Epidémie coronavirus : le ralentissement de l’économie permet à la nature de revivre

Les animaux reviennent quand la civilisation capitaliste s’arrête, ralentit

jeudi 19 mars 2020, par Auteurs divers.

Texte d’un confiné de Venise :

« Je vous écris d’une ville coupée du monde. Nous vivons ici dans une parfaite solitude qui n’est pas le vide. Nous prêtons chaque jour un peu moins attention à ce que nous ne pouvons plus faire car Venise, en ces jours singuliers, nous ramène à l’essentiel. La nature a repris le dessus.

L’eau des canaux est redevenue claire et poissonneuse. Des milliers d’oiseaux se sont installés en ville et le ciel, limpide, n’est plus éraflé par le passage des avions. Dans les rues, à l’heure de la spesa, les vénitiens sont de nouveau chez eux, entre eux. Ils observent les distances, se parlent de loin mais il semble que se ressoude ces jours-ci une communauté bienveillante que l’on avait crue à jamais diluée dans le vacarme des déferlements touristiques. Le tourisme, beaucoup l’ont voulu, ont cru en vivre, ont tout misé sur lui jusqu’à ce que la manne se retourne contre eux, leur échappe pour passer entre des mains plus cupides et plus grandes, faisant de leur paradis un enfer.

Venise, en ces jours singuliers, m’apparaît comme une métaphore de notre monde.
Nous étions embarqués dans un train furieux que nous ne pouvions plus arrêter alors que nous étions si nombreux à crever de ne pouvoir en descendre ! À vouloir autre chose que toutes les merveilles qu’elle avait déjà à leur offrir, les hommes étaient en train de détruire Venise. À confondre l’essentiel et le futile, à ne plus savoir regarder la beauté du monde, l’humanité était en train de courir à sa perte.

Je fais le pari que, lorsque nous pourrons de nouveau sortir de nos maisons, aucun vénitien ne souhaitera retrouver la Venise d’avant.
Et j’espère de tout mon coeur que, lorsque le danger sera passé, nous serons nombreux sur cette Terre à refuser de réduire nos existences à des fuites en avant.

Nous sommes ce soir des millions à ignorer quand nous retrouverons notre liberté de mouvement. Soyons des millions à prendre la liberté de rêver un autre monde. Nous avons devant nous des semaines, peut-être des mois pour réfléchir à ce qui compte vraiment, à ce qui nous rend heureux.

La nuit tombe sur la Sérénissime. Le silence est absolu. Cela suffit pour l’instant à mon bonheur. Andrà tutto bene. »

Les animaux reviennent quand la civilisation capitaliste s’arrête, ralentit
Venise, des dauphins reviennent dans les canaux

Je m’interroge...🤔

A Venise l’eau est en train de se dépolluer et redevient limpide, en Sardaigne des dauphins nagent à nouveau dans le port de Cagliari, en Chine, en Italie et ailleurs dans le monde la pollution diminue drastiquement,... la planète nous lance un message... serons-nous capable de l’écouter ?

(post FB)

- voir aussi :

NOTE : ce qui vaut pour Venise vaut pour toutes les régions du monde.
Peut-être que cette tragique crise sanitaire aura des effets positifs au final ?
On va revenir à des considérations plus essentielles, se rendre compte que la nature est là, qu’elle peut revenir, que la civilisation capitaliste détruit tout, qu’il faut en finir avec cette économie de marché et tout ce qui va avec.
A nous de prendre les choses en main pour que ce soit le cas, pour qu’il n’y ait pas eu des morts et des souffrances pour rien.
Evitons le retour à la normale, imposons une bifurcation salvatrice et radicale au système capitaliste et aux régimes oligarchiques.

Qui est le vrai virus dans cette histoire ?

" Donc pour résumer, on découvre en deux jours que :
- Il est possible de nationaliser des entreprises
- Il est possible de réguler la bourse
- Il est possible de fermer les frontières
- Il est possible d’écouter les scientifiques
- Il est possible d’arrêter de travailler
- Il est possible de consommer moins
- Il est possible d’arrêter les transports aériens
- Il est possible d’avoir des services publics fonctionnels (armées y compris)

Pour rappel, ce que dit l’écologie politique depuis 50 ans :
- Il est nécessaire de relocaliser les entreprises et l’économie
- Il est nécessaire de contrôler politiquement la bourse et les marchés
- Il est nécessaire de privilégier les échanges et productions locales avec transports minimaux
- Il est nécessaire d’écouter les scientifiques et de favoriser les études
- Il est nécessaire d’arrêter la destruction par la production de l’obsolescence
- Il est nécessaire d’opter pour une sobriété épanouie
- Il est nécessaire de repenser ce que signifie le mot « vacances »
- Il est nécessaire d’avoir des services publics forts et une oligarchie faible

Certains disent que c’est le début de l’effondrement, je dirais que c’est tout le contraire : il suffit que le possible devienne nécessaire.

(post FB)


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