommaire et demanderait à être mieux étayé et développé, je voudrais, sans prétention, vous mettre en garde contre l’enthousiasme que peut susciter le nouveau livre "qui dit la vérité".
    Sinon, oui la condition humaine est tragique et ce fut une erreur gravissime de tenter d’y échapper.

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    • La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital Le 2 juillet à 01:57, par simon

      P S :
      J’accuse les premiers hommes d’être descendus de l’arbre,
      J’accuse les seconds de ne pas y être remontés.....

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    • La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital Le 2 juillet à 13:13, par Antitech 26

      Bien sûr il ne s’agit pas de faire de ce livre de Berlan une sainte bible, on a d’ailleurs mis quelques critiques à la fin de notre article.
      Comme le dit Heska son expérience perso de vie est juste une expérimentation.
      La formule de Marx, peut-être faut la voir plutôt comme une invitation à inventer autre chose que comme un programme applicable directement.

      Il ne s’agit pas d’en revenir au passé, ce qui est de toute façon impossible, mais idéalement de construire des sociétés très nettement meilleures que l’actuelle ET que celles du passé.

      On est contre la plupart des technologies modernes, mais pas contre les techniques en soi. Des techniques low-tech et maîtrisables sont possibles, qui allégeraient le dur labeur paysan.
      Les techniques sont à inventer et adapter en fonction du type de société que l’on veut.
      Si on veut la démocratie, l’autogestion, l’autonomie, la liberté, l’égalité sociale, alors ça implique d’utiliser/créer certains types de techniques, et pas d’autres, idem pour les instances politiques et l’organisation sociale.

      Et puis davantage de cueillette et des « jardins forêts » en mode permaculture pourraient aussi faire moins de travail à terme, une fois la vitalité des sols acquise et les connaissances bien établies dans ces domaines.

      Plusieurs choses pourraient faire que les labeurs (paysans ou autres) ne soient pas si difficiles :

      • . des techniques low-tech et maîtrisable localement donc
      • . la fin du productivisme forcené (moins de choses à produire = moins de travail)
      • .la fin des gaspillages inhérents aux transports longues distances et à la grande distribution, au système marchand en général (moins de choses à produire = moins de travail)
      • . une frugalité/sobriété relative (moins de choses à produire = moins de travail). Remplacer les objets de consommation pléthoriques par l’art, la culture, la politique (une vie politique démocratique intense empêcherait les éternels dominants de reprendre le pouvoir, et on peut espérer à terme qu’il y en ait moins), ce qui demande moins de travail physique pénible
      • . la fin de tas de nombreux travaux néfastes comme le dit Heska, certains étant pénibles, donc de nombreux bras disponibles pour que ce qui est à faire ne retombe pas sur quelques uns
      • . la fin de l’accaparement de la plupart des productions par des riches et des puissants
      • . plus besoin de travailler pour pouvoir payer des loyers exorbitants, pour alimenter les flux d’argent qui surgavent les riches
      • . une organisation collective autogérée qui permettrait de répartir la charge de travail (et de diminuer la spécialisation ), notamment lors des coups de bourre, ce qui allégerait fortement la charge mentale et physique des « responsables » réguliers d’un secteur d’activité – Et cette autogestion des activités de subsistance doit être pensée à échelle de village/quartier, pas pour un foyer ou juste 2-3 collectifs, sinon c’est trop lourd et il y a des manques de compétences/ressources.

      Et puis s’activer, même parfois durement, dans une société autogérée non-productiviste, pour subvenir directement à sa propre subsistance, c’est nettement plus supportable que d’être sous la coupe de patrons, d’actionnaires, d’impératifs abstraits et mondialisés de fabrication de valeur via le salariat (lui même transformé en activité standardisée échangeable sur le grand Marché) où on ne maîtrise rien, même si le travail en question semble certaines fois moins pénible.

      Je parle ici d’expérience vécue plusieurs années, à petite échelle, dans une communauté de vie, avec une activité de type agricole, plus petit jardin et aller couper et chercher le bois en forêt. Il y a la difficulté de l’entente et des relations humaines, mais si on arrive à s’en dépatouiller (ce qui est très difficile, surtout qu’on vient de la société existante, et qu’on a ni expérience ni « formation » en ce domaine) la charge de travail est répartie, il y a des tour de rôle, on peut se faire remplacer pour faire autre chose (si malade, besoin de sortie, pause, loisir ou autre) plus facilement que si on est juste 2 ou 3 à tout faire.
      En fait la vraie difficulté est les relations humaines, le reste c’est juste de l’orga, de l’expérience, de l’apprentissage, de l’activité physique ou intellectuelle.

      La priorité d’une société autogérée démocratique et écologique serait donc le soin constant des relations humaines, les problèmes techniques ou de répartition des labeurs c’est fastoche en comparaison. La fin du capitalisme et de l’Etat, et donc la fin de la concurrence généralisée, l’apprentissage de la responsabilité, la pratique constante de la politique, aideront grandement mais ne suffiront pas, il faudra aussi des apprentissages et "entraînements" depuis le plus jeune âge (à la coopération, à la gestion pas consentement et au compromis), et aussi que chaque personne puisse disposer des moyens pour s’épanouir dans sa vie (ce qui est impossible sous le règne du capitalisme), car une personne épanouit à peu près en paix avec elle-même va beaucoup moins poser de conflits, chercher à exister par la force, la domination ou la consommation, elle sera plus disposée à composer avec ses voisins et à participer sereinement et constructivement à l’autogestion générale.

      Le système techno-industriel « résout » le problème crucial des relations humaines (inter-individuelles et politiques) via des organes centralisés autoritaires, des règles externes incontournables (le Marché, la concurrence, l’impératif de valorisation du Capital), via des foyers réduits de familles avec couple (maintenant souvent du monoparental, en attendant l’individu seul comme dans le livre Le Meilleur des Mondes), des relations éphémères sans engagement, via la délégation totale de la politique, la spécialisation, la déresponsabilisation, la délivrance dont il est question dans le livre de Berlan.
      Tout ceci pose en retour d’autres problèmes, bien pires que ceux qu’on cherchait à « résoudre ».

      Tiens, ça pourrait presque faire un article tout ça...

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    • La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital Le 2 juillet à 14:39, par g

      ouha c’est sur que toi t’es pas dans le discours idealisant...
      « effroyable taux de mortalité infantile et péri infantile » « contrôle permanent des uns sur les autres »
      « sans parler du pouvoir que s’approprient inévitablement les plus asociaux et malfaisants »
      - je vois pas trop comment pourquoi les enfants mourraient plus
      même si c’est vrai qu’on est devenue le seul mamifere a ne plus savoir accoucher seul et nourrir son enfant sans recour a l’industrie
      - on est controler h 24 par l’etat et ses flics et je ne voit pas en quoi on ferait pire en etant plus libre dur vision de la liberté
      - le pouvoir approprié par les asociaux la faudra vraiment m’expliquer où et quand on voit ça sauf a dire que les associaux et malfaisant sont les politique qui nous administre là daccord
      bref le peu que je peux connaitre de lieu ou des gens essaie de s’affranchir de la techno-industrie-etat... c’est pas si pire mais c’est vrai que ça refait un peu les niveau : il faut que les privilégiés du monde industriel en lache un peu voir beaucoup de leurs privileges
      ça pas l’air facile pour eux simon je te l’accorde...

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      • La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital Le 2 juillet à 19:35, par serge

        L’ignorance sait avec assurance : les taux de mortalité infantile n’ont en effet jamais été aussi élevés qu’aux débuts de l’agriculture : promiscuité, apparition des maladies dites aujourd’hui « infantiles ».
        Il est de notoriété commune (du moins parmi les anthropologues) que les sociétés « traditionnelles » étaient des sociétés d’une forme de contrôle totalitaire, la vie s’y déroulant sous le regard constant des autres (s’isoler avait quelque chose d’anormal) tandis que les pensées originales s’apparentaient à une menace pour le groupe. Encore à Athènes, Socrate fut condamné pour pensée déviante. Il y a effectivement de quoi remettre à leur place bien des libertariens qui s’ignorent en se croyant sociaux, qui s’imaginent libres de toute nécessité vitale, à la manière dont les transhumanistes croient pouvoir dominer la mort.

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      • La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital Le 3 juillet à 00:45, par simon

        Je l’ai dit : mon article mal construit, est à développer, à affiner ,à actualiser, bien sûr ; je m’appuie en fait sur mon expérience de vie communautaire post 68arde, nous voulions déjà nous affranchir de « la société de consommation » (c’était honorable). Le résultat n’a pas été à la hauteur, et ne voulant pas devenir une secte nous avons laissé le plus dominant à sa « dominance ».
        D’autre part , c’était la fin du modèle quasi autarcique, des villages -on disait ’« des pays »-, où effectivement le contrôle social était très rigide ( la commères surveillaient les linges hygiéniques lavés et étendus pour en déduire la grossesse ou non d’une telle, par ex. On ne jetait pas de la nourriture :« mon dieu que vont dire les voisins ? ») Idéalisés par Ferrat et dans une moindre mesure Giono ou d’autres -Clavel-, on a pu dire que les paysans étaient en fait« des survivants ».
        La mère de Napoléon -pourtant noble- a eu 13 enfants dont 5 morts nés ou en bas age, c’était le taf de l’époque, et encore, elle, a survécu. En Afrique le problèmes liés à l’accouchement sont encore fréquents massivement, vouant les malheureuses mères ayant eu des problèmes . à l’opprobre.
        Je ne connais pas les réalités des structures néo- néo rurales, tant mieux si ça fonctionne sans gourou et sans intrants technologiques, et donne espoir
        il ne faudrait pas oublier d’anticiper du comment tout ça pourra se mettre en place pacifiquement, dans une humanité de 8 milliards d’humains, ultra archidivisée en une multitude de religions, de peuples, d’ethnies de tribus , de clans, d’isolats etc... qui ne partagent surement pas la même conception du désirable et du convenable..
        Bien entendu il faut saluer tous ceux qui tentent de mettre en place une alternative dont je persiste à rappeler, que ça n’est pas si nouveau, et que les échecs, peu analysés, ont été quasiment la règle.
        Bon, il faudrait que je secoue Alzheimer qui me gagne,
        , et que je sois plus rigoureux et didactique... d’autres s’y colleront peut être.
        Une « anecdote » peut être : Levy STRAUSS, ayant décrit par le menu, l’organisation archi complexe et très codifiée, du village d’un peuple reculé en Amazonie, concluait : "finalement je ne vois à cette complexité, qu’une seule utilité : camoufler le fait qu’il y a des riches et des pauvres... Et oui, même dans cas là.

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        • La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital Le 3 juillet à 10:02, par Sandrine

          Serait-il possible d’avoir la référence de cette citation de Levi-Strauss que je ne connais pas (la citation i.e. pas Levi Strauss) ?

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          • La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital Le 3 juillet à 13:21, par simon

            Bonjour Sandrine, ravi de te relire ; et autant pour moi : Levi et non pas Levy ( Alzheimer fait des siennes), la citation est tirée de l’inévitable et indispensable « Tristes tropiques », dans la partie centrale du livre consacrée plus particulièrement aux divers « peuples premiers » rencontrés - Je ne me souviens pas exactement, mais il s’agit peut- être des Bororos , qui ont encore alors la vie sociale la moins dégradée - Mais je vois à peu près où ce texte se situe au sein du livre-, je vais essayer tout de même, une relecture, si je retrouve le livre - pas gagné ; je me sens dorénavant hors du monde.
            Cette assertion en son temps, m’avait vraiment frappé et c’est pour ça que je me la rappelle avec acuité.

            Sinon, la collection « terre humaine » devait ; à l’origine, comporter 3 volets, le premier relatant avec profondeur, la vie « des peuples premiers » en grave danger de disparition, le second plutôt consacré à la description des sociétés traditionnelles occidentales telles qu’elles étaient confrontées à une évolution-déstrucruration ultra rapide causée par l’avènement de l’industrialisation et l’exode rural, et c’est surtout, dans notre cas, cette partie qui devrait être la plus la plus intéressante, la plus étudiée, car elle devrait rappeler la profonde misère des hommes de cette époque, aux partisans d’un retour à une /des formes de sociétés anindustrielles,et qui devraient scrupuleusement s’attacher à ces description de réalités vécues dans la souffrance et la cruauté.. Le troisième devant décrire justement l’adaptation des sociétés premières à la civilisation hors sujet.

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      • La volonté de délivrance des réalités difficiles de la vie et de la politique mène aux tyrannies de la techno-industrie, de l’Etat et du Capital Le 5 juillet à 12:15, par simon

        t’es un marrant toi ;
        Je te cite :« je vois pas trop comment pourquoi les enfants mourraient plus »

        Pour info :
        Mortalité infantile : pour chaque enfant, une chance de vivre
        © UNICEF/UN0154492

        De considérables progrès ont été accomplis pour remédier à la mortalité infantile, mais la situation est toujours grave dans plusieurs régions du monde.

        Les efforts entrepris depuis plusieurs années pour lutter contre la mortalité infantile et la mortalité néonatale ont porté leurs fruits. En 1990, on déplorait la mort de 12,7 millions d’enfants de moins de cinq ans. En 2013, ce chiffre a diminué de moitié. Ces progrès constituent un atout indéniable pour atteindre les Objectifs de développement durable. Certains des pays les plus pauvres au monde, comme le Cambodge, l’Éthiopie, le Bangladesh et l’Ouganda ont d’ailleurs réduit d’au moins deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans. Entre 2000 et 2015, 50 millions de vies ont pu être sauvées.

        Ces avancées ne doivent toutefois pas nous faire oublier qu’aujourd’hui encore, 7000 nouveau-nés meurent chaque jour. La plupart de ces morts surviennent en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, et particulièrement en Inde, au Pakistan, au Nigeria, en République démocratique du Congo et en Éthiopie.
        Vu sur : https://www.unicef.fr/dossier/mortalite-infantile

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