Grève : Sur la nécessité d’aller plus loin - Résistons à la domestication par les grandes centrales syndicales

Pour en finir avec le règne du capitalisme et des oligarques

lundi 16 décembre 2019, par Gilets jaunes.

Voici un article critique et pertinent paru sur Lundi.am :

- Adresse à celles et ceux qui prennent les usagers en otage, gênent le commerce et gâchent la magie de Noël - Sur la nécessité d’aller plus loin

- Quelques extraits :

A l’évidence, il ne s’agit pas que des retraites, même si sur ce sujet-là, l’ampleur du mauvais coup et les sordides ruses gouvernementales visant à le dissimuler soulèvent un dégoût général. Il s’agit d’un rejet profond de la manière dont nous sommes traités depuis des décennies par un personnel politique qui s’obstine, toutes étiquettes confondues et avec un acharnement sans pareil, dans l’entreprise de destruction de la planète et d’avilissement de ses habitants. Un sentiment confus qu’il faut en finir s’est répandu partout et si le moyen d’en finir n’est pas clair, ce qui doit finir, au fond, l’est. Mais cela est si énorme et si lourd et pèse tant sur nos vies qu’on a du mal même à le nommer.

Ce que les grandes centrales syndicales veulent faire du mouvement, nous le savons : en montrant leur capacité à le maîtriser, affermir leur position de « partenaires sociaux », soit redevenir le toutou préféré du pouvoir pour la CFDT, le roquet agaçant mais jamais dangereux pour la CGT, le chiot hargneux qu’un nonos calmera toujours pour FO. Ce n’est pas un hasard si leur grand retour est salué par l’éditocratie, de Libération au Figaro, et acté avec des amabilités soudaines par le Premier ministre. En prenant en charge la colère de la base, les centrales ont fait revenir sous leurs montgolfières des milliers de personnes qui avaient déserté la rue

Que Martinez, sur sommation télévisuelle du Premier ministre, ait condamné les blocages des dépôts montre exactement, a contrario, ce qu’il faut faire. Multiplier les points de rencontre où cheminots, employés de la RATP, étudiants, chômeurs, personnels hospitaliers, précaires, mères seules, universitaires maltraités, banlieusards, centrevillois, français périphériques, etc. etc. reprennent le temps comme il fut fait pendant des mois sur les ronds-points : hors des rythmes de l’économie et de ses horaires officiels, pour se parler et affronter ensemble la flicaille. En partant des lieux des assemblées générales et des locaux des syndicalistes de base ouverts aux soutiens, des dépôts de bus et de tram, bloquer, déambuler en musique et festoyer dans les rues et les gares, occuper de danses et de banquets les stations de métro encore ouvertes, faire irruption dans les grands magasins pour y déployer des banderoles et des passions, et comme à Marseille samedi avec les Gilets jaunes, opérer un peu de redistribution. Bref interrompre la sinistre hallucination consommatoire des centres-villes avec ses hideuses décorations et ses insupportable « animations » sonores, et opposer nos fêtes à leurs défaites de fin d’année.

Il faut inventer un autre avenir au mouvement que l’encagement des manifs sur des parcours sécurisés par la préfecture. Soyons hongkongais. Soyons comme l’eau, éludons les contrôles, et fleurissons partout : l’expérience a montré que pour perturber l’ordre économique, 20 manifs à cent valent beaucoup mieux qu’une manif à 100 mille. Organisons-nous pour être insaisissables et multiples

Mais d’ores et déjà, ce que peut ce mouvement, c’est mettre en crise le régime. S’il obtient que le gouvernement recule sur sa contre-réforme, que celle-ci soit remise aux calendes grecques ou qu’à force d’abandons sur des points de détail, l’ensemble soit compromis, il aura durablement affaibli la Macronie, nous offrant à tous un répit face à la stratégie du choc. Du temps pour agir, et des espaces riches en conflits pour l’avenir.

Pour l’honneur des travailleurs et pour un monde meilleur : des ronds-points partout !

Il y a une grève à étendre à tous les aspects de notre vie.
#grevepourleclimat #grevepourlesretraites #grevegenerale

En complément, un post FB pris sur Gilets Jaunes Commercy :

Entrée du Macronisme dans l’Hitlerisme doux

Je l’ai dit, je n’ai cessé de le répéter pendant des mois. On entre dans une ère qui programme l’extermination progressive de toutes les couches sociales populaires. Le Macronisme est Hitlérien, sauf qu’Hitler basait sa supériorité sur l’ethnie (la race allemande est supérieure quand les autres sont des sous-hommes) quand Macron et ses copains fondent leur supériorité sur la classe sociale (la richesse fait la supériorité : les pauvres ne sont rien).

Vous ne voulez pas lutter par les armes contre une telle monstruosité, qui massacre des innocents en pleine rue, s’est constituée une milice avec votre police, qui immisce son idéologie d’extermination dans toutes les mesures, notamment cette réforme des retraites par point va flinguer les classes populaires et les précaires et qui est un gros coup sur l’échiquier de leur barbarie ! Vous ne voulez pas défendre l’école qui part en vrille pour recréer la distinction nette entre les enfants de la noblesse et les illettrés de la plèbe, vous ne voulez pas défendre l’hôpital qui va s’effondrer, les pompiers qui sauvent des vies. Même les enfants qui se font tirer dessus dans la rue, et pour lesquels on classe le dossier « sans suite », ou ces autres qui se font agenouiller comme lors d’une fusillade en place publique ! Vous vous indignez, vous vitupérez, puis vous tournez le dos, et retournez au peu de confort qui vous reste.

Vous laissez la France se faire privatiser et brader, avec vos petites pancartes et vos petites promenades dans la rue loin des lieux de pouvoir. Vous croyez que ça va les arrêter ? Je crois que vous êtes à mille lieues de réaliser ce à quoi vous avez affaire.
Ce défaut lâche de ne pas vouloir proportionner votre action au regard de l’extrême violence de ce gouvernement, vous en subirez encore plus violemment les conséquences. Ce qui démarre n’est qu’un hors d’oeuvre et quand la machine sera rodée, il sera bien plus difficile de renverser cette folie, et vous vous ferez écraser. Ce que vous laissez faire aujourd’hui, c’est une carte blanche que vous donnez à tous les gouvernements qui vont suivre : « ainsi peut-on mutiler des innocents et faire crever des millions de gens de faim sans risquer le moindre soulèvement de violence ? Tout en gardant les brebis bien en rang ? » Quelle leçon pour les successeurs ! Un autre dégénéré va succéder à celui-ci si vous ne faites rien, ça, vous pouvez en être persuadé. Et personne ne viendra vous soutenir : ni l’Onu, ni l’Union Européenne, ni aucune justice qui est sous emprise dans le cadre de l’Etat autoritaire dans lequel nous nous trouvons.

Une insurrection, avec un peu de violence physique, n’est qu’un petit mal pour un grand bien en la circonstance. Elle est par ailleurs légale, des articles de la constitution elle-même, vu la façon dont elle s’est faite à multiple reprises violée. Une autre leçon que vous donnez pour les pouvoir à venir ; « Ainsi peut-on se torcher avec le papier le plus sacré de l’Histoire de France sans susciter de vive émotion ? Bon à savoir ».

Outrez-vous à l’idée de la mener, cette révolution, en pensant que ce petit mal est un grand mal inconcevable. Faites vos moralistes, vos modérés, vos pacifiques ; en d’autres temps je vous aurai appelé vertueux ; en ces temps, où elle est impérieusement nécessaire, je vous nomme lâches. Et ce qui vous tombera dessus ces prochaines années, vous n’aurez pas de mot pour le décrire. Vous aurez évité quelques centaines de morts, mais, par l’inaction, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui meurent déjà année après année de la détresse, de la précarité, de la pauvreté. Le chiffre augmente, (1 citoyen sur 6 est pauvre) et ça va empirer.

- Prenons nos responsabilités : abattons ce gouvernement, abattons ce régime, refondons la démocratie.

P.-S.

Voir aussi

- Un temps chelou - Un bilan météorologique de la grève en cours - La grande grève de décembre, que l’on annonçait avant qu’elle arrive – dans des AG ratés – comme un moment historique, a commencé. Elle est là, massive, illimitée, suivie, même la CFDT l’a rejoint dernièrement.
Pourtant, sans surprise, pas d’arrêt général de la machine, pas de rassemblement spontané de parisien.e.s enfin libéré.e.s du travail, pas de barricades à Saint-Michel. Un temps et une humeur maussade, des métros automatiques, des jaunes partout, du télétravail et des trottinettes électriques.

- Le père Noël rejoindra-t-il la grève ? - La mise en scène est impayable, le vaudeville presque parfait, et le public au comble du suspense : mais que va faire Laurent Berger ? Edouard Philippe transigera-t-il sur l’âge pivot ? Jean-Paul Delevoye va-t-il enfin prendre sa retraite ? Emmanuel Macron devra-t-il « parler aux Français » avant le 31 décembre ? Les cortèges seront-ils plus fréquentés le 17 décembre que le 5 ? Que d’inconnues ! Que de retournements possibles ! Que d’impatience ! - Il fallait d’urgence réduire la complexité d’une situation potentiellement incontrôlable, ramener de l’ordre dans cette anomie en gestation, restaurer la lisibilité déprimée et déprimante de la politique classique - celle qui fait fuir tous les gens un peu sains, et s’activer tous les pervers qu’un peu de pouvoir et de manœuvre tient toujours en haleine. Il fallait donc réduire toute la situation à un affrontement central - entre gouvernement et syndicats -, toutes les rébellions en germe à une seule question – celle des retraites -, puis tous les syndicats à un seul – l’accommodante CFDT – et la question des retraites à un détail – l’âge pivot. Aucun des moyens de propagande à disposition, ni le rabâchage audiovisuel ni les instruments d’influence plus sophistiqués, ne serait de trop pour faire rentrer ce satané réel dans sa boîte de Pandore. - Tout cela ne suffira pas à congédier l’époque. L’époque est celle des soulèvements contre l’aberration et l’imposture gouvernementales ; elle est celle de l’incrédulité face à la politique électorale et la parole officielle, celle de la détestation de la police et de la giletjaunisation générale, celle des bases rétives aux organisations

- Imprévisible & déterminé - « Depuis deux semaines, un important mouvement lycéen se propage dans la métropole lilloise » - Le mouvement lycéen en cours a beaucoup à apprendre aux autres mouvements. Sa spontanéité, sa détermination, l’organisation rapide, simple et efficace, sa capacité à riposter doit inspirer dans des pratiques que beaucoup sont de moins en moins habitué.e.s à employer. Pas besoin d’aller à Hong-Kong pour trouver des pratiques efficaces : il y en a en bas de chez nous.
Aujourd’hui les lycéen.ne.s sont capables de s’entraider dans des situations dangereuses imposées par l’Etat, destinées à mater toute forme d’expression qui ne va pas dans son sens, et la jeunesse résiste mieux que jamais. Pour une bonne raison, cette jeunesse n’a rien à perdre. Elle a tout à gagner. Elle ne désire désormais qu’une seule chose : le Monde. Ou rien.

- Delenda est - « Sans haine, mais sans hésitation. » - C’est le propre de tous les moments politiques que de réactiver un certain nombre d’évidences et de partages. Faut-il réformer la société ? Bouleverser l’existant ? Réparer le monde ? Le texte qui suit a été rédigé par un un collectif d’enseignants-chercheurs, Kylo V. Nèr, et propose de trancher ces éternelles questions, à leurs yeux, « Il n’y a rien qu’à détruire. »

- Il faut cesser de bavarder, et être impitoyable ! - La comédie a assez duré, l’insurrection est à l’ordre du jour, et la destitution immédiate des coupables du désastre.
Il y a chez Aristote l’acte et la puissance, 2 500 ans plus tard, la psychologie la plus moderne fait ses choux gras de l’acte et oublie tout à fait la puissance. Quoi encore ? Élan d’agressivité. Peu d’élaboration. Le bien et le mal, la fin et les moyens. À quoi sert-il de réfléchir si c’est pour continuer à jouer avec ces noix creuses ? À tout cela je ne répondrai qu’une chose : il n’y a pas que le tamis, l’appareil psychique, dans la vie. Il y a des réalités affrontées et irréductibles. Il y a des conflits qui ne sont pas d’interprétation. L’auteur de l’article-manifeste-déclaration de guerre « 5 décembre et après : on va faire simple » constate que la classe au pouvoir, ce n’est pas une représentation, c’est une réalité physique tangible, observable, scientifiquement descriptible. On nous enfume depuis cinquante ans quant à la destruction PHYSIQUE du monde, devenue enfin catastrophiquement évidente, destruction irréversible opérée impitoyablement à son seul profit. Il en conclut qu’il faut cesser de bavarder, et être impitoyable avec cette classe d’assassins ; qu’il faut l’éliminer, la détruire, par tous les moyens, et tendre à ce but par toutes ses actions. Qu’il n’y a plus d’autre solution. Il a raison.

- C’est quoi, un capitaliste ? - Olivier Bordaçarre, écrivain, dramaturge et comédien est notamment l’auteur de La France tranquille, ouvrage dans lequel il interrogeait les dérives potentiellement fascistes de la France contemporaine. Il publie cette année son sixième roman, Le sexe du ministre aux éditions Phébus. Il revient ici sur le lien entre capitalisme et fascisme.


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