En finir avec l’anticapitalisme de pacotille qui prétend décarboner et verdir l’Economie

Pour s’en tirer, il faut sortir de l’ornière de l’alter-capitalisme promut par les faux écolos et les industriels

samedi 2 avril 2022, par Les Indiens du Futur.

GRETA THUNBERG ET SES AMIS ANTICAPITALISTES

Dans la confusion la plus totale, caractéristique majeure de notre époque sociale, Greta Thunberg et le « mouvement climat » sont parfois associés à une sorte d’anticapitalisme. En réalité, ils ne sont pas beaucoup plus anticapitalistes que le Prince Charles (photo en haut à gauche), lequel déclare :
« Il me semble évident que nous ne pouvons pas avoir de capitalisme sans capital et, surtout, que la source ultime de tout capital économique est le capital de la Nature. »

En finir avec l’anticapitalisme de pacotille qui prétend décarboner et verdir l’Economie
Pour s’en tirer, il faut sortir de l’ornière de l’alter-capitalisme promut par les faux écolos et les industriels

Autrement dit, sauver la nature pour sauver le capitalisme.
Et (ailleurs) : « Après tout, il est peut-être bon de garder à l’esprit qu’en fin de compte, l’objectif premier du capitalisme devrait certainement être de servir les intérêts et les préoccupations plus vastes et à long terme de l’humanité. »

Un autre capitalisme est possible. Soutenable et sympa. C’est pourquoi le Prince Charles en appelle au « type d’action nécessaire à la création d’une nouvelle forme de capitalisme inclusif. C’est crucial, si je puis dire, mais il faudra une gouvernance puissante, une énergie sans limite, de la détermination et pas mal d’audace. »

Plus loin, dans le même discours, tenu en 2014 lors d’une conférence intitulée « Capitalisme inclusif : Créer de la valeur, renouveler la confiance », il ajoutait, face à un public de sommités en son genre, qu’il fallait donc impulser :

« une transformation fondamentale du capitalisme mondial. Il me semble que la transformation que j’ai depuis longtemps à l’esprit se reflète dans la substance de notre réunion d’aujourd’hui et dans la question de savoir comment créer un changement d’orientation pour passer de la focalisation actuelle sur le court terme à une focalisation sur le long terme. Et avec cela, un engagement moral authentique à agir en tant que véritables gardiens de la Terre et architectes du bien-être des générations actuelles et futures. Beaucoup d’entre vous, ici présents, sont des pionniers dans ce processus. Vous avez montré que cet engagement ne doit pas nécessairement avoir un coût financier. En effet, comme mon Projet de comptabilité pour la durabilité [Accounting for Sustainability Project] ne l’a que trop clairement démontré, ce n’est qu’en adoptant un sens plus large de la valeur que nos finances pourront devenir pérennes et que nous pourrons trouver de nouvelles sources de profit. »

Ces déclarations du Princes Charles sont néanmoins qualifiées « d’attaques contre le capitalisme » par différents médias de masse. D’une part, sans doute, pour faire du buzz, d’autre part parce qu’il en faut peu pour effrayer les ultracapitalistes, et enfin parce qu’il est commode de présenter comme un anticapitalisme ce qui n’est en réalité qu’un vague mouvement en faveur de quelques mesures visant à perpétuer le capitalisme. Cela permet d’occulter tranquillement toutes les critiques sérieuses du capitalisme.

Le très cool — aux yeux des « progressistes » benêts — Barack Obama, quant à lui, notait, dans un essai écrit pour The Economist, qu’il était important de « se rappeler que le capitalisme a été le plus grand moteur de prospérité et d’opportunités que le monde ait jamais connu », et que « sans une croissance économique plus importante, nous ne serons pas en mesure de générer les augmentations de salaires souhaitées, quelle que soit la façon dont nous répartissons le gâteau ».

Quant au grand écologiste Al Gore, célèbre pour ses révélations de « vérités qui dérangent » (on n’a toujours pas compris qui), il affirmait, de concert avec David Blood, dans un article intitulé « Le capitalisme est en danger »
paru dans le Financial Times du 27 juillet 2014 :

« Ces temps-ci sont cruciaux pour les investisseurs. C’est au cours des dix prochaines années que nous devons accélérer urgemment la transition vers une économie à faible émission de carbone. Nous pensons que le capitalisme court le risque de s’écrouler. En conséquence, le commerce, qui a été assez timide par le passé en ce qui concerne la mécanique de l’investissement dans la soutenabilité, s’apprête à augmenter sa visibilité. Nous devons y aller à fond. Nous allons devenir plus agressif parce que nous n’avons pas le choix. »

&, le 10 octobre 2019, au Sommet mondial des maires du C40 (C40 World Mayors Summit 2019) :

« L’inégalité, c’est un peu comme l’inflation. Vous en aurez toujours un peu. Sinon, vous vous retrouvez avec un autre genre de problème. On en veut donc toujours un peu, mais on doit à tout prix éviter l’hyperinflation. Cela gâche tout. L’inégalité, c’est pareil. Pour que les marchés fonctionnent, il nous faut un peu d’inégalité. Les gens ont des compétences différentes, certaines valent plus que d’autres. Mais lorsque l’inégalité atteint des niveaux trop élevés, cela menace à la fois la démocratie et le capitalisme. Ce que nous constatons. »

Cela étant, comment ne pas être ému par cette déclaration de Greta Thunberg, en date du 30 décembre 2018 : « Merci Al Gore d’être un vrai pionnier. Peu de gens ont fait autant que vous. C’était un honneur de vous rencontrer. »

N’est-ce pas. Au Royaume-Uni, une des principales figures d’Extinction Rebellion, Farhana Yamin, qui figure parmi les auteurs et autrices du petit guide d’Extinction Rebellion, estime qu’« investir dans les infrastructures des énergies renouvelables est la clé pour relancer la croissance »

Confusion et absurdité à tous les étages.

Nous avons effectivement besoin d’une opposition sérieuse au capitalisme. Pas d’un mouvement en faveur de son verdissement ou de sa perpétuation. & une opposition sérieuse au capitalisme, ce n’est pas demander aux autorités de bien vouloir carboneutraliser la civilisation industrielle le plus vite possible. Ce n’est pas demander des « emplois (« verts ») pour tous et toutes », c’est en finir avec l’esclavage moderne que constitue le salariat, le travail, c’est reprendre aux riches tout l’argent et le pouvoir qu’ils ont accaparés. C’est une opposition à la totalité de la civilisation industrielle et de ses institutions. (Le livre Guérir du mal de l’infini, d’Yves-Marie Abraham Abraham, est une bonne base de réflexion.)

- https://www.partage-le.com/2019/09/13/greta-thunberg-extinction-rebellion-et-le-mouvement-pour-le-climat-developpement-durable-par-nicolas-casaux/

Post de Nicolas Casaux

- Voir aussi : Pour une autocritique du mouvement écologique (par Nicolas Casaux)

- A gauche, l’anticapitalisme tronqué associé à la foi en l’Etat et en sa possible démocratisation plombe aussi beaucoup les analyses, les perspectives et donc les voies de résistance.


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