L’épidémie de coronavirus empire, et la France est toujours un Absurdistan autoritaire

Après un an de pandémie et d’état d’urgence : la politique de l’Etat et du gouvernement est toujours un fiasco

mercredi 24 mars 2021, par En finir avec la Machine.

Après un an de pandémie de coronavirus, voici deux articles pour réfléchir à la situation actuelle et au bilan plutôt catastrophique de la politique gouvernementale, puiq quelques remarques :

- L’épidémie de Covid-19 ne fait qu’empirer, mettant en péril la « troisième voie » d’Emmanuel Macron - Jean Castex a reconnu que la possibilité existe de « durcir » les mesures « en fonction de l’évolution de la pandémie » et de la saturation des hôpitaux. Une évolution devrait être décidée jeudi : l’élargissement des restrictions à l’Aube, le Rhône et la Nièvre.

- Zéro Covid : pour une stratégie sanitaire d’élimination du coronavirus - La stratégie qui vise à éradiquer le virus a été appliquée avec succès dans plusieurs pays, qui ont retrouvé leur vie sociale. Il est possible de diminuer drastiquement le taux de contamination sans pour autant rogner les libertés et notre capacité de délibération, plaident 620 scientifiques dans une tribune.

L’épidémie de coronavirus empire, et la France est toujours un Absurdistan autoritaire
L’épidémie de coronavirus empire, et la France est toujours un Absurdistan autoritaire

Cette tribune sur Libération a la mérite de dire que pour bien agir face à cette pandémie, il faudrait véritablement de la démocratie, avec aussi des avis scientifiques solides.
Seulement, avec ce système étatique centralisé et autoritaire, la démocratie est très loin, et on s’en écarte davantage encore sous le régime macroniste.
D’autre part, en complément d’avis médicaux, il faudrait aussi des avis de tas d’autres disciplines : sociologie, anthropologie, économie...

(NOTE additionnelle : On cite ici Le Monde et Libération parce que ces médias mainstream permettent de démarrer la réflexion. Ca ne signifie pas qu’on apprécie ces médias, ni forcément ce qu’ils disent.)

Nous on ne veut pas un meilleur gouvernement, un Etat plus présent, et encore moins davantage de dispositifs liberticides et de présence policière.
On voudrait plutôt que tout soit posé sur la table, et que les participants à une démocratie la plus directe possible décident collectivement les mesures à prendre. Des actions concertées, ciblés, réfléchies, responsables, qui ne prendraient pas les habitants de haut pour les infantiliser, et qui éviteraient le régime policier, les privations de liberté inutiles et absurdes (comme le couvre-feu) et des violences sociales supplémentaires (notamment envers les déjà précaires).

Le fiasco de l’Etat-Capitalisme et de son gouvernement nous saute au visage plus d’un an après le début officiel de l’épidémie de coronavirus en France.
Remarquons que ce fiasco est directement lié au fait que la France n’est pas une démocratie, que des tas d’intérêts privés et de lobbys pèsent fortement et que les dogmes de l’économie gouvernent. Ce désastre était inévitable étant donné les structures en place et les politiques ultra-libérales et centralisées menées depuis des lustres (privatisation, flux tendu, bureaucratie, hautes-technologies, délocalisation, maximisation des profits...).
Sans parler du fait que la pandémie et son extension fulgurante est largement due au nuisances du système techno-industriel.

Remarquons aussi que les problèmes sanitaires et sociaux, les morts et les suicides n’empêchent pas certains business de prospérer, tandis que le gouvernement n’hésite pas à profiter d’un état d’urgence policier et autoritaire accru pour étouffer les contestations et accélérer ses projets anti-sociaux et anti-écologiques.
Le business de la sécurité, la technopolice (drones, caméras, logiciels, fichage...), les lois sécuritaires et liberticides, les mesures totalitaires de surveillance et de contrôle, l’industrie du numérique (5G, Linky, IA, gestion sous algorithmes), la vente en ligne, les startups de la livraison de tout... ont bien profité de la « crise » et ont pu accélérer fortement leur calendrier.
Les étudiants et les précaires en chient, les populations sont lassent, mais des tas de secteurs industriels et commerciaux se gavent et renforcent leur puissance.

L’épidémie de coronavirus empire, et la France est toujours un Absurdistan autoritaire
Davantage de système policier, d’armes à létalité réduite, de fichage, de blindés... L’Etat planifie toujours d’écraser les peuples par la force

Ainsi va le capitalisme et l’Etat, toujours prêts tirer profit de toutes les sortes de problèmes qu’ils contribuent à créer, et à faire rebondir leurs profits juteux et leur domination via de nouveaux marchés et l’extension de leurs coercitions.
- Bien entendu, les pyromanes jetteront davantage d’essence sur les feux en guise de « solutions » :

  • L’Etat et son gouvernement (et les capitalistes) augmentera l’autoritarisme, la planification technocratique et le régime policier tout en démolissant davantage les éventuelles traces de démocratie. Il règne par la force en considérant les populations comme un ennemie intérieur.
  • L’économie et le capitalisme (et l’Etat qui marche bien sûr avec) accentueront leurs projets hyper-technologiques et leur totalitarisme

Ainsi, les restes de liberté sont réduits, les populations en chient davantage, et les prochaines « crises » (pandémie, canicule, pénuries, tempêtes, crash boursier...) seront pires encore, ce qui permettra à l’Etat-capitalisme d’imposer les mêmes types de mesures qui aggravent les choses (mais qui accroissent sa puissance et ses profits), etc.

Choisissez : la perpétuation de ce monde Machine, et donc son aggravation et ses désastres perpétuels menant à une planète invivable ?
Ou la révolte tout azimut, les ruptures radicales, la fin de la Croissance et du productivisme, un forte réduction de l’Etat et de l’économie, les basculements insurrectionnels, l’autonomie et l’autogestion, la culture de résistance, la démocratie directe ?

- Quelques compléments utiles trouvés sur Ricochets :


3 Messages

  • L’épidémie de coronavirus empire, et la France est toujours un Absurdistan autoritaire Le 27 mars à 20:34, par Olive et Ra

    Le techno-capitalisme s’étend tel un cancer partout sur Terre

    « Et maintenant que les satellites des firmes géantes assurent en continu la transmission des données qui sont l’influx nerveux coordonnant le métabolisme économique planétaire et assurant la maintenance des fonctions vitales de la société organisée, l’humanité se trouve là-dessous comme ces accidentés que des perfusions, des stimulateurs et des ventilations maintiennent en vie sans qu’ils sachent pourquoi, ou même sans qu’ils le sachent ; baignés alors, au dire des rescapés, de visions merveilleuses. Ou plutôt serait-ce à la manière d’un grillage entourant la vie terrestre en orbite basse et nous serions à l’intérieur comme ces animaux sauvages hébergés dans un parc animalier avec leurs repas distribués à heure fixe ; à tourner en rond, allant et venant, malheureux et contrariés de leur état mais confusément, ne comprenant pas ce qui les travaille ; pour avoir vu ces documentaires en noir et blanc sur les zoos où leurs parents étaient logés dans des cages étroites et puantes, et puisqu’ils sont nés ici, qu’ils n’ont rien connu d’autre et que la jungle d’où leurs ancêtres furent tirés de toute façon n’existe plus ; et qui, s’étonnant de ne pas s’éprouver heureux d’une vie si ménagée, et mettant leur malaise sur le compte d’une erreur névrotique, voudraient s’en réformer en lisant des magazines de psychologie, en s’inscrivant aux thérapies de groupe qu’on leur propose, en essayant le travail sur soi de la pensée positive.

    Et maintenant qu’au-delà de son ciel en plafond d’ondes hertziennes et de trafic aérien, la pensée se heurte au maillage serré des satellites de télédétection en orbites étagées jusqu’aux postes de commandement géosynchrones ; et que nous avons en place de ce Dieu omniscient du catéchisme observant l’intéressant théâtre de ses créatures à travers la grosse loupe du ciel – dont l’invisible regard pouvait suivre nos pensées jusque dans les chambres les plus retirées, et même, à la conviction de l’innocent Fénelon, dénombrer les cheveux sur nos têtes –, que nous avons la pensée artificielle aux stations spatiales hérissées d’antennes de transmission, de capteurs, de caméras infrarouges, de radars perçant le couvert nuageux, et qui écoute pour de bon les conversations téléphoniques et peut suivre dans la foule un individu à la trace de son signal personnel et de ses débits de carte bancaire, en même temps qu’elle pilote des moissonneuses dans les plaines céréalières et un robot de télé-chirurgie en train de changer un cœur, qu’elle calcule la température du lendemain et distribue aux populations leurs programmes de détente ; et qu’il est devenu malaisé d’échapper nulle part à la claustrophobie de la société intégrale, on se souvient, à contempler sur la voûte nocturne les étoiles brillantes de la constellation Iridium, que c’était seulement il y a quarante ans le premier satellite artificiel Spoutnik 1 – un succès posthume de l’astronautique nazie – qui passait là faire le bornage de cette prochaine clôture électrifiée pour y interner le genre humain avec l’équilibre de la terreur nucléaire et la croissance économique.

    Et maintenant si l’on repassait en accéléré les films qu’ils prennent depuis ce temps de notre vie au sol, on verrait comme à l’échographie la Terre se couvrir de tumeurs énergiques que sont nos métropoles noirâtres, provignant à vue d’œil leurs métastases bien vascularisées d’infrastructures propageant l’asphyxie, où nous ne sommes pas visibles mais le trafic routier en allées et venues de micro-organismes ; et à ces endroits la nuit s’illuminant de phosphorescences comme radioactives. Ou plutôt assisterait-on à l’explosion créative d’une super-civilisation d’insectes sociaux découvrant la roue, la vapeur, l’électricité et le moteur à combustion, la chimie de synthèse et la fission atomique ; dont ils accumuleraient les machines et les constructions les unes sur les autres sans pouvoir s’arrêter, dans un affairement aveugle sans aucune réflexion quant au but. »

    — Baudouin de Bodinat, La Vie sur Terre : Réflexions sur le peu d’avenir que contient le temps où nous sommes, tome 2 (1996).

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  • L’épidémie de coronavirus empire, et la France est toujours un Absurdistan autoritaire Le 26 mars à 00:23, par Olive et Ra

    Un texte génial qui résume de manière brilante le bourbier toxique dans lequel on se noie :

    IL ÉTAIT UNE FOIS EN CHINE

    « Voici ce que j’ai pensé en me réveillant : chaque matin nous reprenons conscience dans un monde un peu plus étroit et confiné qu’il n’était la veille : les horizons s’en sont rapprochés et nous éprouvons que leur confusion se referme sur nous ; la voûte du ciel s’en est un peu plus solidifiée d’oxyde de carbone, de couloirs aériens, d’ondes hertziennes. Chaque matin la sonnerie du réveil nous ramène dans l’air irrespirable de ces pensées jamais renouvelées et ouvrant la fenêtre nous retrouvons le monde encore appesanti de magasins géants avec leurs parkings, de sorties d’autoroutes, de banques de données, d’ordures ménagères imputrescibles ; un peu plus encombré de télécopieurs, de caméras de surveillance, de guichets automatiques qui nous tutoient, de chaînes de télévision spécialisées, de fongicides mutagènes, de métaux lourds, d’herpès, de cancers du sein, d’hémorragies intestinales ; chaque matin nous ressuscitons à un monde taché de mazout qui perd ses arbres et se dessèche, où la nature sénile et délabrée égare ses typhons dans les zones tempérées, où les charters du tourisme de masse mettent en loques l’ozone stratosphérique, où des instituts stratégiques de prévision préparent la mise en exploitation de la Sibérie et du Canada grâce au réchauffement de la Terre, où des chalutiers informatisés se disputent, parmi les plastiques et toutes les merdes flottantes de l’avenir moderne réalisé, les derniers thons rouges dénoncés par des satellites d’observation. Chaque matin nous nous réveillons dans un monde que la plupart n’ont jamais connu autrement que par ces jours sans lointains, sans l’espace terrestre devant eux pour une longue suite d’années où rien n’était inscrit encore ; que par ces jours où les générations futures débarquent constamment sans attendre que les anciennes aient baissé la place, parce qu’il n’y a plus d’avenir, de lendemains de l’humanité, et qu’il faut bien mettre tous ces gens quelque part.

    Le rétrécissement continu et régulier de la sphère de l’existence doit alors sembler naturel, ou n’y prend-on pas garde, ou probablement est-il identifié à la marche même du progrès, et apparaît-il comme la preuve phénoménologique du perfectionnement de la vie marchande. Car il s’avère que cette rapide vicissitude du monde terrestre se produit dans l’indifférence : ceux à qui l’on mentionne le fait s’étonnent de cet étonnement et réfutent que la perplexité en soit fondée : tout simplement l’humanité va de l’avant comme elle le doit pour trouver du nouveau au fond de l’inconnu ; et qu’il est sensationnel au contraire de voir la puissance créatrice de l’homme se manifester avec tant d’exubérance et de sens pratique. Si l’on rencontre un acquiescement, il est furtif : à quoi bon remuer cette boue d’idées noires ? C’est gâcher pour rien le peu qui reste.

    Je n’ignore pas que des nécessités plus immédiates nous accaparent l’esprit dès le réveil et nous harcèlent tout du long ; que nous vivons et que nous percevons autour de nous les choses sous l’effet de la peur comme d’un hallucinogène perquisitionnant le psychisme jusque dans ses arrière-pensées, où l’on n’ose rien laisser traîner ; que c’est une insécurité obsédante de se savoir une créature tout à fait facultative aux yeux de cette puissance anonyme qui nous tyrannise si méchamment, qui bouleverse nos vies et les réglemente comme bon lui semble, de la couveuse à l’incinérateur ; que c’est toujours dans l’anticipation de perdre pied avec les factures et les avertissements qui s’accumulent et où aller une valise à la main comme l’explique la télévision : “Voyez ce pauvre type, ce SDF qui habite un carton d’emballage, le mois dernier il avait encore sa voiture, son pavillon avec la famille et la salle de bains des publicités !” Et en effet aujourd’hui qui peut affirmer : Je suis ici chez moi. Mais c’est justement ce dont personne n’a l’air de se formaliser et qui ne fait pas l’objet des conversations.

    Je sais bien que des films nous sont projetés où des acteurs vivent intensément à notre place des scénarios rapides et passionnés (ce que Marx observait de l’argent achève de s’accomplir dans les images animées : Plus ta vie aliénée grandit, plus tu accumules ton être aliéné. Tout ce que l’économie t’enlève de vie et d’humanité, elle te le remplace en images et en représentations ; tout ce que tu ne peux pas faire, tu peux en être le spectateur) ; que des analgésiques faciles, des stupéfactions électriques et modulables s’offrent à nous distraire de ce tourment incompréhensible, de cette étrangeté qui nous suit et nous dérange jusque dans nos heures vacantes ; cette espèce d’étouffement. Mais de s’en satisfaire suppose, auparavant, une satisfaction plus générale quant à la circonstance.

    J’en suis donc venu à penser que la plupart de nous trouvaient réconfort dans les restrictions mêmes, les pénuries, les incommodités et les brimades que ce collectivisme autoritaire leur inflige, “au point que Dieu en personne ne pourrait en exiger davantage” ; que les contraintes et les prescriptions qu’il ajoute sans cesse aux précédentes afin de nous ajuster à son monde insalubre et qui rapetisse étaient reçues par eux comme une opportunité de devenir plus exactement ce qu’il veut qu’on soit, de lui manifester sa bonne foi et l’empressement de son adhésion et par là, je suppose, d’être exempté de la terreur qui hante les créatures du règne économique. C’est selon le paradoxe de saint Augustin que Maistre recommande à ceux que les incertitudes de la justice divine effraient : Avez-vous peur de Dieu ? sauvez-vous dans ses bras. Plus loin, il remarque avec bon sens : “Croyez-vous qu’un prince fût bien disposé à verser ses faveurs sur des hommes qui douteraient de sa souveraineté ou qui blasphémeraient sa bonté ?… la même puissance qui nous ordonne de prier, nous enseigne aussi comment et dans quelles dispositions il faut prier.” Voyez l’affreux sourire des figurants publicitaires, qu’on dirait sortis d’un laboratoire de neurochirurgie, ils ne vantent pas telle marchandise, qui n’est jamais qu’une prière particulière, mais d’abord le soulagement, l’euphorie que c’est d’avoir renoncé complètement à tout et répudié ce moi craintif trituré d’angoisses, de vouer sa vie à la dépossession, d’avoir enfin abjuré toute idée d’en être contrarié.

    Voici encore ce que je me suis demandé : se souvient-on du bonheur universel annoncé aux populations d’après la guerre, celui de l’ère atomique et du gouvernement mondial ? de cet avenir radieux qui nous fut certifié au prix avantageux de nos vieilles villes sans ascenseurs et malcommodes, de nos campagnes pleines de croyances, d’animaux, de paysans ? Pour le coût très modique de nos boutiques minables, de nos soirs d’oisiveté dans le silence de l’univers, de ces potagers mesquins avec leurs légumes à éplucher, ces artisans de toute façon périmés, ces cris d’enfants à la poursuite dans le grand jeu des rues, etc., et que cela ferait bon poids en ajoutant nos maladies rudimentaires et guère nombreuses, nos galanteries mal lavées, les agonies chez soi dans son lit. Se souvient-on comment ce meilleur des mondes insistait alors pour nous reprendre cette friperie des siècles, cette brocante disparate, toute cette drouille laissée par les générations mortes et qui l’aurait encombré, en échange de nous donner le progrès moderne pour tous et son standard de vie moyenne aux pelouses bien tondues, au confortable living-room, avec ses statistiques de réfrigérateurs et de machines à laver, ses voyages en avion à réaction et ses potages en sachet ; avec ses autoroutes où circuleraient en foule les automobiles de la société d’abondance et de loisir, guidées par radar, ses Tergal et ses Nylon qui ne s’usent pas et le cinéma à domicile : instruction et divertissement par la Radio-vision ; bientôt tout cela dans des villes audacieuses reliées par fusées de transport et la cuisine automatique, quel confort, quelle facilité pour la maîtresse de maison qui invite les voisins à dîner par le visiophone ! Bientôt dans un monde hygiénique et sans mauvaises pensées grâce aux D.D.T. de la chimie de synthèse, où des générateurs atomiques alimenteraient les publicités lumineuses et les robots ménagers ; tout était là dans les cartons de ce siècle réellement scientifique : les déserts verdoyant pour nourrir la grande humanité démocratique, le cancer vaincu et même oublié, les usines automatiques camouflées dans le paysage, des vitamines en comprimés et des cerveaux électroniques géants pour administrer l’enchantement de cette société de masse dont les pacifiques savants prépareraient le voyage sur Mars.

    On s’est beaucoup moqué des utopies collectivistes, qui ne tenaient pas compte des hommes, on oublie de rire de celle-ci réalisée, qui effectivement ne marche pas. Et que nous promet-on encore, au point où nous en sommes ? Des traitements miracles pour nos mélanomes consécutifs au durcissement des radiations ultraviolettes, des membranes d’ultrafiltration pour faire de l’eau potable avec nos vidanges, des cultures de bananes en Islande (grâce à l’effet de serre), des voitures à hydrogène conduites par l’ordinateur de bord qui fait aussi la conversation, des menus génétiques pour choisir ses enfants et des logiciels d’apprentissage pour qu’ils deviennent efficaces en s’amusant, la télévision numérique « d’un réalisme hallucinant », le visiophone, les greffes de foie de porc (plus résistant aux hépatites et aux cancers du foie), des villes de quarante-cinq millions d’habitants ; et puis quoi encore, des tablettes protéinées fabriquées par des bactéries pour les dix milliards d’hommes du bonheur économique sur Terre, des gélules anti-stress qui prolongent la vie de dix ans en pleine forme, des ordinateurs en réseaux qui dialoguent par satellites pour décider rationnellement quoi faire de nous en attendant les voyages sur Mars, etc. Sans aucun doute nous aurons tout cela comme nous avons eu le bonheur cybernétique, nous en aurons de même les à-côtés, les imprévus, les faux-frais qui finissent toujours par faire, comme on sait, le principal.
    […]
    Dans sa Vie de William Cobbett, Chesterton dit de celui-ci : “En un mot, il vit ce que nous voyons aujourd’hui, mais il le vit avant que ce ne fût arrivé. Et il y a encore des gens qui ne peuvent pas le voir, même maintenant que c’est arrivé !” Donc chaque matin nous nous levons dans un monde appauvri et renfermé, sans aérations, qui est une intéressante expérience de laboratoire suivie par les caméras de satellites géostationnaires (au-delà c’est le vide cosmique), et il y a encore des gens pour ne pas le voir, même maintenant que c’est presque fini.

    À ce propos j’ai pensé que le bain de fièvre productive, d’images animées qui parlent, de bruits stridents, de circulation motorisée en tous sens et d’informations instantanées, où nous survivons il faut bien le dire au jour le jour dans les vapeurs d’ozone photochimique et d’oxyde d’azote, ainsi que dans une cage de Faraday immense ceinturée de périphériques ; que ce traitement particulier étourdit nos esprits animaux et anesthésie à la longue nos fibres nerveuses les plus fines et nous laisse insensibles à l’ambiance générale de débâcle, de catastrophe imminente où nous sommes jetés dès le réveil. Tout est là pour nous en avertir et même visiblement il n’est pas prévu que ce monde ait à vieillir : tout s’y détériore aussitôt, comme ces monuments récents qu’il faut déjà remettre à neuf ; tout s’y fait dans une précipitation d’urgence, de sauve-qui-peut, de ça ira bien comme ça : casernements montés à la va-vite pour y tasser les surnuméraires, forages pétroliers en haute mer, nappes phréatiques volées à ceux qui ne sont pas nés, radiations et carcinogènes tolérés après tout dans nos assiettes, etc.

    Nous n’ignorons pas que l’absurde édifice de l’économie mondiale peut s’écrouler d’un moment à l’autre, qu’il lui faut chaque jour brancher de nouveaux ordinateurs pour tenter d’identifier les contradictions qui grandissent et se multiplient insolublement, que les irrégularités de la nature augmentent en violence et démontrent la fragilité des artifices dont dépend notre subsistance, que chacun thésaurise à la manière de points retraite au long de sa vie les lésions d’une maladie hideuse pour finir ; mais la sensation nous manque, nous n’éprouvons pas que c’est à nous que cela arrive : à qui l’on montre de fastidieux charniers humains à ciel ouvert parce que cela change des poissons couverts d’ulcères là où l’on se baigne et des villes bombardées dont les habitants vont au travail et regardent eux aussi la télévision, ou de ces nouvelles dermatoses très curieuses : “Voyez, les malades souffrent atrocement” ; devant qui on peut déployer le panorama d’un paysage travaillé en jardin depuis le néolithique en disant : “Voyez, c’est là que passeront les super-voies du ferroutage et des trains à grande vitesse pour aller plus vite”, et puis des contrées en proie aux flammes à cause du dessèchement, ailleurs par hélicoptère des populations filmées sur les toits pour échapper à la montée des eaux, des usines d’insecticides en feu, des bidonvilles de vingt millions d’habitants sans canalisations et leurs enfants des statistiques de malnutrition : “Voyez, ceux qui survivront seront idiots”, etc. ; et qui assistons à tout cela comme s’il s’agissait d’un univers fictif que la radiovision diffuserait pour nous changer les idées ; ou plutôt : qui contemplons tout cela aussi paisiblement que le ferait un chargement de porcs mis sous psychotropes pour voyager jusqu’à l’abattoir automatique. »

    — Baudouin de Bodinat, La Vie sur Terre : Réflexions sur le peu d’avenir que contient le temps où nous sommes, tome 1 (1996)

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  • L’épidémie de coronavirus empire, et la France est toujours un Absurdistan autoritaire Le 25 mars à 09:58, par rutabaga

    Dans cet article on nous propose une référence au journal« libération »Zéro Covid : pour une stratégie sanitaire d’élimination du coronavirus .

    Je vous rappelle que, dans « ricochets » on nous a dit 100000 fois que ce journal dit des mensonges car il est possédé par des milliardaires.

    Dans cet article de« libération » on nous explique qu’il faut fabriquer 1 million d’aspirateurs...bonjour l’écologie.

    Et pour finir , les signataires de l’article sont des profs de français ou d’allemand. Sous prétexte qu’ils sont professeurs, ils seraient plus compétents que moi pour savoir comment gérer la pandémie !!!

    Ma conclusion : Je ne vois pas quelle théorie crédible on peut construire avec des hypothèses fausses.

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