Gilets jaunes - Revue de presse du 6-7 mai

L’écologie sera une lutte, black bloc, changement d’époque, biodiversité en deuil, procès de Macron...

par Auteurs divers.
Mis à jour le mardi 7 mai 2019

Articles, posts, images, vidéos, témoignages... autour du soulèvement en gilets jaunes qui dure depuis le 17 novembre 2018.

Manifestations, résistances et actions

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  • Soupçonné d’avoir incendié la Porsche de Christian Etchebest et un véhicule Vigipirate lors de l’Acte XIII - Un gilet jaune incarcéré raconte son parcours - "Le mouvement est le plus beau et le plus fort que j’ai jamais vu. Je m’y suis jeté corps et âme, sans hésitation. L’après-midi de mon arrestation, plusieurs fois des gens sont venus vers moi pour me saluer, me remercier ou me dire de faire attention à moi. Les actes que l’on me reproche, ceux que j’ai commis et les autres, ils sont en réalité collectifs. Et c’est précisément de cela dont le pouvoir à peur et c’est pour cette raison qu’ils nous répriment et nous enferment individuellement en tentant de nous monter les uns contre les autres. Mais de toute évidence, ni la matraque ni la prison ne semblent arrêter ce mouvement. Je suis de tout cœur avec celles et ceux qui continuent."
  • LYON : Acte 26 : Contre la privatisation de nos biens publics - Appel National le 11 mai pour investir la capitale des Gaules !
  • 11 Mai : Bloquons les poids lourds ! - ⚠️ PARALYSONS LA LOIRE ! MACRON NOUS ENFUME ⚠️
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# PROCES DE MACRON : Mardi 7 mai, tous à la Bourse du travail de Paris ! ( à 18 heures) - Après Chirac en 2003, Sarkozy en 2005, BHL en 2006, Kouchner en 2008 et DSK en 2011, Là-bas si j’y suis renoue avec la tradition des grands procès diffusés sur France Inter. L’audience sera publique, et aura lieu le mardi 07 mai à 18h, à la Bourse du travail de Paris !

  • Grèves pour le climat en Belgique : « l’écologie sera une lutte ou ne sera pas » - Entretien avec Génération Climat
    En Belgique, le mouvement des « grèves pour le climat » initié par Greta Thunberg a été notoirement plus suivi qu’en France. A son pic, ce sont plusieurs dizaines de milliers de jeunes qui séchaient les cours de jeudi en jeudi. A côté du très institutionnel « Youth For Climate », qui assure l’organisation et la médiatisation des marches, un petit groupe de jeunes s’est constitué sous le nom de « Génération Climat ». Dans son manifeste intitulé : « l’écologie sera une lutte ou ne sera pas », ils écrivent : « Nous allons déranger, bloquer, créer et nous battre et débattre, car nous voulons nous faire entendre afin d’empêcher le système capitaliste et industriel de détruire la seule planète qui abrite la vie et la beauté. Et nous avons compris que négocier avec des ennemis ne nous mènerait à rien de concluant. ». Nous leur avons fait parvenir ces quelques questions.
  • Montpellier : les gilets jaunes occupent un cinéma pour en faire une maison du peuple - « Le cinéma qui nous aide à vivre, c’est le cinéma du peuple. »

# *** POUR UN ACTE 26 MASSIF ***
Depuis ses début il y a 25 semaines, le pouvoir tente, avec l’aide des médias de masse, d’enterrer le mouvement des GJ. Il minimise l’ampleur des rassemblements et du soutien de la population au mouvement.
Fin décembre, profitant des fêtes de fin d’année, le pouvoir annonce que le mouvement est terminé et qu’il ne reste que quelques centaines d’excités qui ne représentent plus rien.
Réponse le 5 janvier : plus de 150 000 personnes descendent dans la rue, avec notamment une énorme manifestation dans Paris, que la police n’arrive pas à contenir. Même histoire quelques semaines plus tard lors de la fin du Grand Débat, où le pouvoir annonce la fin de la contestation. Sauf que le 16 mars, les GJ en décidèrent autrement.
Aujourd’hui, le pouvoir espère que le 1er mai était le chant du cygne du mouvement. La faible mobilisation du samedi est perçu comme la preuve que c’est fini, enfin !
Sauf que non, loin de là. Samedi, de nombreux GJ ont fait l’impasse sur les manifestations des grandes villes car le mot d’ordre était à la reprise des ronds points. Et puis il y avait le 1er mai trois jours avant, qui, pour certains, était le véritable acte 25.
L’ultra violence de la police le 1er mai, les mensonges de Castaner sur la Pitié et le mépris de Macron renforce plus que jamais la motivation de milliers de citoyens. Surtout, des brèches s’ouvrent dans plusieurs pans de la société et de nouvelles personnes semblent disposées à rejoindre la lutte. En témoigne l’appel de plus de 1 400 artistes ainsi que la lettre d’accusation d’universitaires.
Si le printemps et les chaleurs tardent à s’installer en France, cela n’est qu’une question de jours. Il importe donc d’être massivement dans les rues samedi prochain pour préparer la suite d’un mouvement qui n’en finit pas de rebondir et de se renouveler.

# APPEL DE L’ASSEMBLÉE DES ASSEMBLÉES DE SAINT-NAZAIRE :
APPEL À L’ACTION ET À LA MOBILISATION
POUR LARIODE DES ÉLECTIONS EUROPÉENNES
- 26 mai : Toute l’Europe à Bruxelles !

# BRUXELLES le 26 MAI - PROLONGATION -
Le 1er mai bruxellois fut une fête. Il faudra bien avouer à présent que la stratégie d’alliance est la seule stratégie tenable face à la puissance de l’ennemi. Les mouvements gilets jaunes et climat n’en finissent pas de rebrasser les cartes politiques, de clarifier les positions, de rendre évidents les camps. Les amis d’hier apparaissent soudain éloignés. De nouveaux amis, inattendus, sortent de l’ombre. C’est que désormais l’alliance entre révolutionnaire n’est plus une question de théorie, mais une question pratique. Et c’est bien pour cela, qu’une partie du mouvement autonomes et qu’une partie du mouvement gilet jaune est en phase de fusionner. A déjà, par certain de ses cotés, fusionné.
Ainsi le cortège du 1er mai révolutionnaire a-t-il remplit sa mission. Nous avons pu nous compter, dans la joie de la destruction, dans la mise à distance de la police, dans les désignations de nos ennemis. Plus amusant encore, le cortège des trotskystes dont la stratégie de radicalisation de la base syndicale doit permettre à ce qu’ils appellent « un premier mai de lutte », s’est littéralement retrouvé à l’arrière garde. Pauvre en nombre, ressassant quelques slogans usés jusqu’à la lie depuis 68, quel ne fut pas sa stupeur de voir le jaune, le mauve, le noir et le rouge se poser face à lui. Plutôt que de subir l’humiliation de nous rejoindre, et d’automatiquement s’évaporer dans le cortège ; ils ont préférés attendre que nous soyons plus loin pour redémarrer. Les camps, nous disions donc, se clarifient de manifestations en manifestations.
Quant à l’insipide « fête » de la place Rouppe où viennent chaque année se faire voir les ambianceurs et autres passe-plat de l’ordre spectaculaire, il n’y avait quasi personne. Une place à demi-vide, ou quelques anciens gauchistes, tout suintant de traitrises ou de désespoirs, viennent ressasser leurs leçons trop bien apprise pour être encore crédibles. Ils s’amusent alors à dégoutter de la révolution quiconque accorde trop d’importance à leurs discours, cette philosophie du corps, cet aveu presque, que « si je n’ai pas réussi à faire la révolution, personne n’en a le droit. » se décline en toiles désespérantes : « C’était mieux avant, nous avons déjà tout fait. Tout cela ne sert à rien. Plus tard, peut être…Je suis d’accord mais… Ça ne peut pas marcher. »
La gauche décomposée, devenue le parti de la police, est en train de perdre la rue.
Et ce n’est pas une mince chose. La gauche décomposée avait en bien peu de temps réussit à pacifier, mieux encore que la police, les manifestations dont elle avait pris la tête. Et toujours au nom d’un après qui ne vient jamais, d’une massification qui ne vient jamais, d’une image qu’on ne voit jamais, elle s’appliquait à mutiler les gestes, rangeant sous le vocable bourgeois de la casse, tout acte propre à faire monter le niveau de conflictualité.
L’alliance du 1er mai révolutionnaire continue donc le travail déjà commencé par les gilets jaunes – celui du refus (pas toujours complet mais qu’importe !) du cadre et de la solidarité entre les manifestants. Comme le mouvement gilets jaunes est une sorte de fédération des colères, où chaque gilet jaune est son propre représentant et porte en lui un monde dont il espère la venue, cette alliance aura démontré qu’il est possible de se battre ensemble sans pour autant être d’accord sur tout. Qu’il y a tant de raison de vouloir la fin de ce monde qu’il est presque inutile de vouloir en extraire une particulière tant tout ce qui se vit est cohérent et interconnecté. La manifestation du 1er mai n’était donc pas une convergence des luttes. C’était un début de convergence des mondes. Et à mesure que la manifestation avançait et prenait en intensité, il devenait de moins en moins aisé de distinguer, à l’intérieur de celle-ci, des restes de cortèges. C’est là toute la différence entre la convergence des luttes et la convergence des mondes. La première c’est tous ensemble et chacun dans son cortège – de l’autre : notre cortège c’est chacun et tous ensembles.
On peut regretter que la manifestation se soit arrêtée devant la place Rouppe et n’ai pas viré en manifestation sauvage malgré une énergie avide de continuer. Un simple élan aurait suffi, mais, en matière de manifestation, comme pour la danse, le rythme exerce une tyrannie sur les corps. Et l’énergie du mouvement retombe assez vite lorsqu’il est interrompu.
Plus regrettable encore, le peu de manifestants venu rejoindre le rassemblement gilets jaunes de la gare du Nord qui, bien que peu nombreux, a entreprit de bloquer le rond-point, de filtrer les passages, d’alpaguer la police. Devant l’évidence de l’absence de renforts, le groupe s’est scindé et, entre la gare du nord et le Garcia Lorca, un petit groupement scandait à tue-tête, sous les yeux des zombies de la rue neuve, des slogans anticapitalistes.
Le mouvement gilet jaune, plus qu’aucun autre, aura fait depuis le début un formidable travail de convergence, de pratique de la convergence, qui part trop de fois n’a pas été honoré, ni n’a reçu de retours. Cette situation pourrait bientôt devenir honteuse. Avril agitation fut un succès : prolongeons la fête jusqu’en Mai. Le bruit se fait entendre qu’au 26 de ce mois des gilets jaunes d’un peu partout vont descendre à Bruxelles à l’occasion de la farce électorale qui, en Belgique, équivaut à une quadruple peine tant il faut voter à tous les échelons.
Répondons tous à l’appel et formons-y un bloc solidaire, défensif et offensif.
Parce qu’il est insupportable de voir les gilets jaunes nassés, humiliés, de voir leurs paroles méprisées, de les voir préventivement arrêtés et parqués par centaines dans des écuries. Parce qu’à la ténacité de leur courage nous devons associer la beauté et l’efficacité de nos pratiques.
Cette danse ne doit pas s’arrêter. Les vacances déjà s’en chargeront, mais d’ici là, agitons les morts, chantons dans les cimetières du vieux monde. Cela fait si longtemps que nos voix ne portaient plus si loin. Trouvons donc le plus de complices en attendant le prochain round.
Que l’on se souvienne du 26 mai, comme du jour où pour la première fois l’Europe des marchands a tremblé.
Groupe Anathème.

# Je me suis souvent demandé pourquoi la répression était aussi violente et systématique, partout en France. Plus le mouvement dure, plus le gouvernement use et abuse de la violence d’état (police, justice).
Et pourtant, en dehors de quelques remontrances au niveau des institutions, il faut bien dire que les chefs de nombreux gouvernements restent bien silencieux.
Et la raison est simple. Nous sommes le premier domino. Celui qui ne doit pas tomber. Partout dans le monde, nous sommes regardés et admirés par les exploités, les esclaves de temps modernes. Ils envient notre soif de liberté, notre courage de combattre.
Et si en France, nous l’emportons, alors d’autres peuples se soulèveront, les dominos suivants tomberont.
Notre responsabilité est énorme, même si nous ne l’avons pas demandée. Nous devons montrer la voie. Montrer qu’un autre monde est possible. Montrer que nous sommes les puissants et qu’ils sont les faibles. Montrer enfin qu’il est possible d’offrir un futur à notre planète.
Nous sommes condamnés à réussir. Car si nous ne réussissons pas, c’est l’espoir qui meurt. Ce sont nos enfants et petits enfants qui mourront.
Nous nous battons pour aujourd’hui, mais surtout, nous nous battons pour demain.

Analyses, idées

# Qui a gagné le 1er mai ? - Un promeneur commente la rencontre

# Comment le Black Bloc est devenu populaire - ou l’irruption par l’intensité de la pop’ politique - Le black bloc acclamé en ce premier mai, témoigne StreetPress : ”En tête de cortège, gilets jaunes et autres militants de tous horizons acclament les hommes en noir. Plus en arrière, des slogans anti-police fusent parfois des rangs syndicaux.” Évidemment ! Et les raisons ne sont pas à chercher loin. (...) cette force est une mouvance aux multiples branches, aux multiples formes, diverse par les désirs qui la font naître, unie par son choix d’une action directe contre les pouvoirs en place. Elle est déjà à l’oeuvre partout dans le monde, se répand comme une traînée de poudre, et singulièrement en France. Dans les faits, elle est aujourd’hui la plus vivante. Active. Et on ne parle plus que d’elle. Mêlée aux gilets jaunes, cette autre insurrection inattendue, elle est l’os à travers de la gorge du régime, qui l’empêche de réaliser pleinement ses rêves d’une contre-révolution thatchérienne en France, qui en finirait avec le modèle social hérité de la Résistance.

# La banlieue jaune : Enquête sur les recompositions d’un mouvement - Loin d’être sans leader, le mouvement des gilets jaunes est constamment traversé par des luttes de leadership. L’ethnographie d’un rond-point de mobilisation et des tensions qui traversent différents groupes de l’agglomération lyonnaise permet de mieux comprendre l’inscription dans le temps de ce mouvement. (...) Contre chaque manifestation du mouvement réel depuis novembre dernier, le régime a eu recours à une manœuvre sans cesse répétée : sélectionner dans la journée une anecdote à scandale sortie de son contexte pour la retourner contre la totalité de ce qui s’est passé. Ce fut l’Arc de Triomphe le 1er décembre, puis la quenelle, puis Finkielkraut, puis les « suicidez-vous ! » et, pour finir en beauté, l’« attaque de la Pitié-Salpétrière ». Le soir de la manifestation donc, avec une régularité invariable, l’exécutif offre aux media l’os à ronger qu’il a choisi et ceux-ci avec leur servilité bien connue ne parlent plus que de cela durant une semaine (...) C’est ainsi, par sa simple et paisible persistance, que le mouvement rend folle la sagesse de ce monde. Qu’il rend visiblement hystériques les gouvernants. Qu’il leur fait perdre leurs moyens. Qu’il met à nu, aux yeux de tous, la nature du pouvoir en place et produit des effets de voyance sans retour. Tout le monde finira par détester la police. Macron en est à dialoguer sous pseudo sur des forums de black bloc. Castaner cite lundi.am comme ultime caution de vérité. Eux sont finis, mais nous, par où commençons-nous ?

  • Artistes : nous n’en sommes plus là ! - Réponse de quelques Gilets Jaunes à l’appel des artistes (...) Si chacun des 1 500 signataires ne réalise qu’une seule de ces propositions, nous parions que le mouvement sortira particulièrement renforcé de cette période et que le pouvoir en ressortira profondément affaibli.
  • Populisme : Un mot qui signifie « panique »
  • L’hôpital et ses « attaques » par Pierre-André Juven - « La violence est des deux côtés de la rue. Violence policière dans le cortège, violence politique à l’hôpital public. Que les deux aient été réunies à l’occasion du 1er mai interpelle. »
  • Black Bloc et croissance - Frédéric Donlor - Des propriétés économiques de la « casse » - Nul ici, c’est bien certain, n’aurait à l’idée de cautionner la violence, les destructions gratuites, qui enlaidissent les manifestations et surtout oublient cette vérité fondamentale que la démocratie, c’est le débat (et que ceux qui cassent s’en prennent à la République). Cependant, l’économiste a pour devoir de regarder les choses froidement – on lui en fait si souvent l’injuste reproche. En l’occurrence – et bien sûr toute évidente condamnation mise à part –, il ne lui est pas interdit de s’interroger sur les effets macroéconomiques de la casse.
  • Radicalisation lente : lettre à mes enfants - par Guillem Rodary, chercheur en Physique des Nanostructures au CNRS.
  • Un premier mai à Paris, militarisée avec une répression brutale - "Nous assistons à une volonté délibérée de nous empêcher de travailler" : plus de 300 journalistes dénoncent les violences policières. Passer a une dictature est très facile, avec des petits pas qui grandissent peux a peux sans s’en rendre compte, demain, il serait trop tard !!! Il faut combattre aujourd’hui
  • « Ultra-jaunes » vs « ultra-policiers » : Vers une "ultracisation" générale des corps (...)
    I- Reconquérir le commun : Zad, réoccupations des ronds-points, gestion collective et réfléchie de l’espace et tout ce que l’on peut inventer encore...
    II- Retrouver une solidarité entre nous, quand le pouvoir divise. En finir avec le mythe du Self-made man. On ne peut construire sa vie sur l’organisation du malheur des autres, parce que ces autres, à juste titre, ne l’acceptent plus !
    III- De ce fait, toute ostracisation débouche légitimement sur une ultracisation des corps, une révolte qu’il s’agit alors de nourrir.
  • Le pouvoir vient d’en bas - De la difficulté d’un bourgeois à penser contre lui-même [Témoignage]
  • Rothschild, Soros, et le mythe du complot juif – Harz-Labour - « Nous n’avons quant à nous rien à défendre à part la fin de l’économie. »

# La manifestation parisienne du 1er mai marque un changement d’époque. C’est en tous cas l’avis exprimé par Serge Quadruppani dans cet article. Un cortège syndicale devenu archi-minoritaire, tout juste symbolique ; un Black bloc annoncé, attendu et redouté mais qui finalement ne vient pas ; des gilets jaunes partout mais qui ne tombent pas dans le piège identitaire, un cortège-de-tête ultra majoritaire, au point de devenir le cortège tout court. Cette manifestation du 1er mai s’est révélée globalement et littéralement autonome. (...) Dans ces conditions, les neuf vagues de grenades sur le carré de tête en plus du canon à eau, les charges contre le service d’ordre de la CGT, sa dizaine de blessés dont trois par LBD, tout cela ne peut être pris que comme un avertissement : « si vous n’êtes pas capables de nous aider, vous n’êtes rien ». Le message du gouvernement à des bureaucraties syndicales qui vivent de ses subventions est clair : si vous ne pouvez pas être un corps policier de proximité des mouvements sociaux, nous protègerons désormais votre droit à manifester en vous empêchant de manifester. (...) D’un côté, donc un pouvoir policier disposant d’une autonomie en expansion. De l’autre un gouvernement qui, se trouvant confronté à la persistance du mouvement, n’a plus qu’une seule politique : faire peur, tout en gardant un discours démocratique de façade. Si on ajoute à cela l’inventivité impressionnante d’une justice qui n’a jamais été aussi clairement de classe, pour surveiller et punir avec des peines assommoir sur des charges toujours plus ténues, tout est en place pour que le projet macronien ressemble à du Pinochet sans les morts. (...) Telle est la nouveauté de l’époque : tout l’espace politique ne sera bientôt plus rempli que par la confrontation entre le peuple des opposants et les gouvernants, leur police et leurs juges. Une telle polarisation impose au mouvement en cours avant tout de prendre conscience de ses forces.

# Les monnaies locales, une critique tronquée de l’économie - la monnaie alternative reste un gadget, si ce n’est une fumisterie, d’un point de vue anticapitaliste.

# 1984 c’est maintenant : (un post de Eric Lenoir)
On me demande de trier ce que l’on me force à acheter emballé.
On me demande d’acheter des ampoules basse consommation et d’éteindre ces ampoules qui ne consomment rien alors que je vois fleurir partout des écrans publicitaires lumineux, qui fonctionnent 24h/24 et consomment autant qu’une famille.
On m’interdit le glyphosate pour ma cour alors que des millions d’hectares en sont aspergés sur ma nourriture.
On met au rencard ma voiture fonctionnelle pour bosser parce qu’elle pollue un peu trop mais on agrandit les aéroports.
On me demande de consommer local et sain tout en signant des traités qui permettent l’importation massive de denrées de mauvaise qualité à bas coût qui envahiront les étals et les plats des cantines de mes enfants.
On me demande d’arrêter de boire de l’eau en bouteille mais l’eau à mon robinet est polluée, et Nestlé peut légalement assoiffer Vittel.
On me demande de limiter mes déplacements quand l’air est irrespirable, mais on autorise encore ce qui le sature de poisons.
On me demande d’arrêter le feu de bois pour ne plus émettre de particules fines, mais je vois passer des avions pleins de touristes survoler des champs recevant des engrais volatils.
On augmente le prix de mon carburant qui me sert à travailler ou déplacer mes enfants dont l’école est lointaine, mais les bateaux qui amènent les biens inutiles depuis la Chine le font avec un carburant détaxé en polluant à chaque voyage autant que le parc automobile mondial.
On me demande de comprendre qu’il est normal d’attendre aux urgences des infirmiers et médecins épuisés et rares car on n’a plus d’argent, et l’on déploie des forces de polices inouïes qui coûtent des millions pour juguler toute contestation sociale.
On me dit de ne pas boire trop d’alcool et de ne pas fumer parce que c’est cancérigène, mais on me vend encore alcool et cigarettes en prélevant des taxes dessus.
On me dit que je coûte trop cher à l’État quand je suis malade d’un cancer, mais on installe la 5 G, on n’a pas encore fait la liste des produits émis par l’industrie, on n’a pas encore testé la nocivité de 90% des ingrédients des produits ménagers et cosmétiques du quotidien.
On m’interdit de manger le poisson de la Seine parce qu’il est dangereusement pollué aux PCB, mais on vend partout celui pêché à son estuaire, où les mêmes polluants sont bien plus concentrés.
On me dit que mon élevage est non conforme aux normes de bien-être animal , alors qu’on m’a subventionné pour le construire ainsi et que je suis endetté pour une vie de l’avoir ainsi réalisé, conformément aux souhaits du législateur et de la chambre d’agriculture.
On m’accuse d’être un monstre parce que j’élève du bétail, mais on hurle dès qu’on coupe une haie ou que disparaît le bocage.
On me demande d’être à jour de mes cotisations sans retard, mais on en invente toujours plus, tout en rendant les aides auxquelles j’ai droit toujours plus difficiles à obtenir, en ne les distribuant qu’avec un retard parfois effarant.
On me demande de faire barrage à l’extrême-droite et de soutenir la démocratie, quand celle-ci tabasse ses manifestants et noie les migrants à ses frontières pour ne pas les voir arriver sur son sol.
On me demande d’obéir, alors que chaque jour je vois que les puissants ne le font pas.
On me demande de payer des impôts dont les plus grandes entreprises et ceux qui les détiennent parviennent à s’affranchir.
On demande à ma famille d’être un ensemble de consommateurs responsables, mais on l’assomme de messages publicitaires incessants pour l’inciter à acheter de la merde, des aliments mauvais, des marchandises inutiles ou destructrices.
On me demande d’être en règle sur tout, mais on m’a privé d’interlocuteurs en chair et en os pour y parvenir, en les remplaçant par des robots ou des algorithmes auxquels je ne comprends rien.
On me demande de vieillir sans emmerder personne et en continuant de consommer aussi tard que possible, mais on rend ma vieillesse terrible à force de dénuement, de peur d’un monde qui court et d’isolement.
On me demande d’être compétitif, mais on ne me dit pas en quoi j’en vivrai mieux, et je n’en profite pas.
On me demande de travailler à n’importe quel poste, pourvu que je puisse consommer, mais on ne punit pas les entreprises géantes qui détruisent les emplois tout en ayant touché aides et subventions, tout en ayant été affranchies des taxes locales que payent les petits entrepreneurs locaux qui, eux, créent plus d’emplois proportionnellement à leur chiffre d’affaires.
Dès lors, pourquoi ferais-je un quelconque effort ? Pourquoi changerais-je ma façon de faire tandis qu’on me méprise, qu’on ne m’écoute ni me comprend, tandis qu’on laisse faire à d’autres des choses dix fois pires que les pires que je pourrais commettre, et qu’on me rend la vie bien plus compliquée qu’à eux tout en continuant à les enrichir ?
Peut-être par civisme, par conviction, par citoyenneté consciente.
Parce que je ne veux pas laisser le déchet d’une vie dégueulasse pour avenir à ceux qui me suivent.
Mais, nom de dieu, qu’il m’est insupportable de devoir tolérer que la rigueur et le civisme doivent être majoritairement supportés par le petit peuple, les classes moyennes et supérieures basses tandis que les tenants du reste de la puissance économique peuvent à ce point s’en affranchir.
Qu’on se nappe de jaune fluo, de vert ou de rien du tout, l’enjeu social actuel pour lequel nous nous battons est celui-ci : établir ou rétablir l’équité. Et notre société n’est actuellement équitable ni face aux services publics, ni face aux enjeux environnementaux.

# Les soulèvements de la terre - Un cycle de réflexion sur l’écologie au mois de Mai à Rennes [3/3] - présentation de l’axe 3 qui se penche en particulier sur les luttes menées depuis une cinquantaine d’années au nom de l’écologie et la fausse distinction entre luttes sociales et luttes écologiques

Ecocide, destructions écologiques et climatiques catastrophiques provoquées par le capitalisme, le productivisme et les civilisations industrielles

  • Une espèce sur huit, animale et végétale, risque de disparaître à brève échéance - Le rapport mondial de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) alerte sur la disparition accélérée de la vie sauvage, sur la Terre comme au fond des océans, qui menace l’humanité. (...) « La santé des écosystèmes dont nous dépendons, comme toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais, résume le président de l’IPBES, le Britannique Robert Watson. Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier. » (...) Et la machine à broyer le vivant s’emballe : si rien n’est fait pour l’arrêter, les experts annoncent « une nouvelle accélération du rythme mondial d’extinction ». (...) L’un des intérêts du rapport est de hiérarchiser les facteurs de la perte de biodiversité, tous imputables aux activités humaines. En tête (30 % des impacts) arrive le changement d’usage des milieux naturels. En clair, la destruction et la fragmentation des habitats, dues en très grande partie à la déforestation au profit des cultures agricoles, des plantations de palmiers à huile ou de l’élevage du bétail – le couvert forestier mondial a reculé d’un tiers par rapport à la période préindustrielle –, mais aussi à l’extraction minière, aux grands barrages hydrauliques, aux routes ou à l’étalement urbain.
    S’y ajoute (pour 23 %) l’exploitation des ressources naturelles – chasse, pêche, coupes de bois… – ou plutôt leur surexploitation, souvent par des pratiques illégales. Arrivent ensuite, à égalité (14 %), le changement climatique et les pollutions de toutes sortes, des sols, des eaux et de l’air, en particulier par les pesticides, par les déchets industriels (entre 300 et 400 millions de tonnes de métaux lourds, solvants, boues toxiques sont déversées chaque année dans les milieux aquatiques) et par le plastique, dont le volume a été multiplié par dix dans les océans depuis 1980.
  • Pour le gouvernement, trop de biodiversité nuit à la croissance - Alors que l’alarme scientifique sur l’effondrement du vivant n’a jamais été aussi forte, le gouvernement français veut priver le Conseil national de protection de la nature (CNPN) de sa capacité à protéger les espèces naturelles menacées. Motif ? Fluidifier et faciliter les travaux d’aménagement. Dans une tribune, vingt de ses membres constatent l’absurdité d’un tel choix. (...) l’intention du gouvernement est bien de réduire l’espace d’intervention de l’institution naturaliste. Les services du ministère de la transition écologique ont en effet fait savoir aux responsables de la commission espèces et communautés biologiques du CNPN, chargée d’examiner les demandes de dérogation, que l’administration se plaignait des bâtons dans les roues que représentaient leurs avis. Même s’ils ne sont que consultatifs, leur poids symbolique est fort. En cas de jugement défavorable, les porteurs de projet doivent souvent reprendre leur étude d’impact et leurs analyses préparatoires pendant plusieurs mois. Et les opposant·e·s aux projets d’aménagement appuient régulièrement leurs recours en justice sur les avis du CNPN – ce fut notamment le cas dans la longue bataille juridique contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. (...) Le problème est « qu’il y a une pression de dingue des élu·e·s et du monde économique pour développer l’activité et l’emploi, et qu’ils trouvent qu’on perd du temps à examiner avec autant d’attention les demandes de dérogation, décrit Nyls de Pracontal. En ce sens, la simplification des autorisations environnementales est un renoncement à protéger la biodiversité ». (...) Le gouvernement affaiblit le Conseil national de protection de la nature au moment même où les scientifiques de l’IPBES, une plateforme internationale de chercheurs calquée sur le modèle du Giec, publient un rapport terrible, quasiment désespéré, sur l’effondrement en cours du vivant sur notre planète (à lire sur Mediapart lundi 6 mai à partir de 13 heures). Entre les actions requises par ce tableau, sans appel, de la destruction en cours du monde, et la réalité des pratiques du pouvoir macronien, l’écart ne pourrait pas être plus grand.
  • Pour éviter l’effondrement du vivant, il faut changer l’agriculture et l’alimentation - Les États membres de l’IPBES, le « Giec de la biodiversité », ont adopté un rapport inédit qui alerte sur l’effondrement du vivant. L’agriculture industrielle et la consommation de viande sont les causes majeures de ce déclin. Un changement de modèle agricole et une reconnaissance des peuples autochtones pourraient permettre d’éviter l’extinction.
  • Géorgie : Quels sont ces « heurts » dans la vallée de Pankissi ? - Les habitants refusent la construction d’un barrage hydroélectrique et s’affrontent à la police anti-émeute
  • Près de Meaux, un refuge d’oiseaux menacé par un projet de décharge

# Post de Nicolas Casaux, à propos d’un appel diffusé dans le Monde à l’adresse des Etats, « L’avenir de la vie sur terre est en jeu. Nous vous exhortons à agir sans attendre » :
S’il n’y a rien à attendre des "leaders politiques", il n’y a rien à attendre des imbéciles qui continuent inexorablement à en appeler aux "leaders politiques" pour nous sauver tous, et même la vie sur Terre. Le "new deal" qu’encouragent ces clowns, s’il a un jour une chance d’advenir, ne constituera qu’un prolongement du désastre techno-industriel en cours, à l’image du "New Deal" de Roosevelt qui permit de "sauver le capitalisme de lui-même", c’est-à-dire de sauver la société industrielle capitaliste.
L’avenir de la vie sur terre est en jeu. Et les idiots utiles qui écrivent ce genre de bêtises font évidemment le jeu des principaux responsables de la catastrophe.
Ce n’est pas un hasard si les groupes (soi-disant) écologistes les plus mis en avant dans les médias de masse (l’ONG 350, Extinction Rebellion, Greenpeace, WWF, Cyril Dion — qui figure parmi les signataires de cet appel ridicule — et sa clique, etc.) sont de ceux qui en appellent aux pouvoirs en place pour nous sauver, pour tout sauver : la société techno-industrielle (la civilisation), les écosystèmes, le climat, les espèces, etc. De ceux qui en appellent à un "Green New Deal", ou à une "Green Industrial Revolution" (révolution industrielle verte). Greta Thunberg est elle aussi utilisée par de nombreux médias, de nombreux politiciens et de nombreux groupes d’influence notoire pour promouvoir un "Green New Deal" (qu’elle encourage elle-même explicitement), ou une nouvelle "révolution industrielle" (ainsi qu’un article du Financial Times qui lui était consacré le suggérait il y a quelque jours). Ils donnent l’impression qu’une contestation écologiste existe, façonnent les espérances populaires en la matière et les rendent compatibles avec les plans des classes dirigeantes (toujours plus de développement techno-industriel).

# [[L’ECO-SCHIZOPHRÉNIE : ALERTER SUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE SANS VOULOIR CHANGER DE MODÈLE ECONOMIQUE]->https://www.facebook.com/RevueFrust...] (...) Pas une seule fois le mot « capitalisme » n’a été prononcé sur la première matinale radio de France ce matin ! Pas non plus « système économique ». Mais « habitudes alimentaires », « nos modes de vie » (les pays pauvres et les citoyens pauvres apprécieront). Tout est fait pour englober toutes les causes de dérèglement climatiques dans un même tout collectif vague et déresponsabilisant. Car non, un citoyen au RSA n’a pas la même responsabilité dans ce nous arrive que les dirigeants de Total ou de Vinci, quand bien même ils iraient chez Naturalia tous les samedis.
Si les choses sont si urgentes, et elles le sont, tous les comportements vertueux de consommation n’y suffiront pas. Pas plus que la « prise de conscience des jeunes générations », dont tous les commentateurs se réjouissent comme si elle les exonérait de leur propre responsabilité dans ce drame. Vu les échéances annoncées, il faut changer de système économique. Se redonner les outils politiques de maîtrise de l’énergie et des grands secteurs productifs. Tout le reste, c’est du propos inconséquent, gratuit et oui, flippant, terrifiant car sans solution crédible.

https://www.youtube.com/watch?v=hliCkQPHfq8

Répression policière et terrorisme d’Etat

Magouilles, violences et mensonges du régime et de son monde

# Vu du Droit : La Pitié-Salpêtrière : menteurs c’est sûr, mais délinquants aussi ?


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