L’aide humanitaire à l’Ukraine doit se doubler, à domicile, d’un soulèvement anti-capitaliste

Pour se défaire des pièges du nationalisme et du capitalisme, des arnaques sur l’unité du peuple et la défense de « la-démocratie », tout en évitant le laisser faire

lundi 14 mars 2022, par Auteurs divers.

Voici un article sur les pièges à éviter du nationalisme et de la défense de l’Etat capitaliste drapés dans les atours trompeurs de l’unité du peuple et de la défense de « la-démocratie ».
Puis quelques posts sur l’expression contestataire de russes contre Poutine et sa guerre contre l’Ukraine, suivi de deux articles, l’un d’un représentant de la gauche russe anti-Poutine et l’autre d’une ukrainienne russophone de gauche.
En PS, des rappels sur les ventes d’armes de la France à des dictatures, y compris à la Russie poutinienne.

L’aide humanitaire à l’Ukraine doit se doubler, à domicile, d’un soulèvement anti-capitaliste
Le nationalisme, fléau des Etats et des frontières

- Le grand retour des guerres inter-impérialistes - Nous voilà donc projetés « en arrière », quelque part vers 1914.
L’avantage de l’histoire, par rapport à une vie singulière « de passant », est que, dans l’histoire, on peut « refaire sa vie », c’est-à-dire que l’on peut recommencer en ayant en mémoire « les événements » passés ; on peut alors imaginer corriger ce qu’il ne fallait pas faire (ce qui est impossible pour une vie singulière).
Malheureusement, cela, la possibilité de recommencer, ne signifie pas que les mêmes erreurs ou errances ne vont pas se reproduire ; la compulsion de répétition, décisive pour « le passant », se retrouve dans l’histoire.

- Quelques extraits :

Il faut affirmer : il n’y a jamais eu de démocratie, ni à l’occident, ni au centre, ni à l’orient.
Le premier élément de la structure, qu’il faut dévoiler est le despotisme.
Le Siècle se définit par des guerres entre des despotismes « concurrents ».
Et exactement, puisque nous parlons de « concurrence », ces despotismes, en France, en Grande Bretagne, aux États-Unis, en Allemagne, en Autriche, de l’ouest entier à l’orient complet, ces despotismes sont des despotismes économiques.
Le nœud de la guerre, c’est l’économie.
Exactement, la défense de l’ordre économique.
Nous n’avons donc pas une guerre, religieuse, une croisade, de la démocratie contre la tyrannie, mais une guerre entre des despotismes ; qui peuvent « utiliser » la guerre externe pour des raisons « internes », de cohésion (le cas de la Grande Guerre étant symptomatique).
(...)
NON, « l’occident » n’est pas « démocratique » ;
NON, « l’orient », ce qui se substitue au « centre », n’est pas « tyrannique » ou « totalitaire ».
Le capitalisme russe est même le modèle parfait du capitalisme, le modèle qu’il faut étudier si l’on veut comprendre le capitalisme occidental (le capitalisme « de chez nous ») ; pour analyser l’économie occidentale, il faut toujours partie de l’exemple russe, plus transparent (et qui place bien l’oligarchie comme pivot : la concurrence monopolistique).
PENSER, c’est engager le combat contre la propagande « démocratique » et, donc, contre les officines américaines (où sont formées « les élites françaises », voir les cours du soir de Macron aux États-Unis).
Ne rien céder sur la mise en accusation du despotisme économique, cette forme de domination « ploutocratique » qui s’étend de l’occident à l’orient (de l’occident vers l’orient par la guerre ; pensons au triste sort de la Russie d’Eltsine, ce trauma décisif, trauma qui renouvelle celui de l’intervention Alliée en 1920).
Le capitalisme, despotique en soi, est le seul régime politique qui gouverne le monde, en occident comme en orient et ailleurs ; il ne peut donc y avoir de croisade « pour la démocratie », cette chose, « la démocratie », n’existant pas (il peut y avoir des nationalismes, c’est-à-dire des « formes nationales » du capitalisme, mais il ne peut y avoir de « démocratie capitaliste »).
Le capitalisme, c’est l’ennemi.
Surtout lorsqu’il se pavane dans l’uniforme de « la démocratie libérale ».
Kleptocrates, ploutocrates, oligarques, de « l’ouest » comme de « l’est », voilà les ennemis.
(...)
Le combat est bien connu : dénoncer sans cesse, CONTRE la propagande, le discours « démocratique » (du : « nous, les gentils démocrates moraux »).
Retourner toujours à la source du despotisme, l’économie.
Ne jamais « revenir au peuple » (ou à la nation), puisque ce peuple est une construction oligarchique. On sait bien, depuis un siècle, comment se termine « la lutte pour la liberté des peuples » (les termes du Président Wilson, à l’aurore de l’impérialisme américain).
Non pas le pacifisme, puisque nous sommes déjà de toujours en guerre ; mais cette guerre éternelle n’est pas là où on l’imagine !
Dénoncer, alors, cette guerre factice comme un nouveau moyen de cacher la véritable guerre, celle contre les oligarchies (il n’y a pas qu’en Russie qu’il y a des oligarques : parlons de Bolloré !).
« L’occident » est aussi kleptocratique et despotique que « l’orient ».
La corruption est si généralement développée (d’abord en « occident ») qu’elle est un élément central du système despotique (de l’économie du capitalisme).
Ni Ni !
Appeler à l’insurrection, non pas seulement en Russie ou en Chine (ça ne mange pas de pain, et ce serait tomber dans l’attrape), mais aux États-Unis, en France, en Grande Bretagne, en Allemagne (en occident).
(...)
Pourquoi tant parler de l’accueil des réfugiés (Ukrainiens) mais ne jamais parler de l’accueil des « autres réfugiés », des Yéménites, par exemple, alors même que nous nourrissons la guerre au Yémen ?
(...)
Dénoncer TOUS les impérialismes ; à commencer par celui qui nous concerne, là où nous sommes (il est trop facile de dénoncer « les autres », déclarés tyranniques, pour ne pas avoir à effectuer d’auto-critique, pour ne pas mettre en cause le socle religieux, économique, du conformisme).
Dénoncer la propagande de guerre qui permet d’effacer toute critique (toute pensée).
Dénoncer ce titre de « chef de guerre » que Macron s’attribue si facilement (grâce à cette constitution monarchique qu’il faut condamner sans relâche : où se trouve « la tyrannie » ? demander aux Gilets Jaunes !).
Rejeter le Grand Mensonge.
Et SURTOUT, ne pas succomber au « réalisme », à cette nécessité de prendre parti AVEC « sa maison » et pour une « liberté » réduite à l’économie (la volonté des peuples de s’accrocher à l’occident).
Encore et toujours marteler : nous ne sommes pas en démocratie !
Le thème mensonger de « la défense de la démocratie » (et des peuples qui veulent être libres) est ce qui écrase la pensée.
Nous écrase dans le choix cowboy à la Bush, soit tu es avec nous (sans discussion ni critique ni pensée) soit tu es contre nous (et file alors en Russie).
Nous ne combattrons pas avec les armées de la foi économique : nous serons contre la liberté, contre la démocratie, contre l’Europe, contre tous les slogans mensongers.
(...)
Une manifestation de soutien à l’Ukraine, si elle est une manifestation « pour la paix », et non pas une manifestation pour la domination occidentale (démocratie, économie), doit être « en même temps » une manifestation contre l’aide militaire (et plus) que la France apporte à l’Arabie Saoudite.
(...)
Le soutien à l’Ukraine, au nom de « la paix dans le monde », ne peut se convertir hypocritement en « défense de l’occident » (cet occident fantasmé dont rêveraient les Ukrainiens) et en soutien implicite à la colonisation israélienne.
Car ce soutien est entaché du pire racisme : seul ce qui se passe « près de chez nous » est important. Un enfant ukrainien vaut beaucoup plus qu’un enfant palestinien, et immensément plus qu’un enfant yéménite (ce dernier étant absolument invisible).
Il ne peut y avoir de manifestation pour l’Ukraine qui ne serait pas aussi une manifestation pour la Palestine ou pour le Yémen.
Le soutien UNIQUE à l’Ukraine manifeste le retour de la plus ancienne politique disciplinaire, celle de « l’anti-communisme », alors même que cela est délirant, Poutine n’est certainement pas « communiste » !
Contre toutes les oppositions internes (au capitalisme) est ressuscité le fantôme de « la défense de l’occident ».
Les soutiens à l’Ukraine, à l’Ukraine seulement, sans vouloir parler des autres conflits, sans vouloir soutenir, en un même mouvement, TOUTES les victimes, ces soutiens sont enfermés dans une prison temporelle ; ils continuent de psalmodier les hymnes anciens de la gloire américaine (démocratie, consommation) ; alors que les États-Unis ont depuis longtemps perdu toute valeur morale, faisant que leurs leçons de moralisme sonnent comme des provocations (et ne parlons pas de la France !).
L’Ukraine est le moyen de réactiver le pire imaginaire de « la supériorité morale occidentale ». Rien de plus hypocrite !
(...)
Et insistons sur un point de propagande (« démocratique »), celui des rapports entre démocratie et violence.
La démocratie serait la pacification de la violence/
En démocratie il n’y a plus de violence (« pas de violences policières ») : la violence est « taboue ».
L’interdiction essentielle de la violence (de la légitime défense contre l’oppression capitaliste) est ce qui permet de maintenir l’ordre (monopole étatique de la violence, cependant concédé aux entreprises – c’est la violence journalière, habituelle, des entreprises, le despotisme d’entreprise, qui tient, de manière instable, l’ordre économique).
Soit la violence est convertie (de force) en « débat démocratique » ou en négociations diplomatiques ; soit la violence, réservée aux « forces de l’ordre », peut être déchaînée.
Le monopole étatique de la violence peut s’étendre en monopole impérial.
Alors les puissances impériales démocratiques (comme si elles étaient des forces de l’ordre au niveau mondial) s’octroient le monopole de la violence (style cowboy américain), mais de la violence non violente (« pas de violences de la part des démocraties »).
Et, bien sûr, par réciprocité, seuls les « dictateurs » sont « véritablement » violents : non pas des parias, mais des hors la loi (qu’il faut réprimer).
Mais nous savons que la violence structurelle (de l’économie) reste cachée, convertie en normes juridiques, les normes du despotisme.
Et le despotisme n’a pas besoin d’être violent tant qu’il y a soumission. À l’envers, toute réaction d’insoumission sera sauvagement réprimée.
Et ce qui vaut au niveau national (du despotisme d’entreprise) est transposable au niveau international (du despotisme impérial).
(...)
L’occident est aussi répressif que l’orient ; mais sa longue expérience en matière répressive lui permet d’être capable de paralyser la critique, de la méduser, en jouant sans cesse sur le détournement d’attention (détourner l’attention des violences internes permanentes vers les violences externes des « dictateurs »).
(...)
Il faut refuser le vieux slogan (que l’on sait mensonger à l’usage) : nous sommes libres parce que nous avons été « libérés » de l’occupation étrangère.
Ce qui est peut-être nécessaire (la libération de l’occupation) est cependant bien loin d’être suffisant. Toute l’histoire depuis plus de cent ans démontre la fausseté du slogan : « la libération » de la France a conduit d’une occupation à un protectorat, et, finalement, « au retour » des pires oligarchies d’avant-guerre, « la libération » de l’Algérie a conduit de la colonisation à un régime militaire (le régime des vainqueurs de la guerre), etc., sans limite.
L’erreur est d’avoir confondu « libération nationale » et « liberté » (c’est le même problème que celui de la confusion de « la liberté économique » et de « la liberté », qui est d’abord « libération » HORS DE l’économie).
L’opérateur de cette erreur se nommant « le peuple ».
La libération nationale concerne « un peuple » ; mais comme ce peuple (imaginaire) est une construction despotique (unitarienne, unifiante), parler de « liberté du peuple » est un non-sens (une nouvelle attrape).
Il est absolument nécessaire de déconstruire « le national », « la liberté du peuple » (et donc, de nouveau, la démocratie), et cette identification : nation – peuple – indépendance (nationale) – liberté.
On ne peut être à la fois contre l’idée théologico-mystique de « nation » et soutenir une guerre de « libération nationale », sauf à ajouter systématiquement que cette guerre, peut-être nécessaire, devra toujours être suivie par une autre guerre, DANS « la nation libérée », une guerre civile, guerre civile qui explicite le fait que « le peuple n’existe pas » (personne ne peut parler au nom du peuple, ou parler au nom du peuple est « dictatorial »).
Toute guerre implique la mobilisation, l’unification : « le peuple uni se lève contre les envahisseurs ». Mais il s’agit bien de mobilisation, non pas de « libération ».
(...)
Toute lutte POUR « la libération d’un peuple » doit savoir qu’elle s’appuie sur des mythologies, « le peuple uni », le peuple en lutte, le peuple en liesse, et que, donc, à supposer que la lutte de libération soit victorieuse, que « le peuple » est libéré et qu’il y a eu libération, cette lutte de libération (supposée victorieuse) se transformera en lutte DANS la nation « libérée » et pour l’ABOLITION du national.
(...)
Voilà le piège qui est posé par l’occupation : le national, l’unité nationale, la défense de la patrie, le droit du peuple à être « libre » (et « choisir son destin ») tout cela ENFERME dans le réalisme (ici patriote) et ne constitue en aucune manière une possibilité de « libération ».
Tous les vieux réflexes unitaires, nationalistes, revanchards, reviennent au galop.
(...)
La déresponsabilisation, l’anonymat, est une expression particulière du mode de vie impérial (ce mode de vie que désirent « les peuples »).
Une autre expression, bien documentée, est l’achat de produits à bas coûts, low cost, dans des conditions invisibles (ou déniées) d’exploitation meurtrière.
Le capitalisme est une MACHINE sans responsabilité ; mais une MACHINE de destruction massive.
Et ce que l’on nomme « démocratie » n’est rien d’autre que la face de propagande de cette machine.
Comment des gens qui, TOUS les jours, acceptent sans sourciller, en toute inconscience ou en tout cynisme, les destructions massives qui soutiennent le mode de vie impérial, les retraités, les consommateurs, les touristes, comment ces gens peuvent-ils brusquement se lever (sinon se soulever) pour « la liberté » – mais il ne s’agit que de la liberté économique, l’assurance de percevoir sa retraite et de continuer à pouvoir voyager à bas coûts.
Contrairement à un soulèvement anti-capitaliste, ce redressement (se lever pour la liberté économique ou pour ovationner un oligarque) POUR défendre le capitalisme et sa liberté économique, POUR défendre la démocratie (le cache sexe du capitalisme obscène), ce redressement n’est qu’un acte réflexe de la conformation et du conformisme : pour les Américains, pour l’OTAN, pour l’Europe, pour la démocratie, pour le capitalisme, pour conserver la capacité du désastre irresponsable.
C’est pour cela qu’il faut se battre ?
Pour cette démocratie du capitalisme des oligarques ?
Voilà le piège qui peut enfermer les anti-capitalistes : prendre part à une guerre inter-impérialiste, se lever pour la liberté d’un peuple opprimé, mais dans l’hypocrisie la plus totale.

L’aide humanitaire à l’Ukraine doit se doubler, à domicile, d’un soulèvement anti-capitaliste
Neutraliser les fauteurs de guerre au lieu de s’entretuer

C’EST L’INCROYABLE COURAGE DU PEUPLE RUSSE QUI VA BATTRE POUTINE

ILS MANIFESTENT JUSTE SOUS LE KREMLIN A MOSCOU EN SCANDANT « POUTINE DEGAGE »
Et d’autres manifestations contre l’invasion militaire russe en Ukraine, à St Petersburg, Tomsk, Nijny Novgorod, Ekaterinburg, Krasnoyarsk et bien d’autres encore
Pour suivre : Андрей Пивоваров
https://www.facebook.com/aspivovarov/videos/525665769124155

VERS LA REVOLUTION ?
LE GENERAL EN CHEF DE L’ARMEE BIELORUSSE DEMISSIONNE PARCE QUE LES SOLDATS ET LES OFFICIERS BIELORUSSES NE VEULENT PAS SE BATTRE CONTRE LE PEUPLE UKRAINIEN
« MINISTÈRE DE LAFENSE DE LAPUBLIQUE DELARUS Minsk Cher Viktor Gennadievich ! conformément à votre ordre concernant la formation des groupes de bataillons de choc, je dois signaler ce qui suit : en raison du refus massif de prendre part aux hostilités du personnel des unités militaires qui étaient censées être impliquées dans la dotation en personnel des groupes de bataillons ci-dessus, les forces armées du Bélarus n’ont pas la possibilité d’équiper un groupe bataillon. Mener un travail d’explication avec les commandants des unités militaires n’a pas donné de résultats. J’ai le courage de supposer que le remplacement des commandants de ces unités militaires, qui n’ont pas pu organiser la formation de groupes sur le terrain, ne nous donnera pas le résultat dont nous avons besoin. Au vu du prog ci-dessus de votre décision concernant l’acceptation de ma démission. Chef d’état-major général - Premier vice-ministre de la Défense de la République du Bélarus, général de division Gulevich V.V. »

L’aide humanitaire à l’Ukraine doit se doubler, à domicile, d’un soulèvement anti-capitaliste

L’IMMENSE COURAGE DE RUSSES CONTRE POUTINE

À Lukhovitsy, dans la région de Moscou, un Russe a peint les portes du bureau d’enrôlement militaire local aux couleurs du drapeau ukrainien et a écrit : « Je n’irai pas tuer mes frères », il a ensuite provoqué un incendie à l’aide de cocktails Molotov. Via : @NewsInt_
https://www.facebook.com/santiago.amigo.146/videos/1381997905588641

🇷🇺MANIFESTATIONS EN RUSSIE : PLUS DE 12 000 ARRESTATIONS

– Mobilisation contre la guerre et répression terrible –
Plus encore qu’auparavant, le régime Poutinien transforme son pays en prison. Ce dimanche 6 mars, des appels à manifester contre la guerre avaient circulé. Des cortèges se sont courageusement improvisés dans les villes du pays. L’Etat a déployé une répression de masse : au moins 4 390 personnes ont été arrêtées rien que cette seule journée. Des images montrent des personnes tabassées au sol ou victimes de taser.
Une semaine après le début de l’attaque russe en l’Ukraine, les forces de sécurité russes arrêtent tous ceux qui s’y opposent à la guerre, mettent les derniers médias indépendants sous pression et des lois d’exception sont mises en œuvre contre les paroles critiques : jusqu’à quinze ans de prison en cas de propagation d’informations visant à « discréditer » les forces armées.
Depuis le 24 février, premier jour de l’offensive, plus de 8 000 personnes avaient été arrêtées en Russie pour avoir manifesté. Avec le bilan de ce dimanche, 12 000 personnes ont donc été enfermées par l’Etat russe pour avoir exprimé leur opposition au conflit meurtrier en Ukraine. Le Kremlin est terrifié par sa population. Plus que les armes, c’est bien le peuple russe qui est la clé du conflit. Solidarité !

(post de Nantes Révoltée)

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Un immeuble de la Deutsche Bank brûle

Des voix russes et ukrainiennes

- Alexey Sakhnin : « La victoire sur Poutine viendra de l’intérieur » - Alexey Sakhnin (Алексей Сахнин) est l’un des visages de la gauche russe. Né aux débuts des années 1980, il a été l’un des cadres du Front de gauche (Левый фронт) : une importante coalition liée au Parti communiste russe, fondée en 2008 et ouvertement opposée au pouvoir de Vladimir Poutine. L’objectif du Front est de bâtir une « alternative progressiste à la barbarie capitaliste », autrement dit de « construire une société socialiste juste ». En 2012, Sakhnin obtenait l’asile politique en Suède ; sept ans plus tard, il était de retour dans son pays natal. Depuis l’invasion de l’Ukraine, il vit sous la menace permanente d’une arrestation : c’est que le militant s’élève haut et fort contre cette « agression armée d’une ampleur sans précédent ». Il vient de quitter son parti, après la décision de ce dernier d’approuver majoritairement la guerre. « Nous avons réellement besoin d’un front des peuples pour la paix, l’égalité, la liberté et le socialisme. Malheureusement, pour construire ce monde et ce front, il faudra partir de zéro », a indiqué Alexey Sakhnin dans son communiqué de départ. Malgré la censure gouvernementale, nous avons pu échanger avec lui de vive voix.

- La guerre en Ukraine et les dilemmes de la gauche occidentale - Cet article décrit précisément la guerre vue d’Ukraine et la façon dont une partie de la population ukrainienne rejoint la résistance, en particulier les unités territoriales de défense : une vaste mobilisation populaire. Dès lors, Daria Saburova adresse un certain nombre de questions à la gauche anti-impérialiste, en particulier sur l’aide militaire pour la résistance populaire. Faute de quoi, selon elle, le salut internationaliste et la solidarité témoignée au peuple ukrainien risquent de demeurer abstraits.
(...)
Après l’échec de la guerre-éclair, l’armée russe a intensifié les bombardements des centres urbains, notamment Kharkiv, Marioupol et Kiev, sans épargner les quartiers résidentiels et les infrastructures civiles telles que les écoles et les hôpitaux. Ce qui se passe ressemble de plus en plus à une guerre punitive. Les images des banlieues nord-ouest de Kiev peuvent en témoigner : Irpin, Borodyanka, Bucha, Gostomel, ainsi que plusieurs villages situés le long de la route Kiev-Zhytomyr sont déjà à moitié détruites.
(...)
Mais si Kiev, Kharkiv, Marioupol et d’autres villes résistent à l’armée russe bien qu’elle possède un très net avantage militaire, c’est que, face à cette invasion, s’est dressée une vaste mobilisation populaire qui déborde largement les appareils de l’État, même dans les villes russophones qui devraient, selon la logique qui est à la fois celle de Poutine et d’une certaine gauche occidentale, accueillir à bras ouverts l’armée de libération.
(...)
j’ai été véritablement frappée par l’incapacité persistante d’une bonne partie de nos camarades en France et ailleurs à dépasser une vision du monde où le pouvoir responsable, en dernière instance, de toutes les guerres, ce sont les États-Unis et l’OTAN. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’analyses sur la situation en Ukraine portent, de manière étonnante, sur autre chose : il s’agit de remonter aux « causes profondes » assez lointaines, historiquement et géographiquement. Une telle approche géopolitique masque en partie la méconnaissance des processus politiques et sociaux de l’espace post-soviétique, alimentant notamment l’idée selon laquelle, au fond, tous les gouvernements oligarchiques de cette partie du monde se valent, quel que soit le degré de répression que ceux-ci abattent sur leur propre population et les populations d’États voisins.
(...)
Mais les positions campistes restent néanmoins lisibles dans différentes prises de position à travers l’ordre dans lequel les arguments sont présentés (oui l’agression inacceptable de l’Ukraine par la Russie, mais quand même l’encerclement de la Russie par l’OTAN), et qui continuent à soutenir l’image de la Russie comme une puissance impérialiste subalterne et essentiellement réactive.
(...)
Quand la guerre a éclaté, compte tenu de la prééminence écrasante des forces russes, j’espérais moi-même que Kiev serait occupée dans les 48 heures, pour qu’au moins le prix à payer pour une défaite certaine soit le moins élevé possible. Mais j’ai été, et nous avons tous été, je pense, stupéfaits par la résistance de l’armée et de la population ukrainienne. Il est important de faire comprendre aux camarades que celle-ci n’est pas actuellement l’affaire des seuls néonazis, ni même de l’État capitaliste ukrainien, ni des États impérialistes occidentaux. Mes ami.e.s anarchistes, socialistes, féministes s’inscrivent dans des groupes de solidarité, organisent des collectes pour l’armée ukrainienne, se mobilisent dans des groupes de défense territoriale. La population dans son ensemble semble très déterminée à défendre le simple droit de vivre en paix dans son pays, pays où manifester et exprimer publiquement des positions divergentes est devenu peut-être plus compliqué ces dernières années, mais non pas impossible, comme c’est le cas en Russie.
(...)
Prévenir l’avancée d’un nationalisme imbécile qui cherche à effacer le multilinguisme et l’héritage soviétique en Ukraine, rendant compliqué le développement dans ce pays des mouvements anticapitaliste, féministe et écologiste, sera la tâche à venir de la gauche ukrainienne et internationale. Mais en ce moment, nous avons à manifester une solidarité totale avec la résistance ukrainienne contre l’envahisseur. La solidarité avec l’Ukraine est en même temps une solidarité avec les voix qui, en Russie, s’élèvent de plus en plus fort contre la guerre et contre le gouvernement. En même temps que la répression, vont s’intensifier les fractures politiques et sociales en Russie. Le pouvoir veut dissimuler à sa population les images des bombardements des quartiers civiles de Kiev, de Kharkiv et de Marioupol, mais combien de temps pourra-t-il le faire ? Quelle que soit l’issue de cette guerre, je suis de plus en plus convaincue que l’Ukraine sera la fin de Poutine.
(...)
Sur la question des réfugiés, les camarades pointent à juste titre l’hypocrisie et les doubles standards racistes de l’Europe, dont la frontière polonaise, où des milliers de personnes ont subi des traitements inhumains il y a seulement quelques mois, devient aujourd’hui un des symboles flagrants. Contrairement à nos adversaires qui cherchent à discriminer entre les bons et les mauvais réfugiés, il s’agit pour nous de réaffirmer notre soutien à toutes les résistances et toutes les victimes des puissances impérialistes, en s’appuyant sur le précédent ukrainien pour exiger que l’ouverture des frontières et la « protection temporaire » devienne la norme pour toutes les personnes cherchant l’asile dans les pays européens, quelles que soient leur nationalité, leur couleur de peau ou la proximité du conflit par rapport aux frontières européennes. Et on aura encore à veiller à ce que vis-à-vis des Ukrainiens eux-mêmes, les grandes déclarations ne deviennent pas, au bout de quelques semaines, de simples formules creuses, et que les aides promises permettent des installations durables dans des conditions dignes.
(...)

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Réveille-toi peuple du Mexique et du monde, parce que tôt ou tard, nous allons devoir affronter la même guerre injuste, il faut s’organiser

P.-S.

🇸🇦DES NOUVELLES DE NOS « AMIS »

Des nouvelles du camp du bien : celles d’un « ami » de Macron, reçu à plusieurs reprises en grande pompe à l’Élysée. Le dictateur d’Arabie Saoudite Mohammed Ben Salman.

➡️Ce samedi 12 mars 2022, l’Arabie Saoudite a exécuté en une seule journée 81 personnes. Ce pays est le dernier au monde qui organise officiellement des décapitations au sabre et en place publique. Parfois les restes du supplicié sont crucifiés, « pour donner l’exemple », a déclaré le ministère de l’Intérieur.

➡️Le régime Saoudien, c’est celui qui a fait assassiner le journaliste d’opposition Jamal Kashoggi en 2018. Le journaliste tué aurait été « démembré » dans l’ambassade d’Arabie Saoudite, avant que ses restes ne soient transportés dans une valise et dissous.

➡️Dans un bilan présenté le 25 novembre dernier, l’ONU chiffrait à 377 000 le nombre de victimes fait par la guerre au Yémen, en sept ans. Le conflit oppose le gouvernement aux rebelles houthis. Les armes utilisées, notamment les avions de guerre qui bombardent la population, sont fournis par la France. Il y a quelques semaines encore, 100 personnes ont été tuées dans le bombardement d’une prison.

Crimes de guerre, dictature totale, actes de barbarie … Mais contre l’Arabie Saoudite, pas d’union nationale, pas d’indignation mondiale, pas d’appels à la guerre, pas de sanctions économiques. On lui vend même de quoi perpétrer ses massacres. Macron est allé jusqu’à organiser une visite officielle en Arabie Saoudite en décembre dernier. Ça va, c’est le camp des gentils.

(post de Nantes Révoltée)

Les ventes d’armes aux dictatures explosent

...et un jour le boomrang revient dans la gueule du pays vendeur.
Il est bien connu que les capitalistes sont prêts à vendre la corde destinées à les pendre...

  • La France, fournisseur d’armes officiel des pires dictatures - Quel est le point commun entre l’Afrique du Sud de l’Apartheid, la dictature de Franco ou l’Égypte qui réprime férocement ses opposants ? Ils ont tous acheté des armes à la France, comme le rappelle le livre "Ventes d’armes, une honte française".
  • Ukraine : la France a livré des armes à la Russie jusqu’en 2020 - Entre 2015 et 2020, la France a livré des équipements militaires dernier cri à la Russie. Un armement qui a permis à Vladimir Poutine de moderniser sa flotte de tanks, d’avions de chasse et d’hélicoptères de combat, et qui pourrait être utilisé dans la guerre en Ukraine.
  • Guerre en Ukraine : une enquête révèle que la France a vendu des armes à la Russie jusqu’en 2020 - D’après des documents confidentiel-défense obtenus par nos confrères de Disclose et des informations en sources ouvertes, la France a délivré 76 licences d’exportation de matériel de guerre à la Russie depuis 2015. Il s’agit notamment de caméras thermiques destinées à équiper des chars d’assaut. (...) Selon cette enquête, ces exportations concernent essentiellement des caméras thermiques destinée à équiper plus de 1 000 tanks russes ainsi que des systèmes de navigation et des détecteurs infrarouges pour les avions de chasse et les hélicoptères de combat de la force aérienne russe. Les principaux bénéficiaires de ces marchés, selon Disclose, sont les sociétés Thales et Safran, dont l’Etat français est le premier actionnaire.
    Ces caméras thermiques "Catherine FC" et "Catherine XP" vendues à la Russie peuvent être intégrées au système de visée d’un char d’assaut et peuvent détecter des cibles humaines en pleine nuit, ou repérer un véhicule dans un rayon de 10 kilomètres. Selon le site d’investigation, ces caméras ont déjà servi à "ouvrir le feu" en Ukraine en 2014 lors du conflit dans le Donbass. Aujourd’hui en 2022, ces caméras pourraient de nouveau équiper certains des chars qui tirent sur les Ukrainiens, selon Disclose. (...) Or, depuis 2014, ni François Hollande ni son successeur n’ont mis fin aux livraisons d’armement à la Russie. Un paradoxe, alors qu’Emmanuel Macron s’active depuis des années sur la scène internationale pour privilégier la voie diplomatique en Ukraine, plutôt que celle des armes. (...) En décidant de poursuivre ses livraisons au moins jusqu’en 2020, la France a donné un atout militaire de plus à Vladimir Poutine, dont l’armée est déjà en supériorité numérique face aux Ukrainiens. Un soutien embarrassant à celui que le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a qualifié, au déclenchement de la guerre, de « dictateur ».
  • Les mémos de la terreur - Enquête sur la complicité de l’Etat français dans les crimes de la dictature du maréchal Abdel Fattah Al-Sissi, en Egypte.
  • L’Europe, nouveau « point chaud » du commerce des armes - S’il est difficile à chiffrer, du fait de l’opacité de nombreux contrats, le commerce mondial d’armement dépasse les 90 milliards de francs annuels.

1 Message

  • L’aide humanitaire à l’Ukraine doit se doubler, à domicile, d’un soulèvement anti-capitaliste Le 17 mars à 19:07, par Némésis

    Pour arrêter la prochaine guerre je propose que des 27 pays de la CEE ou des 30 de l’OTAN soient envoyés 10.000 volontaires-volontairEs par pays,(donc environ 300.000) habillés de combinaisons blanches, avec parmi eux, elles, des gens « importants » comme des chefs d’état des ministres, des industriels qui seront peut-être un peu difficiles à décider mais que ne feraient -ils pas pour la paix ! et aussi des gens tout simplement . Ils se déploieront sur la ligne de front entre les assaillants et les assaillis, les bras croisés ou le long du corps.
    Chiche qu’avant de faire tirer les « dirigeants-commandants » réfléchiront surtout s’ils savent qu’un blessé ou un tué déclencherait une riposte de TOUS les pays ayant envoyé ces volontaires.
    Evidemment je rêve, je suis utopiste et patati et patata mais à quoi rêvent Poutine , Zelenski, Macron , Biden et C° ?

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