L’an 01 a commencé

samedi 4 avril 2020, par heyopibe.

Au jour 19 du confinement, c’est sans surprises que nous ne pouvons que constater le régime de plus en plus autoritaire dans lequel le gouvernement nous enfonce. Sa méthode de mise en joue de la population à coups d’injonctions contradictoires, nous la connaissons bien. Il profite du choc sociétal et individuel de la pandémie pour aller toujours plus loin dans le contrôle social, jouant sur nos peurs de l’autre, favorisant la délation plutôt que l’entraide solidaire. La guerre, nous l’avions bien compris, c’est contre nous qu’ils la font, contre le code du travail, contre la liberté de circuler. La pandémie n’est qu’un alibi de plus pour mieux servir les intérêts du capitalisme sur le dos des travailleuses et des travailleurs. A coup d’ordonnances sans date de péremption, ces oppresseurs aux ordres du patronat piétinent le code du travail comme ils l’ont toujours rêvé depuis l’après guerre, imposant leur temps de travail - durée hebdomadaire allongée, congés payés sous contrôle - sur nos consciences contaminées par le consumérisme et la peur de manquer.

Puisqu’ils apprécient la rhétorique guerrière, nous aussi nous connaissons notre ennemi. L’ennemi n’est pas le coronavirus en lui même malgré les souffrances qu’il impose à ses victimes et à leurs familles mais bien ce qu’en font les gouvernements de cette planète à coup de surveillance numérique et autres détournements de leur démocratie factice. Notre ennemi est celui qui combat les libertés individuelles collectives, celui qui exploite le vivant depuis l’extraction des ressources jusqu’à l’installation en ce moment même de la 5G. Notre ennemi est celui qui nous envoie, nous les premier.e.s de corvée au front du travail pour leurs profits dont ils n’ont jamais assez, nous laissant plus que le choix de compter nos morts par contamination. Notre ennemi, c’est l’état et ses donneurs d’ordre le patronat, cac40, financiers et consort. Alors, leur union nationale, nous la refusons, ou du moins c’est sans eux que nous la ferons car nous savons faire sans eux et nous le démontrons chaque jour au travers de nos mobilisations sans cesse mais aussi par nos visions d’une société égalitaire et solidaire, par nos pratiques de démocratie directe et locale.

A leur habileté de jouer avec les mots comme autant de manipulations plus perverses les unes que les autres, à l’opération résilience dont seul le peuple en connaît le sens dans sa chair et dans sa vie, nous opposons l’opération résistance. A cette autre injonction d’attendre la fin de la pandémie pour chercher les responsables de ces dysfonctionnements en série – par manque d’anticipation, défaut de masques et autres protections pour les soignant.e.s en particulier – nous répondons que nous n’attendons rien de ces gesticulations politiciennes car nous en connaissons les causes : destruction du service public au profit des lobbies, suppression des libertés d’expression, de manifester, instauration d’un régime policier autoritaire. C’est immédiatement qu’il faut réagir et rejoindre les réseaux dans lesquels l’après pandémie se construit déjà avant qu’il ne soit trop tard, enfermé.es dans nos vies par le sécuritaire.

Chacun.e évoque ce changement radical qui se produira à la sortie du confinement. Mais redisons nous bien une chose : il n’y a rien à attendre d’eux à part la prison et des coups de matraque pour aller produire plus en gagnant moins, pour toujours moins de libertés. Alors ce changement radical, il a déjà commencé et c’est à chacun.e de nous de l’incarner, de le motiver, de le réseauter car si nous ne bougeons pas dès maintenant, alors les effets du confinement se feront toujours plus sentir sur nos êtres, nos familles. Les réseaux sociaux participent à cet abrutissement collectif avec son lot de divertissement alors que nous pouvons nous en servir autrement en se rappelant une seule chose : « c’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons » y compris dans nos vies, nos choix.

Profitons de notre confinement pour co-construire le modèle de société dans lequel nous voulons vivre ensemble et libre. La mise en confinement a démarré l’an 01 tel qu’imaginé dans le film du même nom. C’est donc dès maintenant que nous devons préparer l’après confinement dans la lutte mais aussi dans la mise en œuvre de l’autogestion solidaire, égalitaire dans chaque secteur de la société, la production, l’éducation, le soin mais aussi la politique locale par la réappropriation des moyens, des communs par la lutte, la réquisition, l’auto-organisation.

Confiné.e ou pas, la lutte continue, chaque jour en solidarité de celles ceux qui ne télétravaillent pas, qui soignent nos familles et permettent à chacun.e de subvenir à nos besoins essentiels. « Ne nous regardez pas, rejoignez nous » venez participer à cette chance unique de reprendre nos vies en main collectivement, libérées de leur oppression morbide pour un monde meilleur, écologique, libre et solidaire. Sur Ricochets, dans vos propres organisations, dans vos quartiers, vous trouverez le groupe dans lequel participer à ce nouveau monde en gestation : l’an 01 a commencé !

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1 Message

  • L’an 01 a commencé Le 6 avril à 20:14, par JPG

    Ok pour tout. Sauf tout le reste qui reste impensé. Vers quoi agir, en dehors de tout détruire, qui n’ets qu’une stratégie du nihilisme, ce que nous ne sommes pas. Par que fil prendre le réel pour le changer sans ajouter au chaos. Je ne prendrai qu’un exemple, mais pratique, un seul exemple qu’on pourra critiquer à l’envie, mais qui est a le mérite d’être à la fois terre à terre, mais redoutablement pratique .Sobriété énergétique du bâti, avec des dispositifs tels que Doremi en région. L’idée, apparemment très bonne est celle de l’enveloppe isolante du bâti existant.Quand on y réfléchit, cela revient à dire : confortable partout, même dans les chiottes. 20°c partout, même dans les chambres, qu’on n’occupe que la nuit. La nuit, pour être en santé, on devrait n’avoir que quelques plus de degrés qu’à l’extérieur, bien couverts sous de bonnes couvertures ou contre les corps de nos semblables. A l’inverse, Doremi, c’est le confort partout. 20°c même dans le chiottes, même dans les chambres. C’est comme a dit Bush Junior, notre mode de vie n’est pas négociable : ne rien changer à nos modes de vie. Nous sommes dans le piège de ne plus même savoir inventer à la marge. Quand on réfléchit au genre d’alternatives qu’on ne sait même plus imaginer, acceptant celles qu’on nous propose, on se rend compte qu’elles sont des pièges. Entre la bougie et le nucléaire, il y a plein d’alternatives. Des constructions neuves autorisées seulement si elles prévoient un garde-manger à l’extérieur pour l’hiver. Et pour l’été, d’autres mode de préservation des aliments (salaisons, glacière, etc). Pour le séchage du linge, interdiction des machines, mais l’étendage aux fenêtres, ou dans les combles : combles de séchage dont hier tous les bâtiments, faute d’alternative électriques, étaient heureusement dotées. Etc.
    Voilà pour le pratique, dont découle la grande figure, qu’on ne sait pas envisager parce que même dans les détails – comme abandonner le portable – on ne sait plus tirer la grande figure. Et pourtant, ce grand changement théorique, qu’on ne sait pas se figurer, n’est pas si loin de nos vies pratiques. Ce petit texte écrit en hommage à Michel Bernard, fondateur de Silence pas si loin de science, changement pratique, scientifique – pourquoi la laisserait-on aux scientistes - et métaphysique de nos vies.

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