Des masques, des masques, partout, tout le temps, pour tout le monde

Le bon sens et de nombreux experts indiquent que le port de masque généralisé limite fortement les contaminations - Scandale d’Etat !

lundi 23 mars 2020, par Camille Pierrette.

En France, on n’a pas assez de masques en coton ffp1, ffp2 et ffp3, mais on regorge de grenades de désencerclement, de lacrymos, de munitions pour les armes automatiques et de LBD.
Pourtant, le bon sens et de nombreux spécialistes indiquent que, comme à Hong Kong ou à Taïwan, le port généralisé de masques, partout et pour tout le monde, permet de limiter fortement l’épidémie et aurait permis d’éviter le confinement liberticide généralisé...
A la fin, quelques remarques persos générales pour enfoncer le clou et élargir.

« Inonder le marché français de masques et en imposer l’utilisation par tous permettrait de lever assez rapidement le confinement »

Depuis Hong Kong : "Je suis ahurie d’entendre les autorités continuer d’affirmer que le masque ne sert à presque rien"

Lettre de Florence de Changy, correspondante à Hong Kong pour Le Monde, RFI et Radio France, à l’attention de Martin Hirsch, Directeur de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.

En France, les autorités sont parfaitement incompétentes en matière sanitaire, et particulièrement efficace pour détruire les libertés fondamentales. C’est la double peine : pas de masques, pas de tests, pas de moyens suffisants pour les hôpitaux, mais des mesures ultra-liberticides pour la population.

Une fois constatée cette incurie aussi criminelle qu’autoritaire, que faire ? Plusieurs pays, comme la Corée du Sud, ont endigué l’épidémie sans mettre en place de confinement, en donnant des moyens adaptés aux soignants. L’inverse des choix italiens et français. Voici une lettre ouverte écrite par Florence de Changy, correspondante à Hong Kong pour Le Monde, RFI et Radio France, à l’attention de Martin Hirsch, directeur de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.

A partir de l’exemple Hong Kongais, elle remet en cause les choix des autorités françaises, et surtout, donne des pistes pour sortir du confinement mortifère en cours.

« Bonjour Monsieur,

Je suis journaliste à Hong Kong pour Le Monde, Radio France et RFI. Je vous envoie, à titre personnel, ce message qui était initialement destiné à mes amis (parmi lesquels plusieurs médecins mais aussi des gens susceptibles d’influencer les décideurs de notre pays) ainsi qu’à quelques consœurs et confrères. Après en avoir parlé avec certains d’entre eux, plusieurs m’ont suggéré de m’adresser directement à vous et m’ont transmis vos coordonnées.

Comme tout le monde, j’observe la gravité de la situation. Or, sur la base de l’expérience hongkongaise, une solution simple pour enrayer l’aggravation de la situation me saute aux yeux. Car prévenir nos proches n’a servi à rien. En dépit de notre expérience à Hongkong, plusieurs membres de ma famille et des amis proches ont déjà attrapé le covid-19, à des degrés divers de gravité. D’autres n’y échapperont pas.

Depuis une semaine, le gouvernement français a assigné à résidence la quasi totalité de la population pour empêcher les gens de se contaminer les uns les autres, en interdisant même les promenades au grand air et sur les plages. Ces mesures extrêmes « à la Chinoise » ne sont pas viables ou soutenables au delà de quelques jours. D’une part, les Français n’auront pas la docilité et la patience des Chinois face aux consignes gouvernementales. D’autre part, le terrible impact, social et économique, que va avoir ce confinement risque de s’avérer fortement disproportionné aux résultats obtenus sur la maitrise de l’épidémie.

Par contraste, l’exemple Hongkongais a montré que lorsqu’une population dans son entière totalité adopte le port du masque, comme forme de confinement individuel, la propagation du virus peut être quasiment arrêtée. Malgré une densité démographique parmi les plus fortes de la planète (7 millions et demi d’habitants qui cohabitent pour la plupart dans des espaces minuscules avec une très forte proximité dans la vie quotidienne), malgré des échanges intenses de personnes avec la Chine, et malgré la proximité géographique des premiers épicentres (jusqu’à la fermeture des frontières mi février), Hongkong doit déplorer à ce jour 4 morts du covid-19, oui quatre…

Je suis donc ahurie d’entendre les autorités sanitaires françaises continuer d’affirmer que le masque ne sert à rien ou à presque rien. Cela me semble grave et dangereux alors qu’il faudrait au contraire inciter tous les Français à en porter, pas seulement le corps médical et les forces de l’ordre.
Car tout le monde s’accorde à dire que le virus se propage essentiellement par les mini-gouttes de salive porteuses du virus que tout un chacun émet, en plus ou moins grande quantité, en toussant et éternuant, mais aussi en parlant, en mangeant etc.. Le masque, même de mauvaise qualité, est donc l’écran physique le plus évident qui soi pour faire obstacle à la propagation du virus. Il ne sert pas à se protéger du virus (et c’est vrai qu’il protège assez mal), mais il sert à protéger les autres de soi. Exemple : plusieurs chauffeurs de taxi qui portaient le masque à Hong Kong ont été contaminés car leurs passagers ne le portaient pas. À cet égard, quand un médecin ausculte un patient potentiellement porteur, il serait sans doute plus efficace pour protéger le médecin que ce soit le patient qui porte le masque et non l’inverse…

Il faut donc promouvoir le port du masque comme un acte citoyen d’intérêt collectif. Dans une épidémie, chacun devrait se considérer comme porteur potentiel, et protéger les autres de soi, pas l’inverse. C’est ce message qu’il me semble important de faire passer.

Dès lors qu’ils ont vu réapparaitre le spectre du Sras de 2003, fin janvier, les Hongkongais ont repris le port du masque comme un seul homme, du jour au lendemain, et en dépit de la grave pénurie qui avait lieu ici aussi. L’attitude des Hongkongais a été d’autant plus admirable qu’elle s’est faite en dépit des consignes gouvernementales lesquelles, comme en France, ne recommandaient le port du masque que pour les malades et les soignants.

Se laver les mains est l’étape no2 : utile quand le virus est déjà sur les claviers d’ordinateur, les rampes d’escalator, les billets de banque, les pièces, les cartes de crédit, les poignées de porte, les écrans tactiles, les étales de fruits, les caddys de supermarchés… Mais le port du masque réduit considérablement, en amont, la dispersion du virus. Cela parait élémentaire comme raisonnement.

Alors que l’une de mes sœurs, médecin à Versailles (et mère de 5 enfants) a eu un mal fou à trouver ses 18 masques hebdomadaires (pharmacies en rupture de stocks), la Chine est actuellement en surproduction de masques. Je viens d’interviewer quelqu’un à Hangzhou qui m’a confirmé pouvoir livrer des millions de masques en France en quelques jours. Il est faux de dire qu’il n’y a pas de masques disponibles. Comme vous le savez sans doute, de nombreuses usines chinoises ont transformé leurs chaînes de production pour produire des masques (de différentes qualités, de ceux à usage unique jusqu’aux normes les plus élevées). Mais la France a imposé des restrictions (décret du premier ministre du 13 mars 2020 ci-joint) qui semblent compliquer et ralentir l’importation et la distribution des masques en France.

Inonder le marché français de masques et en imposer l’utilisation par tous permettrait de lever assez rapidement le confinement. Les masques pourraient être subventionnés ou distribués gratuitement, ce qui couterait beaucoup moins cher à l’économie que les conséquences d’un confinement drastique ‘à la chinoise’. Entre le confinement et le port du masque comme forme de confinement individuel et mobile, les Français ne devraient pas hésiter longtemps.

Je vous remercie de votre attention en espérant sincèrement que ce rapport d’expérience pourra vous être utile et incitera les autorités françaises à vite évoluer dans leur gestion de cette crise afin de privilégier des solutions humaines et efficaces, à commencer par le port du masque comme mode de confinement mobile et individuel.

Bien sincèrement et en restant à votre disposition,
Florence de Changy »

(Source - intro et photo par Nantes Révoltée)

Des masques, des masques, partout, tout le temps, pour tout le monde
Scandale d’Etat !

Le masque, même de mauvaise qualité, est donc l’écran physique le plus évident qui soi pour faire obstacle à la propagation du virus. Il ne sert pas à se protéger du virus (et c’est vrai qu’il protège assez mal), mais il sert à protéger les autres de soi. Exemple : plusieurs chauffeurs de taxi qui portaient le masque à Hong Kong ont été contaminés car leurs passagers ne le portaient pas

Remarques : au delà des gouvernements à destituer, c’est tout le système en place qui est le problème

On peut ajouter à ce scandale des masques nombre de faits criminels et/ou irresponsables (liste non exhaustive) :

  • Impréparation des autorités alors que Buzyn savait en janvier et que plusieurs pays ont subi le virus avant nous, y compris l’Italie, pays voisin !
  • Maintien du 1er tour des municipales, une décision politique irresponsable contraire aux principes de précaution
  • Décisions contradictoires du gouvernement, qui reproche ensuite aux français de ne pas prendre assez la mesure du danger
  • Quarantaines foireuses des soldats ayant rapatriés des français depuis la Chine,
  • Obligations de travailler pour des secteurs non essentiels et souvent sans protection de surcroît
  • Destruction systématique des services de santé par les gouvernements au nom de la criminelle orthodoxie ultra-libérale (Macron a poursuivi ça et a ignoré pendant des mois les SOS insistants des soignants, préférant leur envoyer les flics et la matraque)
  • Non-généralisation des tests, alors que les spécialistes sérieux disent que c’est la base
  • Manque d’info et de vrai pédagogie auprès des populations, qui préfère les drones policiers et les contraventions avec menace de prison
  • L’abandon des recherches scientifiques sur les corona virus
  • Le fait de ne pas avoir envoyer de spécialistes observer ce que se passait sur place en Chine et autres pays d’Asie

Si le gouvernement avait agi nettement plus tôt et de manière efficace, on aurait pu sans doute éviter le confinement généralisé, qui est la dernière solution, un peu moyenâgeuse, qui reste pour limiter le carnage. Et il y aurait eu nettement moins de morts (voir Hong Kong, Corée du Sud et Taïwan).

L’Etat compte les sous, on va compter les morts !
Des masques, des masques, partout, tout le temps, pour tout le monde

Ajoutons, les causes du passage de ce type de virus dans les populations humaines, qui sont connues de longue date, et pourtant rien ne change pour empêcher les virus de s’infiltrer, et rien ne change pour se préparer aux épidémies :

Ca fait beaucoup de points qui motivent une colère profonde et durable, la destitution intégrale du gouvernement et plus largement du système politique oligarchique pseudo-démocratique.

- Et, plus profondément, c’est le capitalisme, la civilisation industrielle, la mondialisation économique marchandisée, qui montrent leur responsabilité dans :

Il n’est plus possible de laisser faire le régime et le capitalisme.
Profitons de ce moment spécial pour comprendre tout ça, pour s’organiser, pour préparer l’après.

Ne retournons pas à la normale, car la normalité était le problème

Soignantes : masquées mais pas muselées
Macron n’a pas beaucoup de masque, mais y a des stocks ...de LBD !

3 Messages

  • Des masques, des masques, partout, tout le temps, pour tout le monde Le 11 avril à 15:54, par Camille Pierrette

    Masques : après le mensonge, le fiasco d’Etat - Des livraisons en retard, des occasions ratées, des interlocuteurs fiables méprisés et, in fine, des importations plus efficaces pour les entreprises que pour les soignants : une nouvelle enquête de Mediapart, étayée par des témoignages et des documents confidentiels, démontre les choix stratégiques catastrophiques du gouvernement dans l’approvisionnement du pays en masques.

    Répondre à ce message

  • Des masques, des masques, partout, tout le temps, pour tout le monde Le 2 avril à 11:31, par Camille Pierrette

    MENSONGE D’ÉTAT
    Nouvelles révélations de Mediapart. Extraits.

    « 1200 », c’est le nombre officiel de personnels de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), le vaisseau amiral des hôpitaux publics français, qui ont été contaminés par le Covid-19 depuis le début de l’épidémie.

    Mediapart publie aujourd’hui les résultats d’une enquête de plusieurs semaines qui retrace les nombreux dysfonctionnements au sommet de l’État, depuis le mois de janvier jusqu’à ce jour. Un mensonge d’État qui a conduit la France à l’impensable : la pénurie de masques de protection pour ses soignants face au Covid-19 et pour sa population en général.

    Basée sur de nombreux témoignages et documents confidentiels, auxquels nous avons pu avoir accès, notre enquête démontre que :

    🚨Fin janvier et début février, le ministère de la santé, conscient de la faiblesse des stocks d’État, n’a décidé de commander qu’une très faible quantité de masques, malgré des alertes internes. Le matériel a de surcroît mis plusieurs semaines à arriver.

    🚨Après ce premier fiasco, l’État a créé, début mars, une cellule interministérielle dédiée à l’achat de masques. Mais là encore, le bilan s’est avéré catastrophique : lors des trois premières semaines de mars, la cellule n’a pu obtenir que 40 millions de masques, soit l’équivalent d’une semaine de consommation au rythme contraint actuel. La cellule a notamment raté plusieurs possibilités de livraisons rapides.

    🚨Le gouvernement a caché cette pénurie pendant près de deux mois et, en fonction des stocks, a adapté ses consignes sanitaires sur le port du masque. Fin février, le directeur général de la santé préconisait un masque pour toute personne en contact avec un porteur du Covid. Un mois plus tard, la porte-parole de l’exécutif déclarait que c’était inutile…

    🚨Des entreprises dans des secteurs « non essentiels » de l’économie ont continué à consommer des masques, pour des raisons économiques. Exemple : l’avionneur Airbus, qui semble avoir bénéficié d’un traitement de faveur. Dans le même temps, des personnels soignants continuent à travailler sans ces masques protecteurs, faute de stocks suffisants.

    🚨Le gouvernement tente désormais de renflouer les stocks, avec une stratégie à 180° : il faut préparer la sortie de confinement, « où on sait qu’il faudra massivement équiper » la population, ainsi que l’a admis la secrétaire d’État à l’économie, Agnès Pannier-Runacher, dans une réunion dont Mediapart a obtenu l’enregistrement.

    - Enquête complète

    Répondre à ce message

  • Des masques, des masques, partout, tout le temps, pour tout le monde Le 24 mars à 17:16, par Camille Pierrette

    sur Reporterre : Dépister et fabriquer des masques, sinon le confinement n’aura servi à rien Le confinement ne nous permet que d’acheter du temps au prix d’une casse humaine, sociale, économique et financière phénoménale, mais si ce temps n’est pas utilisé pour les deux priorités susdites, il est juste perdu et le pire nous attendra au bout du tunnel.
    Il faut dépister, dépister… et fabriquer des masques.

    J’aime bien cet article, sauf pour la foi exagérée en l’Etat providence, et sauf qu’il ne parle pas des causes profondes de la diffusion chez l’humain de ce type de virus.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
  • [Se connecter]
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Partagez la page

Version imprimable de cet article Version imprimable

Pot commun en ligne pour soutenir financièrement Ricochets
Pot commun en ligne pour soutenir financièrement Ricochets

Site réalisé avec SPIP | | Plan du site | Drôme infos locales | Articles | Thèmes | Contact | Rechercher | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0
Médial local d'information et d'expression libre pour la Drôme et ses vallées, journal local de contre-pouvoir, média participatif indépendant :
Valence, Romans-sur-Isère, Montélimar, Crest, Saillans, Die, Dieulefit, Vercheny, Grane, Eurre, Loriol, Livron, Aouste sur Sye, Mirabel et Blacons, Piegros la Clastre, Beaufort sur Gervanne, Allex, Divajeu, Saou, Suze, Upie, Pontaix, Barsac, St Benois en Diois, Aurel...
Vous avez le droit de reproduire les contenus de ce site à condition de citer la source et qu'il s'agisse d'utilisations non-commerciales
Copyleft