Drôme river is dead - Tourist go home please / La rivière Drôme est morte, touristes rentrez chez-vous svp

Il n’y a plus d’eau, touristes restez chez vous - There is no more water, tourists stay at home - Place au tourisme virtuel du métavers

lundi 27 juin 2022, par Les Indiens du Futur.

Message ironique d’anticipation (english below), ou pas, puis quelques remarques sur le fait que c’est le début de la fin pour le tourisme, l’avenir est au voyage virtuel et à tout ce qui va avec.

Sécheresse hivernale et printanière puis canicule historique en juin, résultat, la rivière Drôme a perdu son eau, elle se transforme en cloaque à algues vertes et à microbes pas sympas.
En aval de Crest plus grand chose ne coule. Le lit révèle ses os.
A Crest actuellement ça fait la gueule, on se croierait fin août.
A Mirabel et Blacons ça décline progressivement, bientôt les poissons ne pourront plus passer, à supposer qu’il en reste de vivants.
Les restes de débit s’évaporent au cagnard ou partent dans les nappes alluviales qui s’abaissent.
Reste-t-il assez d’eau pour les canoë-kayak, ça va racler le fond, d’ailleurs sont-ils encore autorisés quand le débit est très bas ?
Quelques orages et des pluies sont tombés cette semaine. Vue la sécheresse, ça n’améliorera la situation que quelques jours, au mieux.

Les touristes ne pourront plus se baigner cet été. Ils pourront prendre des bains de galets recuits par le soleil.
Vont-ils se rabattre sur les derniers campings avec piscine autorisée, ou vont-ils prendre la direction de la mer ou de l’océan en bagnole ou en avion ?
Le mieux serait sans doute qu’ils restent chez eux. Ils auraient le temps de cogiter un peu à la situation climatique, écologique et politique, ils libéreraient des résidences secondaires bien utiles, et ils feraient moins pression sur des milieux fragilisés par la canicule et les séchesses. Et puis ça leur éviterait peut-être de voir leurs affaires crâmer dans un incendie de forêt qui pourrait ravager leur villégiature.

Drôme - Juin 2025

Drôme river is dead - Tourist go home please / La rivière Drôme est morte, touristes rentrez chez-vous svp
Image illustrative non locale

English version


Ironic message of anticipation, or not, and then some remarks on the fact that for tourism this is the beginning of the end, the future is virtual trip and numeric world.

Winter and spring drought followed by a historic heatwave in June. As a result, the Drôme river has lost its water, and is turning into a cesspool of green algae and unpleasant microbes.
Downstream from Crest, not much flows. The riverbed reveals its bones.
In Crest city, the river is in a bad way, it actualy looks like the end of August.
At Mirabel and Blacons it is gradually declining, soon the fish won’t be able to get through, assuming there are any alive.
The remains of water evaporate in the heat of the day or go into the lowering alluvial deposits.
Is there enough water left for canoeing, it will scrape the bottom, and are they still allowed ?
A few thunderstorms and rain are forecast this week. Given the drought, this will only improve the situation for a few days at best.

Tourists will not be able to swim this summer. They will be able to bathe in the sun-baked pebbles.
Will they fall back on the last campsites with authorised swimming pools, or will they head for the sea or the ocean by car or by plane ?
It would probably be best if they stayed at home. They would have time to think about the climatic, ecological and political situation, they would free up valuable second homes, and they would put less pressure on environments weakened by the heat wave and droughts. And it would perhaps save them from seeing their belongings get blown up in a forest fire that could ravage their holiday resort.

Drôme - June 2025

Drôme river is dead - Tourist go home please / La rivière Drôme est morte, touristes rentrez chez-vous svp
Photo de « Parents pour la planète », au pont de Mirabel et Blacons, juin 2022

A terme, le tourisme c’est mort

Les autorités locales, mairies, communautés de commune, département, continuent de favoriser le tourisme et son économie.
Or, dans une nature ravagée par les catastrophes climatiques et écologiques provoquées par la civilisation industrielle, le tourisme va battre de l’aile. Il sera nettement moins plaisant de subir des vents violents, des canicules toujours plus longues, des rivières à sec puants les cadavres...
(voir aussi dans le Gard et un bilan général)
Mais rien à faire, tout le monde reste sur du court terme et essaie de s’adapter à l’impossible, en montagne comme en plaine. Le département de la Drôme veut même mettre plus de 20 millions d’euros d’argent publique dans des aménagements dans le Vercors pour faire venir encore plus de voitures, campings cars et motos sur les routes et sites protégés !

Soyons réalistes et pragmatiques, à part pour quelques ultra-riches, le tourisme c’est mort, les gens n’auront plus assez de fric, auront d’autres priorités et préféreront rester « en sécurité » chez-eux plutôt que de risquer d’affronter des éléments déchaînés.
Les fermetures et confinements liés au Covid-9 n’ont pas suffit à faire comprendre que le tourisme c’est mort ?
Le tourisme redeviendra ce qu’il était au départ, un loisir de riches privilégiés, de nobles et de grands bourgeois.

Pendant encore quelques années, le business touristique va encore tourner à donf à la moindre occase, mais en réalité le tourisme des classes moyennes c’est mort, passons à autre chose.

L’ennui c’est que le système en place exploitera les zones de province et de campagnes autrement que via le tourisme, par exemple pour les mines extractives, les zones énergétiques type photovoltaïques ou éoliens, les monocultures pour les carburants, le bois ou les centrales à biomasse, etc.
La fin du fléau du tourisme ne signifiera pas du tout la fin des nuisances.

Drôme river is dead - Tourist go home please / La rivière Drôme est morte, touristes rentrez chez-vous svp
Comme dans « Soleil Vert », place au tourisme virtuel ante-mortem

Bientôt, le tourisme virtuel dans le métavers

Et puis le techno-monde développera le tourisme numérique. Comme dans le film d’anticipation « Soleil Vert », l’industrie du tourisme virtuel nous plongera ante-mortem dans des magnifiques images 3D de sites touristiques du monde entier (avec bientôt l’option odeurs), et aussi des décors imaginaires de synthèse comme dans les jeux vidéo. Les micro caméras et les drones fourniront un festival d’images magnifiques époustoufflantes de précision et de réalisme.

Ca sera plus abordable que de se déplacer physiquement à l’autre bout de la planète, et puis ce sera présenté comme plus écolo. Une visite virtuelle à distance ça ferait un meilleur bilan carbone que l’avion et la bagnole, et les sites ne seraient pas foulés par des dizaines de milliers de touristes avec leur smartphone au bout du bras qui jettent partout des plastiques gras.
Chouette non !
Depuis les mégalopoles invivables et moches, des millions de « touristes » virtuels visualiseront de fantastiques lieux distants (ou imaginaires) bien calés dans leur fauteuil, tandis que les désastres de la civilisation industrielle, et de l’industrie numérique qui alimente tout ça, continueront partout loin de leur « regard » concentré dans le métavers.
A terme, on ne saura même plus si telle rivière bleue, tel oiseau multicolore, telle plage immaculée, telle forêt millénaire existe encore ou si elle a été dévorée par la mégamachine et son développement. Et on ne pourra plus distinguer les images d’un vrai écosystème vivant d’une fabrication numérique de synthèse imitant la réalité.

Les pauvres des pays pauvres qui récoltaient les miettes du tourisme des riches crèveront encore plus la dalle et devront trouver d’autres activités pour survivre, ou se révolter, à moins qu’ils ne rejoignent la cohorte des exilés.

Ces dispositifs virtuels s’appliqueront (s’appliquent déjà) à tous les aspects de la vie : fête, concert, amitiés, amours, sexe (bientôt, grâce aux combinaisons sensorielles et aux robots humanoïdes réalistes type Hubot), travail... Dans le virtuel, les changements d’apparence et de tribus peuvent se faire beaucoup plus rapidement que dans le réel. Plus besoin de chercher dans des magasins physiques des vêtements, des tatouages, des coiffures, des bijoux, ça se fait en un clic. Plus besoin de se farcir des bouchons, la pollution à l’ozone ou aux particules fines, les masques pour les nouveaux virus, les risques de vols et la mocheté des zones commerciales : CLIC. Zapping et infinité de pseudo-identités garantis.

Mais qu’importe, ça ne changera guère de la situation présente, car ce qui compte c’est le spectacle, d’en jouir et de s’éclater sans fin dans une société hors sol qui remplace la nature par des machines, une société délivrée du soucis de la liberté, de la vie politique, illusoirement délivrée de la souffrance et de la subsistance, avec des humains choisissants « librement » leur programme assisté par des IA, composant à la carte et à la demande leurs drogues de synthèses pour le corps et l’esprit, des humanoïdes totalement dépendants de la mégamachine.
Plutôt fuir dans un monde virtuel déshumanisant et imiter sagement les machines que d’agir et se rebeller pour vivre dans une réalité désirable pour toutes et tous.
Plutôt continuer à détruire la biosphère et se réfugier dans le virtuel, en espérant que les désastres resteront par miracle loin de nous ?

Il restera juste quelques attardés adeptes de l’expérience « en présentielle » et de l’autonomie, on les parquera dans des réserves contrôlées et vidéoprotégées où ils pourront s’adonner à leurs vices sans risque pour la société Machine, on les appelera les « indiens du futur ».

Et puis partout des robots autonomes et des IA qui nous assisteront en tout, sauf là où des humains de « basse caste » seront moins chers et plus efficaces, où si un riche veut se payer la fantaisie d’avoir des domestiques véritablement humains à son service, à l’ancienne.
La machine nous imite pour mieux s’infiltrer parmi nous, puis nous imitons la machine.

La Terre est ravagée et les animaux ont disparu ? Qu’importe puisque on est nourrit « écologiquement » et diététiquement sur mesure par les produits sains des usines moléculaires, et tous les animaux ayant existés ou imaginaires sont en ligne en 3D augmentée.
Le climat est invivable et sortir en plein air est très dangereux ? Qu’importe puisque qu’on peut tout faire depuis son appart bunker sécurisé climatisé, toute la « vie » se passe dans le métavers, et les quelques objets réels encore indispensables sont livrés automatiquement par des drones blindés.
On est prisonnier, monitoré, seul, soumis à un régime policier totalitaire et nous sommes totalement dépendants de la mégamachine ? Qu’importe puisque dans le métavers nous pouvons voyager à l’infini, laisser libre cours à toutes nos fantaisies imaginaires, et déployer une infinité d’identités, de looks, de talents, de rencontres, d’aventures, de relations sexuelles safe, s’ébaudir devant des multitudes de films, de concerts, de spectacles...

Finalement, un jour, la Machine autonome n’aura plus besoin de nous, décidera-t-elle de nous éliminer totalement comme dans les films dystopiques ou dans les expériences récentes de chatbot de Microsoft ? A moins qu’elle garde quelques humains en vie dans des zoos, ou comme cobayes de laboratoires, ou comme curieux animal de compagnie ?

Machines go hell !

P.-S.

Mesures de débit de rivières en Drôme

- Pour suivre les débits de rivières en certains points, avec des infos sur les débits les plus bas ou les plus hauts observés :
https://rdbrmc.com/hydroreel2
https://rdbrmc.com/hydroreel2/carto/
Par, exemple, pour la Drôme :


1 Message

  • Drôme river is dead - Tourist go home please / La rivière Drôme est morte, touristes rentrez chez-vous svp Le 28 juin à 09:28, par pis des gommes

    z’ont pas la pêche les indiens ce matin...
    j’entrevois pour ma part quelques joyeuses perspectives par anticipation. pour pas crever la gueule ouverte comme les poissons...
    empêcher le projet de circuit auto moto« les sublimes routes » joyeusement mais fermement !
    il faudra aussi empêcher la réfaction de la station du rousset (annoncé mine de rien pendant la réu d’info sur les routes) et laisser la station mourir de sa belle mort, sans neige artificielle et autres attractions débiles. les travailleurs des pistes ont font du bon boulot cette année avec la vrai neige mais voila c’est la fin passons a autre choses !on fera du démontage des teleski une fête.
    envisageons aussi, le plus rapidement possible la réquisition des résidences secondaires en commençant par les plus grosses
    rebouchons les piscines
    chassons les bagnoles et motos de nos centre-villages
    ...et tant et tant !
    on a du taf, on va se voir, ça va être bien
    même si probablement ça ne sera pas suffisant

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