La grève à Feyzin et dans les raffineries continuent

Appel à rejoindre la mobilisation mardi 11 octobre à midi

dimanche 9 octobre 2022, par GJ SAillans.

Les raffineries et leurs salariés ont entamé depuis 10 jours un bras de fer pour une hausse des salaires ainsi que de meilleures conditions de travail. Un bras de fer qui intervient alors que leur employeur TOTAL a annoncé la redistribution de 2,62 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires.
En France, sur les sept raffineries de l’Hexagone, cinq sont à l’arrêt entrainant une pénurie de carburant et la panique au sommet de l’Etat.

Afin d’amplifier le mouvement Il.elle.s appellent celles et ceux qui le souhaitent à rejoindre la mobilisation ce mardi 11 octobre. Sur Feyzin, appel à se rassembler devant le site ce mardi 11 octobre à partir de 12h.

Une occasion pour converger et élargir le mouvement à d’autres secteurs !

Quelques articles sur le mouvement :


Forum de l’article

  • La grève à Feyzin et dans les raffineries continuent Le 10 octobre à 13:05, par Camille Pierrette

    La grève juste pour obtenir des hausses de salaires ?

    Bien, mais après ?
    Continuer à se faire exploiter par des actionnaires et multinationales, à subir des petits chefs, à subir le stress et la concurrence pour l’emploi ?
    Continuer à travailler pour le système techno-industriel mortifère, pour des industries pétrolières, automobiles et routières qui ravagent partout la planète ?
    Continuer à bosser pour un système social qui dérègle très gravement le climat, détruit les animaux, ruine la santé des gens, pollue la nature et l’intimité de nos corps ?
    Continuer à privilégier l’accumulation d’argent et de richesses matérielles pour des minorités sur fond de régimes autoritaires, ou viser les richesses sociales, communes, culturelles, la richesse d’une société choisie ?
    Continuer à vouloir imiter le mode de vie non généralisable et écocidaire des riches et grands capitalistes assistés et séparés, ou supprimer les classes sociales et les inégalités sociales, et vivre bien dans une société soutenable et vivable ?

    Se sécuriser par la profusion de biens industriels, par la puissance de l’Etat tutélaire et des entreprises capitalistes « bien de chez nous », ou se sécuriser par la démocratie directe, l’auto-organisation, la vie sociale et politique quotidiennes et locales ?
    Se sécuriser dans un monde cybernétique hors sol qui nous transforme en « robots » sous surveillance, ou se sécuriser dans le liens à nos semblables et aux mondes vivants ?
    ...etc.

    - Continuer à rêver à un capitalisme « propre », à des technologies « vertes », à des marchandises « durables » et à un Etat démocratique ou se révolter pour démanteler tout ça et bâtir autre chose ?

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  • La grève à Feyzin et dans les raffineries continuent Le 10 octobre à 12:51, par Camille Pierrette

    APPEL A LA GREVE DANS LES STATIONS SERVICE ARGEDIS DU GROUPE TOTAL

    UN EMPLOYÉ DE STATION SERVICE DIT POURQUOI IL EN A RAS LE BOL ET POURQUOI IL SE METTRA EN GREVE

    (La CGT Argedis appelle à la grève)
    "Quand tu te fais traiter de tous les noms, que t’en as marre de faire la chasse aux jerricans pendant un arrêté préfectoral, que ton travail n’avance pas et que pour pas pénaliser ton collègue qui te relève tu fais des heures supplémentaires qui ne seront JAMAIS payées sans un remerciement de ta direction (sauf ton collègue qui te relève), etc ... la perte de salaire, je vais être vulgaire mais je m’en bats les couilles !!!
    les conditions de travail font que j’en ai marre alors que j’aime mon boulot
    quand tout va bien c’est total
    quand tout va mal c’est argedis
    y a un moment où il faut accepter ce qu’on est ... DES ETRES HUMAINS !
    alors, je pèse mes mots et j’en assume la responsabilité (quite à être pénalisé)
    , tous les trou du cul qui ont leur cul sur un fauteuil et qui palpent le fruit de NOTRE travail dans les stations, ça suffit ! venez faire notre boulot, vous ne tiendrez pas 5 min sans crier ai scandale ... mettez-vous à notre place qui travaillons 8h avec ce genre de comportements ... tant que vous comprendrez pas, je serais solidaire de mes collègues aux raffineries et en stations qui font et feront grève ...
    j’appelle celles et ceux qui n’en peuvent plus qui sont à bout, qui frôlent le burn out à faire comme moi ... la grève
    quand vous savez que certaines stations à proximité sont fermées pour faute de livraisons et que vous, vous êtes en galère comment se fait-il que PERSONNE ne dise « pas de travail chez nous, allez en renfort chez les collègues »,
    quand vous entendez que les clients se battent que vous laissez faire, c’est pas normal. après on n’est pas la police mais c’est pas une raison pour que ce soit la guerre civile dans les stations et ENCORE UNE FOIS, c’est pas à nous de subir ça mais travaillant seul l’après-midi voire la nuit et que vos collègues sont 3 voire 4 le matin, qu’on vous dit « ben non pas possible de changer le planning ... » ! à croire qu’on nous pousse à bout pour plus de profits ... et rien, pas de remerciements !!!!
    si je reste plus longtemps sur mon poste, c’est par SOLIDARITÉ envers le collègue pas pour ma direction qui se bouge pas le cul, pas pour argedis ou total pour qu’ils se gavent et donc encore moins pour des parvenus qui ont un putain de porte feuilles qui est plus lourd que la tour eiffel et qui en veulent toujours plus !! à ces gens-là je leur dis qu’ils peuvent crever mais qu’ils m’emporteront pas leur pognon avec eux au paradis !!!
    oui je suis en colère
    oui je suis révolté
    oui j’en ai marre
    oui je soutiens mes collègues de raffineries
    alors ...
    oui je me mets en grève !"

    Laurent Batoo Delaplace

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  • La grève à Feyzin et dans les raffeneries continuent Le 10 octobre à 10:57, par Camille Pierrette

    LE NOMBRE DE STATIONS SERVICE EN RUPTURE TOTALE OU PARTIELLE CONTINUE A AUGMENTER ET APPROCHE DES 30% A L’ECHELLE NATIONALE
    Ce matin lundi 10 octobre à 8 h 30, 2365 étaient en rupture totale et 1120 en rupture partielle sur un total d’environ 11 000
    Hier 9 octobre à la même heure, il y en avait 1658 en rupture totale et 861 en rupture partielle
    - https://penurie.mon-essence.fr

    CAMPAGNE DES GRANDS MEDIAS POUR ATTAQUER LES GREVISTES DES RAFFINERIES
    Ils essaient de les culpabiliser et de les couper de la population en disant qu’ils empêchent les infirmieres liberales de faire 80 Km pour aller voir un malade. Mais ce qui n’est pas normal c’est de devoir faire 80Km pour aller voir un malade. Ce qu’il faut dénoncer c’est le désert médical organisé par le gouvernement en fermant lits et structures de santé de proximité.
    SOUTENONS LES GREVISTES

    Revenus
    C’est en faisant la moyenne de ce que gagne le PDG à 5,9 millions et les hauts cadres à 50 000 euros par mois, que la direction de Total ose dénoncer le salaire MOYEN des travailleurs des raffineries à 5 000 euros bruts par mois. Evidemment les médias des milliardaires reprennent à fond ce fake news pour tenter de couper les grévistes de la population. En fait les salaires d’entrée pour les raffineurs tournent autour de 1 750 euros par mois soit un peu plus que le Smic.

    GREVE DES RAFFINERIES : C’EST LE MOMENT DE FAIRE CONVERGER TOUTES LES LUTTES

    La grève dans les raffineries, trois sites de Total et deux de ExxonMobil, plus un certain ombre de dépôts pétroliers et d’autres en arrêt pour raisons techniques, débutée il y a 15 et 20 jours suivant les sites, commence à avoir un impact important sur l’économie avec plus de 20% des stations service impactées (selon le gouvernement), 40% dans certaines régions et beaucoup plus dans la réalité selon les témoignages locaux. Mais c’est toute l’économie qui va être touchée d’ici peu avec notamment les transports.

    Les enjeux politiques de la grève et de la pénurie d’essence qu’elle entraîne sont encore bien plus importants.
    Les pénuries d’essence peuvent très rapidement changer le climat social dans le pays et être le déclic qui peut décider beaucoup d’autres travailleurs à entrer à leur tour en lutte. Il y a en effet déjà beaucoup de grèves pour les salaires, contre la hausse des prix. En même temps, la menace du gouvernement de s’attaquer aux retraites rend l’ambiance encore un peu plus électrique.

    C’est pourquoi la perception de l’ampleur de la pénurie est un enjeu important de la situation. Cette perception est celle de la force de la grève et des travailleurs, c’est-à-dire de la prise de conscience par les travailleurs du basculement actuel progressif des rapports de force globaux en faveur de la classe ouvrière. Cette prise de conscience – ce facteur subjectif - peut alors être elle-même un facteur déclenchant de nouvelles luttes. C’est pourquoi le gouvernement essaie de minimiser à toute force la perception de l’ampleur des stations à sec ou en pénurie partielle tout en prenant des mesures immédiates d’autorisation à rouler des camions citernes le 9 octobre, de déblocage de stocks stratégiques et d’achat d’essence à l’étranger pour tenter de ralentir dans les jours qui viennent cette prise de conscience.

    Tout peut basculer très rapidement.
    Les salariés d’une grande entreprise qui entreraient en grève la semaine qui vient et on peut basculer dans le processus de mai 68. On n’en est peut-être pas là mais en même temps on n’en a jamais été aussi proches depuis longtemps.
    Nul ne peut dire comment vont réagir les travailleurs de PSA qui multiplient les débrayages pour les salaires dans toutes les usines du groupe depuis 15 jours. Et que vont décider les électriciens et gaziers qui mènent des luttes dispersées depuis des mois et des mois aussi pour les salaires mais qui ces derniers jours ont pu mesurer combien ils étaient nombreux à être mobilisés avec des grèves dans la majeurs partie des centrales nucléaires et une journée nationale de grève le 6 octobre particulièrement réussie ? Lorsque les travailleurs en grève contre les licenciements chez Camaïeu ont forcé il y a quelques jours les entrées du siège de l’entreprise pour l’occuper, ça a été un soutien massif et immédiat sur les réseaux sociaux. Jamais la participation à la grève dans le groupe Carrefour n’a atteint un tel niveau ces derniers jours, avec 120 magasins en grève, et c’est la même chose dans la grande majorité des grèves ces derniers temps, avec des foyer potentiels de départ de feu et d’extension chez Arkéma, Dassault, Lactalis, Air France, dans la petite enfance, chez les chauffeurs de bus, les éboueurs et bien d’autres. Lors de la journée d’action syndicale du 29 septembre, il n’y avait que 250 000 manifestants mais 1 million de grévistes. C’est-à-dire que si les travailleurs ne répondent plus guère aux appels à des journées d’action sans suite ni plan de lutte, ils sont nombreux à vouloir dire leur colère ensemble.

    Or, cette perspective d’une grève des raffineurs pourrait non seulement faire traînée de poudre dans d’autres grandes entreprises françaises, avec la possibilité d’une généralisation des luttes pour des augmentations de salaires mais s’adosse aussi à une colère encore plus large contre la nouvelle réforme des retraites et le report de l’âge de départ à 65 ans qui liquiderait de fait le droit à la retraite pour la majorité. Près de 70% des français sont hostiles à une réforme des retraites telle que l’envisage Macron et telle que les directions syndicales ont accepté de la négocier en participant aux négociations gouvernementales et et en annonçant en même temps qu’elles ne mèneraient aucune mobilisation de rue.

    La grève des raffineurs remet en cause tout l’équilibre actuel et le plan de recentrage du gouvernement vers le « dialogue social » associant les directions syndicales pour tenter de faire passer sa réforme des retraites. D’autant que cette lutte que la fédération CGT chimie appelle à soutenir partout dans le pays le 11 octobre, se rapproche dangereusement pour le pouvoir, des journées des 16 octobre de la Nupes contre la vie chère et de la grève du 18 octobre des cheminots et celle peut-être illimitée des lycées professionnels contre leur liquidation qui pourraient contribuer à agréger toutes ces luttes.

    C’est pourquoi Macron s’est senti obligé d’intervenir depuis Prague pour calmer les choses. Dans le même sens, le gouvernement a changé de ton en demandant aux directions pétrolières qui jusque là faisaient office de rempart pour l’ensemble du patronat français en refusant de négocier, de faire au contraire des efforts et d’entendre les exigences des salariés au moins en partie et de négocier. En même temps les autorités font taire les voix qui se font entendre pour exiger la réquisition des grévistes et demandent parallèlement aux directions syndicales de négocier au rabais, en deçà des 10% que demandent les grévistes de Total.

    Ces signes de faiblesse ne signifient pas que demain le gouvernement n’essaiera pas la manière forte en envoyant les CRS comme il l’a déjà fait en 2010 et 2016 contre les précédentes grèves de raffineurs, après les avoir isolés. Mais nous ne sommes plus en 2010 et 2016, le climat général est plus explosif. Cela signifie, en tous cas pour les jours qui viennent, qu’il est possible pour les grévistes en tenant bon, en montrant sa détermination et en étant soutenu par la population, de faire reculer le gouvernement, d’obtenir des concessions importantes et pourquoi pas un début d’indexation des salaires sur les prix. Un tel succès même modeste, ne peut qu’encourager tous les travailleurs à poser eux aussi leurs exigence pour nous mettre tous en meilleure position pour la défense des retraites en montant une marche de plus pour tous nous faire passer d’un mode défensif à un mode offensif.

    C’est avec de telles expériences que les salariés peuvent entrer en grève générale, parce qu’ils ont besoin pour cela de ce climat social général offensif et plus seulement défensif. Lorsque les luttes contre les régressions immédiates sur les salaires peuvent s’agréger à la lutte contre la régression future générale et large des retraites, peut se créer une dynamique générale qui dise ouvertement dans la lutte se qui se disait déjà silencieusement dans l’abstention électorale, dans la grande démission, dans l’envie de s’en prendre à l’assistanat des puissants plutôt qu’à celui, raciste ou nationaliste, de ses semblables. L’objectif de l’organisation des gens par eux-mêmes et pour eux-mêmes, comme le mouvement ouvrier l’avait mis en œuvre à partir de la moitié du XIXe siècle pour l’expropriation du grand patronat parasite, peut alors reprendre vie, ainsi que les organisations et les militants qui s’en donnent le but comme ils avaient germé en foule en 1968.

    Voilà ce qui se joue aujourd’hui en France, autour de la grève des raffineurs, mais aussi en Grande-Bretagne et bien ailleurs parallèlement dans le monde au travers de nombreuses autres expériences. Alors posons partout où nous le pouvons la question de la grève dans nos entreprises, services, bureaux ou écoles et soutenons de toutes nos forces la grève des raffineurs.

    des posts de Jacques Chastaing

    NOTES : toujours optimiste J Chastaing.
    Sauf que même si une grève générale arrivait, ça resterait à l’intérieur du cadre du technocapitalisme et de l’Etat... Dans le contexte je ne vois pas ça déborder.
    Mais bon, ça permettrait déjà de freiner la destruction des conquis sociaux, et peut-être de donner de l’assurance pour commencer à faire exploser le cadre mortifère et écocidaire du travail, de la concurrence, de la croissance, du productivisme... ?

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