La mise en réseau du monde, un maillage totalitaire porté par la droite et la gauche de gouvernement

La technologie révèle le caractère éternellement militaire de l’État

mardi 8 juin 2021, par Phénix.

Alors que la gauche comme la droite dites "de gouvernement" ne jurent que par le progrès (lequel ?, le progrès de quoi ?) par la technologie, l’innovation technologique, le déploiement partout du numérique et de ses réseaux, examinons quelques critiques de la technologie et des réseaux.
Car les technologies de la civilisation industrielle, c’est le techno-capitalisme, le monde Machine, la surveillance et le contrôle intégral, la bureaucratie totalitaire décuplée, la disparition du vivant au profit des algorithmes...
Car le numérique partout, c’est l’inverse d’une solution, c’est le tombeau de l’écologie.

LA TECHNOLOGIE, L’ÉTAT ET LE MAILLAGE TOTALITAIRE (LA « MISE ENSEAU ») DU MONDE

Dans cet excellent livre, qui fait suite à 𝑇𝑒𝑟𝑟𝑒𝑢𝑟 𝑒𝑡 𝑝𝑜𝑠𝑠𝑒𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛, PMO (Pièces et Main d’Oeuvre) continue de mettre en lumière les dynamiques constitutives du développement de l’État et de la technologie. Ce faisant, ils exposent le caractère éternellement militaire de l’État, cette forme d’organisation sociale qui s’efforce de toujours mieux contrôler sa population que celle-ci croît et que les moyens technologiques qu’il met à sa disposition sont toujours plus puissants. La recherche militaire, « de défense », implique entre autres monstruosités toutes sortes d’expérimentations avec des virus (guerres biologique/bactériologique) :

« Les envois de lettres empoisonnées à l’anthrax, aux États-Unis, en 2001, amalgamés aux attentats du 11 septembre, ont servi à un déchaînement sécuritaire, législatif et techno-scientifique, dont ont profité tous les États, et tous les appareils militaro-scientifiques de la planète. Or les autorités américaines savaient dès octobre 2001, et leurs pareilles étrangères, dès novembre, que la souche de charbon utilisée pour ces envois provenait du laboratoire militaire de Fort Detrick, dans le Maryland. Le dernier suspect officiel dans cette affaire, le Dr Bruce Ivins, chercheur à Fort Detrick, s’est opportunément suicidé en juillet 2008, clôturant du même coup, la très nonchalante enquête du FBI. »

La mise en réseau du monde, un maillage totalitaire porté par la droite et la gauche de gouvernement
Un livre de PMO

PMO cite un extrait d’un article du 𝑀𝑜𝑛𝑑𝑒 de 2006 :

« Le docteur Richard Ebright, biologiste moléculaire de renom de l’Institut Wakman, dans le New Jersey, aime à citer une étude de février2001 qui rappelle que : “La grande majorité des vingt et une attaques biologiques menées au cours des années passées ne l’ont pas été par des terroristes, mais par des chercheurs ayant accès aux (agents)pathogènes.” »

Évidemment. La puissance technologique étant aux mains des États du monde entier, qui entretiennent des liens ambigus (financement, etc.) avec des groupes terroristes qui leur servent opportunément d’ennemis. Plus les États du monde développement d’armements (y compris bactériologiques) dans leurs laboratoires, au motif de leur « sécurité nationale », de toutes sortes de « menaces » plus ou moins imaginaires, plus ou moins entretenues, ou plus ou moins absurdes, plus ils doivent renforcer le contrôle et la surveillance de leur territoire. Cercle vicieux du développement totalitaire de la technologie. PMO note :

« Sous le terme large et polysémique de “crise”, jamais défini mais abondamment exemplifié, la stratégie de “sécurité nationale” réunit des événements aigus et soudains, et des situations en plus ou moins lente dégradation, mais tous réductibles à un argument commun, tel un film en accéléré ou au ralenti. La nation subit une agression plus ou moins dangereuse pour sa paix ou sa vie ; l’État applique toutes les mesures préventives et défensives pour son propre maintien sur la population et le territoire. Sans tenter un impossible relevé exhaustif, on peut inventorier quelques-unes de ces crises si obsessives dans la communication officielle et ses multiples canaux que leur fatalité, non leur évitement, semble l’objet de leur préparation. Et parmi les plus annoncées dans les années à venir, la pandémie, qui mobilise aussi bien la bureaucratie mondiale de la santé, que l’armée et les autorités des mégalopoles. Nœuds de communication et foyers d’incubation, celles-ci favorisent la diffusion volontaire ou accidentelle de la dengue, du chikungunya, du SRAS, ou de la dernière version de la grippe, espagnole, aviaire, mexico-porcine, etc. À New York, la surveillance 24 heures sur 24 des 7000 employés du département de santé municipal vise à réagir “dès les premières 48 heures d’une crise” : détecter tout nouveau fléau ; repérer les malades et les contaminés ; isoler les contagieux ; cloîtrer ou évacuer les populations ; maîtriser les contrevenants. Bien entendu, cette “crise sanitaire” procède d’une “crise de civilisation”, comme on “maladie de civilisation” ; inconcevable sans une certaine monstruosité sociale et urbaine, sans industrie, notamment agro-alimentaire et des transports aériens. »

C’était en 2009. Car contrairement à ce que croient les nés de la dernière pluie, qui s’engouffrent alors dans toutes sortes de théories du complot parfois bien farfelues, le développement d’une pandémie ou d’une épidémie, dans la situation qui est la nôtre, n’a rien d’étonnant. Les conditions d’existence caractéristiques de la civilisation — concentration des humains, concentration des autres animaux domestiques, d’élevage, à proximité des humains, destruction des biomes et des biotopes, des équilibres dynamiques du monde naturel, etc. — sont d’excellentes conditions de développement et de propagation de maladies infectieuses. À ces conditions s’ajoutent les expériences scientifiques dangereuses effectuées dans toutes sortes de laboratoires, privés et « publics », sur des virus et différents pathogènes, susceptibles de générer — l’erreur étant humaine, en attendant l’inhumanité complète d’un monde entièrement robotique — toutes sortes d’accidents. Et les chercheurs cinglés, comme Bruce Ivins.

La mise en réseau du monde, un maillage totalitaire porté par la droite et la gauche de gouvernement
Surveillance 24H/24 du monde réel comme du monde virtuel

Concernant la technologie et son caractère totalitaire, PMO remarque :

« On ne rabâchera pas que le “web”, c’est la toile dont nulle 𝑢𝑛𝑖𝑣𝑒𝑟𝑠𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑎𝑟𝑎𝑔𝑛𝑒 n’aurait osé rêver : le 𝑛𝑒𝑡, un filet ; de même que les “réseaux” ou plutôt “les rets”, engins de pêche, de chasse et de combat dans l’arène. On ne s’inquiétera pas avec la geignardise vigilante et citoyenne de ce que tel chasseur d’hommes aurait pu faire d’une telle arme ; ni de ce qu’il adviendrait si elle tombait “en de mauvaises mains”. Son existence même prouve assez que, bonnes ou mauvaises, nous sommes pris en mains. Le techno-totalitarisme ce n’est pas tel dictateur, partisan de l’État total, voire le ministre de la police au pouvoir de l’e-gouvernement plutôt que son rival de l’opposition, ou d’avenir mieux assuré, l’écologiste implacable et compétent de bonne gouvernance des déchets ; mais l’e-gouvernement lui-même, maillant chaque parcelle du pays et de sa population. »
(La crédulité d’une large partie de la population, son acquiescement au développement totalitaire de la technologie, s’illustre tout particulièrement dans la popularité (encore aujourd’hui) de Barack Obama. Dans un article intitulé « “Une économie de la promesse” : mythes et croyances pour vendre du 𝐵𝑖𝑔 𝑑𝑎𝑡𝑎 électoral », Anaïs Theviot, spécialiste du militantisme sur internet, souligne :

« En France, dès 2009, le rapport de Terra Nova (créée en mai 2008, Terra Nova est un think tank français de gauche qui affiche sa position centrale dans l’expertise socialiste (plus de vingt mille abonnés et près de deux mille adhérents déclarés)), se fondant sur quatre-vingt entretiens réalisés avec les principaux acteurs de la campagne américaine de B. Obama de 2008 à Washington, New York et Chicago, avait mis l’accent sur l’importance de la constitution d’une base de données qualifiée pour le Parti Socialiste (PS) français :

“Leçon n°5 - les bases de données : la rupture orwellienne. (…) Barack Obama a réussi le rêve orwellien de tout candidat américain : ficher l’intégralité du pays. (…) Elle repose sur la technique du micro-targeting : il s’agit de consolider le maximum de bases de données existantes (bases électorales, commerciales, politiques) afin d’obtenir des données individuelles sur tous les électeurs. Ces données sont utilisées pour élaborer des messages personnalisés, notamment pour le porte-à-porte.” »)

(post de Nicolas Casaux)

- Voir aussi L’Etat, une structure militaire de crime organisé avec un visage civil - Technopolice, complot permanent, secret, surveillance... au service de la civilisation techno-industrielle

P.-S.

Sur le numérique et son monde dévastateur :

- Sur le numérique, voir : Les technologies numériques, un piège dévastateur socialement et écologiquement

- et les liens :

  • Économie numérique : la mue du capitalisme contemporain - Alors que la numérisation de la vie s’intensifie au temps des confinements, il est urgent de penser comment la « Révolution numérique » façonne un nouvel ordre économique qui étend l’emprise destructrice du capitalisme industriel sur la nature et la société. Deux ouvrages récents discutés ici par l’économiste Hélène Tordjman nous aident à avancer sur ce chemin.
  • Transition numérique : pour continuer comme avant - Bonnes feuilles – Face aux épineux problèmes écologiques, les technologies numériques sont souvent présentées comme un remède, rendant compatibles nos vieillottes infrastructures avec les impératifs de sobriété. En reparcourant l’histoire de l’électricité et en analysant la manière dont cette énergie est aujourd’hui pensée, Gérard Dubey et Alain Gras offrent un recul critique salutaire sur les promesses soi-disant fabuleuses de notre présent.
  • Le « bon sens » de la numérisation - Ou le nassage des possibles - La crise sanitaire a servi d’accélérateur pour le processus en cours de numérisation ultra capitalisée du social. Pêle-mêle il sera question ici de "sans-contact", de "cellules de numérisation", de "Sentiment de Satisfaction Personnelle" et plus généralement du projet, annoncé comme tel, d’« intégration permanente de la technologie dans tous les aspects de la vie des citoyens » - ici, principalement de ceux et celles qui veulent encore apprendre.
  • La violence (de l’) informatique - Introduisons, d’abord rapidement, l’ouvrage, avec son titre à double sens. Le message (implicite) que diffuse « la culture digitale » est un appel au meurtre : il faut écraser les opposants à « l’économie numérique » ou à la nouvelle révolution industrielle, ou il faut discipliner « les jeunes », les dresser et les transformer en militants enthousiastes de la nouvelle culture révolutionnaire. Brandissant leur smartphone en guise de drapeau rouge.
  • Sans smartphone, pas de liberté ? - N’est-il plus possible d’imaginer préserver des libertés publiques sans avoir recours à un « smartphone », à une caméra et à toute l’infrastructure numérique que cette quincaillerie alimente et génère ? N’est-il pas contradictoire et singulièrement imprudent d’attribuer à un instrument symbolique de la start-up nation, un rôle central dans le combat pour la liberté ? Retour critique sur la contestation de la loi Sécurité Globale.
  • Ne laissons pas s’installer le monde sans contact - Tant de gens parlent du « jour d’après », de tout ce qu’il faudra accomplir et obtenir après le coronavirus. Initié par le collectif Ecran total et Ecologistas en accion, ce texte soulève le risque que les bonnes résolutions pour le jour d’après soient déjà neutralisées par l’accélération en cours de l’informatisation du monde. Il propose un boycott massif de l’application Stop-COVID19 qui sera mise en place au mois de mai.
  • Peut-on s’opposer à l’informatisation du monde ? - Sommes-nous encore libres de décider de nos usages et modes de vie collectifs ? L’auteur fait le constat du paradoxe d’une société où le diktat technologique impose, malgré la volonté de ses citoyens, l’implantation et l’utilisation de technologies numériques de plus en plus performantes et pénétrantes (comme la 5G), alors même qu’elles contribuent à accélérer la catastrophe écologique en cours.
  • Sans Contact - Stratégie du choc et résistances à la numérisation de l’école - Fermée à deux reprises durant la pandémie, subitement devenue priorité nationale après l’assassinat de Samuel Paty, mais aussi promise à disparaître petit à petit dans les nuages des écrans tactiles et des logiciels éducatifs : l’école est au centre des débats. Pour en explorer les couloirs et les salles, c’est à Grenoble que la fine équipe de Z a posé ses valises cette année.

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