Infantilisation de masse et chasse au joggeur avec hélicoptère et zodiacs

Le délire sécuritaire policier dystopique au sommet - (re)Lâchons-nous

lundi 1er mars 2021, par Auteurs divers.

La folie hors-norme d’une traque policière pour un simple joggeur qui dépasse les 18h du couvre-feu !
Le délire dystopique policier s’accompagne d’une infantilisation ridicule de la population par le régime.

🚁COUVRE-FEU : BRIGADE, COURSE POURSUITE ETLICOPTÈRE POUR ATTRAPER UN JOGGEUR SUR UNE PLAGE !

L’évènement peut faire sourire, mais il illustre le délire policier irrationnel et inquiétant qui règne sur fond de crise sanitaire.

Les faits ont eu lieu vendredi 26 février, vers 19H. Peu après le début du couvre-feu, alors que beaucoup de personnes rentrent encore chez elles ou profitent de quelques instants de soleil après le travail. Un joggeur fait sa séance de sport de long de la plage, à La Baule. Des moyens répressifs colossaux vont être mis en place.

« On voyait le joggeur courir sur le remblai, quand une voiture de la BAC est passée dans l’autre sens, elle a fait brutalement demi-tour façon cowboys et elle est revenue à grande vitesse vers le joggeur qui continuait sa course », raconte un riverain. Le coureur descend alors sur le sable pour éviter la police. Une course poursuite surréaliste s’engage. Le joggeur rentre dans l’océan, encore bien frais en février, décidé à esquiver l’amende injuste et stupide, et part à la nage.

La situation devient délirante, car les autorités vont déployer un hélicoptère, un bateau de la SNSM, deux zodiacs pour retrouver le « fugitif ». « On a vu les zodiacs tourner longtemps, jusque vers 21h45 » disent les témoins. La presse écrit qu’il s’agissait de « secourir » le nageur, qui n’en avait pas besoin puisqu’il a réussi à regagner son domicile par voie maritime. Dans tous les cas, sans les mesures liberticides ni le zèle de la BAC, une telle situation n’aurait même pas eu lieu d’être. La responsabilité d’une telle débauche de moyens repose sur la folie répressive qui s’est emparé des institutions.

Épilogue de l’histoire : l’homme, un triathlète, a été retrouvé et s’est vu notifier une amende de 135 euros pour violation du couvre-feu. Mais ce n’est pas tout : il sera aussi convoqué au commissariat. On se demande bien pour quel motif, si ce n’est d’avoir ridiculisé la police.

Nous sommes bien en 2021, une époque où l’on risque sa vie à aller faire du jogging ou à organiser une soirée avec ses amis, et où les moyens semblent illimités pour nous enlever chaque parcelle de plaisir, de loisir et de vie sociale. Dystopique.

(post et visuel de Nantes Révoltée)

Infantilisation de masse et chasse au joggeur avec hélicoptère et zodiacs
Une voiture de la BAC, un hélicoptère, 2 zodiacs et un bateau ...pour UN joggeur en fuite

L’INFANTILISATION DE LA POPULATION AU SERVICE DU POUVOIR :

Alors, on se relâche ? C’est ce qu’ont dit BFM TV, France 2, mais aussi cette personne interviewée en micro-trottoir qui trouve qu’il y a trop de monde dans la rue… où elle se trouve. « La pédagogie elle a été faite lors du 1er et 2e confinements, tance un commissaire niçois interrogé par CNews, donc ça va être de la répression qui sera mise en place », ah parce qu’elle n’était pas déjà là ?

A Paris, un autre policier file la métaphore enfantine en chassant les passants venus profiter du soleil, les coquins « je préférerais arrêter les voleurs que faire la maternelle avec vous ! » leur lance-t-il . Pour dresser les gens les uns contre les autres et minorer leur colère, rien de mieux que de les faire passer pour des gosses intenables : une tradition politique et médiatique française que le coronavirus a mené au sommet de son art.

Cette rhétorique n’a rien de nouveau. Dès mai dernier, nous y avions droit : “Les vacances vont dépendre des efforts des Français”, nous menaçait ainsi Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat au tourisme. Nommé en 2017, personne n’a entendu parler de lui en trois ans, mais il vient tout de même s’adresser à nous comme si nous n’avions pas plus de neuf ans et demi. Un chantage aux vacances qui ressemble fort aux punitions collectives, que certaines et certains d’entre vous ont pu connaître à l’école : “il y en a qui parlent, donc tout le monde est privé de récré !”. Au delà du souvenir émouvant, ce procédé a pour effet de diviser les gens entre les « bons »et les « mauvais » citoyens et, surtout, de faire disparaître la responsabilité des ministres de l’équation.

Dès le début du mois d’avril 2020, au commencement de notre 3e semaine à nous la couler douce, heureusement édifié par France Inter qui nous apprend comment gérer tout ce temps libre (yoga, podcast, confection d’anchoïade de truffes au grand marnier, etc), le ministre de l’économie Bruno Le Maire prévenait : des “efforts seront attendus”. Europe 1 nous expliquait, avec le zèle de l’élève du premier rang qui a bien écouté sa leçon du jour : “Sans être dit tel quel par le ministre de l’Économie, ça signifie aussi sûrement qu’il va par exemple leur falloir adapter leur vacances cet été pour récupérer le temps perdu, et produire ce qu’il faudra produire.” Les salariés qui estiment produire ou acheminer des biens non-essentiels, comme ceux d’Amazon, sont priés d’obéir à leur manager.

Tout le monde devra faire des efforts. Mais aux adultes, que sont les patrons et les actionnaires, le gouvernement demande poliment : pouvez-vous ne pas vous verser de dividendes, s’il vous plaît ? Non ? Bon, tant pis, ce n’est pas grave, vous savez certainement ce que vous faites.
(...)
>>>> Il y a bien un gosse têtu et il est à l’Elysée <<<<

Pourtant, un gosse capricieux nous en connaissons un. Il s’appelle Emmanuel et il n’a pas voulu faire de véritable confinement en janvier dernier, au moment où son conseil scientifique lui demandait, et a préféré faire un « pari » avec l’épidémie. Comme avec un gamin trop adulé, son entourage n’a cessé, ces dernières semaines, de louer ses compétences scientifiques. « Macron s’est tellement intéressé au Covid », raconte un conseiller du pouvoir à France Inter, « qu’il peut challenger les scientifiques, poser la question qui les déstabilise ». « Challenger », c’est le terme bourgeois pour « se la péter un maximum ».

Désormais, son pari est perdu. Son petit caprice de gamin trop couvé nous a conduit dans l’impasse. Le couvre-feu est devenu l’horizon indépassable de notre vie, parce que ce type est incapable de prendre des décisions fortes, désireux qu’il est de ne pas donner plus de moyens à l’hôpital ou de ne pas contrarier ses petites camarades actionnaires obsédés par la continuité de l’activité économique – celle qui génère des profits. Les traiter d’enfants est toutefois inapproprié. Macron et ses partisans sont des parasites qui bouffent à petit feu.

- Article de Frustration Magazine, sur “Attention au relâchement” : l’infantilisation de masse comme stratégie politique

Infantilisation de masse et chasse au joggeur avec hélicoptère et zodiacs
Rassemblements et sorties interdites en extérieur, mais autorisés dans les grandes surfaces et les transports

Une mutation de notre régime politique

"Après les discours musclés annonçant l’éradication du terrorisme, voici les discours savants sur le « Zéro Covid ». Et toujours la même obsession sécuritaire, le même rêve d’un monde sans risque, sans crime et sans maladie. On s’en réjouirait si l’on ne savait avec quelle facilité le rêve d’un monde parfait peut tourner au cauchemar des sociétés de la peur.

A l’heure actuelle, le rêve de perfection s’accompagne d’une inflation de normes, véritable « goutte-à-goutte normatif » (Catherine Thibierge, 2018) qui, jour après jour, rend presque invisibles les transformations en cours. D’autant que de nouvelles technologies ne cessent d’arriver sur le marché, offrant aux décideurs des moyens de surveillance encore inimaginables au temps de Durkheim. La reconnaissance faciale, développée par Apple pour le déverrouillage de ses nouveaux téléphones, se combine à la surveillance par caméras, voire par drones, à la géolocalisation des utilisateurs d’Internet ou encore aux algorithmes de reconnaissance des émotions.

Insensiblement, tout cet arsenal transforme nos États de droit en États policiers et nos sociétés ouvertes en sociétés de la peur où la suspicion suspend la fraternité et fait de l’hospitalité un délit pénal.

Nous fournissons nous-mêmes les données, les réseaux sociaux ayant su exploiter le désir illimité d’avoir accès à tout, tout de suite et en permanence... Obéissant à des « pulsions narcissiques plus puissantes encore que le sexe ou la nourriture », nous passons d’une plate-forme à l’autre « comme un rat de la boîte de Skinner qui, en appuyant sur des leviers, cherche désespérément à être toujours plus stimulé et satisfait » (Bernard Harcourt, « Postface » in La Société d’exposition. Désir et désobéissance à l’ère numérique, Seuil, 2020)..."

- Article du Monde :
Mireille Delmas-Marty : « Le rêve de perfection transforme nos Etats de droit en Etats policiers » - Pour la juriste, la généralisation de la surveillance s’est accélérée sous le coup de l’urgence sanitaire, et pourrait mener à une mutation de notre régime politique.
(NOTE : sauf que l’Etat est par nature policier, et que les droits produits par ce système non- démocratique sont réduits, inégaux et toujours très contrôlés)

A Paris aussi : ⚫ EN GUERRE... CONTRE LE PEUPLE

Scène désolante ce samedi à Paris où le dispositif policier est totalement hallucinant sur les quais de Seine pour verbaliser ceux qui tenteraient de braver le couvre feu de 18h !

(post et VIDEO sur Cerveaux non disponibles)


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