Covid-19 : c’est ensemble qu’il faut lutter - Ni autoritarisme ni individualisme libéral

Luttes collectives, démocratie directe, responsabilité et solidarité

mercredi 4 août 2021, par Auteurs divers.

- Covid-19 : pas question de se sauver soi-même, c’est ensemble qu’il faut lutter - Entre l’autoritarisme gouvernemental qui ne vise qu’à nous faire entretenir l’économie et un laisser-faire meurtrier, on s’attendrait à ce que les écologistes refusent ce choix tronqué. Mais au nom d’une vision individualiste de la liberté, nombre de ces derniers minorent ou nient la gravité de la pandémie, écrivent les auteurs de cette tribune pour qui une alternative à la fois démocratique et sanitaire est aujourd’hui essentielle.

Covid-19 : c’est ensemble qu’il faut lutter - Ni autoritarisme ni individualisme libéral
Face à l’offensive libérale contre la liberté et l’égalité, une offensive pour la démocratie directe, pour la solidarité et la responsabilité

🔴 PASS SANITAIRE : OFFENSIVE HISTORIQUE CONTRE LA LIBERTÉ ET L’ÉGALITÉ

➡️Tout le monde l’a compris, au nom de « l’état d’urgence sanitaire », l’instauration d’un Pass Sanitaire est une attaque gravissime contre les libertés les plus fondamentales. Fichage, traçage, contrôle dans les actes de la vie quotidienne, obligations. Le rêve d’une société policière, mais « pour notre bien ».

➡️C’est aussi une attaque contre l’égalité dans son principe même. Dans la batterie de mesures qui accompagne ce Pass, il y a une série d’attaques inédites contre le code du travail. Notamment la possibilité de licencier un salarié sans Pass, l’instauration de contrôles quotidiens par les patrons de leurs employés … et aussi la possibilité de rompre le contrat de salariés en CDD « avant l’échéance, sans dommages et intérêts ». Une façon de précariser les plus précaires. Autre élément, une patiente a été emmenée en ambulance dans une clinique pour un examen du cœur : l’examen lui a été refusé car elle n’avait pas de Pass, alors même que la mesure n’est pas en vigueur. D’autres services d’ambulances indiquent avoir eu des remontées de terrain similaires.

➡️Ce Pass est donc non seulement un tournant liberticide majeur, mais une offensive contre le principe même d’égalité d’accès aux soins, et une discrimination au travail. Comment rester impassible face à une telle offensive ?

(post et visuel de nantes révoltée)

Remarques
Les questions soulevées par le passe sanitaire sont les mêmes que celles soulevées par la question de l’emploi, des désastres climato-écologiques, de la précarité...
Soit la fuite en avant meurtrière et autoritaire dans l’individualisme libéral, la compétition partout, le règne des plus "forts" qui profite finalement aux seuls riches et puissants, soit les luttes radicales pour une responsabilité individuelle et collective forgée dans la démocratie directe, permettant par la solidarité et l’égalité sociale un bien vivre partout et pour toutes et tous.
Donc, soit la poursuite du capitalisme, de la civilisation industrielle et de l’Etat, et des désastres qui vont avec qui ne pourront pas être stoppés ni par le sécuritaire ni par les technologies, soit la rupture affirmée, les luttes collectives radicales appuyées sur une "culture de résistance" et la construction d’autres mondes.

Va-t-on rapidement dépasser les réactions aux mesures de Macron et les grèves sectorielles ?
Va-t-on passer à l’offensive au lieu de juste essayer de contrecarrer les décisions politiques autoritaires du régime en place ?

Covid-19 : c’est ensemble qu’il faut lutter - Ni autoritarisme ni individualisme libéral

PASS SANITAIRE : ENTRE LE MARTEAU MACRONISTE ET L’ENCLUME NEO-FASCISTE

– « La stratégie est claire, la préfecture tente de coincer la mobilisation entre deux extrême-droites, celle qui est au pouvoir et celle qui tente de récupérer la rue » –
Une analyse reçue sur la situation sociale du moment, à Nantes et en France :
« Alors que la mobilisation contre le passe sanitaire continue d’augmenter au niveau national, à Nantes la manifestation du samedi 31 juillet a mis au grand jour des problèmes politiques graves qui doivent être résolus avec fermeté.

DRAPEAUX BLANCS ETBULEUSE D’EXTRÊME DROITE
Le mouvement contre le passe sanitaire participe d’une réaction de la population face à des mesures liberticides qui doivent absolument être combattues. Pour autant à Nantes, l’absence d’une orientation politique claire a permis à l’extrême-droite locale et régionale de s’afficher publiquement et d’encadrer une partie d’un cortège scindé en trois parties en profitant de la confusion.
Ainsi des néo-fascistes qui se dissimulent derrière un caractère « citoyen » et « apolitique » munis de drapeaux blancs et vêtus de même ont tenté d’exclure de la manifestation les militants de gauche qui luttent depuis des années contre les lois liberticides (état d’urgence, loi de sécurité globale, etc.). Ces « citoyens » réunissent des militants du Rassemblement National, des catholiques intégristes, des monarchistes, des néo-nazis, des identitaires et autres partisans de Philippot.
Derrière les « masques blancs » et « Tout va bien 44 », l’extrême-droite locale dissimule ses vrais objectifs en se fendant d’une défense hypocrite de la « liberté » elle qui en a toujours été l’ennemie. Les membres de cette nébuleuse ne sont pas nombreux, et la grande majorité des manifestants n’adhère pas à leurs idéologies réactionnaires. Pour autant, seuls les militants antifascistes ont dénoncé ouvertement leur présence dans les défilés.
En laissant seuls des militants de gauche face aux nazillons, le mouvement en cours a démontré sa carence organisationnelle et son immaturité politique. Les conséquences ne se sont pas faites attendre, puisqu’en fin d’après-midi ce samedi 31 juillet, des néo-nazis équipés de matraques télescopiques et d’autres objets contondants ont attaqué les militants de gauche faisant des blessés graves. Après que les militants de gauche eurent mis en fuite les agresseurs, ils ont été attaqués par la police qui jusque là avait laissé faire les néo-fascistes.

LA PRÉFECTURE, LA POLICE ET LES DRAPEAUX BLANCS
Pendant près de deux semaines, les militants d’extrême-droite ont pu s’installer au pied du monument à la mémoire des 50 otages résistants de gauche fusillés par les nazis, devant la préfecture de police. En lien avec les services de renseignement ils ont pu ficher et identifier les militants de gauche, et préparer les violences de samedi dernier. Alors que la manifestation s’était déroulée sans incidents, des barrages policiers ont empêché le cortège d’aller à la préfecture. Puis après des premiers tirs de lacrymogènes, les activistes d’extrême-droite sont passés à l’action semant peur et confusion dans la manifestation. Il faut relever que selon les dires d’un témoin une partie des armes étaient dissimulée sous une bâche auprès de laquelle les agents de la bac se sont positionnés avant de laisser les éléments fascistes se servir.
La stratégie est claire, la préfecture tente de coincer la mobilisation entre deux extrême-droites, celle qui est au pouvoir avec Macron, Darmanin et leur politique raciste et liberticide, et celle extra-parlementaire ou d’opposition qui prétend manifester pour la liberté alors qu’elle soutient les lois de sécurité globale et séparatisme.

UNE GRAVE CRISE POLITIQUE
Alors que depuis plus d’un an le gouvernement utilise l’état d’urgence sanitaire pour diriger le pays avec un conseil de défense qui réunit militaires et membres du gouvernement dans des discussions secrètes dont rien ne transparaît, le parlement est complètement mis hors service et les députés d’opposition n’ont plus voix au chapitre. Après 6 ans d’état d’urgence permanent les libertés politiques et publiques ont fondues comme la banquise. Les discours d’extrême-droite pullulent dans les médias, et les politiciens du Parti socialiste aux républicains en passant par les
verts accompagnent cette contagion en intégrant les discours politiques réactionnaires.
Au mois de juin des représentants du PS et d’Europe écologie ont rejoint l’extrême-droite dans un rassemblement de policiers devant l’assemblée nationale où étaient menacés les juges, la
France Insoumise et les militants anti-racistes. Quelques semaines avant la manifestation antiparlementaire de l’extrême-droite policière, des officiers de l’armée ont publié un communiqué
menaçant, où ils mettaient clairement en garde le pouvoir civil d’une intervention militaire sur le territoire dans une violation totale de la constitution.
La France est rentrée dans une grave crise politique qui ne va pas se résorber d’elle-même.
La classe dirigeante renie de plus en plus les principes démocratiques les plus élémentaires, consciente que la fracture politique entre elle et la population ne peut-être résorbée par le jeu politique traditionnel. Les principes démocratiques tels que la liberté de circuler, de manifester, de critiquer l’État ou le gouvernement dès qu’ils sont le fait de voix de gauche sont devenus des menaces pour la classe dirigeante, désormais seul l’autoritarisme peut lui permettre de maintenir l’ordre social.

Le mouvement des gilets jaunes a démontré qu’une mobilisation de masse peut unir la population dans une condition commune. L’absence de direction politique de ce mouvement l’a empêché de franchir un cap, celui d’entraîner le pays dans une grève générale qui aurait changé bien des choses. A force de répression et d’étiolage dans le temps, les gilets jaunes sont rentrés chez eux, mais ils ont conservé la mémoire et l’expérience politique de leur lutte. Le goût amer de la convention citoyenne pour le climat et autres mascarades macroniennes pour enterrer la lutte est demeuré dans des bien des bouches, et le mouvement contre le passe-sanitaire a comme un goût de revanche.

NE PAS PERDRE DE TEMPS
Qu’on se le dise, la crise actuelle n’aboutira jamais à un retour à la normale. Si pour lutter contre un virus il faut placer toute une population sous état d’urgence, qu’en sera-t-il face aux grandes crises écologiques et sociales en cours et à venir ? Les questions politiques posées par le passe-sanitaire sont élémentaires, désormais un outils obligatoire permettra de suivre et d’autoriser ou non nos déplacements partout et tout le temps. Ce quasi bracelet électronique incarne la perte de protection de l’individu face à l’arbitraire de l’État. Une perte qui s’est déroulée sur deux décennies d’anti-terrorisme, et accélérée depuis 2015.

La lutte contre le passe-sanitaire est une lutte pour la liberté. L’absence de direction progressiste pour ce mouvement serait une profonde erreur, quasi-mortelle pour le camp de la liberté. La nature ayant horreur du vide, l’extrême-droite a pu s’afficher de plus en plus dans les manifestations nantaises. Il faut reprendre la rue des mains des éléments réactionnaires. Pour cela il faut se mettre d’accord sur des mots d’ordre clairs :

➡️Retrait du passe-sanitaire.
➡️Fin de l’état d’urgence.
➡️Retrait des lois sécurité globale et séparatisme.
➡️Levée des brevets sur les vaccins, et nationalisation du pharmaceutique.
➡️Véritable plan de redressement du système de santé par l’embauche, la formation à la réanimation, et la gratuité des soins. »

(post et visuel de nantes révoltée)

❤️ODE A LA LIBERTÉ. LA VRAIE. ET POUR TOUS !❤️

Depuis le début de la crise sanitaire, CND s’est clairement positionné contre les nombreuses décisions liberticides du pouvoir. Conscients de la gravité de l’épidémie et de l’intérêt des vaccins, nous pensons toutefois que le pass sanitaire n’apporte quasiment rien en terme de lutte contre le Covid, alors qu’il détruit clairement nos acquis sociaux et nos libertés.

Comment accepter d’être fliqués, fichés et contrôlés pour travailler, aller au resto, au cinéma ou pour voyager ? Quelle société cela peut-il engendrer en dehors d’une société totalitaire ?
C’est donc tout "naturellement" que CND appelle depuis plusieurs semaines à prendre la rue pour lutter contre ce pass sanitaire et pour tenter de sauvegarder nos libertés.

Faut il une mise au point sur ce que l’on entend par libertés ?
Liberté de ne pas être banni de la société sous prétexte que l’on est pas vacciné évidemment. Car comment parler d’une société libre si certains de ses membres ne le sont pas ?
Car oui, nous voulons une société où nous sommes libres. Mais libres et solidaires !

Une société où nous ne sommes pas fliqués dans nos loisirs, pour aller au cinéma ou restaurant. Mais aussi où nous ne sommes pas fliqués pour nos activités syndicales, politiques, religieuses ou sociales. Où la vidéo surveillance n’est pas omniprésente dans nos vies.
Nous sommes pour le combat contre la restriction de la liberté de la presse, sauvagement attaquée, et une fois encore touchée par la loi sécurité globale en novembre dernier.

Une société qui permettrait à nos frères et sœurs, au-delà de la Méditerranée de circuler librement et de trouver refuge où ils le veulent. Celle qui permettrait d’abattre les frontières dessinées par les mains de ceux qui les oppriment. Elle aurait permis hier aux 553 rescapés de l’Ocean Viking de débarquer alors qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes des centaines de personnes sont dans l’attente. traitées comme des nuisibles dont aucun état ne veut s’encombrer.
Oui nous sommes pour la liberté, celle qui permettrait aux jeunes femmes de porter selon leur envie un crop top ou le hijab sans se faire harceler.
Nous sommes pour la liberté de culte, celle qui permettrait aux musulmans de ne plus faire l’objet d’une véritable chasse aux sorcières et d’une stigmatisation constante de la part des médias mainstreams et des politiques.
Celle qui permettrait aux juifs de ne plus être victimes d’attaques antisémites. Celle qui permettrait à tous les croyants de vivre tranquillement sans que le pouvoir pousse toujours plus loin dans sa mécanique de haine et de contrôle #LoiSeparatisme.

Nous combattions pour la liberté bien avant que pass sanitaire et les vaccins fassent leur entrée dans le jeu...
Et nous ne pouvons pas dire que nous luttons pour la liberté si cela signifie uniquement être "contre le vaccin" ou même uniquement "contre le pass sanitaire". Sans se soucier des autres attaques contre les libertés de tous les humains, de tout le vivant.
La liberté, le bien le plus précieux de chaque individu mais également du collectif sans lequel on ne peut en jouir puisque ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre.
Non, nous ne voulons pas participer à l’amplification et l’accélération de la surveillance massive. Et en affirmant ceci, nous n’empiétons pas sur la liberté d’autrui.

Alors oui, soyons pour la liberté. Mais la vraie liberté, pas celle qui s’arrête à la terrasse du café ou à l’entrée d’un cinéma !

(post de Cerveaux non disponibles)


10 Messages

  • Covid-19 : c’est ensemble qu’il faut lutter - Ni autoritarisme ni individualisme libéral Le 5 août à 09:09, par Sandrine

    Bonjour Heska,

    Je ne sais si le présent texte constitue la réponse annoncée à mes objections. Je suis désolée de le trouver faible. Il démontre que la nature de flambée contagieuse de l’épidémie à la dynamique exponentielle n’a pas été comprise. On porte un masque pour protéger les autres. On aura beau agiter toute sorte d’arguments selon lesquels être anti-vaccin, anti-masque ou anti-pass ne sont pas la même chose, comment y croire lorsque sur les photos de la manifestation de Valence personne ne porte de masque, alors que la cohérence voudrait que, si l’on est anti-pass et soucieux du bien commun, on ait d’autant plus de raison de porter le masque.

    J’ai peu de temps pour vous répondre : le texte de Michel Lepesant et Aude Vidal paru dans Reporterreet relayé par Ricochets en tiendra lieu. Je connais Michel et partage le même constat et déception : nous découvrons que nombre de nos camarades sont d’abord libertariens avant d’être libertaires, d’abord égoïstes avant d’être altruistes.

    Probablement s’ignorent-ils eux-mêmes tels, produits d’une époque où la jouissance narcissique est devenue norme, celle-là même qui constitue le ressort du capitalisme. Même l’extrême gauche s’égare : le NPA émet un tract où l’on peut lire « mon corps m’appartient » qui fait écho au « Il n’y a pas de société, juste des personnes » de la Dame de fer. Et si « mon corps m’appartient », pourquoi devrait-il exister une sécurité sociale, même s’il y aurait beaucoup à dire sur le caractère productiviste de la sécurité sociale ?

    Une autre dimension, épidémique et infectieuse, éminemment sociale donc – le virus est un « animal » social comme nous qui « pense » par grandes masses – n’est visiblement toujours pas comprise par des citoyens qui n’ont pas fait leur travail d’auto-information. Je veux parler de ce concept difficile d’exponentielle, de dynamique irrésistible d’incendie, qui, soit dit en passant n’a rien à voir avec les grands nombres. Il s’agit d’une forme décrivant une accélération irrésistible (sur l’échiquier 2 puissance 64, dernière case de l’échiquier est un nombre énorme : mais divisez toute la série par 2 puissance 64, ce dernier terme devient 1, petit nombre, sans que la forme de la courbe ait changé).

    Avez-vous remarqué que la plupart des automobilistes ne respecte pas les distances de freinage ? Pourquoi : parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’est une exponentielle, la courbe du freinage en étant une. Une vitesse accrue de 20 % ( x 1,2) c’est une distance de freinage augmentée de 44 % (1,2 x 1,2).

    « Pas d’inquiétude, je tiens fermement mon enfant sur les genoux », dit la maman qu’il croit qu’elle pourra retenir l’enfant en cas de freinage d’urgence. On touche là aux limites de l’intelligence humaine, limites que la plupart d’entre nous n’aperçoit pas, aveuglement qu’on appelle prométhéisme.

    Aussi Aude Vidal et Michel Lepesant ont raison de souligner que les autorités sont perdantes à tout coup dans ce combat contre la pandémie : elles la jugulent et la limitent. Ce faisant elles se privent de la démonstration de la dangerosité de la maladie. Faudra-t-il qu’elles ne fassent rien, que des millions de personnes meurent, pourrissent dans les rues pour que la plèbe (j’emploie le mot à dessein) comprenne enfin le danger face à elle ? C’est la juste hantise du pouvoir, juste quelle que soit les options politiques et philosophiques des uns et des autres. Or, contrairement à ce que beaucoup pensent – à force d’Etat providence qui nous infantilise – ce danger existe et peut se matérialiser en quelques jours (avez-vous entendu parler de point d’inflexion – tipping point – démarrant l’effondrement ?). Faudra-t-il que la moitié ou les deux tiers de la population périsse (comme dans la drome au XIVe siècle : voyez le reportage de TC Val de Drôme) pour que les gens comprennent le danger ? Nous touchons ici à un point crucial que personne n’ose aborder tellement il touche un tabou d’une profondeur anthropologique : dans quelle mesure est-il bon pour l’espèce que périodiquement disparaissent des lambeaux entiers de la population ? Ou encore : quel est l’impact de l’anthropisation/artificialisation des soins, dont les premières traces se détectent au paléolithique ?

    Dernier point : votre texte mélange des dimensions sans relation. Tabagisme, obésité, cancer ne sont pas des affections contagieuses. Lutter là contre n’est pas comme lutter contre une maladie infectieuse. Vous proposez avec raison d’éradiquer les causes de ces affections, fortement liées aux désordres planétaires en relation avec les dérives du capitalisme (sans oublier toutefois que l’espérance de vie – qui n’est pas une moyenne d’âge au décès, encore une approximation qui jette le doute sur votre réflexion – n’a jamais été aussi élevée, espérance que la pandémie va réviser à la baisse). On ne lutte pas contre des affections chroniques comme on lutte contre une épidémie. Les unes et les autres ont des dynamiques et temporalités différentes : vous êtes en train de nous dire : l’ennemi attaque nos frontières ; avant de nous défendre, révisons notre stratégie, lignes de commandement, construisons un nouveau porte avion. Tout cela prend énormément de temps, alors que dans deux jours l’ennemi est aux portes de Paris. Les démocraties de tous temps ont connu les plus grandes difficultés à gérer les réponses à la guerre d’agression.

    Sur le fond, bien entendu, nous nous dirigeons vers une forme de dictature techno-industrielle à la chinoise. Mais la forme qu’a pris la lutte contre le sauf-conduit sanitaire est, je le répète, contre-productive et dangereuse pour mêler des revendications antagonistes, dont la principales sont sécurité vs liberté, responsabilité vs autonomie. Voyez le film de TV Val de Drôme, dont le constat peut-être généralisé : des mesures de privation de liberté extrêmes furent prises lors des pestes du passé. Mais elles émanaient alors d’autorités communales, ce qui les rendaient plus acceptables. Mais j’y insiste : elles n’étaient pas moins liberticides.

    Mélanger d’une part combat pour les libertés civiles, qui ne se confondent pas avec libertés personnelles – comme y insistent Aude Vidal et Michel Lepesant - et dimension sanitaire - sauver les corps – est dangereux et contre productif. On mélange long terme et court terme, tactique et stratégie. L’aveuglement des anti-pass/anti-vax/anti-mask, la confusion des thèmes, que les photographies des manifestations de Valence confirment et n’infirment pas, rique au contraire de justifier un tour de vis autoritaire que cette confusion légitime.

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    • Covid-19 : c’est ensemble qu’il faut lutter - Ni autoritarisme ni individualisme libéral Le 5 août à 12:51, par Heska

      Bonjour Sandrine, vous allez faire comme Simon et m’attribuer tous les textes de Ricochets ? Je n’ai pas écrit le texte que vous commentez ici. Je ne suis pas « Auteurs divers ». Je n’ai qu’un pseudo et pour savoir ce que j’écris il suffit de cliquer dessus.

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      • Covid-19 : c’est ensemble qu’il faut lutter - Ni autoritarisme ni individualisme libéral Le 5 août à 14:17, par Sandrine

        Cette « réponse » placée ici par erreur faisait référence à votre article « Pourquoi je manifeste contre le passe sanitaire ». Le lecteur affuté aura corrigé d’elle-même.

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        • Covid-19 : c’est ensemble qu’il faut lutter - Ni autoritarisme ni individualisme libéral Le 5 août à 15:45, par Heska

          Je ne vois pas en quoi votre commentaire répond à mon texte. J’ai pourtant bien écrit que les huit points devaient être considérés dans leur ensemble. Vous dites même : « Dernier point : votre texte mélange des dimensions sans relation. Tabagisme, obésité, cancer ne sont pas des affections contagieuses. » Je n’ai absolument pas parlé de tabagisme ou d’obésité. Je n’ai pas non plus confondu « espérance de vie » et « âge moyen de décès ». j’ai bouffé suffisamment de statistiques au lycée et à la fac pour faire la différence.

          Mon propos porte sur les vaccins avant tout et il nécessite juste de poser deux ou trois faits ce qui m’a conduit à parler de comorbidité. La société est en choc cytokinique elle-même pour une petite pandémie (comparée à la peste du XIVe que vous citez) qui tue bien moins que quantité d’autres causes d’origine purement anthropique. Pour moi la réponse sanitaire est disproportionnée et le fait que la « stratégie » (je rigole car c’est en fait de l’improvisation complète et permanente mâtinée de considérations mercantiles opaques) soit déversée de haut en bas et non pas autogérée localement, avec un plus fort accent mis sur la recherche d’un traitement, la rend inefficace. Savez-vous qu’il y a 7 mois une équipe de chercheurs a demandé l’autorisation d’entamer une phase III pour un traitement prometteur à la Plitidepsine, et... toujours rien. Il n’y en a que pour le vaccin. Par ailleurs comme je le dis, la gestion sanitaire ne tient pas compte de la dynamique de vie des virus : vacciner en pandémie de coronavirus, c’est l’échec assuré. Le variant Delta le prouve, assez gentiment mais c’est un coup de chance. D’autant que le vaccin donne un faux sentiment de sécurité face aux variants potentiellement échappants mais aussi face à la souche initiale en raison de la perte d’immunité rapide. Pour ma part, et au contraire de nombreux vaccinés, je ne rechigne pas à porter le masque, même en manif.

          Bien sûr toute action, même improvisée, mal conduite ou hors de propos à une influence sur l’épidémie. On ne saura jamais combien le confinement a sauvé de vies. Mais si ce qui compte ce sont le nombre de morts, alors nos gouvernants devraient peut-être s’intéresser avec autant de vigueur à d’autres causes de décès, comme la pollution. Rappelez-vous le scandale de l’amiante par exemple pour ne pas oublier que la santé est une question politique, dans le sens « jeu de pouvoirs ».

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          • Covid-19 : c’est ensemble qu’il faut lutter - Ni autoritarisme ni individualisme libéral Le 5 août à 17:40, par Sandrine

            Chère Heska,

            Désolée, je n’avais pas compris que j’avais affaire à une spécialiste épidémiologiste statisticienne. Je vous cite : "Outre les aînés ayant dépassé l’âge moyen de décès (plus de 84 ans, la moitié des cas en 2020)" à rapprocher de ; "Je n’ai pas non plus confondu « espérance de vie » et « âge moyen de décès ». j’ai bouffé suffisamment de statistiques au lycée et à la fac pour faire la différence". Il sera donc inutile de vous rappeler le caractère d’espérance probabiliste de l’espérance de vie. Ce serait outrecuidant.

            Concernant les comorbidités, vous avez raison, il faut manger cinq fruits et légumes par jour pour se protéger du coronavirus et luter contre "quantité d’autres causes d’origine purement anthropique".

            Concernant la Plitidepsine - remède que j’ignorais n’étant pas spécialiste comme vous - un petit tour sur internet semble montrer que le médicament - curatif et non préventif - est en cours d’évaluation. Il ne faudrait pas non plus mettre sur le marché un produit dont on ne saurait pas entièrement sûr, non ? d’autant qu’il me semble qu’il est produit par des capitalistes, sauf les médicaments chinois, qui eux sont communistes.

            Concernant la stratégie, vous devriez d’emblée contacter M. Véran ou Macron pour leur apprendre ce que l’avenir nous réserve. C’est inadmissible qu’au XXIe siècle, on ne puisse tout prévoir et que l’Etat ne nous protège pas contre tout, en garantissant bien sûr en même temps la liberté de chacun de faire ce qu’il lui plait, plait, plait... Interdit d’interdire, non ? On attend vos lumières.

            En tout les cas la lecture de vos lignes laisse comprendre qu’on n’a pas affaire dans cette histoire à des raisonnements rationnels et qu’on ne fait pas boire un âne/ânesse qui n’a pas soif.

            Seul le nombre des morts compte, dites-vous. Sur ce point nous sommes d’accord : tant que les hôpitaux, les morgues, les rues, ne déborderont pas de cadavres, comme Saint Thomas, une partie de la population n’y croira pas, car c’est inadmissible. Il faut trouver une raison quelconque - le gouvernement, le capitalisme - à cette insulte que la nature fait à la grandeur humaine. Mais gardons espoir : rien ne dit que demain les cadavres ne déborderont pas dans les rues. ce qui me ramène au point où converge mon texte - conclusion que vous ne citez pas - que la meilleure manière de justifier le tour de vis est de nier la réalité de la menace. Pour le reste, relisez mon texte plutôt que de réagir à fleur de peau, égo froissé.

            Désolé pour terminer d’avoir désobéi aux consignes de prendre vos 8 points comme un tout. C’est insupportable cette liberté de parole ! Sanction, le goulag libertaire ?

            PS : vous trouverez sur Media Citoyens du Diois une vidéo d’un expert comptable spécialiste comme vous en épidémiologie, statistiques, pharmacologie, dynamique des infections et autres sujets y reliés. Autre chose que la daube universitaire. Cet éminent spécialiste démontre imparablement qu’il n’y a eu aucune surmortalité liée au Covid. Ce ne peut-être qu’un complot des 9/10e de la planète contre le reste. Vous devriez vous entendre.

            Sinon vous pouvez aussi visionner la courte vidéo que consacre TV Val de Drôme aux épidémies dans la Drôme et aux mesures alors prises, qui n’étaient pas de la brioche.

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      • Covid-19 : c’est ensemble qu’il faut lutter - Ni autoritarisme ni individualisme libéral Le 5 août à 15:26, par Auteurs divers

        INFO : « auteur divers », c’est plusieurs auteurs qui partagent divers posts et articles, une sorte de revue de presse subjective.
        C’est aussi des textes proposés par des personnes qui n’ont pas de compte sur Ricochets et qui sont publiés sous cette « identité » par facilité.

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    • Covid-19 : c’est ensemble qu’il faut lutter - Ni autoritarisme ni individualisme libéral Le 5 août à 16:20, par Camille Pierrette

      Sandrine vos remarques sont intéressantes, même si apparemment c’était pas dans le bon article.

      Ca me fait rebondir en vrac sur le sujet des libertés :

      Là on est pris de plus en plus dans un mauvais cercle vicieux avec le covid et les catastrophes climatiques, sociales et écologiques.
      De plus en plus d’urgences risquent de se succéder aux urgences, ceci dans une société non-démocratique où la plupart des humains tendent à être transformés en sortes de "termites", de machines, qui s’enfoncent dans l’impuissance et la dépendance, mais qui voudraient parfois bien à raison (re)trouver de la liberté individuelle et collective.

      Du coup il y a un gros mélange entre
      - *#les "libertés" égoïstes des plus forts et plus malins de type libertariens et libéraux (rejoints par nombre de consommateurs, conformément à ce que le modèle en place fabrique par tous les moyens), (« pas de passe, pas de masques, pas de vaccins »)
      - *#des libertaires qui voudraient se diriger vers la responsabilité individuelle et collective via démocratie directe and co, avec des restrictions de libertés, éventuellement fortes si besoin, mais débattues et décidées collectivement dans des communautés déjà rompues à la solidarité (voir réaction des communautés zapatistes face au coronavirus), adaptées au terrain, appliquées de manière responsable et « intelligente » et non de manière policière et indifférenciée
      - *#et divers courants (de gauche ou de droite) qui voudraient une meilleure gestion étatique (et un meilleur gouvernement), moins autoritaire, que ce que fait le régime macroniste (ce qui est un peu sans issu vu la nature irréformable de cette civilisation, mais y a moyen de faire moins pire).

      Ces trois tendances sont en conflits, et même parfois se mélangent.

      Face à une pandémie pénible, comme face à des désastres climatiques produits par la civilisation industrielle, il vaut mieux une bonne dose d’organisation et de discipline dans des sociétés très peuplées. L’État et le capitalisme ayant à peu près éradiqué toute autre mode d’organisation sociale qu’eux mêmes, il est assez dur de faire autrement, sans eux.
      On voit d’ailleurs, que même en plein coeur de la pandémie, l’État français, du fait de son besoin du capitalisme et de son mélange complice avec lui, s’évertue à démolir un peu plus les services publics de santé (en vue de faciliter leur privatisation).

      Si on ne fait que répondre aux urgences, alors le risque c’est de laisser totalement la main au système en place, qui va gérer (plus ou moins bien suivant les cas) les choses, à sa manière. Ce qui mène fatalement à des technocraties autoritaires, et au final à une aggravation des urgences et des catastrophes.
      Mais si on ne répond pas aux urgences, c’est très brutal, c’est laisser mourir et souffrir les plus faibles, les moins riches, les plus exposés, et donc c’est aussi une forme de libéralisme sans pitié, de darwinisme « social » conforme au système en place, c’est intenable.
      C’est le même problème concernant la précarité (soulager la souffrance des salariés ou détruire le capitalisme et le marché de l’emploi ?), ou les désastres climatiques (secourir les innondés et reconstruire loin du fleuve ou démolir les infrastructures de la civilisation industrielle pour limiter l’ampleur du dérèglement climatique et donc limiter les futures inondations ?)

      La seule autre voie, une voie vivable, est la voie libertaire, avec l’autonomie individuelle et collective, la très grande responsabilité individuelle et collective associée à la liberté, la solidarité, l’égalité sociale. Une voie qui s’attaquerait aussi aux origines des problèmes au lieu de seulement rafistoler les conséquences, plus ou moins mal colmatées suivant la couleur du gouvernement.
      Même si les humains sont assez adaptables et peuvent assez vite retrouver de bons "’réflexes", ça reste très très difficile là où on en est rendu car on est allé très loin dans des directions inverses : dans la déresponsabilisation, la dépossession, la dépendance (à l’État et aux produits capitalistes industriels), la centralisation autoritaire, le culte de la réussite personnelle par le matériel et la puissance, le culte d’égo vides, la glorification du replis sur soi, l’inaptitude à s’organiser collectivement... De plus le système en place s’oppose fermement à cette voie, il veut garder la main à tout prix, quitte à tout brûler.

      Donc cette voie libertaire ne peut pas prendre le relai comme ça.
      On est donc hélas condamné pour l’instant à subir plus ou moins la gestion étatique (l’administration des désastres, qui elle ne s’attaque pas aux causes, mais veut surtout nous faire supporter les conséquences, nous adapter à une vie dégradée maintenue sous système techno-policier) pour survivre, tout en essayant plus ou moins localement de faire autrement, tout en essayant de peser pour des changements radicaux à plus grande échelle.

      Donc, s’opposer au passe sanitaire, au fichage généralisé, sans s’opposer fondamentalement à l’État et au capitalisme (à la civilisation industrielle), sans proposer et essayer de faire vivre une voie de type libertaire est assez vain, voué au final à l’échec (malgré certaines améliorations possibles temporairement) et à l’enfoncement dans les mêmes ornières.

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