Drôme, Valence, partout, la macronie achève les hôpitaux ...pour mieux les privatiser !

Le pillage et la destruction en règle des services publics continue ...avec les services hospitaliers

vendredi 24 janvier 2020, par Camille Pierrette.

LETTRE A MACRON LE MEURTRIER

« Avant que la révolution arrive, elle est perçue comme impossible ; après cela, elle est considérée comme inévitable. » Rosa Luxembourg

C’était il y a deux ans, je vais manger chez des copains, médecins dans un hôpital ardéchois.
Une soirée sympa : on mange, on picole, les gamins jouent dans un coin, finissent par sauter sur la table… On les couche, enfin tranquilles ! Mickaël, notre pote, s’assombrit.
« Ça va ? Je m’inquiète.
- Ben pas trop… Il m’est arrivé un sale truc à l’hôpital. »
Il a mis un moment, Mickaël, à raconter.
Il a repris deux fois de la tarte, fait un café…
« Il y a un mois, j’étais de garde pendant la nuit. Un patient arrive en urgence vitale, un problème cardiaque. On n’avait pas le matériel pour le soigner sur place, donc j’appelle tout de suite le CHU de Lyon pour le transférer. "Pas de problème, on l’attend", répondent-ils. En attendant l’hélico, je lui prodigue les premiers soins… Et là, arrive un second patient en urgence vitale. Problème cardiaque aussi, sauvable aussi, avec un transfert immédiat à Lyon… Je rappelle le CHU.
"Désolé, il n’y a qu’un seul hélico affecté pour l’Ardèche.
- Quoi ? Vous rigolez ? On en avait plusieurs, avant…
- Oui, mais avec la dernière réforme, il n’y en a plus qu’un.
- Mais je fais quoi, moi ? J’ai deux patients sur les bras…"
Il y a eu un long silence, et le mec m’a dit :
"Ben vous choisissez, les gars." »
On ne disait plus rien, autour de la table. Et Mickaël regardait ailleurs. Puis il a repris :
« Donc j’ai choisi. J’ai évalué la morbidité des deux, et j’ai sauvé le plus jeune, un quinquagénaire. L’autre est mort, il avait 63 ans. Il était parfaitement viable. Donc j’ai dû mentir à sa famille, en disant qu’on n’avait rien pu faire. Et ils m’ont cru. »
Léa, sa femme, a ajouté :
« Ça fait un mois qu’il dort plus, avec cette histoire.
- Ben ouais… J’ai pété les plombs. J’ai fait un courrier furax à l’Agence régionale de santé. Tu sais ce qu’ils m’ont répondu ? Qu’ils en prenaient bonne note… »
On a bu un sacré digestif, ce soir-là.
Mickaël et Léa sont toubibs, ils ont une baraque incroyable, des salaires de cinglé et pourtant ils soutiennent la contestation populaire parce qu’à l’hosto, tous les jours, ils sont confrontés à la violence de Macron et à l’ultra-violence de ses copains.
A leur violence qui tue !
A leur politique qui tue !
Au sens propre !

Le lendemain de notre conversation, Mickaël m’avait envoyé un article du Nouvel Observateur (2 mars 2015). Son titre : « 22 000 postes supprimés dans les hôpitaux d’ici fin 2017. » Le journal précisait : « Le plan d’économies pour les hôpitaux est de 3 milliards d’euros sur trois ans. »
Ça n’a pas l’air violent, un article de journal, ni une annonce du gouvernement, de simples chiffres, des plans d’économies, des ministres en cravate qui les présentent à la télé à des journalistes en cravate.
Derrière, il y a des meurtres.
Ils les préméditent.
Le pire ?
Le pire, c’est qu’ils le savent.
Et qu’ils ne veulent pas que ça se voie. Ça ferait tache, sur la photo de famille. Il faut que cet assassinat silencieux, massif, caché derrière des statistiques, des données chiffrées et des tableaux, continue à être occulté.
Pendant des mois, l’invisible deviendra jaune. Tout jaune, partout, couleur soleil, on ne peut pas le manquer il hurle : « Nous voulons vivre ! » Et il se voit. Un des premiers gilets jaunes traduit en correctionnelle pour avoir foncé, tête en avant, tête nue, à Paris, en mode rugby, sur un escadron de CRS, a dit à la présidente du tribunal en guise d’excuse : « Je voulais juste avoir une vie meilleure. » Il a été condamné. Pour violences sur agents dépositaires de l’autorité publique.
Car voici l’argument magnifique, colossal, imparable, qui tourne en boucle depuis plus d’un an, des télés aux journaux, en passant par les politiques et les sociologues : les gilets jaunes sont « violents », et on peut tout comprendre, tout entendre, sauf leur « violence », injustifiable, qui occulte la violence des autorités, massive, mortelle, quotidienne.
Macron reprend le refrain cent fois entendu : « Il y a une condition : n’accepter aucune forme de violence. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait ! »
C’est vrai, Manu.
Tu nous agresses !
Hollande, dont tu étais le ministre, et Sarkozy avant lui, et tous les autres, nous agressaient aussi, et « la société s’est défaite », des hôpitaux ardéchois aux gares du Pas-de-Calais, des ouvriers licenciés aux chauffeurs ubérisés, des caristes d’Amazon aux caissières de supermarché.
Maintenant, on veut reconstruire la société, le monde et panser nos plaies.
SANS TOI !

Car il y a trop longtemps que tu nous agresses.
LA VIOLENCE C’EST TOI !
Toujours, tout le temps, partout, dans les chairs de nos pères, dans les retraites de misère, dans les dos brisés de nos mères, dans les produits respirés, dans les 3x8 enchaînées, tous vos coups portés, tous vos poignards plantés.
Eh, Manu, tu sais quoi ?
Au Burkina Faso, tu as déclaré : « Je suis d’une génération dont un des plus beaux souvenirs politiques est la victoire de Nelson Mandela sur l’apartheid. C’est ça l’histoire de notre génération. »

Alors je vais te dire un dernier truc, un truc sur ton plus beau souvenir politique.
Mandela n’a pas combattu l’apartheid en faisant des bisous et des grands débats.
Il était le fondateur et le chef militaire de la branche armée de l’ANC.
C’est pour cette raison, et cette raison seulement, qu’il a passé 27 ans en prison.
Parce que lui et ses hommes organisaient des sabotages, des dynamitages, des déraillements, des explosions, des attentats, aussi. Mandela et ses hommes plaçaient des bombes dans des cafés. Aux yeux du monde entier, c’était alors un « terroriste ».
Tout ça, on a préféré l’oublier, pour faire de Mandela un gentil grand-père réconciliateur.
Tu l’as oublié aussi.
Mais Mandela ne l’oubliait pas, lui, et quand on lui demandait s’il le regrettait, il répondait : « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’a pas d’autre choix que de répondre par la violence. »
Dans la France d’aujourd’hui, Manu, tu vois qui est l’oppresseur ?
Ou tu veux un dessin ?

post de Gavroche Mandragore

Anticapitalistes Valence nord Drôme Ardèche - NPA

Quand les services publics deviennent des services marchands, les dégradations de services rendus et les coûts s’envolent rapidement. L’exemple de l’hôpital et de son service d’urgence est parlant. Il en sera de même pour le rail, l’école, toute la santé, l’énergie.....si nous laissons les libéraux économiques de gauche comme de droite aux manettes de la société.
Rétablissons tous les services publics !

- Le Daubé en parle également :

  • Urgences de Valence : selon les médecins, la situation va devenir “dangereuse” : Treize médecins des urgences du centre hospitalier de Valence viennent de signer un courrier pour alerter de “la situation sanitaire particulièrement dangereuse que s’apprête à vivre la région Drôme-Ardèche”. Dans cette lettre, envoyée le 2 janvier et adressée à leur directeur, à l’Agence régionale de santé, au préfet, au ministère de la Santé et au président de la République, les médecins expliquent qu’ils verront, à partir du 9 mars, leur effectif diminuer de moitié.
    Plusieurs médecins doivent en effet quitter le service des urgences, lequel était déjà en sous-effectif. “Nous serons 18 équivalents temps plein au lieu des 35 nécessaires pour le fonctionnement normal du service”, écrivent-ils. L’équipe médicale emploie alors des termes forts : “À partir du 9 mars, nous ne pourrons techniquement et humainement plus assurer la sécurité sanitaire quant aux soins d’urgence de la population”. Les médecins ajoutent encore qu’ils se “dégagent de toute responsabilité quant aux conséquences que cela engendrera”. Le courrier, qui était resté confidentiel jusque-là, a été diffusé ce jeudi sur les réseaux sociaux, dans un contexte particulier : en début de semaine, 1 200 médecins français ont annoncé qu’ils démissionnaient de leurs tâches administratives.
  • « À l’hôpital de Valence, il y a des gens qui meurent sur des brancards »
La macronie achève les hôpitaux ...pour mieux les privatiser !

J’espère qu’à présent un peu près tout le monde a compris la nature du régime politique en place et de sa politique ?
La macronie est un régime extrémiste au service exclusif du Capital qui détruira et pillera tous les services publics et tous les biens communs pour assouvir l’appétit de pouvoir et d’argent des classes dominantes et de leurs multinationales.

Une fois les hôpitaux bien affaiblis et rendus volontairement inefficaces, ils seront privatisés ou laissés en service minimum délabré pour les plus pauvres, tandis que les riches iront davantage encore dans les coûteuses cliniques privées dernier cri, comme aux USA, où la plupart des gens n’ont pas le moyens de se soigner.

Face à un tel régime qui accentue la non-démocratie du système pour l’emmener vers la néo-dictature, les anciennes armes de la grève et des manifestations, déjà bien émoussées, sont devenues insuffisantes.
A force de laisser faire les pouvoirs et de se replier dans nos sphères privées faites de consommation et de loisirs industriels, nous avons laissé le champ libre au capitalisme et à ses pires vampires.
A présent, ils sont bien installés au chaud jusqu’au coeur des institutions, il va donc falloir y aller fort si on veut les virer pour de bon et les empêcher revenir sucer notre sang et celui de la Terre.

On n’a pas le choix, en gros il nous reste dans les 10 ans pour arrêter la civilisation industrielle et son capitalisme, ses Etats autoritaires et ses vampires, si on veut avoir encore des chances de garder une planète à peu près habitable.
La catastrophe sociale/climatique/écologique est déjà là, des peuples en meurent partout dans le monde, mais si on laisse faire elle va se généraliser jusque dans nos campagnes, et elle finira par devenir irréversible, comme un cancer. Il n’y aura alors plus aucune transition ni résilience possible, n’en déplaise aux doux rêveurs qui aiment les platitudes des « rencontres de l’écologie » de Die.

Alors ne nous suicidons pas, révoltons-nous pour de bon.
Et, comme les jeunes de Hong Kong, adressons ces voeux ultimes aux pouvoirs :

Si nous brûlons, vous brûlerez avec nous !

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