La guerre ... des chiffres (le retour)

Vous l’avez voulu la voilà ...

vendredi 1er mai 2020, par Zamba The hut.

Remise en contexte des chiffres du COVID-19 :
- comparaison de la situation en France avec d’autres pays européens.
- Influence du confinement sur la propagation du virus
- Remise en contexte historique avec d’autres épidémies depuis 1945

Attention voilà le retour du bipède complotiste, antisioniste et macho (voir les commentaires du précédent article) avec ses chiffres sortis de son chapeau et ses interprétations douteuses sur la bienveillance de nos gouvernants... Tout le monde n’a pas la sagesse d’attendre plusieurs années pour essayer de comprendre ce que l’on vit en ce moment.

Le premier article avait été écrit le 10 avril dernier, le nombre de cas confirmés et de décès commencait à augmenter à l’échelle de la France. On en était au début de l’épidémie et les chiffres cités à l’époque correspondait à cette phase épidémique. D’où les pincettes à prendre dans ce genre d’exercice ...

Je reprends la souris et le clavier car on est à peu près en fin de pic épidémique en cette fin avril 2020 et il serait intéressant de refaire un point d’étape pour voir l’évolution des chiffres de l’épidémie du COVID 19. Les figures présentées précédemment peuvent être actualisées, les commentaires raffraichies. Les questions sont toujours les mêmes en revanche. Que veulent dire les chiffres qu’on nous balance ? Peut-on les resituer dans un contexte plus large et les comparer ?

Il y avait effectivement un vice méthodologique dans le premier essai à savoir que nous sommes en confinement et que les chiffres de la France sont ceux d’un pays confinés depuis la mi-mars 2020. Pour palier à ça, on va comparer la France avec 3 autres pays européen : l’Italie, les Pays Bas et la Suède. Les deux derniers pays ont eu un confinement beaucoup moins stricte voir très cool dans le cas de la Suède.

LA SITUATION EN FRANCE

Voici donc les chiffres du COVID-19 au 30 avril 2020 :
- 128 000 cas confirmés
- 24 087 décès
- Mortalité de 0,036% (nombre de mort/nbre d’habitant total)
Les chiffres de l’INSEE qui permettent de comparer les chiffres de mortalité avec les mois des années précédentes ne sont disponibles malheureusement que jusqu’à mi-avril. Il faudra donc attendre un peu plus pour avoir une vision plus complète de l’évolution de l’épidémie jusqu’à fin avril, date de rédaction du papier.

Autant la surmortalité était loin d’être évidente lors de l’analyse précédente, autant là il n’y a pas trop de doute lorsque l’on observe la figure 1. La surmortalité est effective de manière significative depuis le 21 mars 2020. Le pic de décès par jour a été atteint le 1er avril (ironie de l’histoire) avec 2 724 décès dont 500 à peu près du au COVID sur cette seule journée.


Figure 1 - Nombre de décès par jour jusqu’au 13 avril 2020 (source : https://www.insee.fr/fr/information/4470857#graphique-figure_evol)

Autre figure, même constat, La courbe du nombre de décès 2020 dépasse celle des années 2019 et 2018 depuis le 31 mars (voir figure 2). Analyse de l’INSEE : A l’échelle du pays, entre le 1er mars et le 13 avril, le nombre de décès en France est ainsi supérieur de 25 % à celui enregistré à la même époque en 2019 et de 13 % à 2018. Au total, le nombre de décès survenus entre le 1er janvier et le 13 avril 2020 s’élève à 202 328 ; il est supérieur à celui enregistré sur la même période en 2019 (191 342) ou en 2018 (195 085).


Figure 2 - Nombre de décès en France au 13 avril 2020

Toujours selon l’INSEE, au niveau régional, l’Île-de-France est la région qui enregistre la plus forte croissance du nombre de décès totaux entre le 1er mars et le 13 avril 2020 par rapport à la même période de 2019 (+ 91 %), suivie par le Grand Est (+ 61 %) et les deux régions Bourgogne-Franche-Comté et Hauts-de-France (+ 24 % environ).

Au niveau départemental, trois départements comptent au moins deux fois plus de décès entre le 1er mars et le 13 avril 2020 que sur la même période de 2019 : le Haut-Rhin (+ 144 %), la Seine-Saint-Denis et les Hauts-de-Seine (+ 128 %). Onze autres départements enregistrent un nombre de décès supérieur d’au moins 50 % à celui observé en 2019.


Figure 3 - Évolution des décès cumulés du 1er mars au 13 avril 2020 rapportés aux décès cumulés du 1er mars au 13 avril 2019 par département

On finit ce chapitre sur la situation franco-francaise par ce graphique qui montre bien l’influence de l’age sur la surmortalité due au virus. Ce sont bien en majorité les vieux ou très vieux qui meurent plus que les autres catégories d’age.


Figure 4 - Évolution des décès cumulés du 1er mars au 13 avril 2020 rapportés aux décès cumulés du 1er mars au 13 avril 2019

Avant 65 ans, la mortalité est très proche en 2019 et 2020 (6 % de décès en plus constatés sur la période en 2020 par rapport à 2019) avec des évolutions différentes selon les tranches d’âge :
- BONNE NOUVELLE, la mortalité baisse de 19 % chez les moins de 25 ans. Moins d’accidents de la route ? Le COVID a sauvé des vies.
- Mortalité stable entre 25 et 49 ans.
- augmentation de la mortalité de 10 % entre 50 et 64 ans.

Donc au final, pas de scoop, la région IDF et grand Est sont bien les plus touchés, les vieux meurent en priorité, les jeunes quasiment pas exepté quelques cas érigés dans la presse, mais il y a bien une surmortalité effective due au virus de l’ordre de 24 000 décès au 30 avril 2020. Approchera t’on les 30 000 ou 40 000 à la fin de l’épidémie. On verra ca dans le prochain épisode.

INFLUENCE DU CONFINEMENT SUR LES CHIFFRES

On essaie de prendre un peu de recul et on compare la France avec les voisins. J’ai choisi 3 pays : L’italie, un pays voisin qui a connu un confinement strict encore plus précoce que chez nous. Et puis La suède et les pays bas car ce sont deux pays où le confinement “à la chinoise” n’a pas été choisi politiquement. Sans adopter une stratégie d’immunité de groupe, ils ont opté pour un confinement “intelligent” et non infantilisant.

Les Pays-Bas ont, au fil des jours, adopté des mesures de plus en plus restrictives comme la fermeture des écoles, des bars, des restaurants (effective vers le 8 avril), et de tous les lieux de rassemblement. Mais les habitants sont encore autorisées à sortir, sans attestation dérogatoire ou contrôle policier.

En suède, les politiques comptent sur le bon sens des habitants et sur la protection des personnes à risque comme les personnes âgées, qui doivent rester chez elle autant que possible. En revanche, les écoles n’ont pas fermé leurs portes, à l’instar des bars, restaurants et commerces de toutes sortes. Plus de détails sur les conditions de confinement de ces deux pays ici : https://www.huffingtonpost.fr/entry/la-suede-et-les-pays-bas-ne-confinent-pas-leurs-habitants-et-cest-tres-culturel_fr_5e86f263c5b6a949183464cd

Quant est il de la mortalité du au virus dans ces deux pays où a priori le virus peut circuler plus facilement ?

Le tableau 1 ci-dessous est établi à partir des sources suivantes :
www.indexmundi.com et www.perspective.usherbrooke.ca

Il permet de comparer quelques chiffres de ces 4 pays afin de voir s’ils sont comparables :
- La France, les Pays bas et la Suède ont des pyramides d’ages comparables avec environ 25 % de personnes ayant plus de 60 ans. L’Italie a une population plus vieille avec 30 % de personnes de la même tranche d’age.
- Espérance de vie équivalente dans les 4 pays
- Conditions de vie/pauvreté : l’Italie est de loin le pays présentant le plus de gens sous le seuil de pauvreté (30%)
- Nombre de médecin pour 1000 habitant : de l’ordre de 3 pour cess pays
- Nombre de lits pour 1000 habitants : varie de 2 à 6


Tableau 1 - Comparaison de 4 pays européen en terme démographique, d’accès au soins et de pauvreté : France, Italie, Pays-Bas et Suède

Comparer des pays africains et européens présentant des systèmes de santé, des conditions de vie et des pyramides des ages très différentes aurait été périlleux mais là, rien n’empêche de pouvoir effectuer cette comparaison.
Les chiffres absolus n’apportent pas d’informations particulière exepté le plus grand nombre de cas confirmés en Italie. Mais quel intérêt ya t’il à analyser un chiffre qui ne veut rien dire en l’absence d’un dépistage massif ?


Figure 5 - Comparaison des chiffres absolus liés à l’épidémie du COVID-19 en France, Italie, Suède et Pays bas au 30 avril 2020

Les chiffres en % apportent plus de grain à moudre pour nos cerveaux. ROULEMENT DE TAMBOUR : La mortalité due au virus est plus faible aux Pays Bas et surtout en Suède, deux pays qui n’ont pas ou peu pratiqué le confinement. Qu’est ce que ça veut dire ? J’en sais rien, c’est étonnant, mais ca pose évidemment la question de l’utilité d’une telle stratégie (avec ses effets néfastes sur la vie sociale et l’économie) pour protéger une population face à ce virus.

Autre constat, l’Italie est le pays où les chiffres sont les plus fort avec une mortalité de 0,046%. Un pays confiné mais qui présente un plus grand nombre de personnes de + de 60 ans (30% pour rappel contre 25% pour les 3 autres pays), ce qui pourrait expliquer la surmortalité.


Figure 6 - Comparaison des chiffres relatifs liés à l’épidémie du COVID-19 en France, Italie, Suède et Pays bas au 30 avril 2020

LE COVID-19 : UN EPISODE DE SURMORTALITE EXEPTIONNEL DANS NOTRE HISTOIRE RECENTE ?

Bon, en guise de conclusion, une petite approche historique pour essayer de replacer ce que l’on vit dans un contexte plus large. On a tendance à être centré sur son époque, c’est normal, mais nos parents, grands parents, arrières grand parents ont eux aussi subis des épidémies de ce genre, parfois plus violentes et traumatisantes et ce de manière réccurente. Les épidémies font partie de l’histoire de l’espèce humaine. Nous qui en occident vivons sans guerre, sans famine, sans problème matériel majeur depuis les années 1950, avons perdu l’habitude de voir débouler dans nos vies un évènement bousculant notre quotidien. On était des bisounours, on se sentait en sécurité et bien on voit ici que cet équilibre peut basculer à tout moment. D’ou l’effet anxiogène de tout ça. C’est la première fois que les générations nées après la seconde guerre sont confrontés à un tel stress. Et pourtant, il y a eu bien d’autres épisodes de surmortalité depuis 1945 comme on va le voir. Ce qui change en revanche, ce qui est nouveau par rapport aux précédentes pandémies, c’est le traitement médiatique dégeulasse de tout ça et la réponse politique.

L’intérêt n’est pas de compter les morts comme cela est pratiqué dans les médias mais bien d’essayer de voir la surmortalité qu’engendre cette épidémie du COVID 19 par rapport à une situation dite normale et aussi par rapport à d’autres épisodes ayant induis une surmortalité. On a vu qu’elle est de l’ordre de 24 000 décès au 30 avril en France. Est ce que c’est exeptionnel ? Rare ? D’une ampleur telle qu’elle a mis à l’arrêt tout un pays entier et plus largement 3 milliards d’individus à travers le monde.

Les approches historiques sur les épidémies sont à la mode, on entend des historiens de la peste, des épidémies de Choléra du 19e siècle, ou encore de la grippe espagnole de 1918-1919 qui tua en France entre 200 000 et 400 000 personnes. On veut leur avis sur le COVID, c’est toujours intéressant et souvent inspirant dans ce marasme médiatique ambiant mais la France du 18e, du 19e et du début du 20e n’a rien à voir avec celle d’aujourd’hui. D’où l’intérêt de s’interesser à notre histoire plus récente, plus facilement interprétable il me semble.

En farfouillant sur le net, j’ai trouvé cet article de Dominique Andolfatto (professeur de sciences politiques) intitulé sobrement “COVID-19 et surmortalité” (Source : https://www.revuepolitique.fr/covid-19-et-surmortalite-en-france/). Il reprend de manière exhaustive les données mensuelles sur la mortalité publiées par l’INSEE et met en évidence 13 épisodes de surmortalité en France depuis 1946. Précision méthodologique importante, l’auteur propose de dénommer “épisode de surmortalité” des séquences mensuelles lors desquelles la mortalité excède de 10 000 morts la donnée mensuelle comparable de l’année précédente.

Les principaux épisodes de surmortalité relevés sont les suivantes :
- 1946 : canicule.
- 1949 : surmortalité de 60 000 décès par rapport à l’année précédente. Evènement non expliqué et/ou oublié.
- 1953 : grippe saisonnière. Surmortalité estimé à 40 000 morts.
- 1957 : grippe asiatique. On parle de 100 000 morts mais ce chiffre fait débat. cette grippe n’est pas pas comptabilisé dans cet inventaire.
- 1963 : grippe saisonnière. Surmortalité de 45 000 morts.
- Aout 2003 : surmortalité durant la canicule de 15 000 morts par rapport au mois d’Aout 2002.
- 2015 : grippe saisonnière. Surmortalité de 24 000 morts.
- 2017 : grippe saisonnière. Surmortalité de 24 000 morts.
- 2018 : Grippe saisonnière. Surmortalité de 20 000 morts.

Selon l’auteur, la surmortalité lié au COVID en France s’explique par différents facteurs :
- Le pays n’était absolument pas préparé. Le manque de masque n’en est qu’un exemple.
- Un secteur de la santé délaissé et charcuté depuis 40 ans.
- La structure démographique favorise la surmortalité. Depuis 2010, le nombre de décès a en effet tendance à augmenter du fait de l’arrivée de la génération nombreuse du Baby boom à des ages de fortes mortalité.
- Perte de la culture de la prévention

Le COVID-19 n’est donc qu’un épisode de surmortalité parmi tant d’autres. Il n’est pas d’une ampleur exeptionnelle et ne figure pas parmi les épisodes les plus meutriers des 70 dernières années. On peut donc s’interroger sur les raisons d’un tel décalage entre les chiffres réels de l’épidémie, qui remis dans leur contexte n’on rien de démesurés et les moyens mis en oeuvre par l’état pour lutter contre la maladie (3 mois de confinement bordel). Qu’est ce qui a changé dans notre monde néolibéral, libre-échangiste et uniformisé pour qu’on se retrouve dans une telle situation face une épidémie mineure à l’échelle historique ?


4 Messages

  • La guerre ... des chiffres (le retour) Le 2 mai à 14:38, par Brigitte

    Très intéressant !
    Trois petites remarques :
    - j’ai entendu parler de la grippe de Hong-Kong en 1969 comme étant une grosse cause de surmortalité, très peu médiatisé, qu’en pensez vous ?
    je me pose la question de l’impact des différentes mesures (surtout confinement) en relation avec la densité de population ... le risque de contaminer/etre contaminé me semble être tellement différent dans un mode de vie urbain et à la campagne !!!!
    On parle bien sûr beaucoup des décès, mais parmi l’énorme majorité de ceux qui connaissent une heureuse issue, un pourcentage non négligeable passe par la case hopital, d’autres ont une forme sérieuse et surtout peinent à s’en remettre (parmi lesquels des gens qui ne font pas partie des catégories « à risque » ) Je trouve que c’est un impact qu’il faudrait prendre en compte, et cela représente une part pas si négligeable des cas.

    Répondre à ce message

    • La guerre ... des chiffres (le retour) Le 2 mai à 18:19, par Zamba The hut

      Bonjour et merci pour votre retour,

      Pour la grippe de Hong Kong de 1969, c’est effectivement un des épisodes de surmortalité mentionné par l’auteur avec une surmortalité de 30 000 décès (dont 25 000 pour le seul mois de décembre 1969).

      Pour l’impact de la densité de population sur la propagation du virus, c’est certainement un facteur à prendre en compte pour la propagation du virus. Dans le cas de la Suède par exemple, l’agglomération élargie de Stockolm regroupe près de 2,3 Millions d’habitants , Goteborg c’est 1 000 000 d’habitants et Malmo 700 000. On a déjà avec ces 3 grandes villes près de 40% de la population. Et le nombre de cas est essentiellement concentré à Stockolm, secondairement et à Goteborg...

      Répondre à ce message

  • La guerre ... des chiffres (le retour) Le 2 mai à 10:49, par rutabaga

    Bonjour

    En France, quand on voit la grande différence entre les chiffres des différents départements, on peut se demander si les chiffres nationaux ont un sens.

    Je ne comprends pas que l’on dise que le nombre de morts n’est pas très élevé par rapport à la grippe de 2018 alors que l’on ne sait pas quel aurait été le nombre de morts du covid-19 sans confinement.

    Il me semble que l’on minimise les mesures prises en Suède, par exemple : « Le conseil municipal de Lund a fermé le parc principal qui est l’un des lieux de célébration de Valborg. Pour dissuader davantage les étudiants et autres fêtards, la commune a également décidé de répandre une tonne de fumier de poules sur les pelouses. »

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  • La guerre ... des chiffres (le retour) Le 2 mai à 08:41, par mister renard

    pour une fois la santé et la prise en compte de nos anciens a primé sur le profit, l’humain est passé avant l’économie, on s’est arrété de courir pour prendre soin de l’autre, pour un court moment mais dans la plupart des régions du monde !!!! de quoi me réconcilier avec le genre humain ?

    Répondre à ce message

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