Crest, l’aménagement du quartier de la Gare entre les mains de la majorité municipale, aïe !

Toujours pas de vue d’ensemble pour Crest ni de possibilité de participation réelle des habitants

dimanche 6 février 2022, par Les Potins de la Vallée.

Des remarques critiques sur le fond et la forme.
Des idées pragmatiques locales et d’autres plus générales et « utopiques ».

Aménagements du quartier de la gare : la forme

A Crest, se renseigner et donner son avis sur ce projet municipal c’est du sport de combat, ne ratez pas le créneau très étroit !

- Voici les quelques maigres éléments fournis sur les projets de la mairie maritonienne concernant le quartier de la gare

Un unique temps d’information auprès d’élus de la majorité était prévu samedi 22 janvier devant la médiathèque, de 10h à 16h.
C’est seulement à ce moment là et à cet endroit là que vous pouviez récupérer un petit formulaire pour écrire vos éventuelles remarques (rien sur internet, rien à la mairie).
Et attention, un seul par personne, les absents ont tort.

Si vous avez eu peur du vent glacial ou si vous étiez indisponible ce jour là tant pis pour vous.
La majorité maritonienne concerte et informe comme d’habitude a minima les habitants, et ensuite ses élus jouent les pauvres victimes que des opposants malhonnêtes critiquent de manière injuste ! Les pôvres bichons.

Sur ce petit formulaire de « consultation », aucune indication de où le déposer ni dans quel délai.
Sur le petit stand devant la médiathèque comme sur le site de la majorité municipale ou à la mairie, aucun accès à des documents détaillés, pas trace des dossiers du cabinet d’étude (ni de son nom d’ailleurs), juste quelques « vues d’architectes » et quelques phrases explicatives généralistes.
Bonjour la transparence...

Sur ce formulaire, vous pouviez choisir entre deux scénarios : avec ou sans le parking situé entre la gare et la médiathèque. Vous pouviez aussi approuver ou rejetter l’option du projet de trottoir surélevé à 150.000 € pour l’angle du lycée. Ensuite la mairie vous laissait généreusement un espace libre.

Evidemment, on ne sait pas du tout comment les petits formulaires manuscrits seront traités ni par qui.

Bref, la forme est très mauvaise, mais on n’est hélas pas surpris.

Crest, l’aménagement du quartier de la Gare entre les mains de la majorité municipale, aïe !
Ancienne vue de l’avenue de la gare à Crest

Aménagements du quartier de la gare : le fond

A la décharge de la municipalité, il est très compliqué de définir des aménagements satisfaisants vues toutes les contraintes et les intérêts contradictoires.
C’est d’autant plus compliqué que l’urbanisme s’est étalé de manière chaotique sans plan d’ensemble ni concertation-débat depuis ...les (trop) nombreux mandats du groupe maritonien, et sans doute déjà avant.

- Voir aussi :

Ensuite, il est difficile de parler en détail du projet municipal pour le quartier de la gare étant donné le peu d’éléments dont on dispose.

- Quelques remarques quand même :

On voit des aménagements qui semblent encore minéraux et froids, qui ne semblent pas très conviviaux.
On voit trop de surfaces imperméabilisées dans l’éventuelle « zone de repos » devant la médiathèque.
On voit de la « végétalisation » décorative, sans volonté de créer un peu de biodiversité.
La mairie rabâche le slogan du « développement durable » creux et contradictoire.
Il est à craindre que de nouvelles caméras de vidéosurveillance apparaissent à l’occasion de ce chantier ?

Avec les augmentations de population prévues à Crest et alentour, les petits efforts à Crest pour écarter un peu les voitures et favoriser un peu le vélo ou la marche seront largement écrasés par l’augmentation de la circulation auto.
Depuis 7 ans, on a pu constater les choses : on est passé de ralentissements/bouchons rares autour du pont Mistral à des ralentissements/bouchons quotidiens et dont les plages horaires ne cessent de s’étendre. Ca ne fera qu’empirer malgré les coûteux plans « mobilité » des com com, car ajouter quelques pourcentages de cyclistes n’arrête pas l’augmentation du traffic auto du à la population croissante et aux choix (ou contraintes) de se déplacer toujours plus, surtout si on ne change rien au zonage (voir plus bas).
Seules les futures crises pétrolières mettront un certain coup d’arrêt aux voitures.

- Avant de pouvoir faire des projets responsables pour Crest ou la zone de la gare, il faudrait réfléchir à l’ensemble des questions et voir où l’on veut aller, ce qui bien sûr n’intéresse absolument pas la mairie en place, qui est imbibée de longue date d’un modèle très vertical et autoritaire, anti-démocratique.
Continuer les mêmes voies suicidaires et écocidaires qu’avant en les peignant de « vert » ou entrer en rupture pour bâtir une société vivable ?

En fait, pour être sérieux, responsable et démocratique, il faudrait que des débats et discussions soient organisés pendant des mois (voir un ou deux ans) avec un maximum d’habitants, le temps qu’ils s’intéressent, appronfondissent et s’approprient les sujets (surtout qu’on vient de loin, faudra du temps...). Des débats sur quelle cité on veut, pourquoi, comment. En distinguant ce qui relève de changements locaux plus facilement accessibles de ce qui est lié à des changements plus profonds à plus large échelle.
A l’issu de ces débats, il faudrait que ce soit les habitants, chaque quartier, qui puissent prendre les décisions, et pas une minorité d’élus, d’experts ou de notables.

Après tout ça, on pourrait envisager de voir quartier par quartier quels travaux faire, comme échelonner ces travaux pour aller dans le sens décidé collectivement.

Sans ça on est juste dans le replâtrage, le relookage, la continuation du modèle standard techno-industriel de croissance.

Crest, l’aménagement du quartier de la Gare entre les mains de la majorité municipale, aïe !
Une vue schématique du projet municipal et de son cabinet d’étude

Idées de réaménagements pour Crest

On pourrait imaginer (ce serait à affiner), pour Crest, concernant des actions sur la circulation accessibles localement sans même de transformations socio-économico-politiques à plus grande échelle :

  • Une coopérative à but non lucratif (genre SCIC où toutes les « parties » sont là) proposant une flotte de toute sorte de véhicules (du vélo au gros utilitaire) en partage « locatif » abordable (tarifs en fonction des revenus ?)
  • La multiplication de secteurs en zones bleues (stationnements courts pour déposes et courses)
  • L’instauration d’une carte résident gratuite pour les habitants, permettant de stationner gratuitement sur les places de parkings dédiées.
  • La fermeture d’un maximum de rues à la circulation automobile (sauf, si nécessaire, pour les véhicules de secours, les livraisons et les personnes handicapées)
  • La fermeture d’un maximum de parkings, en commençant par le centre ville (les études non disent que plus il y a de parkings et de routes, plus il y a de voitures qui viennent)
  • Fermer le pont Mistral à la circulation auto (sauf secours ?)
  • La réaffectation des rues et parkings libérés aux piétons, vélos, et aussi à des plantations végétales, parcs, bancs, espaces d’expression...
  • L’utilisation des garages à voiture devenus vides en centre ville pour des échoppes, artisans, ateliers, artistes, lieux associatifs, salles de réunion, garages à vélo...
  • Créer des « pédibus » pour du « ramassage » scolaire ?
  • Instaurer quelques lignes de transports en commun via des carioles à cheval ?
  • Les visiteurs occasionnels venant en auto seraient invités à se garer dans des parkings de périphérie (ou zones bleues si courts arrêts) à des tarifs abordables
  • Les travailleurs seraient incités à venir autrement qu’en voiture. S’ils le font, ils ne pourront pas se garer en centre-ville (ils pourraient avoir accès à des places gratuites en périphérie)

- Autres idées à creuser :

  • Créer des petits « centres secondaires » dans les quartiers excentrés, avec petite place sans voiture comportant bancs, verdure, services de base, boutiques, magasin généraliste associatif auto-géré à but non lucratif, espace de débat et d’expression...
  • Interdire toute artificalisation des sols supplémentaires
  • remplacer certains lotissements et villas individuelles par des petits immeubles « écologiques » ou des habitats groupés, soit en logement social, soit en « coopérative d’habitant » (ou autre système empêchant la spéculation et la propriété privée)
  • Favoriser les habitats légers et réversibles
  • Multiplier des productions maraîchères et fruits dans la ville, via des structures collectives (droit d’usage des terres octroyés par des organismes à but non lucratif type SCIC)

Nos remarques générales sur l’urbanisme à Crest ou ailleurs

Pour préserver le climat et le vivant, on sait qu’il faut diminuer au maximum le nombre de voitures et leur utilisation (qu’elles soient électriques ou essence), ce qui entre en conflit direct avec les habitudes, l’urbanisation et ses zonages, les impératifs de croissance économique, les contraintes du marché du travail.
Il faudrait aussi diminuer très fortement voir arrêter tout ce qui est production industrielle de masse, imperméabilisation des sols, hautes technologies, logistiques intercontinentales...

Pendant des dizaines d’années, élus et entreprises capitalistes ont fait de l’étalement urbain en séparant les diverses sphères de la vie sociale : activités productives, loisirs, commerces, résidences.
Avec l’étalement urbain et la croissance des villes, ces différentes zones sont de plus éloignées les unes des autres, nécessitant des voitures pour passer de l’une à l’autre, d’autant plus que les transports en commun, les pistes cyclables et les voies piétonnes ont été volontairement négligés au profit du tout bagnole et des profits immobiliers maximum.
Sans parler du règne de la propriété, qui verrouille beaucoup de choses.
Certaines villes essaient à présent de faire autrement, mais c’est très difficile et coûteux, les infrastructures urbanistiques ne se changent pas comme ça, c’est du lourd, d’autant que les contraintes de l’économie de marché compliquent et bloquent les choses (prix, classes sociales, rentes, zones de chalandise, rentabilité, profit, spéculation...).

- Trouvé sur Ricochets : La ville, cancer du monde et de l’humanité - A abolir ? - La ville, un milieu délétère irréformable ou le berceau incontournable de la culture ?

Finis les zones résidentielles dortoirs mortes, les zones industrielles et leurs parkings mortes le soir et le week-end, les zones commerciales avec hangars et parkings géants, les entrepots logistiques géants, les immeubles clapiers, les grandes propriétés vides ou habitées par une ou deux personnes...
Il faut donc remettre en cause le zonage, arrêter la sépartion nette entre les types d’activités que l’on mène, créer des quartiers vivants où un maximum de choses se passent sur place : logement, marchés, lieux culturels, distribution des produits essentiels, activités de production artisanales, vie politique directe...
Plus généralement, il faudrait bien sûr en finir avec la croissance économique, les impératifs de la valorisation du capital, le marché de l’immobilier, le marché du travail, etc. Sans ça ce serait à peu près impossible d’envisager tout ça pour de bon.

Mais faute de luttes conséquentes, tout ça n’arrivera sans doute pas, en tout cas pas de si tôt, et donc on continuera les désastres, parsemés d’îlots alternativistes plus ou moins noyés, agrémentés de beaux discours sur le développement durable décarboné.

P.-S.

(article écrit d’après les témoignages de plusieurs personnes s’étant rendues sur place le 22 janvier, et d’après l’article du Crestois)


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