Etat, CAF, Pole Emploi, conseils départementaux... font la guerre aux pauvres

Le système en place et ses supporters broient les pauvres, lesquels sont fabriqués en série par ledit système

vendredi 26 février 2021, par Auteurs divers.

Deux textes percutants sur la chasse aux pauvres menée par l’Etat et ses organismes de flicage, une chasse abondamment relayée, encouragée et approuvée par des élus de tout bord, les médias de milliardaires et leurs éditorialistes de cour.
Non seulement cette civilisation crée des classes de pauvre, en a besoin pour ses business (travailleurs pas chers et soumis, marchés contraints et lucratifs) et s’en sert abondamment dans sa propagande comme repoussoir utile à l’acceptation de sa condition (la peur du déclassement et du chômage), mais en plus elle les traque sans pitié, renforçant l’apartheid social, l’insécurité et la violence sociales.

LA GUERRE AUX PAUVRES (ou la violence ordinaire de la civilisation)

Toute dystopie digne de ce nom se doit d’avoir sa bureaucratie inhumaine. Notre civilisation possède donc la sienne. Immense machinerie sociale composée de rouages (autrefois, ou techniquement) humains, l’appareil bureaucratique exerce un despotisme écrasant au bénéfice des classes dominantes.

En l’occurrence, la CAF, Pole Emploi et différents services étatiques (conseils départementaux, etc.) harcèlent les pauvres, inexorablement, de manières humiliantes — d’où, régulièrement, des suicides, des immolations par le feu, etc. Violence terrible dont, évidemment, les éditocrates des médias de masse — en tant que membres des classes supérieures — ne parlent que très rarement, voire pas du tout.

Tout en se la coulant douce, tout en se vautrant dans le luxe, tout en s’enrichissant, s’engraissant, tout en étendant toujours plus leur domination, les classes dominantes entretiennent un abominable système d’entr’exploitation des humains et de pillage de la planète. (Dans le même temps, les progressistes et les bourgeois de gauche sèment ici et là quelques promesses d’une « meilleure fiscalité », « plus juste », de faire payer un peu plus d’impôts aux riches, et sont souvent davantage préoccupés par sauver le climat ou atteindre une « neutralité carbone » au moyen de quelque « transition » que par quoi que ce soit d’autre.)

Non contents de perpétuer un insupportable système d’asservissement de tous par tous, de nous voler tous, de frauder, de tricher, de mentir, de réprimer les manifestations, les riches, les dirigeants, organisent une impitoyable chasse aux pauvres, une guerre bureaucratique contre les pauvres, tentent de leur extirper tout ce qu’ils peuvent, le moindre centime (il ne s’agit pas de combattre la pauvreté, mais de combattre les pauvres, une véritable guerre de classe visant à garantir la perpétuation de l’écrasement de ceux d’en bas). Et peu importe qu’une jeune mère se retrouve à ne plus avoir assez pour nourrir correctement sa fille, peu importe toutes les misères que cela induit, toutes les inhumanités qui en résultent — lesquelles sont innombrables, mais peu médiatisées, bien entendu (je pourrais vous raconter un certain nombre d’histoires toutes plus infernales les unes que les autres sur ce que vivent ou ont vécu les gens de notre HLM ; et je suis sûr, et je sais que plusieurs d’entre vous pourraient aussi nous en rapporter, toutes plus tragiques les unes que les autres ; mais les pauvres, bien trop souvent, crèvent en silence dans le vaste anonymat de la machine sociale, subissent sans rien dire la barbarie, la cruauté de la civilisation, endurent les pires ignominies en courbant l’échine, n’osent pas, sont conditionnés pour ne pas oser, pour accepter les règles, sont encouragés à blâmer d’autres pauvres pour leurs conditions plutôt que les premiers responsables desdites conditions, à savoir les riches et les dirigeants politiques).

Infâme. Ignoble. Difficile d’exprimer ça avec des mots. Plutôt à la manière de Sante Geronimo Caserio. C’est-à-dire que tandis que d’aucuns espèrent que la civilisation industrielle deviendra verte, ou qu’une meilleure fiscalité nous sera proposée, nous, on voudrait que la cocotte minute explose et que les pauvres, les dépossédés, ceux-qui-ne-sont-rien, rendent à leurs tortionnaires la monnaie de leur pièce et se partagent ce à quoi ils ont droit.

(post de Nicolas Casaux)

L’Etat, la CAF, Pole Emploi, les conseils départementaux... font la guerre aux pauvres
Riches et gouvernements bourgeois stigmatisent les classes populaires qui pourtant sont créés par leur système et servent leurs intérêts, pour le plus grand profit du capitalisme qui continue de plus belle

Menaces et suspension du RSA par l’Etat : la chasse aux gueux continue de plus belle pendant l’épidémie

- Menaces et suspension du RSA par l’Etat : la chasse aux gueux continue de plus belle pendant l’épidémie
Les allocataires du revenu de solidarité active (RSA) doivent toujours, sous peine de menaces de suspension de leur allocation, faire acte de recherche d’emploi, ne pas oublier la moindre pièce dans leur dossier ou se rendre à des rendez-vous nullement nécessaires. Un dispositif de flicage qui a toujours été injuste des plus pauvres mais qui ne connaît aucune trêve en période pandémique et de crise économique et sociale.

- extrait :

Avec Audrey “Votre Technicien-conseil”, encore une belle trouvaille managériale et impersonnelle (ils ne prennent même pas la peine de féminiser technicien en “technicienne”, tellement tout est automatisé et robotique), vous avez le droit d’être pauvre, ça d’accord, mais surtout le devoir de le justifier, de faire des efforts de motivation et d’accepter n’importe quel poste sous n’importe quelle condition, tant que vous rentrez dans leurs cases attribuées.

La suppression de l’ISF, ô surprise, nous a fait perdre des millions d’euros. Grâce au crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), créé sous le quinquennat de François Hollande, on n’est pas loin des milliards d’euros de perte. A cela s’ajoutent les 100 milliards d’évasion fiscale par an. Que font l’Etat et le gouvernement ? Ils traquent les plus pauvres, qu’ils maintiennent dans la précarité, les rendent apathiques, pour effectuer des économies sur 500 euros par ci, 500 euros par là… Une forme de bureaucratie autoritaire et comptable, un “apartheid social”, s’est installée en France. Elle s’intensifie et s’affirme en période épidémique, où la précarité s’envole dans l’indifférence générale. Qu’attendons-nous p

Pour lancer notre propre chasse à courre des plus riches et renverser la donne ?

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L'Etat, la CAF, Pole Emploi, les conseils départementaux... font la (...)

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  • Etat, CAF, Pole Emploi, conseils départementaux... font la guerre aux pauvres Le 6 mars à 21:57, par Etienne Faye

    Lettre ouverte à tous ceux qui s’intéressent au sort d’un citoyen parmi les autres :

    C’est ma très grande faute

    Je me demande si nous, les chômeurs, surtout ceux d’entre nous qui touchons l’allocation sociale de solidarité (ASS), à peu près 500 euros par mois, sommes tenus de posséder un téléphone en bon état.
    Dans ce cas, il ne me reste plus qu’à faire mon mea culpa, je bats ma coulpe, c’est ma faute, c’est ma très grande faute, j’ai investi dans un téléphone d’occasion qui ne fonctionnait pas aussi bien qu’il en avait l’air. Et, donc, le Pôle Emploi, le 15 janvier 2021, en pleine pandémie mondiale du coronavirus, et concernant un homme de bientôt cinquante ans, vivant chichement de l’ASS et d’une allocation logement... le Pôle Emploi, vexé probablement de n’avoir à faire qu’avec des tricheurs invétérés, se permet de supprimer du jour au lendemain l’allocation de survie qu’elle lui versait jusqu’alors.

    Il est vrai que l’incident s’est produit deux fois. Une première le 20 novembre 2020, à 9 h, je suis devant mon téléphone, sans me préoccuper de savoir si je vais entendre la sonnerie, puisqu’en toute logique, je vais l’entendre. Quand je constate que personne n’a appelé, je téléphone au 3949 (numéro unique national de l’institution). Ma conseillère étant en télétravail, bien sûr, il est hors de question de la joindre.
    Par contre, celle-ci est prompte à me dénoncer. Je dois me fendre d’un courrier d’excuse, j’explique n’avoir pas reçu d’appel, et l’on décide de ne pas me sanctionner. En revanche, ma conseillère me convoque à nouveau pour un rendez-vous téléphonique le 22 décembre à 11h55.
    Parfait. Je me poste devant mon téléphone, j’allume mon ordinateur. Et j’attends. J’attends. Je vérifie mon téléphone. Pas d’appel.
    J’écris à ma conseillère à 12h34 que je n’ai pas reçu son coup de fil. J’espère ainsi prouver ma bonne foi. Je verrai par la suite que cela ne sera pas suffisant. Ce jour-là, je commence à penser que mon téléphone ne fonctionne pas, et je fais des tests le soir-même avec ma famille et des amis. En effet, je ne reçois qu’un appel sur trois ou quatre.
    Bref : mon smart-phone n’est pas fiable, autant dire que je n’ai pas de téléphone ! C’est ma faute, c’est ma très grande faute ! Je n’aurais pas dû acheter un téléphone d’occasion, en août dernier ! Je comprends donc la méprise, et m’empresse d’envoyer par mèl un autre numéro à ma conseillère, c’était la période de Noël et j’étais chez ma mère, qui possède un téléphone fixe.
    Mais c’était Noël pour tout le monde, et ma conseillère... ne m’a pas appelé. 
    Je la cite, sibylline, dans un courriel : « cela n’a pas pu se faire ».
    Il y a un mot à la mode, en ce moment, dans l’entreprise, c’est l’agilité. Il n’y en a aucune pour les chômeurs.

    Donc, on ne peut pas m’appeler, je ne peux pas non plus, aussi on me dénonce, une deuxième fois. C’est la procédure.

    Le 22 janvier, je décide de me rendre sur place, à l’agence, malgré le virus, étant personne à risque. L’accueil y est chaleureux, le personnel attentif. On me propose un recours. Et, je le fais.

    Par mèl, j’apprends que l’instance de recours se donne deux mois pour répondre. Deux mois. Comment allais-je m’arranger avec la propriétaire de mon petit appartement, en attendant ? J’habite un meublé de 30 m2 que je paye 500 euros par mois. Ce ne sont pas les affaires du Pôle Emploi, je l’ai compris.

    Trois semaines plus tard (seulement), je reçois une réponse à mon recours, signée de Monsieur Sienko, directeur de Pôle Emploi Rhône sud-est :
    « (…) les éléments apportés, notamment, vous évoquez un problème de téléphone par deux fois, ne constituent pas un motif légitime de nature à justifier le manquement « absence à rendez-vous » qui a été constaté ».
    Je me permets de remarquer que ce Monsieur, sa (ou son) secrétaire, n’ont pas osé écrire : « (…) problèmes de téléphone par deux fois ne constituent pas un motif légitime de nature à justifier « l’absence à rendez-vous téléphonique » … Peut-être, après tout, quelqu’un a-t-il eu un sursaut de bon sens, au dernier moment ? Bien que, in fine, le motif de la radiation précise qu’un problème technique de téléphone ne constitue pas une excuse légitime de nature à justifier une absence à un rendez-vous téléphonique. C’est un sketch. Ou juste une façon de prendre une nouvelle fois les chômeurs, qui ont pourtant acquis des droits en travaillant, pour des imbéciles.

    En tous cas, mon expérience avec cet établissement public se termine mal, alors qu’elle avait déjà bizarrement débuté.

    Après quelques rendez-vous, jamais manqués, avec mon précédent conseiller, j’ai pu élaborer un nouveau projet professionnel. Ancien journaliste, j’avais adoré animer des ateliers d’écriture (avec des enfants en situation de fragilité dans le cadre d’un programme de réussite éducative). Mon conseiller me propose de devenir professeur. Je n’avais que le baccalauréat, diplôme insuffisant, et ce conseiller, qui mérite son titre ce jour-là, me parle d’une VAE, une Validation des Acquis de l’Expérience.

    Que je trouve à Toulouse. Je m’inscris juste avant la grève de 2019, la formation est reportée de six mois. Je la réalise finalement jusqu’à obtenir mon diplôme de Master 2 de littérature en octobre 2020, avec la note de 18, mention très bien. Pôle Emploi me promet une participation au financement, et réitère cette promesse auprès de l’Université Jean Jaurès. Pour finir, je n’ai pas obtenu le moindre centime, sous prétexte que cette formation n’était pas à proprement parler une formation, c’était un « accompagnement ». Pardon, mais cette nuance est une lâcheté qui marque bien le mépris que l’on montre et de façon régulière, réitérée, aux chômeurs. J’ai dû alors faire face à ces frais qui devaient être pris en charge soit 1600 euros pour la formation (sic), auxquels s’ajoutaient les allers-retours à Toulouse : de l’argent que je n’avais pas, que j’ai emprunté à des familiers, et une dette que je traîne encore aujourd’hui.

    Je suis en colère. Tout me semble organisé pour freiner ou empêcher le versement de subsides à ceux qui en ont le plus besoin, et même, in fine, quel qu’en soit le coût social, pour nous radier en nombre des listes de Pôle Emploi. Les instructions semblent claires, pas de pitié, alors que tout le monde sait qu’il y a une baisse très importante du nombre d’emplois à pourvoir, et une crise sanitaire qui complique encore le quotidien des personnes en difficulté sociale.

    Quant à moi, brimade supplémentaire, j’ai dû demander avant l’heure le RSA à la caisse d’allocations familiales. Dois-je m’attendre à être humilié, suspecté, infantilisé à nouveau ?

    Il faut absolument repenser l’aide sociale. Celle-ci ne doit pas être une occasion de harceler les pauvres, de les culpabiliser, de les laisser vivre dans la menace permanente d’une radiation, d’une suppression de leur maigre allocation. Cette vie traquée est intolérable.

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